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Politique

REPUBLIQUE FEDERALE ISLAMIQUE DES COMORES
Unité – Justice - Progrès

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MESSAGE A la Nation
Du Chef de l’Etat Son Excellence

Le Colonel AZALI Assoumani,
Lors de la Réception offerte à Beit-Salaam
A l’occasion de la Fête Nationale,
le vendredi 6 juillet 2001

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 Honorable assistance,

La Fête Nationale a toujours été, pour chacun d’entre nous, à travers le temps, un moment de joie, de fierté et d’espoir. Malgré notre histoire mouvementée, ces sentiments se sont toujours renforcés, d’années en années, même si l’on a perçu ces derniers temps, beaucoup d’interrogations, d’interpellations, de l’amertume.
Ces inquiétudes sont tout à fait compréhensibles, voire même légitimes. Mais elles ne doivent pas nous empêcher, en cette journée mémorable, d’avoir une pensée pour les Pères Fondateurs de l’Etat, pour toutes et tous ceux, qui ont lutté pour la souveraineté des Comores.
Nous souhaitons longue vie, et nous formulons des vœux de santé à ceux qui sont parmi nous. Nous prions de tout cœur,  pour une bénédiction à ceux qui se trouvent dans l’au-delà.
Depuis trois ans, la fête du 6 juillet était toujours teintée d’une profonde tristesse, car au problème Mahorais, est venu s’ajouter dès 1997, la crise séparatiste dans l’île comorienne d’Anjouan.
Pourtant, par la grâce de Dieu, et aux efforts conjugués des uns et des autres, des prévisions très optimistes nous avaient laissé penser, qu’il allait être possible de célébrer cette année, cette journée dans l’unité retrouvée, dans un nouvel Etat.
Mais, pour les raisons que vous savez tous, ceci n’a pas été possible. En tout cas, nous formulons le vœu, et prions ensemble, pour que Dieu nous garde en vie, pour fêter ensemble cette journée, l’année prochaine dans la paix et l’unité.
Je vous remercie Mesdames et Messieurs, d’être venus nombreux aujourd’hui, pour partager ensemble notre espoir, réaffirmer notre ambition, mais surtout pour nous interroger sur l’avenir de notre vie commune.

Le 03 mai dernier à Foumbouni, lors du 2ème anniversaire, de l’interposition de l’Armée Nationale de Développement, je vous ai fait brièvement, le bilan des deux dernières années, sur trois axes principaux : à savoir :
-         la gestion politique de la transition
-         l’assainissement des finances publiques
-         la réconciliation nationale

La réconciliation nationale a connu bien des étapes, plus ou moins difficiles. D’Addis-Abéba, à Fomboni I, en passant par Antananarivo, Fomboni II et Fomboni III, nous sommes arrivés à un stade où, tout le monde parle d’expertise, d’expérience, d’intransigeance des uns et des autres, de déficit de moyens, en fait des problèmes tout à fait normaux. 
L’important c’est que tout cela se passe autour d’une table, qui réunit les enfants des trois îles de ce pays. N’est-ce pas là quand même un résultat ? Quand on sait que durant trois ans, la communauté nationale et internationale, a tout essayé en vain, par la persuasion, la force, ou la contrainte. Ou quand on sait qu’ailleurs, c’est malheureusement avec les armes, qu’on se parle.
Et voilà que le miracle comorien, une fois encore, a bien fonctionné. C’est cette formule originale, souvent paradoxale, des fois incompréhensible, pour sortir de l’impasse, dont seuls les comoriens détiennent le secret, avec le souci constant et partagé, de préserver les vies humaines, conformément à notre religion et à notre culture. Le dialogue inter-comorien nous a mis, dans la bonne voie.

Mes Chers Compatriotes,

Rappelez-vous qu’à Foumbouni, j’avais tenu à rappeler, que la crise comorienne est triple, et non double comme on le dit de coutume. Aujourd’hui encore une fois, permettez-moi de vous convaincre, que cette crise est tridimensionnelle. Elle est sécessionniste, institutionnelle, mais surtout socio-économique.
Je pense que la dimension sécessionniste, n’était qu’une fièvre, qui a occasionné comme d’habitude, une forte hyperthermie, destinée à attirer notre attention, que si nous ne faisons rien, pour maîtriser cette température, elle peut nous être fatale. 
Je crois profondément que nous avons compris. Nous avons mesuré le danger, et ensemble, avec l’aide de nos partenaires, à qui je renouvelle mes remerciements, les plus sincères, nous avons fait baisser la température. Mais, ce n’est pas pour autant que, nous pouvons nous réjouir, d’avoir vaincu le mal.
Des mesures énergiques, curatives d’abord, préventives ensuite et toujours, sont nécessaires, voire indispensables.
En mesures curatives, nous devons nous atteler à la mise en application, de l’Accord-Cadre du 17 février, pour mettre en place, et le plus vite possible, des institutions fiables et viables, garanties par une loi fondamentale, rédigée par les Comoriens et pour les Comoriens.

Pour une fois, une Constitution ne sera pas sortie d’aucun chapeau, et surtout pas du mien.

Mais, en ce jour solennel de notre histoire, nous devons nous interroger, sur la manière de renouer avec le futur, unis et solidaires.
Il s’agit aussi de voir comment rechercher, un bien-être commun, dans un futur encore en gestation, aux contours fort heureusement balisés, par l’Accord cadre de Fomboni, mais encore flou et insaisissable, pour nombreux de nos compatriotes. 
Nous devons réfléchir ensemble, sur les synergies possibles entre la consolidation de l’Unité Nationale et l’émergence d’entités largement autonomes, fortes et responsables.

Demain, sera certainement un jour nouveau. Il requerra d’autres mentalités, d’autres réflexes, une autre vision du monde, de la chose publique, une autre relation entre le pouvoir et le citoyen.

Bien sûr, des commissions sont à pieds d’œuvre. L’Accord-cadre du 17 février montre le chemin. Mais il faudra y mettre du cœur, s’investir entièrement. 

Je le dis et je le répète. Ne nous trompons pas d’adversaires. Ce pays a été dirigé durant 26 ans d’Indépendance et même avant, par des Grands Comoriens, des Anjouanais, des Mohéliens voir des Mahorais. Les responsabilités sont partagées. 

Je pense qu’aujourd’hui, il y a lieu de se poser sérieusement et sereinement les vraies questions pour trouver les vraies réponses. Les questions que taisent souvent les textes, celles dont les réponses méritent d’être maîtrisées dès aujourd’hui.

Nous devons avoir le même comportement, que devant son médecin à qui, il est inutile de cacher la maladie, ou devant son avocat, à qui il est très dangereux de mentir. Je pense mes chers compatriotes, qu’à ce moment précis, nous sommes notre propre médecin, et notre propre avocat.

Je me permettrais seulement de demander, à nos constituants, dont la mission est si lourde je le sais, de sortir des sentiers battus, et de faire preuve d’imagination, pour innover par rapport aux réalités du pays, dans le souci majeur, de créer un seul pays pour tous, de rassembler les comoriens autour du même destin.

Notre pays est entrain d’écrire, une page très importante de son histoire. Il le fait lui-même, sans cette main invisible que d’aucuns avaient la fâcheuse manie de voir partout. Ce sont les Comoriens eux-mêmes, qui sont les artisans de leur propre histoire.

Les débats doivent se dérouler en toute franchise, mais dans un climat tempéré et contenu. Nous devons avoir beaucoup appris, durant quatre ans d’errements et de tiraillement. 

Ne soyons pas comme cet élève extrêmement intelligent, mais à qui, il faut expliquer dix fois la leçon pour qu’il la comprenne. L’Unité Nationale ne doit souffrir d’aucune ambiguïté. Elle est incontournable. Nous le savons par l’histoire. Il nous est répété tous les jours, et partout où nous allons.

Comment peut-il en être autrement, quand on sait que, presque tous les pays du monde ont connu, si ils ne le vivent pas en ce moment, des problèmes relatifs à leur unité.

Mes Chers Compatriotes

Nous assumons en ce moment précis, une énorme responsabilité. Tout le monde est concerné. D’aucuns se plaignent d’être laissés à leur triste sort. Peut-être, mais dois-je leur rappeler que nous l’avons voulu, depuis ce 6 juillet 1975, et que c’est justement pour avoir cru, que d’autres peuvent et doivent bâtir notre pays, à notre place, que nous sommes dans la situation à laquelle, nous nous trouvons aujourd’hui.

La Commission Tripartite, doit encore se pencher, sur l’organisation administrative et financière, du futur Etat Comorien.

L’Etat doit s’investir, de la mission qui doit normalement, être la sienne. Cet Etat-là se doit d’assurer la stabilité, encourager la promotion de la citoyenneté, l’enracinement de la démocratie. Il devra aussi et surtout développer et garantir au peuple, un réel pouvoir, une véritable capacité à s’occuper du développement.

L’Etat décentralisé, doit savoir défendre ses entités autonomes, pour mieux consolider la cohésion nationale. Il lui reviendra, et c’est ainsi que je le comprends, d’être l’interprète de la décentralisation, auprès des bailleurs de fonds pour le financement, des projets locaux.

Le passé doit nous avoir appris que, le système centralisateur, est un danger qui asphyxie les initiatives, paralyse l’élan, appauvrit la pensée et crée les haines. Mais la décentralisation, ne signifie pas non plus, désintégration ou démission de l’Etat. Voilà pour les mesures curatives.

Nous savons tous, pour avoir eu à gérer la fièvre au quotidien, qu’il ne suffit pas d’une bonne cure de nivaquine, pour éradiquer le paludisme.

Il faut et absolument, des mesures préventives pour se prémunir de ce fléau. Donc vous comprenez bien Mesdames et Messieurs, qu’il ne s’agit pas de rédiger une très bonne constitution, et mettre en place des institutions, même de la manière la plus démocratique qui soit, pour réussir le pari de la réconciliation. L’histoire nous en a déjà pourvu et des meilleurs quelque fois. 

Nous devons après, nous attaquer à la dimension socio-économique de cette crise, pour remporter définitivement la victoire de la réconciliation. Et je parie qu’il y a là, non seulement la clef de la réconciliation, pour les trois îles, mais aussi, pour l’île comorienne de Mayotte.

C’est pourquoi, je pense que parallèlement à l’arsenal de textes, destinés à sceller la réconciliation, qui seraient adoptés par les élus, que nous aurons librement choisis, nous devons concevoir aussi un programme très ambitieux, de lutte contre la pauvreté, à présenter pour financement à nos partenaires au développement. Et après, nous devons nous assumer.

La Conférence des Amis des Comores tenue à Paris hier même, sous l’égide de la Banque Mondiale, nous donne l’occasion de mettre d’urgence, un programme de consolidation de la réconciliation. Nos généreux donateurs ont contribué, pour le montant de onze millions et demie de dollars (11.500.000 de dollars).

Je tiens à remercier tous ceux qui ont bien voulu participer à cette Conférence et ainsi aider notre pays à maintenir une situation économique viable. Les premiers décaissements interviendront dès le mois d’Août. 

Mais nous n’avons pas le droit de nous complaire dans le partenariat. L’aide internationale doit ressusciter notre volonté, nos capacités à nous prendre en charge. L’autonomie ne doit pas se nourrir seulement de l’aide internationale. Il nous faudra en assurer la charge complètement et entièrement. 

Nous avons un débat réel à mener maintenant, sur les capacités financières, réelles, de l’Etat de demain. Peut-il apporter le concours exigé ? Aura t-il la capacité de générer les recettes nécessaires, pour financer les Institutions ? 

Comment l’investissement peut-il se répartir sur l’ensemble du territoire national ? Comment renforcer l’Unité Nationale, par des programmes à financer ? Comment par exemple, une chaîne hôtelière implantée à Fomboni, peut-elle se décentraliser au bénéfice des populations ?

Parce qu’il faudra comprendre que, le pays que nous voulons créer, appartiendra à tous les comoriens, dans la limite des droits et devoirs, reconnus par la loi, qui est applicable à tous, chacun ayant bien entendu, la liberté de vivre dans la partie du territoire de son choix.

Notre Etat de demain a besoin d’une administration souple, légère. 

Les postes de travail, désormais devront être ouverts à tout le monde, suivant la compétence avec une extrême rigueur. La Fonction Publique de demain, a besoin d’un personnel, administratif, enseignant, médical de qualité, et non corrompu et convaincu de la notion de servir, et non de se servir.

Notre Etat futur, a besoin d’un personnel de défense pour les frontières, la sécurité des personnes et des biens et participer au développement économique et social du pays.

Notre Etat de demain, a besoin d’un secteur privé sérieux, libéré de toute contrainte, que l’Etat se fera l’obligation d’aider, et de faciliter son épanouissement. Mais en retour, il doit s’acquitter de ses devoirs envers l’Etat, et se prémunir de toute tentative de corruption, des agents de l’Etat.

Honorable assistance,

Notre pays renaît, à force de courage, de conviction et de pragmatisme. Nos années de braise devraient nous avoir beaucoup appris. La réconciliation retrouvée, l’Unité Nationale que nous défendons à chaque fois, l’intégrité territoriale à consolider sont encore fragiles.

C’est pourquoi mes chers compatriotes, j’en appelle à la vigilance et la conscience, de tout un chacun, pour gérer cette période, avec beaucoup de doigté et de prudence.

Notre peuple est connu pour son courage, sa présence d’esprit, sa finesse dans l’action, son sens aigu de la solidarité et de la responsabilité. Bref, les comoriennes et les comoriens sont des vrais patriotes qui savent faire prévaloir l’intérêt général. La réconciliation scellée sans exclusion doit aller jusqu’à son terme, pour l’intérêt de tous les comoriens.

Oui ! nous devons faire preuve de patriotisme. Pour ma part, je pense que le patriotisme ne s’évalue pas à la taille ou au nombre de poste, de Président ou de Ministres occupés. Je crois que le patriotisme est un comportement continu, qu’adopte le citoyen, à chaque fois que de besoin, au service de son pays, avec les moyens exigés du moment.

Je pense que ce n’est pas faire preuve de loyauté envers son pays si, à la moindre contradiction de quelque nature que ce soit, dans le jeu politique, on se précipite pour écrire à l’OUA, à la Banque Mondiale et aux autres. Je pense que c’est là un jeu dangereux qui, de toutes les façons dénigre et donne peu de crédit à ceux qui le pratiquent. 

L’Accord du 17 février offre suffisamment d’espace pour les débats les plus larges possibles et rien n’est tabou puisqu’il va falloir vivre ensemble.

Mers chers compatriotes,

Ensemble nous avons consenti beaucoup de sacrifice. Nous avons déployé des efforts considérables, pour améliorer la gestion du pays, et le mettre sur la voie de la bonne gouvernance. Nous commençons à cueillir les premiers fruits.

Il fallait à tout prix restaurer la crédibilité de l’Etat et retrouver la confiance de nos partenaires au développement.

C’est ainsi que la régularité des salaires est maintenue depuis janvier 2001, et elle doit se pérenniser, la dette des trois de nos principaux bailleurs de fonds est payée régulièrement. Le mois de mars dernier, nous avons conclu un shadow-programme, avec le Fonds Monétaire International, étape intermédiaire, avant la conclusion d’un programme définitif, que nous souhaitons fin 2001. Tout notre espoir et d’être éligible, à l’initiative PPTE dès janvier 2002. Ceci nous ouvrirait la voie à une réduction, un allègement, voire un effacement d’une partie de notre dette. 

Ainsi, nous pouvons mettre en place un vrai programme, de lutte contre la pauvreté.

Ces résultats ne sont pas encore suffisants, et ne doivent pas nous laisser dormir sur nos deux lauriers. Je vous invite tous, employés de l’Etat ou du secteur privé, à doubler d’effort et de vigilance. Deux années de tant d’efforts et beaucoup de perspectives peuvent s’envoler en un laps de temps. 

La gestion de notre Etat de demain doit suivre le chemin de la bonne gouvernance. C’est non seulement une garantie vis-à-vis de nos partenaires, mais aussi, un atout majeur, pour réussir le pari du développement.

Maintenant, il est bien établi, que nous sommes rentrés dans un processus irréversible. Comparativement à d’autres pays, nous avons une longueur d’avance. Et je ne pense pas qu’il y ait une petite ou une grande crise pour intéresser le plus de monde.

A moins que quelqu’un puisse nous indiquer l’unité de mesure d’une crise ? Est-ce sa durée ? l’étendue du territoire, la richesse du pays, ou le nombre de morts, ou de blessés qu’elle occasionne.

Rassurons-nous, Mes Chers Compatriotes, l’histoire est surtout contemporaine, nous apprend qu’aucune vertu ne passe devant l’intérêt des Etats. Méfions-nous des donneurs de leçons et surtout de leurs apprentis élèves.

Nous devons ensemble, gérer et tempérer les débordements et les excès, pour parvenir enfin, mais non pas à n’importe quel consensus, mais à quelque chose de gérable, qui nous éviterait, des rebondissements malheureux, et un retour en arrière, qui serait très préjudiciable, voire fatal pour le pays.

La Communauté Internationale doit nous aider réellement du début jusqu’à la fin.

Il n’y aura jamais de réconciliation, lorsque la population manque d’électricité, d’eau, d’écoles, de dispensaires, c’est à dire le minimum vital.

Nous comptons beaucoup sur l’expérience, de la Communauté internationale, pour nous comprendre car, même si cette crise n’est pas originale, elle secoue encore des puissances, des Grandes démocraties. Cette crise qui a gangrené ce pays, depuis les années d’avant l’indépendance, ne peut pas disparaître par un claquement des doigts.

Et aujourd’hui, du haut de cette tribune et de la façon la plus solennelle, je me permets d’en appeler à la France, notre partenaire privilégié, pour lui demander de jouer le rôle que lui confère l’histoire. En ce moment précis, nous avons plus que jamais, besoin de son soutien.

La République française est le pays, le plus à même de mieux nous comprendre. Nous notons avec beaucoup de satisfaction, ses prises de position claires et sans aucune ambiguïté, en faveur de l’unité et de l’intégrité territoriale des Comores. Même la question de Mayotte ne nous a jamais empêché de coopérer, d’entretenir des relations d’une grande cordialité.

Je suis convaincu, qu’au regard de l’histoire, et du droit international, que la France connaît mieux que quiconque, le moment viendra où "ce contentieux désagréable" comme l’a si bien nommé le Président François Mitterrand, trouvera la solution qui convient, pour l’intérêt bien compris de nos deux pays.

Dans tous les cas, je saisis cette occasion, pour exprimer toute la gratitude du peuple comorien, à l’endroit de tous les pays et Organisations, qui nous ont apporté leur aide, durant cette période difficile de notre histoire. Qu’ils soient rassurés de toute notre reconnaissance. 

Mes Chers Compatriotes,

Je ne le répéterai jamais assez, que je ne suis pas de ceux qui sortiront des projets de Constitution, de leur chapeau. J’attendrai le moment venu, pour donner mon humble avis au même titre que les autres citoyens.

Néanmoins, permettez-moi avant de terminer mon propos, une observation et une réflexion.

1-     D’abord la crise comorienne est très singulière. Elle est totalement différente, de ces crises politiques, qui ont secoué notre pays par le passé, ou qu’ont connu d’autres nations de part le monde. C’est une crise très profonde qui mérite des réflexions très mûries. 

Je demanderais à tous les instruments du processus de réconciliation, d’y prêter le maximum d’attention, avant la publication éventuelle, des échéances à venir, qui doivent être scrupuleusement respectées. C’est notre pays et son avenir qui sont concernés, et nous serons les seuls à récolter ce que nous semons aujourd’hui.

2-     Ensuite, je demanderais à chacune des îles, de réfléchir sur au moins deux à trois projets essentiels destinés à :
-
offrir le maximum d’emplois à nos jeunes afin de relancer la croissance et générer des recettes.
- donner une instruction au maximum possible des enfants de l’île
- offrir des soins de santé de base à un maximum de population

Ces projets doivent être élaborés, et présentés à la prochaine Conférence des bailleurs de fonds, prévus, après la formation du Gouvernement d’Union Nationale.

Ces projets devraient se répartir, dans le temps et dans l’espace, de façon à ce qu’on retrouve des citoyens, des trois îles du pays, voire les quatre, toutes générations ou catégories confondues, sur une même île, soit pour servir l’Etat, s’instruire, se soigner ou gagner simplement leur vie. 

Je pense qu’ainsi, l’Unité Nationale ne sera pas simplement, deux mots inscrits quelque part, mais elle matérialisera la vie au quotidien, de tous les comoriens, sur l’ensemble du Territoire national.

Et enfin, au nom de mes frères d’armes de l’Armée Nationale de Développement, je vous demanderais de vous associer à nous pour  formuler le vœu que cette crise, soit la dernière, structurelle, qu’ait eu à vivre notre cher pays. Je pense que nous saurons, tirer toutes les leçons nécessaires, pour enfin dire adieu, et pour toujours au séparatisme.

Je vous remercie.