Poésie

KARO LE PAS 

Said Ahmed SAID YASSINE

NOFUMU MMIDJINZE 

K.A.
 

Ahmed ABOUDOU 

Sadani 

Mara 

Reno 

MAB Elhad 

Kassim MOHAMED SOYIR
 
Ali Mroivili (NAPALO)
 

Nassuf DJAILANI
 
Rolande GALAZZO
 
ANSSOUFOUDDINE Mohamed
 
Mlozi KARIBAHARI
 
Hassane MSAIDIE

Mahamoud M'SAIDIE
 
Adjmaël HALIDI
 

Saniati ZENABOU

Ben Said Issouf EL FAROUK
 
Hadji Mbaé Madi
 
Soulé Abdou Oumouri

Abdoul Aziz Fadhuili

Abdelfatah Nadjloudine

Balwan

Fred Dharma

René Joomun

Daoud Djalim

Abdou Djohar

Hassani Soulé

La poésie dans la presse
 

La Poésie Comorienne

Pour une poésie qui ose dire son NON ! (3)

Salut les gars,

C'est bien!L'ambiance est apaisée sur les bangwe, plus d'insultes ni trop de conneries (enfin, je m' comprends).So, fidèle à lui-même qui est moi et sans trop de fioritures, nous abordons la phase 3, de notre expérimentation littérarigolo. Sans perdre de vue que des choses parfaitement justes sont contenues dans ce déversoir noctambulistique, hic ! (bikoz, when j'arrive pas à bien m' pieuter, mi tsodo babuha).

("Tsodo", qui peut m' parler de cet invariable de la langue
comorienne? Un linguiste!Un linguiste!) En dépit des p’tites plumes médisantes et jalouses de la portée decette éloge critique et ludique, we go!.
Eloges ?

Ouais !

Le souffle qui fait passer de l’apprentissage à la création.

 

Du mythe obsessionnel au suicide collectif, (c’est ça ?) Nous avons pu voir, mes potes , se développer une littérature comorienne axée sur des postulats poids plume, les événements politiques et, surtout identifiée sui generis par l’absence de : Style, idées, lyrisme, beauté particulière et dénuée de la moindre poétique. Elle est réactionnaire et didactiquement régressive! Pas de kwa s’remplir les sens.(l’ouie, la vue, le toucher, l’odeur des mots -j’aime ceux qui tuent et qui puent -). Lecteur assidu et des meilleurs (attention les chevilles), ma déception fut immense, mes yeux m'ont réclamé des indemnités de sujétion et moi-même comptais porter plainte contre l'éditeur ou exiger le remboursement de son coût en bières à l'ami qui me l'avait prêtée. M'enfin, on a les débuts qu'on peut ! Coup sur coup, les autres ont suivi dans le même registre, les thèmes du premier, la politique, l'archétype du comorien social, l'univers et l'imaginaire du bled (sans quoi ça valait pas la peine), les us et coutumes, l'amour contrarié, l'amour interdit, l'amour négocié, les affres de l 'immigration, le doute des identités. On dira qu'on tient là un mythe littéraire obsessionnel et collectif. Très bien.Ca c'est pour le roman, genre que je dédaigne beurk!beurk! Sauf lorsque les anglophones africains, Ben Okri, Amos Tutuola, wolé Soyinka….s’y mettent. En attendant le coup de gong d'une qui sera cataclysmique au bled! Dans la poésie, entre la mise à contribution des vibromasseurs et la sollicitation des astres au sud de l'équateur, nous sommes restés aussi aveugles des cyclones potentiels et des coups de tonnerre nécessaires, pour que la beauté se dévoile et dévale les mornes jusqu'à la mer. Comme une éruption karthalesque. Obsédés du banal, nous ne savons rien lire du mystique caché dans la banalité des crabes palmistes, du mystère enveloppant la carapace du caretta carreta (notre nyamba à la délicieuse chair , aux œufs fermes et onctueux en bouche, cuits en papillotes dans une feuille de bananier humidifiée à peine à l'eau de mer). Hummmm! D’ailleurs nous allons faire une pause, un interlude de Radotages sur le reptile chélonien: Comment chasser un nyamba (Dusi), qu' a surfé la houle, plongé dans le lagon, traversé la barrière écumeuse, nargué quelques squales et labouré le sable pour y déposer ses futurs ex-bébés sur une plage chauffée aux effets de notre belle lune et aux ferments du caca crépusculaire? Meurtre, mode d'emploi:
1. Passer par hasard le long du littoral, vers 3 heurs du matin,
après avoir ramené sa belle clandestine, jusqu'à 100m de la case familiale.
2. Se laisser surprendre par un bruit bizarre (la tentation de
prendre les jambes à son cou est la plus forte, c'est peut-être un djinn à cette heure ci) néanmoins garder son calme d'homme qui vient de le prouver (!!!) en jetant un regard furtif du côté de l'océan (non, c'est pas djinn bahari).Une masse presque immobile gigote en poussant des plaintes à déchirer le cœur d'un mercenaire (élément du mythe obsessionnel).
3. Chouette:De la viande fraîche gratos, nous réjouissons-nous !

4. Courir réveiller son p'pa, s'il est pêcheur ou potes, s'ils ont le hudu! Au retour, faire attention, car la bête se prépare à rejoindre sa famille en haute mer et s'rend prestement compte, qu'y en a qui en veulent à sa peau.
5. Pendant que les uns déterrent les joyaux ovipares (madjwayi) et
songent à un festin d'insulaires, les autres doivent choper la mère par les bras et les jambes, en évitant les baffes que la dame a tendance à distribuer à tire-larigot, la retourner violemment dos sur le sable, et lui flanquer quelques coups de godasses sur les côtés, pour se venger d'avoir été réveillés si tôt ou si tard, puis chercher une corde ( Souvent, les pêcheurs les abandonnent dans leurs pirogues pour l'ancre ou le harpon du matin, du midi et du soir).
6. Comme la tortue a une petite tête qu'elle protège en premier, la
seule partie de son grassouillet corps dépourvue de blindage, il est conseillé de la ceindre par les mabawa de derrière, entrelacer par un nœud quelconque les 2 bouts de la corde , et parvenir jusqu'aux mabawa de devant , en serrant le plus fort qu'on peut, pour éviter que la saloperie s' défende. Sinon , raclée de pompes. Elle se calme généralement.
7. A 2 ou à 3, traîner Dame nyamba jusqu'au bord de la Nationale et
vérifier qu' un hospitalisé économe du trou-à-merde et, tenaillé par les roucoulements désordonnés d’un mets non digéré, n'ait pas pensé à venir décolorer la plage à cette heure-ci.
8. Coup d'œil à….droite, … gauche, psss, personne!
9. On z'y go! L'affaire est dans l' sac, direction: La vala.
Tirée le long d'une rive à une autre, c’est-à-dire quelques centimètres de chaussée, la tortue glisse à nouveau sur le bitume au ras du muret d’un cimetière, jusqu’à la vala ! Cette fois-ci contrainte et forcée . Je vous passe les détails du martyr de la tortue en train de se faire déshabiller, sans autre forme de tendresse, qu’un pucari des plus efficaces, qui perce d’une pointe stridente les flancs du reptile, une peau épaisse séchée d’embruns calcaires, vulnérable quand même, se déchire:CRRRUFFF. Oh, mais…SlaaaSh!!!, le couteau s'enfonce dans les interstices du flanc gauche, en partant de la poitrine vers la queue, puis va chercher en profondeur jusqu'aux limites des intestins. La bête gueule un peu mais saigne à peine. Le but de la manœuvre consiste à lui ôter la poitrine du reste du corps. Les tortues ne pissent pas l' sang à chaque vaisseau coupé. Elles sont trop grasses et ne ressentent la douleur que longtemps après. C’est pour quoi que la chair est bonne. L'essentiel, c'est que vous aurez de la barbaque pour 4 jours si vous soudoyez les voisins, sinon, pour 10, si vous êtes radins et détenez assez d’arguments désarçonnants face aux gendarmes, qui, en vertu de certaines résolutions votées à l’assemblée des Nations unies et à l’unanimité, moins une voix (la mienne), protègent la tortue contre les malfaiteurs de notre espèce, bande d’individus ne nous rendant pas compte du tort que nous infligeons à l’humanité, de la douleur que nous provoquons aux âmes sensibles, ne réalisant certainement pas, à quel point sommes-nous ingrats envers l’Amérique, l’Union européenne, cette France généreuse, ne manquant point de nous expédier d’autres mabawa de gallinacés cendrées, des carcasses de limousines, salers, normandes, Aubrac, blondes d'Aquitaine et autres corned beef sans saveur. En contrepartie, pas bouffe le Nyamba ! Une autre alternative est possible: Proposer aux deux gendarmes que les mesquins voisins ont mis aux trousses de votre boucherie marine, 3 kilos chacun…. Ca marche toujours, sauf que quelquefois, ils exigent une vingtaine d’œufs en plus. Mapvaha msiru !
10. En bon musulman, il est recommandé de restituer le tout, comme à
l'origine "tu es né djwayi, tu redeviendras djwayi". So, en hommage aux œufs, creusez un trou à l'endroit même où vous les aurez cueillis, assez profond pour éviter les effluves odorantes, puis, soulagez-vous. Avec un peu de chance, et si dieu le veut, notre repas extra se réincarnera en ange bienfaisant et aveugle, pour qu’il ne vous reconnaisse pas demain le jour de la fin (maudu nts’wa kiyama). Sinon, gare à vos fesses.car Mabawa ‘urema'pi (= trois 14 équivalents à Karembeu(42)!!!!)
11. Si par malchance, un effet de turista accompagne ceux qui auront
trop bouffé de cette succulente substance noire -marron vert, toujours selon les édictions divines, plongez dans la mer, à marée haute, comme si vous étiez un baigneur ordinaire, éloignez-vous des attroupements des nageurs et là, ouvrez les vannes!!!!. Pis, tout simplement, évitez la marée noire en nageant avec aisance, en brasse, le papillon, le crawl, sur le dos, loin, loin du périmètre des Bermudes Je vous jure qu'ainsi, la tortue retrouvera les vertus de la matrice saline... Ca va ?  Donc, servis par une poésie qu’ose pas dire son Non, nous obstinons à faire les choux gras de cette foutue méthode poétique françaouie, dans le strict respect des normes AFNOR de l’Académie française dont les Larousse, les Robert et autres écrevisses répandent depuis l’école primaire, le sens de leur monde immédiat qu’est pas vraiment le nôtre. On est d’acc, doc ? Nous partageons le français, les pouet, c’est-à-dire que nous avons une langue en plus, beaucoup plus éloquente sous nos doigts que les règles propres à une autre langue. Comoriens, nous parlons le shikomori et sans être français, nous kozon comme eux, les gars ! Faut montrer qu’ils peuvent pas écrire comme nous, pour nous, sur nous. Bien que l'activité poétique ne s'impose pas uniquement par l'opposition ni par la compétition, la moindre des inspirations irait donc élaguer de l'arbre des imaginaires universelles, les branches qu'ont pas de signifiant logique dans notre monde petit, pour transplanter à la place/ transposer, le ramage des filaos, les épineuses inflorescences du caïlcédrat, la nodosité de la plante à henné , le fruit oblong du fromager (qui s' gonfle de vide volatile)et la fougère grimpante des vieilles demeures abandonnées. Nous avons l’avantage d’être d’un pays et de plusieurs langues. On n’est pas chauvins, nous et, nous devons le prouver. A défaut de quoi, en refusant d'arroser la poésie de notre semence originelle, nous la condamnons à porter le lointain formalisme des autres, sur des épaules vouées au raidissement et à l'approximation. Nous nous suicidons sur l'autel du françaoui. Of course, la métrique Hugolienne et les élégies Lamartiniennes n'ont pas les mêmes inflexions eu égard au rythme ample , étiré et brutal de l'oralité insulaire. Ouais, c'est ça, l'oralité! Ecrire de l'oral et des râles sur le cuir omnipotent d'une langue apprise: Métisser le vers, la strophe, le verset surtout (elle se prête merveilleusement à not' parlé), rendre sautillante comme un cabri une langue titillée par les enjeux et l'enjouement de not' propre métissage racial et culturel. Mais attention, pas d'"exotisme facile"

"… Sitôt si loin de moi, à ta rencontre je pars, pour mon tourment
apaiser
D'être trop proche de toi, orphelins de nos souvenirs
Tes mains, mabele,
Je les vois,dans le noir
Tu le sais,
Tes yeux,-oursins
On dirait,
Rognent le cœur
Tu l'fais exprès
Amma, j'endure tout
Ma sœur, mon amour, mon exil et ma faim….
Sa'bwe roho, sa'bwe nafusi, Sania…
Et les angoisse de minuit
Et le cauchemars de midi s'imposant contre vents et marées, drainent
insensibles les regrets des corbeaux
A la blanche encolure d'une mort étrangère…. ".Salops d'uhlans,
pourritures de soldats de misère!
'Shari sha shetwani na shende shungu hau shongo dunda! Shetwani,
c'est Dédé-le- renard-shonga (et je suis poli!)
Nous avons des dettes envers not' langue, envers l'arabe, envers l'anglais pour certains, envers le kiswahili et envers tout livre
ouvert et, ayant apporté à notre sensibilité ce petit frisson de la reconnaissance. Pour ce faire, le seul usage du françaoui n'est pas signe de souplesse ni de gratitude pour les autres, pour lesquelles nous sommes aussi débiteurs et créanciers de langage:Yes, l'autre mal aimé de Senghor, reprenait… Sicut et nos dimittimus debitoribus nostris (comme nous aussi effaçons les dettes de nos débiteurs…). Bon app'!Yes! "menge deff, Ekaro Senghor?" "…Menge' fe'reke'!" Marahaba! Continuons! Il importe que cette poésie voyage, peste et fasse des siennes, il importe qu'elle soit patchwork coloré, empruntant à W.Wiltman, un chant d'herbes, à Khayam, un rubbaya, à Verlaine, un juron, peu importe, si seulement, elle reste dépositaire d'un engagement pour le meurtre des mauvaises habitudes déclamatoires. "Mtsaha sha mvuvuni unyama", il en va de tous les efforts pour porter aux nues , une poésie comorienne, qu'en a marre de l'onanisme insulaire! Allez, on fait une pause, on suit les élections et dans 2 mois, on attaque, mpvandzi gupango pandzi. Après, vous entendrez plus parler de oim (je me suiciderai).

ss