ntsilengé tsidjwa wandru wandjuwa
tsidjwa wale tsidjwa wafupvi
tsi rambuwa beyi
tsi rambuwa djuzo
tsidjwa thamani
tsidjwa yamwinyi hindri ne wuchilo
naragu ze anlama izo zikawuha
ko guwo yivulwawo yemwinyi
komlendjé wadja chiwari
ko madji yatsawulwawo namadji
nandapvo mwana harawo hozalwa
Abdoul Aziz f.
Dakar Sénégal
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Ma lettre de nuit
C’est
l'enveloppement d'un ciel du soir
autour des épaules de l'horizon
puis l'ombre se cristallise en braises
d'où germe un rosier de flammes
qui lèchent et carbonisent la forêt
C'est une agitation de bannières
devant les sillons qui se tordent
sous la fumée des feuilles
mortes
roulement de vagues mouillées
dans le chuchotement de
l'automne
C'est une rafale de neige
douce comme une caresse
au long des jambes du paysage
qui se blottit au creux du lac
entre les portes des glaciers
C'est une étole de cristaux
taillés en écailles si
fines
qu'elles ruissellent sur les yeux
au moindre pas le long des
falaises
dans le vertige des embruns
C'est une coulée de métaux
qui rejaillit sur les rocs
pour s'engouffrer dans les ravins
en grappes et lianes
entre les seins des cariatides
C'est un collier de lessive
sur le torse du torrent
entre les berges d'anthracite
aux noeuds d'acajou
dans la gifle de l'ail et du benjoin
Ce sont des bras qui se
referment
autour du cou des choses
palpant leur fuite
et s'entrouvrant pour les lâcher
vers un siècle d'essor
Abdoul Aziz f.
Dakar Sénégal
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J’AI VIDE MON
TONNEAU D’EAU
Quand j’ai découvert l’amitié
Aux premiers jours d’adolescences
Par les soirs de grands virées
Dans mon joli pays les Comores
Quand mon premier amour d’été
S’en est allé sous d’autres cieux
Pour une autre facilité
Ma laissant triste et malheureux
J’ai vidé mon tonneau d’eau
Puis quand je me suis marie
Apres cinq années de fiançailles
Sans savoir ce qui m’attendait
Le lendemain des épousailles
Quand mon premier enfant est né
Comme cadeau du ciel
Venu un jour nous enchanter
Apres notre lune de miel
J’ai vidé mon tonneau d’eau
Quand ma femme s’est en allée
Apres vingt ans de vie commune
Me laissant seul abandonné
Avec mes rancoeurs, mes rancunes
Et puis quant elle est revenue
Un soir pour mon plus grand malheur
Apres quelques amours déçus,
Le cœur meurtri, les yeux en pleurs
J’ai vidé mon tonneau d’eau
Quand les docteurs m’ont prévenus
Que la mort allait arrivée
Comme un visiteur imprévu
Venu soudain pour m’achever
Et puis quand il ne me resté,
Que mes deux yeux pour pleurer,
Devant ce gouffre noir immense,
J’ai vidé mon tonneau d’eau
Abdoul Aziz f.
Dakar Sénégal
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