Source :
http://www.diplomatie.gouv.fr

La 5ème commission mixte franco-comorienne s’est
tenue à Paris les 4 et 5 avril 2005. Ses travaux ont été présidés par
M. Xavier Darcos, ministre délégué à la Coopération, au Développement et à la
Francophonie et M. Souef El Amine, ministre des Relations extérieures de
l’Union des Comores. Mme Brigitte Girardin, ministre de l’Outre Mer, est
intervenue devant la commission mixte dans laquelle les collectivités locales
et les élus de Mayotte et la Réunion seront représentés, ainsi que la région
Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui vient d’engager une coopération décentralisée
avec les Comores.
Cette commission consacre la relance de la coopération bilatérale, que la
consolidation des institutions comoriennes a rendue possible.
Elle répond aux efforts que les Comoriens ont réalisés pour mettre en œuvre
les accords de réconciliation de Fomboni signés en février 2001. Elle
s’inscrit aussi dans la continuité de la visite que le président Azali
Assoumani a effectuée en France en janvier 2005.
A cette occasion, la France et les Comores ont défini les objectifs
prioritaires de leur coopération pour les années à venir dans les domaines
suivants : la gouvernance, la santé, l’éducation, les infrastructures, le
développement rural et le codéveloppement.
Cette commission a aussi traité les questions de circulation des personnes et
de circulation des biens entre l’Union des Comores et Mayotte, afin
d’améliorer le contrôle des flux migratoires, de développer les échanges
commerciaux et de renforcer l’intégration régionale de Mayotte.
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Ministère des Affaires étrangères. Photo Claude Stefan |
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Allocution de M. Xavier Darcos lors de l’ouverture
de la 5ème commission mixte franco-comorienne (Paris, 4 avril 2005)
ALLOCUTION DU MINISTRE DELEGUE A
LA COOPERATION, AU DEVELOPPEMENT ET A LA FRANCOPHONIE,
M. XAVIER DARCOS,
LORS DE L'OUVERTURE DE LA VEME COMMISSION MIXTE FRANCO-COMORIENNE
(Paris, 4 avril 2005)
Monsieur le Ministre,
Monsieur le Président du Conseil régional de la Réunion,
Madame la Présidente du Conseil général de la Réunion,
Monsieur le Sénateur,
Monsieur le Député,
Mesdames et Messieurs,
Chers Amis,
Permettez-moi de vous dire tout d'abord combien je suis honoré de vous
accueillir aujourd'hui pour l'ouverture de la cinquième Commission mixte
franco-comorienne, deux mois après la visite officielle du président Azali en
France.
Cette commission mixte est un rendez-vous important pour nos deux pays. C'est
aussi un événement rare et qui mérite d'être salué. En effet, la dernière
commission mixte franco-comorienne s'est réunie il y a plus de treize ans.
C'était en novembre 1991, à Moroni.
Après cette longue interruption, nous avons décidé l'an dernier de nous
retrouver à Paris, afin de discuter entre nous des relations entre la France
et les Comores et de traiter, dans un esprit d'ouverture et de partenariat, de
questions d'intérêt commun.
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Si cette commission mixte a lieu aujourd'hui, c'est grâce à
l'évolution favorable de la situation intérieure des Comores. Après plusieurs
années d'une longue crise politique et institutionnelle, les Comores ont enfin
retrouvé la stabilité et mis en place les institutions prévues par le
processus de Fomboni, dans un souci de réconciliation nationale.
Il est désormais possible de travailler, tous ensemble, au développement de
votre pays. La France entend jouer pleinement son rôle dans cet effort
collectif. Je m'y suis engagé lors de la visite officielle du président Azali
en janvier dernier.
Ainsi, nous avons longuement préparé la présente commission mixte qui doit
illustrer le renouveau du partenariat entre la France et les Comores.
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Monsieur le Ministre, nous aurons un grand nombre de sujets
à aborder au cours de ces deux jours de travaux.
Nous traiterons tout d'abord des questions de coopération civile et technique.
Nous avons défini ensemble quatre grandes orientations dans ce domaine :
l'appui à la bonne gouvernance, le développement humain, qui concerne la santé
et l'éducation, le développement rural et les infrastructures.
Nous avons ajouté un thème transversal à ces grandes orientations : le
codéveloppement. L'objet du codéveloppement étant, comme vous le savez,
d'utiliser les ressources financières et humaines de la diaspora comorienne
pour contribuer au développement du pays.
Je suis particulièrement heureux à ce sujet de saluer la présence parmi nous
de représentants de cette diaspora en France.
Cette commission mixte consacre un profond renouveau de nos relations, car un
sujet autrefois tabou est aujourd'hui au cœur de nos discussions.
Je veux parler de Mayotte et je tiens à saluer la présence parmi nous des élus
de Mayotte, le sénateur Adrien Giraud, le député Mansour Kamardine et le
premier vice-président du Conseil général Bacar Ali Boto.
Au-delà de nos différends, nos deux chefs d'Etat ont en effet convenu de
parler franchement et librement de Mayotte dans un cadre bilatéral. Ils ont
souligné l'intérêt commun de nos deux pays à renforcer la coopération entre
l'Union des Comores et Mayotte.
Notre commission mixte traitera donc des questions de circulation des
personnes et de circulation des biens entre les Comores et Mayotte.
Notre objectif commun est de mieux maîtriser les flux migratoires irréguliers,
de lutter contre l'exploitation criminelle qui en est faite et de prévenir les
drames humains qu'elle entraîne.
A travers la circulation des biens nous traiterons plus largement de la
question des débouchés commerciaux de l'agriculture comorienne et de
l'insertion économique de Mayotte dans son proche environnement régional.
Le renouveau de nos relations ne doit pas faire oublier leur constance et je
tiens à ce sujet à saluer l'engagement précieux de la Réunion qui illustre la
solidarité indianocéanique, à laquelle nous sommes très attachés.
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Monsieur le Ministre, je sais que les Comores attendent
beaucoup de la France. Mais nous aussi, nous attendons beaucoup des Comores.
C'est tout l'esprit de partenariat qui doit animer nos relations.
L'appui de la France n'a en effet de sens et ne saurait être efficace que s'il
vient compléter les efforts engagés par les Comoriens eux-mêmes.
Je citerai par exemple les engagements comoriens dans le domaine de la
gouvernance, de la réforme de la fonction publique, du développement des
mutuelles de santé ou de l'entretien des écoles. Ses engagements sont
indispensables pour garantir l'efficacité du soutien que nous comptons
apporter dans la gestion des finances publiques, de la santé et de
l'éducation.
Ce qui est vrai dans ces domaines l'est aussi dans celui de la circulation des
personnes. La lutte contre les mouvements clandestins de personnes et leur
exploitation criminelle ne peut aboutir sans des efforts conjoints.
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Monsieur le Ministre, vous savez combien la paix et la
stabilité des Comores sont importantes à nos yeux. L'Histoire a voulu que nous
soyons de très proches voisins, c'est pourquoi nos deux pays ont un grand
intérêt à entretenir des relations confiantes et solides.
La commission mixte est l'enceinte idéale qui va nous permettre de prendre des
engagements importants. Je souhaite que leur mise en œuvre contribue au
développement de votre pays et à l'amélioration des conditions de vie des
Comoriens.
Je vous remercie de votre attention./.