Poésie

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La poésie dans la presse
 

La Poésie Comorienne

Abdou Djohar
mise à jour 23/09/2010

L'Auteur
Abdou Djohar
E-mail: abdou_djo@hotmail.fr

Présentation de l’auteur

Abdou Djohar est né à Simboussa dans l’est de Badjini. Après un DEUG ès lettres à l’Université des Comores, il fut professeur de français au collège rural de Pimba Plateau (région natale) et dans de nombreuses écoles privées des Comores avant son départ pour la France où il achève un Master2 de science du langage à  l’Université paris13. Actuellement il donne des cours de soutien en Seine Saint-Denis.
Très jeune, Djohar a écrit des poèmes sur des thèmes variés inspirés de berceuses pratiquées par sa mère et de son expérience douloureuse. Douleur et Nostalgie est son premier recueil de poème

 
 

Nostalgie

Je songe à toi ô ma terre natale
Je pense aux caresses de ton climat tempéré
De loin m’abreuvant de tes eaux si douces
Je ferme les yeux et vois germer dans ta fertilité
Les milliers de fleurs qui embaument
L’arc en ciel de chez nous
Je ne peux rien oublier :
Des arbres flamboyants soufflant douceur
Et le Kashkazi apporte saison et récoltes
Et ces mélodies discrètes mélangées
Avec l’harmonie tranquille des oiseaux,
Des oiseaux qui bien que sauvages font oublier
Les douleurs de l’âme !
Je me souviens encore de cette verdure fleurie
Aux pétales embrassant les fruits en chrysalides
A fleur et sans fleurs aux fruits délicieux
Et les feuillages en cadrant nos villages
Comme un nid d’oiseaux
Ô terre nourricière au besoin
D’un beau peuple laborieux
Vivant de l’agriculture encore manuelle
Ô ma terre bien aimée, fait réveiller ton
Intelligence légendaire
Que nous nous enrichissons de tes trésors avec
Raison et savoir l’essence, le souhait
D’un peuple souriant, accueillant
Fort de sa civilisation
Par sa légitimité
Et sa tenue authentique
 

Démocratie

Démocratie, dès l’aube tu voles à ma terre
Je t’accueille sans terreur,
Pas question de diplomatie mais de vie,
Tu rejoins ma terre au temps où
Terreur enveloppe mon corps,
Sème l’Harmonie,
Au temps où bouche contre plume
Procure la Liberté,
Au temps où les forts écrasent les faibles
Offre la Fraternité,
Au temps où arme tire sur l’homme
Signe la Paix,
Au temps où vol n’est pas un crime
Instaure la Justice,
Au temps où ténèbres bande mon visage
Projette la Lumière,
Au temps où lâcheté n’est pas un péché
Prêche la Foi,
Au temps où main, seule détient pouvoir
Enseigne le Droit,
Démocratie, reste en lutte sur ma terre
Jusqu’à la fin de ma Peur
 

Retrouvailles

J’offre ce lai d’amour à Eve
Qui sauve mes rêves, ma vie sauve
Il n’est pas vrai qu’elle mente,
Eve au destin qui m’enchante
Eve, ce lys solidaire, à l’air géant !
En apprenant qu’elle s’envole pour l’océan
Qui m’héberge, le cœur se vide de
Ses tourments, le visage de ses rides
La nouvelle gave l’isolement troublant
Comme l’esprit hantant

Elle m’est parvenue, comblée, tranquille,
Me titille de sa voix qui veille 
Au salut !nos sourires et regards s’échangent :
Ni le sort, ni la malignité n’entachent
Cet amour militant. On s’est vu, s’est embrassé
Et émerveillé de ce destin encensé !

Le péché de ma pensée est disparu
Dans le révolu. Mes mains revêtues
D’une pudeur d’âme l’accueille à
Merveille ! D’ores et déjà
Eve m’a rendu la joie d’être sauvé !
Mon coeur concourt à la paix.
 

Le ver de terre

Sous la terre se terre le ver de terre
Ci-gît ce pauvre hère.
Cet invertébré ami de l’ombre
N’aime pas le gaz à effet de serre
Il aime les beaux airs
Qui parcourent son aire
Le ver de terre se sert de la terre
Dort aussi sous terre
Le ciel n’est pas son abri
Mais la terre vêtue de vert
Siège ayant l’heur
De lui plaire
Mais l’ère chaud frein de son erre
Le leurre !
Cet être de proie prévoit le froid
Torturant son poids
Ce chenapan victime de la vie humaine
Déteste le cultivateur, ennemi de son monde
Pour lui l’humide fait sens
Car favorise son existence
Dommage ! Le ver de terre ne sait ni rire
Ni écrire ni courir
C’est peut-être pourquoi il se cache
Dans les bois couchés !
 

Moroni, j’y rêverais un jour

Moroni mon visage, Moroni ma douleur,
Victime du silence,
Se lasse de caprice, sollicite la finesse,
Veut vivre sans tache pour oublier ses
Cicatrices, ressembler à un verre de
Cobalt pour la vue d’un visiteur.
Illuminer comme une chandelle
Pour flatter les regards lointains !
Immense sa richesse, noble son adresse
Malgré la violence qui hante son existence
Loin d’elle, on la voit épouser la faille,
Marier la paresse et la misère,
S’unir aux personnages clamant la sottise
Contre sa justice !
Son bonheur se recule, s’efface,
Son espoir se détruit, l’ombre lui gagne
On dit un bagne !
Oh ! Mon Seigneur gare Moroni de la poisse
Qui l’angoisse !
 

Maoré : le péché d’un désir

Maoré a choisi la solitude
Pour que vive la servitude
Elle se pavane dans le bras de la douleur
Et condamne mon rêve libérateur !
Elle abuse ma patience
Je souffre de son silence
Cette île nue de la chaleur humaine
Préfère le paraître à l’être, vertu vaine !
Espérance coupée, avenir avorté
Pire :
Le passé l’a trompée
Le présent l’a flattée
Le futur l’a trahie !
Ô monde, auteur de cette vie
Impure
Maoré n’appartient qu’à moi !
 

Bagdad : pas trace de vie

Encore d’aide à Bagdad
Où des âmes victimes des tirs
Souffrent le martyr,
S’abreuvent de sang et de pleurs
Là, l’homme sans âme trempe sa force
Féroce contre tout ce qui pousse
Pour la raison !
Là, des corps restés collés sur des débris 
Puants gênant les passants !
Là, arme crache contre âmes :
Recul du bon honneur,
Terreurs
A grande vitesse,
Partout
Debout, une scie tousse contre tous
Là n’est que désordre
Là n’est que sol aride
Là n’est que pathétique
On y crie on y court on s’y évade
Partout où la mort encore
Joue vengeance
Bagdad gronde
Bagdad trouble les regards
Bagdad s’engouffre
On dit la fin du monde
 

Prière

Prière va je te dépêche en cette nuit d’hiver
Où l’audace de son silence affirme ton existence
Certes tu m’entends, certes tu me vois
              Seul mal à l’aise replié sur cette terre immonde
Contre mon monde
Dotée d’odeur qui s’en va vers les cieux

Prière va je te dépêche traverser
Le pays à arbre du voyageur t’asseoir sur
La cime de sa nature bruite
Souffler un vent de reforme dans toutes les demeures
Où des innocentes victimes d’un système réclament
Le bonheur
Réveiller la sagesse et la vigilance qui se taisent
Renaître l’harmonie étant en attente
Entre ceux qui se disputent pour leur
Ennemi public
Accorder un Oui à ceux qui se battent pour la justice
Pour un peuple tolérant
 Prêt à bannir le diable de la déprime
Purger l’abcès qui avive les malheurs
Supprimer les maladies qui réduisent l’espérance
Concilier le jeune avec la main
Projeter la lumière partout où on s’égare.