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| La
Poésie Comorienne |
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Décès de Mmadi Moegni
par Said Ahmed Said Yassine |
LA PERTE TRAGIQUE D’UN ENFANT DE LA NATION COMORIENNE
Loin, je suis, je n’ai pas pu participer à la foule nombreuse qui t’a rendu le
dernier Adieu, mais ici, je fais aussi la prière.
La prière pour toi, enfant prodigue.
C'est une perte tragique qu'a connu l'archipel de la lune. Moi comme les
autres je prie Dieu. Je prie Dieu pour qu’il te réserve une place de choix
dans son paradis. Ô toi, Mmadi moegni, tu es parti si tôt et si jeune, même si
chez le très haut ce qui compte c’est l’heure. Tu es parmi ceux qui ont laissé
des orphelins. Orphelins familiaux, orphelins moraux.
Toi qui as servi infatigablement à ta jeune nation.
Toi qui as secouru plusieurs dizaines de milliers de têtes menacées de
l'ignorance. Parmi elles, la mienne.
Toi qui as accompli tes tâches de façon aussi noble.
Tu es dans ta demeure éternelle et tu l'occupes pendant longtemps. N'est-ce
pas toi, Mmadi moegni, un des artisans de ma plume ?
N'est-ce pas toi Mmadi moegni qui salissais mes pages avec l'ancre rouge ?
N'est-ce pas toi Mmadi moegni que j'ai énervé un jour dans le modeste, mais
noble lycée. Lycée said Mohamed Cheick de Moroni devant le tableau noir ?
N'est-ce pas toi Mmadi moegni qui m'as dit :"tais-toi idiot, machine à rire?"
Ce tendre grondement du père et fils ne m’avait pas fragilisé. J’avais
continué mes rires, mais tu ne savais pas à cause de quoi je riais. Sinon un
des amis avec lesquels j’ai usé mon pantalon sur le banc savait pourquoi je
riais ce jour là.
N'est-ce pas toi Mmadi moegni qui m'as fait peur avec le torse d’un homme
fort, sportif de haut niveau et fini par me conseiller de suite ?
N'est-ce pas toi Mmadi moegni qui fabriquais mes vers, mes proses, mes
sonnets, mes strophes...?
N'est-ce pas toi Mmadi moegni qui m'as dit que mon père t'était bien connu
depuis longtemps et il t’a dit…? Mmadi moegni, dans ton château de paix et de
tranquillité, permets moi de verser une bonne quantité de larmes. Larmes de
crocodile même, l'armes d'un orphelin dont l’espoir est attenté.
Je te connaissais déjà, mais je ne savais pas que tu allais partir si tôt
comme ça. Pourquoi tu ne nous as pas dit que ta feuille t'avait averti ?
Dommage, la décision de ton départ a été écrite et prise par le très haut.
Dommage, nos interventions n'auraient rien fait. Dommage Mmadi moegni,
pleurer, prier, gémir sont également lâches. Si c’est lui qui décide l’heure,
elle est incontestable. N'est-ce pas ? Le petit peuple, peuple miséreux avait
besoin de toi, il pense toujours à toi. Tes oeuvres n'ont pas été achevées,
mais celles que tu as accomplies sont aussi nobles. Mon professeur, les
comoriens te connaissent. Certains te connaissent journaliste, d'autres,
ministre mais moi et mes amis avec lesquels j'étais victime, étant sacrifiés
par le pouvoir gendrocratique, te connaissons professeur, pédagogue, sauveur,
bienfaiteur... Plein de beaucoup de pitié, de patriotisme, de civisme, de
dynamisme... sociable, généreux de cœur, agréable à fréquenter sans complexe.
Tel est le Mmadi moegni que nous connaissions et qu’on ne va jamais oublier.
Ton arrachement dépasse mon imagination. Mmadi moegni, je n'ai pas oublié. Je
te dois beaucoup. Même si tu es parti avant que je m'acquitte de la dette,
mais j'en suis reconnaissant.
Je suis reconnaissant de l'ajustement que tu as fait à mon navire. Mon petit
journal local "Bishio" ne t'a pas connu arrogant, ne t'a pas connu égoïste...
Sur les bancs du lycée Saïd Mohamed Cheick, au moment où tu salissais tes
mains de la couleur de sombre avec la poudre de plusieurs couleurs, tu m'étais
si proche.
N'est-ce pas toi Mmadi moegni qui m'a appelé souvent Ô "fisse" ( qui rit
beaucoup ) à cause de mes éclatements de rire qui gâtaient souvent tes
discours, lors de tes séjours devant le tableau ? Tu m'étais patient, tolèrent
et un bon conseilleur. Mes rires étaient l’unique défaut que tu m’avais
attribué, mais ils ne t’avaient pas découragé.
Je ne t'oublierai jamais.
Et il est certain que mes amis aussi, mes anciens collègues avec lesquels
j'étais sacrifié à cette époque là ne t'oublieront jamais. Au revoir mon
professeur Mmadi moegni en te disant que ce que je n'ai pas pu dire ce
jour-ci, je le dirai prochainement. Paix à ton âme mon professeur.
said ahmed SAID YASSINE
( Yassine ) Lyon
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