Poésie

KARO LE PAS 

Said Ahmed SAID YASSINE

NOFUMU MMIDJINZE 

K.A.
 

Ahmed ABOUDOU 

Sadani 

Mara 

Reno 

MAB Elhad 

Kassim MOHAMED SOYIR
 
Ali Mroivili (NAPALO)
 

Nassuf DJAILANI
 
Rolande GALAZZO
 
ANSSOUFOUDDINE Mohamed
 
Mlozi KARIBAHARI
 
Hassane MSAIDIE

Mahamoud M'SAIDIE
 
Adjmaël HALIDI
 

Saniati ZENABOU

Ben Said Issouf EL FAROUK
 
Hadji Mbaé Madi
 
Soulé Abdou Oumouri

Abdoul Aziz Fadhuili

Abdelfatah Nadjloudine

Balwan

Fred Dharma

René Joomun

Daoud Djalim

Abdou Djohar

Hassani Soulé

La poésie dans la presse
 

La Poésie Comorienne

Une chaire, la chair, les chèvres et....chiez !

hum,hum

Une histoire de " dix plombs ", avant de rentrer dans le vif du sujet.

Un jour qu’aurait pu être un soir, puisque c’était entre chien et loup, comme cause les françaoui, un brigadier, qu’on appellera Mpundra, s’est radiné dans la case familiale avec Ndevu Ndraru, qu’était la chèvre de mon père, autant dire la seule richesse familiale. Jusque là, tout va bien (pour reprendre quelqu’un qui a repris les répliques d’un film). Que nenni ! Ndevu Ndraru n’allait pas bien du tout, ce qui justifiait la présence de Mpundra chez nous. Il traînait celle qui s’est avérée être un délicieux festin, par les pattes de devant, refroidie avec plein de petits trous dans le cuir. On venait d’abattre notre chèvre, qui, si je m’en souviens bien, était plus qu’une chèvre. Un véritable comique qui amusait tout le village. Elle bouffait du jeune bananier, aux sardines à l’huile, du poisson voire de la chair de chat mort (je l’ai vu faire). Elle devait avoir l’âge des sauriens. Cette chèvre était musulmane et avait seulement le tort de ne faire qu’une seule prière, celle du Vendredi. Vous savez pourquoi ? Tous les vendredis, dans mon village, il y avait incontournablement, un festin quelque part :Mariage, Naissance, Circoncision, hitima en faveur des morts etc.….Et comme elle aimait la bonne bouffe et la compagnie des humains, elle attendait à la sortie de la mosquée et suivait le groupe le plus pressé et le plus souriant, car la bougresse avait un flair :Ceux-là, ils vont faire ripaille quelque part. Puis elle savait danser la chèvre de mon père. Y en a même qui disent l’avoir entendu parler, pour réclamer une noix de coco.

Puis survînt ce fameux jour, au crépuscule. Le gendarme en chef, un gros monsieur blanc, qu’avait un fils qui s’appelait Thierry, avait fait la peau de notre vieille bique, qui lui aurait " agaloufé " ses roses. Dix cartouches de calibre gibier dans le cuir, les gars ! Putain ! Pendant que mon père s’était mis dans tous ses états contre le mauvais émissaire (Mpundra), mes frères et soeurs et moi étions d’une complicité assassine, en nous faisant des clins d’œil ravis: Putain, on va se régaler ce soir…..de ce machin…..En nous disputant les pattes, la queue (petite) et les Nkondze (elle avait des couilles, cet extraterrestre de vieille chèvre).Une prostate inversée, à cause de l’âge peut-être.

Mon père coursait Mpundra, ma mère pleurait et, nous, on rigolait et on s’excitait à la perspective d’un festin de pauvre. Puis, nous avons appris que mon père était en prison, car il avait fini par attraper Mpundra, lui a lacéré son uniforme, cassé la gueule et tué au passage, avec la machette qui devait étriper le gendarme, 3 cabris errants dont celui du chef de canton. Puis ma mère, pris Ndevu Ndaru, la mit dans un sac de jute et demanda à mon grand frère d’aller l’enterrer sur la plage, car elle n’avait pas eu les sacrements religieux adéquats, qui devait consacrer selon les rites et le respect envers ALLAH et ses anges, son passage à notre table :Nkoooodo ! Là, j’ai rien compris. On a pleuré comme des hérons avec mes frères et sœurs ; et lorsque les voisins accourus en masse, nous disaient que l’on doit pas pleurer pour une bête, on redoublait de plus belle en répondant, qu’elle faisait partie de la fratrie et qu’en plus papa risquait le même sort que la chèvre (on ne sait jamais avec les blancs-pistolets), mais en fait, on trouvait injuste que tant de viande nous soit passée sous le nez.

A partir de ce jour, en plus de l’emprisonnement de papa, des menaces du préfet contre toute une nombreuse famille (venant de perdre une des siens), une jurisprudence naquît au bled. Le cantonnier, un méchant bougre, çui-là, hurla 3 jours durant " Oyé, oyé, villageois, villageoises, à partir d’aujourd’hui, tout animal errant sera passible du sacrifice immédiat et distribué aux indigents et aux étrangers :Les chèvres, les poules, les moutons, les bati (canards) et les enfants de moins de 8 ans sont concernés !Une exception, le cabri du chef de canton , le chien du capitaine Canizarès (le super chef colonial) et Bouboul, la caniche du directeur de l’hosto, en sont dispensés ". Pour dire que cette histoire qui nous rend chèvre et qui nous a expédié la politique des bangwe est ancienne. Mon père plus tard, fut jugé par une cour où je vous jure personne n’avait de diplôme.

Verdict :Bannissement du bled durant 45 jours et remboursement du cabri du chef de canton. Une injustice de plus aussi.

A part cette épreuve aux relents psychanalytiques, ça me torture encore toute cette barbaque foutue en l’air (c’est ce que je croyais), je réclame une autre souffrance :J’ai été déplumé. Oui, déplumé , désarticulé, écrasé par des années d’études chez les ancêtres du capitaine Canizarès, sans que j’aie le droit d’afficher cette souffrance, ailleurs que sur les murs humides de mes chiottes. Je suis déplumé mais j’ai des diplômes. Mes chiottes en sont remplies. Des fois, lorsque j’ai pas de PQ et oublié le seau d’eau halal dans la cuisine, l’urgence m’impose de déchirer un bout de mon BEPC, car ça m’a moins coûté et de faire le nettoyage avec. Ouais ! Mon BEPC, c’est comme une chèvre qu’on a sué pour élever et qui ne nous a servi à rien. Puis je tire la chasse en disant Alhamdouli’lah !(Hé, le plus gros de mes diplômes, suis pas con, il est encadré avec des fines dorures et des lettrines latines, dans les latrines bien sûr, mais j’y toucherais pas sauf en cas de gastro costaud )!

Yes !

Moi, je craque parce que je sais pas oiq faire de mes diplômes. J’ai essayé de les fourguer à un ami de Tchétchénie, mais comme y koze pas français et venait de se réfugier-politique,dans le Tarn-et- Garonne, ça paraîtrait louche ; d’autant plus, qu’y me disait " avec le gros beau là ( ma dernière fierté), moi, avoir chaire à l’ouniversité de Grozny et beaucoup bonne chair di p’tites filles étudiantes ".Certes, certes, Memet, mais pour avoir chaire et bonne chair, faut payer cher, que j’ lui dis. Mais, y l’avait pas un kopeck , l’ pov’ ! Puis c’serait pas moral d’ le lui vendre à lui, si c’est pour tringler les p’tites étudiantes en leur baragouinant un ersatz de français et de glapissements jouissifs. J’ suis conscient moi ! Je les vendrais qu’à un congolais ou à un Comorien, na !

Avis donc aux amateurs ! Pas cher, je le fais mon " dix plombs ", le nombre d’années mis à l’décrocher. Dix plombs, les gars. Comme ceux qu’on troué la mémoire de mon enfance, qu’ont causé la mort sans gloire de Ndevu Ndraru, ma bichette adorée ! Dix plombs dans la cervelle, pour un savoir qu’ a le destin d’une chèvre, dans un pays où l’ notable nomme les plus " réalistes " à des postes payés en numéraires et en liquide brut. Pas besoin d’un doctorat moi, pour aller à la douane, apprendre la littérature aux containers et aux clientes bienveillantes, pas besoin de diplôme, pour être con seyant à merveilles aux ambitions du " politique " pressé, pas besoin de parchemin, pour soigner l’ cancer avec le verbe onomatopéique d’un savoir que les patients ignorent, pas besoin de rendre compte, merde, à des aigris, des jaloux et des malveillants moralistes :Des sophistes avez-vous dit :Des sots, ouais ! Fils de sots et petits fils de chèvres à couilles. On est en république ou kwa ? C’est ça la démocratie ou bordel ?

Ma chaire y l’est pas en classe, les mecs. Y l’est dans ma tête, les meufs , j’ vous dis, je sais tout, c’est à koze que j’ai des diplômes et faut que ça paye en chair et en os (regretté Ndevu Ndraru !), en monnaies sonnantes et trébuchantes et vite en plus et que ça saute :Suis docteur en tout. Mais j’ soigne rien, sauf les filles et dans les chiottes…Et alors ?

Si vous voulez des preuves, j’ vous invite bouffer du NESA à la casa, puis vous irez chier dans la salle des merveilles où sur les murs humides, y a la photo de la bichette et la flopée de cette saloperie de diplômes et une photo de mon pote Memet !

Moralité (de sophiste) : On a entretenu une biquette des années durant, elle est morte assassinée, on l’a enterré à la plage et seuls en ont profité, les copains de mon grand frère, qui l’on bouffé en dehors de toute considération sociale et en cachette.

J’ai plein de diplômes, je suis dans Babylone et cherche à les vendre, puisque l’étranger les veut pas, mais faut que ça sache, je dis où ils se trouve là où les mouches viennent des fois y déposer leur signatures ! Pendant ce temps, Azali se concocte avec ses p’tits piranhas diplômés ou non, une arrivée en fanfare à la tribune des assemblées.

Bonne continuation, les diplômés !

ss