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| La
Poésie Comorienne |
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Nassuf DJAILANI
mise à jour 02/07/2008 |

Ci
dessous un extrait
de son recueil |
L'Auteur
Nassuf Djailani,
poète, nouvelliste et journaliste
(Prix
Bayard), l’auteur est né à l’île de Mayotte dans l’archipel des Comores.
Il est journaliste pigiste pour la radio, la télé et la presse écrite.
Après des études secondaires jusqu’au bac, une classe préparatoire
spéciale IEP au lycée Thiers à Marseille, il entreprend des études
d’histoires à Bordeaux tout en préparant des études de journalisme à
l’IUT de Journalisme de Bordeaux. Il travaille ensuite pour RFO Paris et
RFO Mayotte… Il a collaboré à l’émission Là-bas si j’y suis de
Daniel Mermet pour une série de reportage sur l’immigration clandestine
entre les Comores indépendantes et Mayotte (Mayotte un confetti
explosif) pour France Inter.
Il est également journaliste reporter d’images, diplômé de l’Institut de
Journalisme de Bordeaux Aquitaine. Depuis deux ans, il collabore à des
revues littéraires en France (notamment Riveneuve Continents et
Ubu). Auteur édité, il est lauréat du Grand Prix littéraire de
l’Océan Indien, ainsi que du premier Prix de la poésie 2005,
pour Roucoulement.
Il a publié Spirale (poésie) aux éditions Les Belles pages
à Marseille en 2004, ensuite Une saison aux Comores, aux éditions
Komédit en 2005, réédité en 2006, et Roucoulement, poésie,
aux éditions Komédit en 2006.
L’un de ses textes dramatique comme La vertu des ombres (inédits)
sont joués à Mayotte, lors des Rencontres du théâtre populaire
qui ont lieu tous les ans.
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Œuvres principales
:
Romans:
- Te bâtir, à paraître
- à l’embouchure du diamant rouge (à paraître)
Nouvelles:
- Une saison aux Comores, Komedit, 2005, réédité 2006
- Marche ou crève, (à paraître)
- Sous le parvis de la pleine lune, (à paraître)
Poésie:
- Roucoulement, Komedit, 2006
- Spirale, Les Belles pages, 2004
- Les îles rebelles, ouvrage collectif, éditions de
l’UDIR, 2005
Publications en revue :
- Dans le vertige du trumba,
poésie, Riveneuve Continents, juin 2005
- Le théâtre mahorais part à la rencontre du monde, Riveneuve Continents,
2006
-
Moisson de lettres indianocéanes,
Riveneuve Continents, juin 2006
-
« Echanger en changeant, sans se perdre »,
Ubu-Scène d'Europe, juillet 2006 |
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ROUCOULEMENT, KOMEDIT,
2006, 52p) |

UNE SAISON AUX COMORES, KOMEDIT,
2005, 102p
réédité en 2006 |

SPIRALE, Les Belles Pages,
2004, 144p |
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Préface
Nous nous sommes croisés en 1996.
Tel un papillon de nuit attiré par la lumière, il était finalement venu se
joindre au groupe d'élèves intéressés par la conception et la rédaction de
« TAM-TAM », le journal du collège. Il était un parmi les autres, souriant
mais plutôt en retrait, ne cherchant surtout pas à se mettre en évidence.
Aussi, ne le connaissant pas par ailleurs, je ne l'ai pas remarqué.
C'est en 1997 qu'il est sorti de sa réserve en créant « ex nihilo » le
premier journal de « brousse », le mensuel « LISEZ-MOI ». Vous avez bien
lu « brousse », un vocable qui invite à l'Afrique. C'est d'une Afrique
particulière qu'il s'agit puisque nous sommes à Mayotte, une terre
comorienne à la croisée des courants marins et humains avec tout ce que
cela comporte d'apports successifs. Et il ne faut pas considérer ces
apports en tant que strates : les agissements humains ne sauraient se
comparer au processus physique de sédimentation. Entre confrontations,
métissages et syncrétismes, en s'affranchissant d'un certain ordre établi,
en osant affronter les réactions mesquines, jalouses ou passéistes des uns
ou de certains autres, afin aussi d'inscrire sa vie et le parcours de son
île dans un destin planétaire, il revendiquait et usait d'un droit à la
parole d'un côté, d'un droit à l'information de l'autre.
Dans une indifférence générale confinant au mépris, j’ai apporté ma
pierre, bien modestement. Nous avons fait connaissance presque
exclusivement autour de cette exigence de modernité pour Mayotte, son
parcours personnel ne se dévoilant que par bribes aussi brèves que
discrètes.
Il a fallu l'exil, l'arrachement, le déracinement - comment nommer en
effet ce grand départ pour d'autres cieux quand on s'envole de son île
tropicale pour le ciel changeant de la métropole ? – pour que l'homme en
devenir dévoile l'enfant révolté, l'adolescent perturbé qu'il fut tour à
tour.
Cet homme en devenir couche ses blessures sur le papier pour mieux les
apprivoiser. Les aigris rappelleront que « le moi est haïssable »,
excusez-moi de penser que ce « moi » est admirable s'il se rapporte à
Montaigne, excusez-moi d'avancer que ce « moi » reste en tous points
respectable s'il se rapporte à tout homme quel qu'il soit, pourvu qu'il
soit capable d'avouer – il ne s'agit pas d'étaler - sa fragilité intime.
En littérature, la poésie est le support le mieux adapté lorsqu'on dévoile
son questionnement secret et ses cicatrices personnelles. Au-delà des
prétentions potentielles, il y a le partage avec ceux qui ressentent
ainsi, ceux qui n'oseraient pas en parler et ceux qui sont empêchés de
dire. Il s'agit juste de communier, cela rassure et permet de continuer la
route...
Bon vent Nassuf, ami et petit frère chez les humains... Un homme seul est
une humanité entière...
J.F.DEDIEU. |
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"
Tout mettre là, tout les possibles, les plus inaccessibles, tout. Laisser
barboter-là, tous ces personnages sur la blancheur insolente de la feuille
blanche. Je griffonne les premiers mots de ces récits alors que les bruits
de bottes se font de plus en plus lancinant du coté de l’archipel des
lunes éteintes.
J’entends les sifflements de balles qui déchirent la nuit. J’entends les
craquements des armes qu’on charge et déchargent. J’entends le déchirement
des lambas qu’on rompt à force de tiraillement…
Décidément l’écriture ne peut rien contre la folie meurtrière…
J’écris cette folie avec la délicate attention d’une mère qui s’occupe de
cet enfant qui s’en va son bonhomme de chemin, loin hors de moi. De plus
en plus loin. Puis revient. Il flotte, sourit, comme heureux de replonger,
familier, dans le ventre chaud de ce récipient. Je le lave longuement dans
l’eau tiède contenue dans cette bassine bleue rongée par le temps.
C’est devenu comme un rituel qu’on accompli à deux. C’est notre instant à
nous après le long voyage dans la mare placentaire. Il n’est plus question
de coup de pied quand le repas que j’ingurgite lui déplait. Il n’est plus
question non plus d’acrobaties périlleuses pour creuser son chemin de la
délivrance. Il s’agit plutôt d’instant de joie, de ces instants de plus en
plus rares remplies d’émerveillement, de deux bouts de chairs, debout,
joyeux de se découvrir et de se surprendre.
Extrait de
Rouge Bordeaux, récit à paraître |
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