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CHRONIQUES LOINTAINES |
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Nos nuits dérobés |
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Chant |
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1
nous
trépassons dans
nos obscurs
visions
l’éternel
douleur d’
ici-bas
va
ami
ennemi
mal de
mille
milieu
l’éternel
douleur
d’ici-bas |
2
Je criais au
hasard parmi
les aveugles
ma parole de
solitude
sanglote mes
tristesses
nuits lugubres |
|
3
la porte du néant
m’est ouverte
dans un nuit de
chant mélancolique
ainsi
tout est vision
faux maïeutique |
4
le trépas
là
dans nos
coeurs
enchaînés à
son empire
amer réalisme |
|
5
j’ai bu mon
ennui
quand
tu es parti
ma
seule et
subite
solitude
et me suis-je
trouvé au
sommet de
l’empire chagrin
au coté de
l’immuable douleur |
6
j’ai entendu ta voix
dans un nuit
j’étais tout pâle
frissonnant l’air noir
de la glèbe solitude
et tout blême et esseulé
et
je me suis réveillé
dans le néant sombré
par ton absence
j’
ô perle de ma vie
ai crié : seul,tout seul
dans ce lit froid |
|
7
cette nuit
nuit triste
nuit sans étoile
ni voix
ténèbre infernal
je vois
ô reviens
clarté
de nos jeunesses
consommés
reviens
dans nos vieux
sommeils dérobés |
8
je priais au désert
dans le creux du
sable tranchant
je dansais à la demande
du
vieux spleen
je dormais avec les
enfants de l’ombre
tétant le sein froid des
origines
pour arriver à toi
lumière |
|
9
au tam-tam
joie est baptisé
dans nos terres
tam-tam souvenir
lointain
la mère berceuse de
nos larmes
avalés |
10
j’ai toujours
chanté
ta race toi
maître
et ma race
est issue des
milles ancêtres de
sang d’ébène
de khôl enfermé
dans mon âme
nos origines profondes |
|
11
et je dis
ma parole est le feu
et je dis
l’amitié
et je dis
la liberté
éclater et
triompher |
12
chant funéraire
chant monotone
chant
ô chant
mutilé chant
désolant chant
rythmé en larme
chant ô chant
du fond de l’âme
chant des pleurs…ciguë
chant affligeant
chant lent d’une
deuilleuse |
|
13
les images
tourbillonnent en masse et folie
en flots spectre
chimérique
aux idoles fantômes
livides
mort bariolé ficelle
l’esprit au tournis
suicidaire
j’ai bâti l’arène de la
folie
l’harmonie castré
eunuque de joie paternelle
j’égrène mes peurs
j’égrène ma
perte |
14
comment
écrire ô
nuit
sombre
l’histoire de ma
folie
ô vie
volé
ô la peur de la
mort en
nous vous
pauvre
cœur
trahi
la mort là
en nous |
|
15
quel homme pour
m’offrir la
coupe mielleuse pour
adoucir ma
douleur
ami
voila la
nuit
la nuit aux
milles
mains
étranglant |
16
seul nuit
seul et nu
je m’en
allait
honteux et
humilié à
travers mes
anxiétés
Seul nuit
Seul et nu |
|
17
la revoilà
encore
sortie d’on ne sait
où
ou comment
ni quand
venue avec
ses griffes d’enfer
ses accroches étranglant
ses images de terreurs
ses crocs
d’un chien affamé
revenant
des ténèbres
la peur |
18
le cri a
tué le
silence
le silence ô
dort dans ton
profond
sommeil
solitaire |
|
L’exil |
|
1
les morts s’en
vont sous terre
à la racine du vivant
de renaître dans
leur froid lit
toit d’éternel
absence |
2
quand la
nuit
viendra nous
aurons le
temps de
parler bas
à nos morts
absents le
jour |
|
3
et nous avons gardé
nos souvenirs pour de
morts
inconnus
des prières à leurs
repos
des larmes
gravés dans nos
cœurs pour
eux |
4
gardons nos
sourires avec eux
gardons les
souvenirs d’eux
ils verront le
jour avec nous |
|
5
le cri
résonne
à perpétuité
dans des cœurs
en deuil
depuis le
premier jour de
l’absence |
6
le cri
résonne
d’outre souffrance
dans des
cœurs toujours
fragiles
du perte de
l’un de
nôtre |
|
7
le cri
nous vous a
réveillé du
sommeil
les larmes déjà
au front une
lueur de deuil
partout
des pleurs le
village se plaint
dans l’innocence
la triste nouvelle
au loin les voisins
partagent la
houilleuse fatalité |
8
y’a-t-il
foule
pour des morts
en solitude
d’être esseulés
dans nos villages
sans musc
ni ambre ni
fleur |
|
9
lourd
ô vérité
qu’il est
profond les
larmes
versés par
des yeux nus
apprenant qu’il n’est
plus parmi
nous |
10
adieu
adieu donc
vous frères de
souffrances
vous amis compagnons
de misère
vous
voisins de
douleur |
|
Mémorial du lagon |
|
1
le poète dit :
tu pars
que ton chemin
ne soit pas désespérant
ton sort un
cauchemar ignoré |
2
où vont-ils
emportés par
des vagues de
ténèbres
ils s’en
vont avec
leurs hallucinations
perdus leurs
songes brisés |
|
3
ô toi
qui fuit
va
avec ton image
apporte ton
odeur avec
ne nous
laisse avec
des souvenirs amers
non plus des
orphelins
avec nous |
4
ô cœur vivant
femme immortelle
femme fertile
pars-tu
quittes-tu
trahis-tu
nos liens unis
nos …….
depuis est né
la mausolée du
clandestin sans nom |
|
5
le poète dit :
compagnon
pose ma
tombe
dans le lieu
du premier cri
de souffrance
Le poète dit :
compagnon
gravé sur ce…
un sycomore abattu |
6
la nuit était
plus noire
dans nos voyages
funestes
amours,larmes
emportés par les
vagues
d’où viens-tu
voyageur
sans stèle
très loin, très loin
au lointain du glèbe
des coeurs lassés |
|
7
leurs cœurs battaient à
l’impatience
d’un chose :
ha !
l’espoir mutilé |
8
les têtes baissés
les visages sombrés
ô brûlés par le
feu du désespoir
car
ils étaient là
mourir ou
atteindre ce
lagon |
|
9
il n’y aura ni
plainte de
tourment ni
deuil à
eux
les images sont
vilaines
errants dans
nos âmes |
10
ombre sombre
diable
bouteille à la mer
robe de nos destins
anémiés
aube des horreurs
aube des morts sans
sépulcres
somme de tous nos
malheurs
somme de tous nos
déceptions |
|
11
je cherche
vérité dans
l’ombre
des habitants
fuient
loin
du lumière
embrassant
les vagues
espoir incertain
l’horizon
pâlit dès
leur départ |
|
|
Prisonnier de D¨¨ |
|
1
mon refrain
est un
fusant permanent
battu
lointain et
natal
nuit et jour
j’habite
le remous
des mains visqueuses
qui me tiennent |
2
le jour se lève
aube
joie
des férules mercenaires
les flammes maîtres du
cage |
|
3
nous avons vaincu nos
transes quotidiennes
de penser à toi
ô corps
labouré
mutilé
tracé
enseveli dans des sacs |
4
s’il faut attendre
j’attendrais
s’il faut avaler
patience
pour la première
crépuscule de
ma vie
je le ferrai
et j’attendrais jusqu’au
dernier seconde d’un espoir
jusqu’au dernier nuit
de la nuit atroce
mains tortueuse
mains voleuse
mains invisible
mains épine
mains tempête
mains invisible
mains caméléon
mains diable
mains invisible |
|
5
il y aura
foule
pour des
mains enchaînées dans
des
maisons
privés d’
humanisme
oui il y’aura
foule parmi
nous parmi vous
pour voir le l’aube |
6
il y aura
feu
demain
à l’aube
du premier jour
il y aura
folklore
de joie au visages
pour nos sourires
perdus
il y aura
foule
pour cœurs
mutilés |
|
7
mais viendra ce jour
où il s’étale dans le
boue
le sourire échappera
nos visages
la joie habitera nos
villages
mais ce jour viendra
où son histoire sera
gravé
au cimetière des diables |
8
à la mémoire
des enfants de Soweto
tranquilles devant les
kalachnikovs
assoiffées
des cœurs
impatients de
libertés
leurs regards
étaient un
combat
infini
suspendu aux
supplices et
la liberté |
|
9
sur tes sanglots
suturées de
supplices
voici nos mains
tracés comme les
tarots
nos patience
avalés |
10
fusillé
endeuillé
des âmes
mortes le jour
vivantes la nuit |
|
11
Jusqu’à la souffrance
je me consume
en aimée
ô aimée
répudiée de
mes pensés
aura des
douleurs enfouis
dans la longue
nuit quand il nuit
la mort la vie |
12
Il vient de
renaître
on n’espère pas
le voir le
Jour
il vit la
nuit une
éternité
mais ha !
il a disparu puis
disparu |
|
13
le soleil se précipite
dans
l’autre coté
la clarté s’assombrit
les
étoiles apparaissent
puis
d’un dernier pas
l’homme s’éclipse
et puis
on entend qu’un
refrain :
« disparu puis disparu » |
14
l’homme attend
que l’on
vient de
réduire ses
jours de
vie
conscient et
calme et
la porte s’ouvre et
il demande :
« ma demeure
est épargné de
ses supplices ?
-
oui,et
ta mort est
déjà annoncé,
statue l’ombre du mal.
-
maintenant
vous pouvez
m’assassiner,
clame - t-il ». |
|
15
en face la
porte de la
mort close
pour des
vivants
ô cœurs
arrachés
souillés des
crachats
torturés d’
épines |
16
ce jour en
cactus et
ce nuit en
schlague
ce jour
derrière les
fers d’amertumes
derrière des murs
tortueuses |
|
17
sur tes mains
tracés vont nos
peines en
deuil de tes
tourments
sur tes mains
voici
le jour en
espérance
nos délivrances
sur tes mains
voici
l’eau
survie
de nuit
atroce
ô nuit
qu’il est profond
tes empreinte |
18
que voulez-vous
nous étions aux
chaînes jusqu’au
matin
cloués de terreurs
l’œil du chien rodait
autour de nous
en monstre affamé
que voulez-vous
il n’y a eu que
des cactus écussonnés
dans
nos cœurs |
|
19
il était
heureux
son regard
s’élargit à cet
horizon infini
de renaître en
terre neuve
sans lézard
ni caméléon
ni toit en
taule |
|
|
Jusqu’… |
|
I. Bâb el-Mandeb
Ou la porte des larmes |
|
1
tant des larmes
laissés là
tant d amours
déchirés là
tant des sentiments
enfoncés là
tant des désolations
éprouvés là
là
on était rien
l’aube du temps ! |
2
jusqu’aux chaînes
dans des palais
là
des souvenirs
arrachés
des amours
castrés
dans des harems inconnus |
|
II.
Congo-ocean
(les rails du sang) |
|
1
jusqu’à nos morts
nous sommes
forcés à
résister
jour et nuit
sous les tonnerres
sous les ténèbres
sous le soleil torride |
2
il se tenait droit
vers nous
un soumis le couvrant
du soleil
et
nous
jusqu’au
travail à perpétuité
nous sommes
condamnés |
|
3
il est dans
sa calèche
loin du
soleil et
du corvée
loin de la poussière
qu’on aspire et
qu’on accepte
loin à
admirer nos
peines |
|