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La Nature aux Comores |
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Les plantes médicinales
mise à jour 11/08/2010 |
Le Mlala, racine qui blanchit les dents
nom scientifique : Octea Mayottensis
Page en cours de réalisation
Ces épices qui vous
veulent du bien
Par
Nathalie Helal,
publié le 29/03/2010
Curcuma, cannelle,
vanille, gingembre...
On décrypte pour vous leurs étonnantes vertus, tandis que les grands chefs
vous font part de leurs secrets épicés.
Consommé frais ou en poudre,
le curcuma semble l'épice la plus prometteuse pour ses bénéfices santé.
Un
cuisinier qui ne prend pas soin de la santé de ses clients n'est pas digne
d'être appelé un cuisinier", assène Olivier Roellinger, qui se définit
lui-même comme un chercheur d'épices. Influencé par les préceptes de l'ayurvéda,
la médecine indienne, le chef de Cancale (Ille-et-Vilaine) dénonce l'habitude
occidentale, absurde selon lui, qui consiste à employer un aromate seul.
Les plantes, réservoir de médecine.
"Broyées et mélangées entre elles, les épices permettent de se protéger des
maladies." Un credo partagé par le cancérologue David Khayat, de la
Pitié-Salpêtrière, et la nutritionniste Nathalie Hutter, séduits par les
épices et leurs applications en médecine préventive et en nutrition. Leur
passion commune a réuni le chef, le professeur de médecine et la
nutritionniste dans un ouvrage dont la parution est prévue en septembre chez
Odile Jacob, Les Epices de la vie. Un intérêt mérité, et qui ne fait que
réveiller notre mémoire culinaire ancestrale, influencée par la notion de
survie : les plantes ont toujours été le réservoir de la médecine.
Ainsi, la sagesse populaire médiévale avait certainement fait sienne la devise
d'Hippocrate: "Que ton aliment soit ta seule médecine." Les épices, coûteuses
mais abondamment consommées, avaient la réputation de lutter contre les
miasmes et les épidémies de peste. Présentes dans tous les plats, et même dans
les vins, elles offraient une alternative à une alimentation peu variée,
pauvre en légumes et trop riche en féculents.
On les savait déjà conservateurs naturels autant qu'utiles pour corriger ou
masquer certaines saveurs. Actuellement, c'est pour éluder le trop salé ou le
trop sucré que chefs et diététiciens s'en emparent.
Le curcuma,
l'or des Indiens
Bientôt aussi
indispensable que le sel ou le poivre, cette poudre jaune d'or? Employée
depuis cinq mille ans en Chine et en Inde comme alicament, elle est une des
marottes du Pr David Khayat : "La curcumine, qui en est extraite, possède de
remarquables propriétés antioxydantes et antiprolifératrices,
anti-inflammatoires ainsi que pro-apoptotiques sur les cellules cancéreuses
(l'apoptose étant la mort cellulaire)." De fait, de nombreuses études
démontrent que les Indiens seraient quatre fois moins exposés aux risques du
cancer de la prostate que les Occidentaux. Consommé frais ou en poudre, le
curcuma semble l'épice la plus prometteuse pour ses bénéfices santé.
En version gourmande
Indissociable des currys, dals et légumes indiens, le curcuma ne jure pas avec
les fondamentaux de notre cuisine: son goût musqué fait merveille dans la
plupart des potages, qu'il colore de sa robe jaune, si semblable au safran.
"Un peu de fromage blanc, quelques brins de ciboulette ciselée, du poivre noir
fraîchement moulu, et une demi-cuillerée à café de curcuma comme pour le
potage ci-dessus: sur un poisson mariné ou de simples légumes vapeur, cette
petite sauce est un délice", conseille Olivier Roellinger.
La cannelle équilibre la glycémie et joue un rôle dans la prévention des
risques de complications de cette pathologie.
La cannelle,
le "réchauffement" exotique
La cannelle entrait
jadis dans la composition des mélanges d'épices réputés souverains pour lutter
contre la peste. S'ils n'ont jamais empêché de contracter cette maladie, ils
ont le mérite de calmer une envie compulsive de sucré: des chercheurs
autrichiens ont pu vérifier les effets de la cannelle sur le diabète. Elle
équilibre la glycémie et joue un rôle dans la prévention des risques de
complications de cette pathologie. La médecine ayurvédique prétend qu'elle
réchauffe le corps en hiver, et la phytothérapie loue ses vertus contre la
toux.
En version gourmande
Guy Martin l'aime dans les plats salés: "Marinée dans de l'huile d'olive ou de
pépins de raisin, elle s'assortit parfaitement bien avec les poissons blancs,
juste cuits à la vapeur. Ou avec un blanc de volaille de Bresse."
La vanille permet une diminution de 36% des apnées d'un bébé prématuré.
La vanille,
régressive et apaisante
Luc Marlier
oeuvre pour le CNRS. Ses recherches sur les facteurs déclencheurs d'une
obésité précoce l'ont conduit à placer des échantillons de vanille dans les
couveuses de bébés prématurés. Surprise: en déclenchant une amplitude sans
précédent des mouvements respiratoires, la vanille permet une diminution de
36% des apnées du prématuré. L'apnée étant, à ce stade, la première cause de
décès des nourrissons. Cette expérience, renouvelée depuis quelques années au
CHU de Strasbourg, devrait, espère Luc Marlier, aboutir à un protocole où
l'inoffensive vanille remplacerait la caféine, utilisée depuis trente ans en
intraveineuse pour diminuer les apnées.
Outre-Manche, une étude conduite par des nutritionnistes de l'hôpital St
George de Londres a permis, au début de la décennie, de révéler un autre petit
miracle: appliqués sur le dos de la main, des patchs aromatisés à la vanille
ont sensiblement freiné l'addiction aux barres chocolatées et autres snacks
des patients en surpoids.
En version
gourmande
Pour se
démarquer des incontournables riz au lait ou crème anglaise, pourquoi ne pas
essayer, à la façon d'Olivier Roellinger, une gousse de vanille grattée,
mélangée à du poivre moulu et à du grué de cacao, pour relever un ananas rôti
ou une poire pochée ? Plus inattendue, sa vinaigrette combinant jus de citron
(1 cuillerée à soupe), jus d'orange (2 cuillerées à soupe), huile d'olive et
huile de pépins de raisin (3 cuillerées à soupe de chaque), sel, poivre et...
un centimètre de vanille grattée, infusée une heure dans le jus des agrumes:
une rondeur et un bouquet à en réveiller la plus banale des salades!
Préparé en infusion, le gingembre est un allié précieux pour combattre la
grippe et la toux.
Le gingembre,
piquant et chaleureux
Dans la doctrine
ayurvédique, on l'utilise pour ses vertus digestives, antinauséeuses et contre
les inflammations. Antioxydant puissant, il possède des molécules qui luttent
contre la prolifération des cellules malignes et les bactéries. Préparé en
infusion, il est un allié précieux pour combattre la grippe et la toux. Sa
réputation inaltérable d'aphrodisiaque, quasi universelle, reste quant à elle
à démontrer scientifiquement...
En version gourmande
Un petit morceau (15 g) de ce rhizome dans le bouillon d'un pot-au-feu
fera chanter la viande, selon Olivier Roellinger. Piquante et poivrée, la
saveur du gingembre, frais ou en poudre, rehausse une soupe de griottes,
sucrée au sucre de canne et agrémentée de cannelle. Dans une confiture de
tomates vertes, ou une compote de rhubarbe, il vient contrebalancer l'acidité
des fruits, en chauffant agréablement le palais.
Son arôme camphré et citronné se prête bien à des variations sur le thème des
agrumes: mandarines, oranges et kumquats, cuits dans un sirop de sucre roux...
Confit et saupoudré de sucre cristallisé, coupé en petits dés, il demeure une
des astuces les plus simples pour apporter du mordant et du caractère au plus
simple des cakes. Ne servait-il pas, en d'autres temps, à la confection du
pignolat, l'ancêtre de notre nougat?
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