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La Nature aux Comores |
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Le Parc Marin de Mohéli
mise à jour 07/02/2011 |
lu dans
http://www.mediaterre.org/ocean-indien/actu,20100611092848.html
Le Parc Marin de Mohéli (PMM), un sanctuaire de la biodiversité à la recherche
d’un second souffle - juin 2010
par
Abdérémane Hachime
Le 3 juin dans l’après midi s’est tenue à
l’Alliance Franco Comorienne de Moroni, une conférence pour présenter le Parc
Marin de Mohéli (PMM) dans sa nouvelle configuration. Les conférenciers
étaient Fouad Abdou Rabi et François Beudard deux experts qui travaillent au
sen du parc marin.
D’emblée les conférenciers ont situé le contexte dans lequel le parc a vu le
jour. Le PMM a été créé par décret présidentiel le 19 avril 2001. Il englobe
le territoire de 10 villages côtiers. Il couvre une surface de 404 Km²
englobant les îlots de Nioumachoi et les rochers d’Itsamia. D’une surface
importante de mer ouverte jusqu’à l’isobathe de 100 mètres, il prend en compte
les bassins versants.
Le Parc Marin de Mohéli est un établissement public à caractère administratif
et il est placé sous la tutelle du Ministère chargé de l’environnement de
l’Union. Il est administré par un organe délibérant, le comité de pilotage, et
un organe exécutif, le staff du parc.
Il faut savoir que le PMM englobe une grande diversité d’habitats et
d’espèces remarquables qui a justifié son classement. On trouve dans la zone
du parc quelques 45 plages de pontes de tortues. Plus de 200 baleines à bosses
qui se relaxent chaque année de juillet à novembre. La présence confirmée mais
rare des Dugongs par des pêcheurs. Une présence permanente de dauphins. On a
recensé 91Ha de mangrove. Les récifs coralliens frangeants bordent la côte et
les îlots sur près de 4000 ha ; ils ne dépassent pas 1 km de large.
Si certaines zones sont aujourd’hui très dégradées, les zones encore vivantes
de la pente externe révèlent une forte diversité d’espèces inféodées à ces
récifs. 820 espèces marines de poissons ont été recensées pour le moment, dont
485 inféodées aux récifs coralliens,. 5 îlots et plusieurs rochers
Le PMM est surtout connu pour la forte participation communautaire au
développement local, qui constitue un des piliers de sa conservation. En effet
les 10 villages riverains du parc ont adopté une approche participative de
cogestion. On trouve un représentant de chaque village et des institutions
(état, tourisme, lois) au sein du Comité de Pilotage qui supervise les
activités du parc.
Malgré tout cela le parc est confronté à un certains nombre de problèmes dont
un manque de ressources humaines, matérielles et financières adéquates.
En effet Le PMM fonctionne actuellement avec un personnel limité et une
démotivation des écogardes qui ne peuvent plus assurer leurs fonctions faute
de paiement depuis octobre 2006. Le PMM ne trouve pas encore de projet pouvant
assurer leur paiement à travers les activités de surveillance, suivi et
sensibilisation.
Les investissements en matériels et aménagements écotouristiques n’ont pas été
assurés à la fin du projet « Conservation de la Biodiversité ». Le PMM ne
possède pas de matériels de plongée, de matériels de suivi adéquat, des
embarcations motorisées rapide qui peuvent assurer une bonne surveillance…..
Le PMM est totalement dépendant des projets, ce qui entrave son fonctionnement
et la motivation de son personnel dès qu’il ne trouve pas de projets à
exécuter. Le dispositif juridique du PMM repose en grande partie sur la
capacité des associations villageoises à contribuer à la gestion du Parc. Or
ces ONGs villageois connaissent actuellement une démotivation.
Et pourtant le parc ne manque pas d’atouts. On trouve un Comité de Gestion et
un staff motivés. Il existe un plan de gestion pour 2008-2012 et qui a été
revu récemment et qui attends encore le conseil d’autres experts pour être
validé. Un manuel de procédure a été élaboré et validé en réunion de Comité de
Gestion. Un Plan d’Affaire financé par le PNUD-Comores est entrain d’être
finalisé. Un programme d’appui aux organisations communautaires de base pour
la protection de la forêt et des bassins versants du PMM est en cours. Un
programme de microfinancements du Pnud/Fem a concentré ses premiers efforts à
Mohéli aux communautés du PMM. Une Diversité Biologique riche et des atouts
touristiques
Les conférenciers ont définis les besoins urgents du parc. Il s’agit
d’officialiser les propositions de revue organisationnelle et institutionnelle
du PMM. De sécuriser de façon permanente la prise en charge des écogardes et
du responsable du Parc. Assurer une surveillance quotidienne au PMM. Lancer
une campagne de communication/sensibilisation pour faire connaître le
potentiel du Parc au niveau national, régional et international.. Dès que le
document « Plan d’affaire du PMM » sera validé, il faudra trouver des
financements pérennes pour financer les activités prévues. Et aussi lancer le
processus de mise en place d’un Trust Fund spécial Parc Marin de Mohéli. Vaste
programme et qui a le mérite d’exister !
On ne peut que souhaiter beaucoup de courage à l’équipe du parc, qui en cette
année internationale de la biodiversité ne ménage aucun effort pour la
préservation de notre biodiversité si riche mais aussi si méconnue.
Hachime Abdérémane
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