Poésie

KARO LE PAS 

Said Ahmed SAID YASSINE

NOFUMU MMIDJINZE 

K.A.
 

Ahmed ABOUDOU 

Sadani 

Mara 

Reno 

MAB Elhad 

Kassim MOHAMED SOYIR
 
Ali Mroivili (NAPALO)
 

Nassuf DJAILANI
 
Rolande GALAZZO
 
ANSSOUFOUDDINE Mohamed
 
Mlozi KARIBAHARI
 
Hassane MSAIDIE

Mahamoud M'SAIDIE
 
Adjmaël HALIDI
 

Saniati ZENABOU

Ben Said Issouf EL FAROUK
 
Hadji Mbaé Madi
 
Soulé Abdou Oumouri

Abdoul Aziz Fadhuili

Abdelfatah Nadjloudine

Balwan

Fred Dharma

René Joomun

Daoud Djalim

Abdou Djohar

Hassani Soulé

La poésie dans la presse
 

La Poésie Comorienne

Pour une poésie qui ose dire son NON !

Pour une poésie qui ose dire son NON !

Salut les mecs,
Comme je ne peux pas déverser mon tendre fiel sur aucun
politicaillera venu nous les gonfler, style Prout Prout, Mister
Rhumba ou autre pouet pouet débile, et comme j'ai rien à lebran de
toutes mes journées et que j' me fais iech à en crever dans ce foutu
climat de merde, et comme j' ai pas envie de retourner aux sources
d'eaux salées, qu'est mon bled où y a rien bouffer, rien que des faux
sultans, des faux durs et des vrais salauds qui font la pluie (quand
y en a) et le mauvais temps,( tout l' temps),nous allons continuer à
vous poétiser, j' dis bien, poétiser et non pas formater des
brochures touristiques sur le paysage ou dessiner la carte du tendre,
pour émoustiller nos belles .

De l’intention à l’invention poétique.

Les « bangwe » se sont enrichis (si c’est vraiment le mot),de
quelques espoirs, depuis quand même un peu de temps :Des p’tits
textes innocents s’ frayant un chemin au milieu de la grosse
débandade politique et des sublimes engueulos qui m’ tiennent en
éveil (Du sang !Du sang !).On appelle ses p’tits bouts d’encre,
Shayiri ou pouèmes.Ok ! Mais qu’en est-il de ces dénominations, sinon
quelques louanges pour les uns et des sorties raisonnablement
meurtrières pour les autres, pendables sur les places publics , au
coucher du soleil et au réveil de la lune (pour leur faire plaisir),
après que nous eûmes bourrés leurs narines de clous de girofle,
enduits les oreilles de méduses pilées, mélangés au poivre vert
récolté dans les petits cimetières, sis en contrebas du château d’eau
de mon village. Allez, bourreau, retirez la barrique qui les tiennent
encore debout, et basta, au nom de la poésie ! L’intention ne suffit
plus, plongeons dans la rénovation, ou, comme vous voulez, dans la
novation, pour une poésie intégrant notre conscience de nègre
musulman au décalque de toutes les autres. Pourquoi « nègre »,
pourquoi « musulman » ?Pour une prise en compte totale d’un univers
particulier :Les Comores. Le fruit paradoxal, des amours incestueux,
d’une immense partouze maritime entre l’Afrique et le Monde arabe,
puis violées et exposées intellectuellement, comme le symbole
pictural d’un jet spermatique indélébile par la France colonisatrice.
Moralement dénaturées par un Islam typiquement local, asservi aux
intérêts de toutes les ignorances. Pov’ Dieu !Pov’ Momo !
Toute poésie qui refuse de jeter la cordée entre l’histoire et l’art
est vouée à ma vindicte, les gars :
Le poète est celui qui koze les poings fermés, les pieds imprégnés de
la poussière natale et qui scande en sueur et coléreux :
« Ma bouche sera la bouche des malheurs
De ceux qui n’ont pas de bouche
Ma voix, la liberté de celles qui,
S’affaissent au cachot du désespoir… »

(« Cahier d’un retour au pays natal ». Césaire, l’aimé !
Le poète qu’ a l’heur de m’ plaire est un désaliéné verbal et mental.
A travers sa désaliénation, il cherche la voie de sa restructuration,
et une fois l’entreprise immergée dans sa conscience, il établit les
règles de sa singularité tout en restant poète. Id est, porteur d’une
identité générique mais avec sa propre carte d’identité de poète
comorien, sans date de naissance, sans filiation patri-ou
matrillinéaire, mais avec son feu intime, ses flammes, éparpillées,
retraite aux flambeaux, faite du creux de papaye verte et d’une mèche
de paille-coco, pour illuminer les Îles.
« Îles !

Feu des cendres… ».

A l’instar du « Chant Général » de big Pablo (Néruda), p’ tit pays
doit avoir son imaginaire et ses fantômes de toutes sortes plaqués
sur la carte de visite du poète.

Mobilisation générale :
Badamiers, bananiers, fruits-étoiles (kononko ziba) ,femmes, enfants,
sable, rhinomurènes (mhunga), einoches (kakantsi), crabe palmiste,
corail noir, rayon vert, sentiers des esprits, mame Jany (la femme
satan), Mnamadi (le roublard onirique et merveilleux), les
personnages des contes (pour niquer ceux de la mythologie
gréco-latine où nous puisons nos piètres illustrations savantes.Ouais
!), l’histoire des enculés, les Lambert, Humblot, debout les morts,
la mer monte, Msafumu, surtout, Mtsala na Mmadi Patiara, Masimu,
l’errance des cabris villageois, la glorieuse odyssée des premiers
navigateurs, Yémen (yes man ? rien !)), le rôle des arabes sur les
marchés aux esclaves en Afrique orientale, Arthur Rimbaud, dans sa
tentative d’atteindre Zanzibar, où déjà des poètes comoriens tenaient
salon en langue arabe et en kiswahili (Kwa ?Si !), les kwasa kwasa,
les taxis brousses, la mortalité infantile, coups d’état et
assassinats politiques et bien des choses encore qu’un inventaire à
la Prévert, ne peut en indiquer l’importance.Avec tout ça, y a
matière à faire not’ sauce-coco, dans l’ajustement des thèmes et
l’agencement du souffle de la phrase poétique….Toujours dans
l’imitation d’une mer omniprésente, synonyme de l’obsession
insulaire. Ce qui, au concert des nations, lorsque la littérature
aura son mot à dire, fera office de symbole identificateur du texte
comorien par rapport à l’universalité de la poésie.On dira « nous, on
a ça et sommes comme ci » !Avant d’être pluriel, commencer par
« être » déjà.

La poésie du style, « Femme que tu es….
Quand je te vois …
Je……………….. ».Assez !

Nous n'en voulons plus de cette pouezi aseptisée, sans saveur et
réduisant la femme en un objet docile, anhistorique et niaise, poupée
anjouanaise , qu'attend derrière son msutru que l' mâle vienne lui
donner des couleurs.Na!

Si de gonzesse, on doit kozer, elle est être de chair, mais aussi
femme tout court, épine du cœur et prisonnière sociale, comme Sania.
Esclave d'une religion , louve matricielle, femme à poigne,
emmerdeuse quelquefois, "sœur d'éternité", vendeuse de poissons,
porteuse d'eau sous l' cagnard, victime d'un putain de
soleil-sang.Victime silencieuse….Et pour certaines , ignobles femmes
"d'affaires" monnayant leurs culs et le rentabilisant par des
allers-retours- Paris-Moroni et Moroni- Dubai….
Et j' sais de quoi j' cause!

Certes, certes, L'amour aussi est un thème humain, mais l'amour chez
les poètes est un piège à répétition, dans un système où cela rime
avec grand mariage, fric et sang des aïeuls, compte en banque ou
devenir politique. L'amour qu'on a, pas celui qu'on achète. On peut
la chanter, bien sûr et surtout l'amour qui s'en va ou celui déjà
mort
"Ye, mi gamwendo
Ngamwendo wo msafara…", l'amour et ses reproches d'exil. Ouais!

Pas celui des sérénades hypocrites , encensoirs pour bwana harusi et
pour l'invisible Bibi harusi, burlesque burkha arlésienne et
abstraction sentimentale, qu'on débite dans les twarabu. Non!
« Le djimbo linu lihulwa ni…ha riyali zi »….Zob!
La poésie sentimentaliste d’sous l’oreiller qui sert à draguer les
minettes et qui s’inspire dans sa portée sémantique, du folklore
twarabustique venu de Zanzibar,faîtes en un autodafé. Nous gagnerons
au change !On est dimanche.Aujourd’hui, c’est zifafa.
Namlawe !

Nous crions poésie pays , poésie âcre qui tisse ses liens dans la
dureté de ce mien caillou, carnassier…pour en finir avec la
soumission morale, intellectuelle, politique et littéraire, car tout
acte de création est un début de liberté. Hein, Napalo? Nous voulons
être libres !
Bien entendu, une grande marge est laissée à l'inspiration, tant que
celle ci ne se morfond pas dans la sensiblerie touche pipi et les
appels du pied aux p’ tites voisines, fausses pudibondes, aux
ministres et aux conauds de tout acabit.
Merde!

Il ne peut y avoir de poésie qui ne porte l'identité de ses sources:
Cette identité n'est pas dans la rime, ni dans le comptage des pieds
pour un refrain, ni dans la césure qui me les brise menues.
L'alexandrin bien appris et tant usité (n'est-ce pas?) par nos pouet
pouet ,est un procédé de pédé, se définissant par 12 syllabes,
quatrains, alternance, nanana, nanana…..Et puis quoi encore?
Je connais 2 saisons (Husi, asihazi), 2 marées alternatives(lipvo,
lidjaya), et des envolées de voyou, en vocaliques vocalisées, sous
des cieux moins cléments , moi ! Des voyelles, qu'on fout à poil, a,
i, e, o, u pour poser le souffle, et qu'on fait correspondre comme
Baudelaire, avec la nature, aux résonances d'un monde consonantique.
Antique de misère et sans jardin.
L'identité d'une poésie comorienne est dans un rythme solaire,
l'éloquence utile au service d'un environnement martyr, comme cette rumeur lointaine, à marée haute, qui s' fait lourde, menaçante et qui déboule sur un tapis de corail, avant d'écrire en lettres blanches les couleurs du jour! Marée basse.

Il nous faut une poésie gutturale, comme une fin de sambe, évoquant le plaisir d'avoir été si près de l'extase, le rythme des goma et des tari, souriant aux cymbales ,dont des mains noires et musicales ont su perpétuer les échos. Une poésie durable qui cogne aux oreilles et aux esprits. Même si ce sont des lamentations, elles sont sincères et non fugitives.

Yeba, c'est la joie (!!!).Récupérez vos lessos, femmes, ce n’était qu’une démonstration, la danse des corps, c’est pour plus tard. Merci.

Il nous faut une poésie militante et novatrice dans ses entregents avec la langue française, qui se déclamera au de-là des positions mythologiques gauloises, raviolies, athéniennes ou british, du moins dans notre recherche d'un formalisme bien black et musulman.

…..Refuser la banalisation du chant, à travers les "mignonne, allons voir ce soir ,si ….".Elle est sclérosée, ouais! Putain de rose!

Nous causerons ronces d'agave saumâtre, pouzzolane lacéré déchirant les gambettes des va-nu-pieds, urupva assasssin, meurtrier des alevins et des actinies, enculados de mercenaires, uhlans modernes violant contre l'arbre à ylang-ylang, mort sous l'humidité poussiéreuse, dans les cases, dans les hôpitaux, dans la profonde obscurité de toutes les merdes de ce pays! La mort partout! Quel beau thème poétique pour un insulaire indigent mais obstinément vivant!

Nous voulons une poésie authentique qui saura un jour se démarquer des enculeurs de mouches françaoui, les Ronsard, Lamartine, Claudel, Peguy et les autres, lorsqu'à l'assemblée de l'Universalité poétique, nous devrons justifier de notre raison d'écrire. Nous poserons mieux parmi les autres, avec nos beaux sourires de nègres savants, si nous apportons au monde, ce qu'on appellera la poésie comorienne, de langue française, anglaise, swahili ou tout simplement, de langue comorienne. Et ça, les gars c'est pas avec Nardin'Mokardin', ni avec les couchers de soleil et de lune amoureuse, que nous l' ferons.

Nous voulons une poésie au plus près de nos soucis, qui prenne appui sur nos réalités, qui appelle un chat, un chat, un tamarinier, un arbre, ou une maison de djinn, si tant que le djinn est désigné, hué, conspué et dénoncé. Salopard! Bouffeur d'enfant! Tricheur! Transsexuel, va! Djinn de mes deux !

Nous voulons une poésie qui sorte des salons , qui traverse la cour et qui s' pend aux lampadaires le long des routes, pour être lue par les errants, ces étrangers fourbus avec leurs drôles de parapluie de midi, sous l' même putain de soleil-sang!

« Assalam an laïkum, bo mze! Eh… cette route?

Elle mène où j'ai décidé d'aller!

Haya! Ye msafara mwema! Marahaba! »

Une poésie du quotidien, qu'a les oreilles qui sifflent au passage des descendants de sultans, menteurs historiques:

"…Des sultans paraît-il ont épousé des reines
ils ont engendré des nobles issus du prophète
Et des trafiquants des côtes plates
La mer en face est leur dédain
Le blanc du sable leur juron
Ils ont des poils sur le cou et des bagues injurieuses contre lesvagues
Ce sont des gens de haute caste
Des drôles couronnés par le mystère ».

Je suis né dans ce monde, un jour de pluie, à la première mangue mûre, au crépuscule. Un enfant mieux loti me fit don de ses reliques pour ne point être nu parmi tant d'artifices et je suis devenu le sultan des intermèdes ou l’ prince des « Rien ». J’ m’en moque.

Une poésie qui fait corps avec les mots, tous les mots et qui s’ laisse aller à l’effleurement lexical ,qui nous arrivent en masse, du swahili, du français, de l’arabe et du comorien et qui en s’amassant autour des mouches, ces lettres d’outre-mer, devient mot unique, mot universel et victoire de l’inspiration. For « …Un déréglement de tous les sens », à la révendication Rimbaldienne. ...Et des soulèvements justifiés,

« Des sultans insulteurs règnent violemment
Sur un cimetière de lave noire
Y arborent des noms à dormir debout
Des bennes de Ben Machin Chose
A se faire des bains à Benidorm
Et quelque bedonnance comme morceau de choix
Sur un plat de riz festif
si ce n'est un hideux handicap
Une longueur de nez ou quelque blancheur
Une voiture neuve dédouanée par la voix
Suffisent au troupeau enrichi
Du fils d'Untel, neveu d'untel
Pour recracher en public
Le ridicule des histoires non vécues."

Et tralala et tralali.Mwanahatru pvanu, mwanahatru pvala, tru, piqué au vif !Vlan !

Nous voulons une poésie de l'irrévérence et de l'insoumission.

Une poésie qui ose dire son NON!

J'ai pas fini, mais j' dois faire la bouffe à ma meuf . Mais avant, à ceux qui s’ sentiraient concernés, j’ dis :C’est ma façon de sentir la poésie, car notre monde n’est pas que de rationalité, il est aussi de sensualité. La sensualité au service du beau et du bon !Mais avant tout Non à la morale des « forts » et aux niaiseries publiques.

On continuera, si j’suis encore en vie ,la théorisation délicieuse de notre future poésie et on terminera par les travaux pratiques : "Mpvandzi Gupango Pandzi" ( ce que dit le poète à propos de la sauterelle).

Ss, pouetiquement con.