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| La
Poésie Comorienne |
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REGARD SUR LA POESIE
COMORIENNE
(Engagée, panégyrique, sacro religieuse et lyrique)
mise à jour 05/07/2006 |
A l’occasion de la Semaine de la Poésie Comorienne,
organisée par l’Association Comorienne des étudiants de la Réunion
Au moment où vous vous apprêtez à débattre sur un sujet aussi pertinent que la
poésie comorienne, je ne pouvais pas restant indifférent à une tels sujet. Je
saisi cette opportunité pour saluer la présence du Poète A.Sambaouma Nassar,
qui vient de sortir son recueil très récemment, et vous soumets cette modeste
contribution que j'avais dejà publié une synthèse à La Gazette des Comores
REGARD SUR LA POESIE COMORIENNE (Engagée, panégyrique, sacro religieuse
et lyrique)
J''estime qu'une telle manifestation constitue un grand honneur pour poètes
comoriens Que votre initiative soit l'expression de l'amour pour contribuer à
la promotion de la littérature comorienne et serve d'exemple aux autres
associations au delà de nos frontières, pour susciter peut être d'autres
vocations ce qui ne fait que nous réjouir et contribuer à faire briller les
flammes de la fierté d'être comorien. Tous mes compliments.
Le thème de votre semaine culturelle, interpelle les milieux littéraires
comoriens;
Je ne vous parlerais pas de Mbae Trambwe dans ma communication présente, parce
que bien de choses ont été dites, écrites sur son oeuvre. Par contre il suffit
de se referer aux site de Komedit pour s'apercevoir de la richesse littéraire
comorienne et j'en passe pour des éditeurs comme L'harmattan.
Le dernier à se faire publier en poésie, il me semble que c'est justement
Sambaouma que vous venez d'inviter. Ce dernier emboîte le pas à d'autres qui
l'on précédé à l'instar de Aboubacar Said Salim qui le premier a publié à
l'île Maurice, son recueil de poésie ''Crimailles et nostalgie'' écrit aux
cours de son emprisonnement politique en 1978 si ma mémoire et bonne. Puis
Testament de transhumance de Saindoune Ben Ali est sortie aux éditions du
Grand Océan à l'île de La Réunion avant que la Sud africaine Carole Beckett ne
viennent publier aux éditions L'harmattan son Introduction à l'anthologie de
la poésie comorienne ainsi que Mahamoud Msaidié pour son "Mur du Calvaire"
dans la collection Poètes des Cinq continents du même éditeur. Ensuite
s'ensuivrons d'autres comme le Côte Ivoirien et pas des moindres en la
Personne du poète, et dramaturge Jean Baptiste Tiémélé(acteur de Cinéma) qui a
publié aux éditions Klamba son recueil '' La dérive des temps '' dont au moins
cinq poèmes sont été écrit aux Comores et sur les Comores.
Si à ce jour le Comorien Ali Ibrahim a été le premier lauréat du prix de
l'OCéan Indien de littérature, pour son recueil "Cliquets et cliquetis'', le
journaliste, écrivain et poète Djailane vient de remporter le plus grand prix
(toutes categories confondues) de littérature de l'Océan Indien pour
l'ensemble de son oeuvre. Personnellement même si je n'ai pas encore participé
à ces concours, je me réjouis des modestes prix que j'ai reçu au niveau
national (Prix de la Francophonie, prix de poésie de l'Alliance, prix du
Ciciba) pour ne citer que ceux là. Mon dernier recueil de poésie '' Kaulu la
mwando'' a été à l'honneur sur l'île de la Réunion en 2004 et 2005 comme vous
avez pu le constater et actuellement trois de ces poèmes sont mise en lectures
scéniques sur les planche du théâtre comorien par les troupes AMIE de Hahaya,
BAHARI des Comores et THEATRE NATIONAL des CCOMORES,mais aussi en France par
l'artiste Marseillaise ANNABELLE CATEAU à différentes manifestations
comorienne qui auront lieux le mois prochain. Cf.:http://www.afriblog.com/blog.asp?code=MabElhad1
Tout cela pour vous dire que "la poésie est un art aimé des comoriens, un
moyen de communication privilégié, entre les individus, entre les diverses
couches de la population, entre la société des hommes et celles des femmes et
entre les différentes générations'' écrivaient Mme Chami Masséande Allaoui et
Damir Ben Ali dans l'introduction du recueil contenant l'oeuvre de Mbae
Trambwe.Une poésie riche que le Cercle ''Pohori'' vient de réveiller du coeur
de bon nombre de comoriens qui à l'occasion de la 3ème édition du Festival
International de poésie Itinérant en Afrique(FIPIA), ont compris l'intérêt de
la poésie et nombreux sont ceux qui (hommes , femmes et enfants ) ont sorti
des tiroirs leurs poèmes, pour les lire sur les places publiques,quand ce
n'est pas à l'occasion de la journée Mbaé trambwe ou lors des veillées
poétiques du Cercles Pohori au travers desquelles les poèmes sont lu en
Hindou,anglais, comorien par tous les âges confondues et de toustes les
classes. Ceci prouve une fois de plus si besoin était que la poésie est un art
sans aucune frontière et sans restrictions aucune. ‘‘Source où vient puiser
ses pécheurs de mots,avec son aspect anaphore la plus part du temps'' .La
poésie comorienne a connu plusieurs formes et différents genres, qui à n'en
plus douter subi particulièrement trois tendances connus, dont les influences
arabes,Sawahili et françaises. Nous referant aux classiques comoriens dont
Mbae Trambwe sultan du wachili et roi des poètes comoriens ou Mchinda Mtimbé,
pour ne citer que ces deux là,nous constaterons que leurs oeuvres sont les
résultats d'une méditation sur le destin de l'homme, se referant à son
patrimoine qui est l'histoire, la mythologie, la religion et la philosophie.
Ceux qui ont eu la chance de participer au FIPIA de Koimbani et qui ont pu se
concentrer sur le poème de Mchinda Mtimbé, lui par son excellent imitateur
Toilib et qui ont pu se constater le style ésotérique de sa composition,
tandis que , le regretté Commissaire Said Toihir, de Singani était un poète du
sacré à l'instar (du Cheikh Ben Soumette). Ses poèmes du style ''Mashayinri
qui sont régulièrement lu à la radio nationale, en témoignage, et
l'ex-Ministre des affaires étrangère le Poète Soef Elamine a consacré une
étude sur son oeuvre. On retrouve dans ce chapitre des contemporains comoriens
qui écrivent en langue française comme l'Officier de Police Mbayé Saandi, dont
le contenu de ses poèmes est empreint des traits religieux.
La poésie panégyrique comorien:
La poésie comorienne d'expression panégyrique, est avant tout orale et
présente en toutes circonstances sur l'ensemble du territoire. Que ce soit au
cours d'un mariage, lors de festivités de circoncision, quand elle n'est pas
utilisé comme instrument de propagande politique ou pour bercer un enfant.
C'est tout simplement une poésie de louange le plus souvent chantée, comme
pour le reste de l'Afrique*
La poésie satyrique comorienne :
Beaucoup plus appréciée par certains chanteurs, à l'instar de:Khadafi,
originaire de Nioumadzaha, ce courant s'en prend plus particulièrement aux
mentalités de certaines femmes par rapport à la société c'est aussi le cas du
célèbre Soubi dans sa chanson sur les ''belle femmes qui se promènent avec les
sacs vides '' sans argent'' on peut rarement trouver dans la presse écrite des
poèmes satiriques, mais il en existe quand même comme cet extrait du poème ,
intitulé ''l'aire du temps'' dans lequel jouant avec les mots , je me moquait
dans le temps de l'état qui a mis le destin de toute une société et du seul
avion dont il disposait entre les mains d'un certain Ashley.
L'air du temps
A l'assemblée populaire, les déçus ont pris le dessus,
Les élus volent au secours d'Air - Comores
Les employés se demandent s'il n'y a pas d'issue;
que de vendre notre oiseau pour un chèque de sycomore!
L'instruis ! une main de fer dans des gants de velours,
Promet monts et merveilles en ouvrant ses valises.
Il s'étonne que le messager de la lune ait un sort si lourd,
Quiète notre quidam! N'ayant personne qui le rivalise
La poésie Comorienne d'expression arabe:
Elle se pressente de deux manières, orale et écrite. Orale tout d'abord, elle
est beaucoup plus sacrée que magico-réligieuse, et prend la forme de chant ''Kaswida''
aux accents panégyrique à l'égard des saints et de leurs milieux tels que la
Mecque et Médine. Parfois cette poésie qui n'est pas forcement rimé, peut
ressembler à un discours ou alors prendre des fois la formes d'une prière.
Quand à la poésie arabe écrite aux Comores, elle peut l'être avec des lettres
arabes et une signification arabe ou comorienne. Ici on peut retrouver des
grands hommes de culture tels que cet illustre érudit, romancier et poète, le
Grand Moufti Alhabibi Omar Ben Ahmed Ben ABoubacar( dit Ben Soumette) un
Comoro - Yéménite né le 24/09/1886 et décédé le 09/02/76[**]ou encore
Kamardine de Mbéni, ainsi que Sélim A.Bakre (père de Bazi Selim),mais aussi
des hommes cultivés et jeunes tels que Mouhidine de Mbéni, sortant de l'un des
prestigieuse écoles de culture arabe tels que la fameuse El-Azhar du Caire.Ce
dernier a une poésie que nous pouvons estimer comme étant élaborée quand bien
même écrit en arabe classique d'inspiration lyrique ou épique.
Ce genre est mal connu par rapport à la littérature moderne d'expression
française.
La poésie comorienne d’inspiration swahilie:
Quand à la poésie Swahiliphone, elle est très limitée par rapport au reste.
Son influence se limite à la population comorienne ayant étudié ou ayant vécue
dans les pays de la côté Est de l'Afrique plus particulièrement la Tanzanie,
le Kenya et Zanzibar ou existent des colonies comoriennes. Ces derniers
utilisent comme langue véhiculaire le Kissawahili. C'est une poésie tantôt
lyrique tantôt satirique.
LA POSESIE COMORIENNE DE LANGUE FRANCAISE
L'autre tendance, c'est celle de la poésie comorienne de langue française,
qu'elle soit libre ou conforme aux exigences de genres, de formes, de rythme
et de la rime; elle a son lexique propre, ce qui la rend moderne à bien des
égards.
Elle est avant tout celle des nouvelles générations, la nouvelle vague des
poètes comoriens, s’exprime en langue française, tout simplement parce qu'elle
est aux Comores, la première langue officielle, une langue qui est plus ou
moins maternelle parce que, celle du colonisateur, donc la plus appropriée aux
comoriens pour s'ouvrir au monde francophone auquel le comorien appartient,
influencé par la poésie française apprise sur les bancs de l'école.
Il suffit de lire que ce soit Les îles rebelles édité par LUDIR à l'île de La
Réunion, ou l'Introduction à l'Anthologie de la poésie comorienne de Carol
Beckett aux Editions L'harmattan ou le recueil de poésie produit par le
Programme Culturelle Bantou du CICIBA/CNDRS, ou les journaux de la place, pour
constater l'effervescence que connaît la poésie dans notre pays qu'elle soit
en vers réguliers, vers libres en tout cas le plus souvent en alexandrins.
C'est ainsi que l'on peut découvrir les poèmes de Ali Mlindé, Dini Nassure,
mais aussi des plus jeunes, des filles telles que Halima Mohamed Soilihi,Saouda
Said Omar,Anissa Zainaba et Sittina, pour ne citer que celles là. Le constat
que l'on peut faire chez la nouvelle génération des poètes comoriens c'est que
d'une certaine manière leurs écrits sont beaucoup plus lyrique parfois marquée
par une tendance nationaliste, plus engagé vis à vis des préoccupations
immédiates, même s'ils n'ignorent pas les sujets habituels de l'homme : la
vie, l'amour, la mort, les soucis du quotidien, le bonheur, le malheur, brefs
les rêveries habituelles...etc...
D'autres parts le vers libre prends de plus en plus le dessus sur la rime
comme pour se libérer des contraintes de l'alexandrin. Toutefois il faut
reconnaître que certains poètes préfèrent et de loin rester dans la musique
des mots que suscite la rime.
Pourtant malgré l'intérêt que porte la jeunesse, plus particulièrement
scolaire et estudiantine sur la poésie, très peu de poètes comoriens ont été
publiés, dans ce genre littéraire.
Excusez du peu
MAB Elhad : Poète Calligraphe et Artiste Photographe Comorien
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