Poésie

KARO LE PAS 

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La Poésie Comorienne

Sadani mise à jour 15/03/2007

 

L'Auteur
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Une histoire Humoristique ou dissertation à la suite de la mort d'une chèvre : Une chaire, la chair, les chèvres et....chiez !
Sania
ou la douleur d'aimer les ombres, l'art de détruire
le bonheur des autres…
 Bonne fête Sania, amour sous couvre-feu !
...Dans la tristesse des palmes rompues
Les rumeurs se sont tues
Les badamiers tombent leur toison
Effondrés
Et les chaumières au crépuscule
Nient la mémoire de ces temps là

A coups de fronde sur les toits
Nous voilà à nous aimer en cachette
A l'heure du récif découvert
Au creux des coraux ,aube des méduses
Couchés sur des algues picorées
Sur des lits d'oursins
La mer portant l'amour en supplice
Et nos corps battus de fureur

Il fait nuit ici
nuit si noire, nuit diurne, nuit démoniaque
Il fait si nuit que les hommes
sont fantômes aux habits de veufs
Il fait une lueur de linceul
Comme une espérance sous terre
Il fait ennui parmi les rêves éveillés
Et mornes aussi sont les souvenirs
Et mortes les promesses au toucher
Les baisers les rires et les plaisirs

Un cyclone viendra et ne dira point ses origines
Frappera nos côtes et nos crânes
Et par les vents s'enfuyant
Irons vivre notre été indien
Parés des frusques de la sauvagerie
Et dansant l'éclairage des étoiles
Et la fécondité de l'union

L'entends-tu cette histoire ancienne
Celle où reine d'une nuit
Tu recevais l'offrande du corps
Don de mer, franc abandon
Où coiffée du diadème aux mille astres
Tu vivais en pleurant un instant de paradis

J'y étais, je témoigne
Et c'était il y a un siècle, il y a mille lunes
Sous les mailles d'un ciel blanc
Sous les lames d'un soleil-sang
Et dans l'arrondi de la hune,
Tes hanches, Sania, m'ont couvé jusqu'à bon port

Et je raconte la même histoire
Aux voyageurs en partance
Les saisons hostiles où notre frêle esquif
Au de-là d'une barrière revancharde
Avec ses serpents de mer
Ses coups de semonce et ses sermons vaincus
Dressaient des bras voraces en vain
Puisque le large toujours nous accueillait
.................
C'est fini la mer
C'est fini l'amour

SS ("Sania, sans soleil-sang")

SADANI  (c) 2002

Je cours encore dans une vie
Un monde si difficiles
Pour prendre au vol
Un peu de toi et de tes largesses
Je cours avec plaisir sur le sol brûlant de l’île
Et ramasse au passage l’écho des jours anciens
T’en souviens-tu, Sania
"Je te consomme tu me consumes
Comme un mets un brasier
Tu en rajoutes en appétit
Et la nuit qui n’en meurs plus
Et nos cœurs affolés
Pour mourir juste un peu
Seuls
Dans le noir"
Puis en ce jour de silence
Femme faite île
O rose de tourment arrosé
J’épingle sur mon buste fatigué
L’unique médaille récoltée
Une grande blessure à la place du cœur

ss

SADANI  (c) 2003

 
Bab-ilâni.....
Je suis en guerre les gars!
Cyclones
Il pleut sur Babylone d’étoiles brûlées
" Et les blancs arrivent "
Dans leurs peurs les enfants sont déjà morts
Il pleut de trombes de bombes
Sur Bagdad assiégée
*
Le Tigre a la colique
L’Euphrate phtisique
" Et les blancs débarquent "
Dans leur arsenal
De quoi rendre poussière
Ce qui n’est que labeur
Babylone en enfer
*
Sous une poutre poussiéreuse
Une fillette ne verra plus du ciel
Tomber la hantise des fous
Un missile guidé chirurgicalement
S’est trompé de mort
*
" Au nom du bien contre le mal "
Au nom du crime et des larmes
Tonton Sam fait son boulot
De bourreau
Sharon a limé les lames
*
Il pleut du sang dans les mains d’ablutions
Et les parents sur les routes de Saladin
Se rendent à la procession du deuil
Car l’Amérique tel un torrent de feu
Comme une rivière à l’envers
Marche sur Ninive
*
Un rivière à l’envers
Pour revenir sur mes pas
Et dans les cimetières de croix blanches
" J’irai pisser sur leurs tombes "

ss

SADANI  (c) 2003

Cyclones
Vents,
Vents courbant la cocoteraie au ras du sol
Tornades tordue entortillée autour du vide
Cycle de peurs dans les ailes
Rumeurs ô rumeurs de crainte sur l’île en peurs
Qu’entend-t-on du côté des mornes et qui en appelle à l’horizon
Quels sont les chantres des chutes vers le sinus des vagues
Quelle arête dans la gorge des dieux crachera bientôt la mort
Dans les ruelles de la médina

Namtraz’ o wana
Ye mtrum’ wa mg’we

Vents
Dieu est en ire
Il perle de son front les cris de silence
Contre les humeurs des mercenaires
Ho
Vents, cyclones marins
A l’abordage des côtes
Nous l’attendions la nuit dernière
Nous l’entendons frémir et remonter à la surface du lagon
Rentrez vos pirogues et dans le salon
Choyez les cabris
La mort rôde en fanfare à Moroni
C’est ainsi que les mécréants d’Eole
Soufflent derrière les voiles
Des sourates qui abattent les mosquées

Vents
Cyclones
Nous commencerons par Mwali
Nous détruirons Ndzuwani
Nous brûlerons Ngazidja
Et au repos des palmes, poussières, sang et désolation
A Mayotte irons poser nos lances et nettoyer les fusils
Cours cours Sania
Dans la grotte de Fasi
Le sable bouche les trous et les cyclones s’arrêtent aux demeures des djinns

Vents
Cyclone
Va
Cyclope et meurs
Hou hou hou

ss

SADANI  (c) 2003

 
Je cours encore dans une vie Poème en l'honneur des victimes du Samson
Je cours encore dans une vie
Un monde si difficiles
Pour prendre au vol
Un peu de toi et de tes largesses
Je cours avec plaisir sur le sol brûlant de l’île
Et ramasse au passage l’écho des jours anciens
T’en souviens-tu, Sania
"Je te consomme tu me consumes
Comme un mets un brasier
Tu en rajoutes en appétit
Et la nuit qui n’en meurs plus
Et nos cœurs affolés
Pour mourir juste un peu
Seuls
Dans le noir"
Puis en ce jour de silence
Femme faite île
O rose de tourment arrosé
J’épingle sur mon buste fatigué
L’unique médaille récoltée
Une grande blessure à la place du cœur

ss

SADANI  (c) 2003

A Olga R
A Laroze,
A toutes les victimes du SAM SON

KWA DJAL’E RUDI

Le cimetière des saxicoles noirs
Sont des poches asséchées
Par une mer ostensible
Qui se retire, se rétracte, ravale son écume
La vomit et s’enfonce vers la barrière de corail
On eut dit un combat incertain
Une lutte ondulatoire
Un ennemi invisible qui est la mort elle-même
La mort donnée par la mer

Des corps d’antan aux reflets roses
D’une nuit de rires
Etuvés, lessivés de leurs vies
Voguent inertes contre la houle déchaînée
Des marées vindicatives
Venues recracher nos amours
Olga

Bientôt le soleil étanchera sa soif
Et les réserves morbides où attendent les crabes
Les corps séparés du corps
Nos frères de sang , nos sœurs éternelles
Seront la proie des fins lézards
Ceux qui glissent sur la roche
Et se saisissent d’une perle
Comme d’un crustacée en pièces
O Dieu, O carnage

Dans sa retraite la mer abandonne au hasard
Une chevelure connue comme un madrépore carmin
Elle habillait hier l’horizon guetté
Entre la plage et le bleu noyé
Des fureurs d’une beauté d’archipel

Nous étions deux et toi l’étrangère
Et rouges étaient nos yeux

La mer avale les hommes aussi
Ceux qui piétinent son sol, ses polypes
Ses gorgones , ses tombants
Pour atteindre une autre île
Ton île rouge
Qui les prend de haut
Entre un ciel absent et des rives de transit
La mer cette hantise où vont
Viennent les étoiles obscures
Qui manque de lune aujourd'hui
Et qui fait de nos souvenirs
L’errance des martyrs et la fin du voyage

Adieu mon amie
Adieu nos promesses

ss

SADANI  (c) 2004

 
ABOU AMMAR Femme d'îles, o pur délice
Il n'est pas mort le lion
Il est parti loin
Mener le combat
De la Palestine
Nous l'entendrons encore dans nos songes
Et nos insomnies crier
A la face d'un triste monde
Les syllabes d'une terre enfouie
Palestine
Nous nous réveillerons pour suivre ce chant
A l'appel des justes
Et prendrons les armes en route vers Jérusalem
Pour abattre les murs du Sionisme

Il n'est pas mort ARAFAT
Il se repose avant le grand jour
Où tout un peuple en marche
Ira au baptême de la renaissance
Purifier les Barbares et les assasins
A l'esplanade d'El Aqsa

Abou Ammar
O père d'entre les pères
Quelle supplique adresser à ton seigneur

Tu lui diras les larmes des enfants de Gaza
Qui inondent de sang la poussière nourricière
Tu lui apprendras ce qu'il sait
Les mères de Cisjordanie éclatées
Par les chevaux de fer du sinistre Sharon
Tu lui avoueras ta repentence
Ta dernière prière pour une Palestine
Du désert à la Mer

Et au risque de le décevoir
Tu lui souffleras ceci:
« Connais-tu, la Palestine?
C'est ma dernière révendication »

A L'aube l'Humanité t'attendra
Ton peuple t'applaudira
Et là, tu t'envoleras pour de bon
Pour le voyage de l'accomplissement

Adieu El Assad Yasser Arafat

sadani

SADANI  (c) 2004

Femme d'îles, o pur délice

Je te prends comme tu veux
Pour mieux découvrir ta nuque
Et les parfums doux des mondes qu'elle recèle
Glissant autant que s'ouvrent des portes
J'atteins le point organique du plaisir
Et en joue comme d'une lyre
Que tes oreilles adoptent, silencieusement,longuement
Pour une symphonie physique
Où ton corps donne le La

J'entends cette douce mélodie donnée par tes râles
Les couleurs chaudes de tes mouvements
M'accorde à ton rythme
Territoires vertigineux
En haut des crêtes, au bord des précipices
Et me reprends pour équilibrer la grande voile
La misaine et nous levons l'encre

Nous voguons

Nous voguons sur des mers musicales, maîtresse amoureuse
Nous voguons et tu m'entraînes sur les flancs des vagues

Nous voguons, ton corps en moi renversant
La houle plus loin encore et j'aime à sentir le vent de face
Tes seins dans mes mains, mon ventre sur ta proue
Nos langues mordant l'essoufflement de haute mer
Comme une dernière boutade frôlant le naufrage

Je te prends pour remonter l'horizon
Ta tête contre mon front et le voyage continue
La nuit alentour est comment?

Nul ne sait

Ta nuit constellée m'est offerte et je te serre contre mes peurs
En route vers l'île aux trésors

Nous voguons sens dessus desous

A babord les eaux sont calmes
A tribord l'écume se fait ondine
Je vois tes yeux, ils sont beaux
Je sens ta langue nettoyer ma sueur
Nous nous enfonçons encore parmi les paradis inconnus
De tes lèvres, je les mords, je les engouffre dans ma bouche
Je t'aime encore, cherche tes hanches, obstiné

Tu les offres, tu t'abandonnes, je t'aime inconscient

Tu n'es nulle part désormais
Nous ne sommes nulle part
Nous ne sommes qu'un goût de mer
Sur un océan déchaîné
Je te pousse à m'aimer pour pas me noyer
Quand bien même suis-je en perdition
Tu me remontes à la surface et je m'agrippe
A tes reins, bois ta salive, me repais de tes dents
De tes doigts serrés dans mes doigts
Sextant vers les destinations au long cours

Je regarde le frémissement de tes cils
Calligraphie de l'éclair
Tu te meus, tu te libères, tu murmures
Des prières pour un concerto de mer
Tu me rejoins dans les Nirvana insulaires
Sania, mon plus bel amour

Que je saisisse ton corps pour en extraire des fleurs !

ss

SADANI  (c) 2006
 
8 mars, journée de la femme:
La meuf à moi c'est Sania:
Big up for Sania and I miss u!
 
" Puisse- t-elle devenir immortelle
Et que de ma mort d'elle
Elle ressuscite et les promesses et le sourire
En ces planètes ivres brisés
O Dieu de navigation et de mémoire

De l'enfance où l'amour naît
Aux vieux navires qui accostent
Face à la mer côte à côte
Mains jointes, une prière
Une prière pour la désobéisance
Roulis ressac écume
Comme un roc de colère
Comme sur un air de musique
Q'elle vienne la vague
Toujours écolienne toujours belle
Une lune qui me sort de mon linceul
Puisses-tu devenir
Sainte aux voeux insulaires
Une flamme lointaine
A jamais qui jaillit
M'inonde de brûlures douces
Et me jette à la mer
Sania, parmi les étoiles
Puisses-tu devenir immortelle
Pour accomplir une oeuvre fidèle
Dans le silence sentencieux
M'accorder pénitence
Et marier l'esclave à ta liberté
Et qu'Un comme nulle part
Sur les sentiers de l'infini
Aller à la vie rêvée

Ouïe les cantiques nocturnes
N'oublie ni les suppliques jurées
Ni le recueillement des regrets
entre marée basse et haut-le-coeur
Ces poèmes sur le sable aux couleurs de sang
Que tes yeux illuminaient
Créant le mouvement vers le sens
Une parole pour Te dire

Et dans mon agonie fatale
Abolir la mort et ses remords
O déesse dressée contre mes lèvres
Furieusement données à ma fièvre
Puisses-tu devenir immortelle
Et que s'allonge la vie
Dériver sur un océan qui va
Virevoltant revolté une sirène en ses creux
Un pêcheur sur le qui-vive
Toute mon étendue vers le large
Ailleurs la mer comme marge
La mer à nos pieds
l'horizon à hauteur d'Homme
Ailleurs d'où les vents percent des murailles
Pour viser loin, loin
Hule, hule
Hula rahamba et battre les saisons
Revenir à la maison pour une éternité partagée "

SADANI  (c) 2007