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La Poésie Comorienne

Abdelfatah Nadjloudine mise à jour 22/10/2007

L'Auteur
Abdelfatah Nadjloudine
Né le 20 mai 1985 à M'béni (à la Grande Comore), je suis étudiant en Maîtrise de linguistique à l'Université de Dakar. Je viens de sortir mon premier livre L'Afrique dans la main du diable aux Editions de la lune
tontonnadjlou@yahoo.fr

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Ame inconnue

Au printemps de mes jours
J’ai promené le regard au soleil couchant
Mon cœur a ressenti le poids d’un monde à l’agonie
Il t’a cherchée dans les eaux jaillissant de la beauté
Il a cherché ton souffle parmi les âmes vertueuses

Dans les nuages dormant j’ai cherché à lire ton nom
A voir ton visage sourire au dieu du mal
Je n’ai vu ni tes yeux ni tes dents de lait
Ni tes yeux ni tes dents inconnues
Je n’ai même pas entendu ta voix candide
  qui berce mes rêves

J’ai pris la patience dans les mains
Les prières dans les mots de toujours
J’ai voulu trahir l’âge
Bondir d’un coup pour percer le mystère
Rien que pour sentir ton odeur inconnue
  qui fait me frémir les narines

Malheur à celui qui t’a vue
Et vole à ma vue cette forêt de merveilles
Où se repose la beauté d’un être fuyant mes yeux
Quel incendie brûlerait les charmes de la vie
Et laisserait ton souffle, ton souffle
 que cherche mon cœur ?

Âme inconnue ! Je t’ai cherchée parmi les inconnus
J’ai crié « pitié » au ciel
Loué la beauté avec l’éloquence du poète
Et je t’ai cherchée parmi les voisins. Personne ne t’a jamais
Vue. Un jour, je respirerai l’or de ton souffle.

Nadjloudine ABDELFATAH
Dakar

Il est l’heure

Mon âme, va
Il est temps ; oui, il est l’heure
Vois
S’éteint la flamme de ta jeunesse
Regarde disparaître ta tendresse à tout moment
Il est temps
Et tu le sais
Demande pardon. Chaque jour, voyant monter et disparaître
Le soleil, éclairer et s’éteindre la lune
Mes yeux admirent cette merveille qui passe 
Mon cœur tend à chacun de mes pas vers la demeure des Ancêtres
Gémit à toute heure qui passe et donne le mirage de revenir
Se froisse sous le chant des coqs
Mon âme, prie que tu ne fasses plus jamais mal
Purifie-toi dans l’océan de la vertu
Va. Prie pour cet esprit étourdi
Mon âme, finis comme ces figures ancestrales
Qui à tout temps avaient dans leur foi tant d’ardeur
Va prier pour moi le Grand Seigneur.

Nadjloudine ABDELFATAH
Dakar, le 27/10/2006