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Pour
cet océan qui, dans la pénombre de l'aube,
Murmure
son tourment,
Pour
cette écume qui, sur la grève ensuquée,
Epand
sa douleur,
Pour
ces frêles pirogues qui, dans le crépuscule rouge-or,
Fendent l'onde
jusqu'au lointain Raya,
Pour
ces houes qui, mollement,
Embrassent
la terre ancestrale,
Pour
ces monts aux yeux médusés,
Témoins
des espoirs immolés,
Pour
ces djinns amers et impuissants
Dans
leurs abysses-mouroir,
Pour
ces kussi qui d'aubades en sérénades
Bercent
encore nos toits de pailles,
Pour
ces visages de femmes-douleur,
Pour
ces visages de femmes-espoir,
Pour
cette Lune, belle et magnanime,
Je
romps le silence.
Poète
muet, dans ma tombe de douleur,
Je
romps le silence.
Car
il viendra ce jour où le sang de l'Astre-martyr,
Tel
le feu de ses entrailles, jaillira de nos veines.
Car
il viendra ce jour où son sanglot,
Par
mille fentes, atteindra nos cœurs.
Pour
cette Lune, belle et magnanime,
Je
romps le silence.
Poète
muet, dans ma tombe de douleur,
Je
romps le silence.
Car
il viendra ce jour où l'ombre de ses Fe
Parlera
dans nos rêves agonisants.
Et
en ce matin nouveau où l'émeu sera bundi
audacieux,
De
ses mille feux antiques, la Lune luira.
W.A.S.M
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