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Politique

ALLOCUTION DE M Souef Mohamed EL AMINE à l'Assemblée Générale des nations Unies le 15/11/2001 

 

Assemblée générale                                                                        AG/1237

54e séance plénière – matin                                                                 15 novembre 2001

 

            M. SOUEF MOHAMED EL-AMINE, Ministre des affaires étrangères et de la coopération de la République fédérale islamique des Comores: Dans la lutte contre le terrorisme, il est nécessaire de définir la notion de terrorisme, en établissant clairement ce qui constitue un terrorisme d’Etat, celui de groupes et d’individus.  Il faudra ensuite distinguer les actes terroristes des revendications légitimes de certains peuples à exercer leur droit à l’autodétermination.  Enfin, il est essentiel de ne pas faire l’amalgame entre le terrorisme et l’islam qui est connu pour sa grande tolérance et son ouverture, prônant l’amour du prochain, la paix et la solidarité.  Le souci qui nous anime par rapport au problème du terrorisme nous a conduit à mettre en place un mécanisme national de lutte contre le terrorisme.  Nous avons signé en janvier 2000 la Convention internationale visant à supprimer le financement du terrorisme. En plus des dispositions nationales engageant chacun de nos pays, il convient d’élaborer un mécanisme international qui allie efforts régionaux et continentaux.  Ceci exige certes une lecture politique objective de la situation qui prévaut dans les zones de tension dans le monde.  La situation dans les territoires arabes occupés, entre autres problèmes, nous interpelle.  Le peuple palestinien a, lui aussi, droit à la vie, à la prospérité, au bonheur, à la paix et à la sécurité.  Un Etat palestinien avec Al Qods Al Sharif pour capitale s’impose.

            Il incombe aux Nations Unies de veiller au bien-être des peuples qui attendent beaucoup de l’Organisation qui est reconnue comme offrant le meilleur cadre pour la garantie des droits fondamentaux de tous.  Les graves maladies qui sévissent dans nos pays, en particulier ceux en développement, les difficultés d’accès à de meilleures conditions d’éducation et de santé, la famine qui frappe plusieurs régions du monde, la dégradation de notre environnement, la violation des droits de l’homme demeurent des défis majeurs de notre millénaire.  Le Gouvernement des Comores s’attache à faire du Programme national de lutte contre le sida un outil efficace.  Nous exhortons par ailleurs les Nations Unies à considérer la revendication légitime du Gouvernement chinois relative à la réintégration de la province chinoise de Taiwan dans son ensemble naturel.  Le Sommet du Millénaire a suscité de grands espoirs qu’il convient de matérialiser ce qui suppose un suivi des recommandations formulées à cette occasion.  La faim, la maladie, l’ignorance, la violence, l’injustice et la pauvreté sont des menaces à la paix et à la stabilité.

Au niveau national, nous annonçons que le Processus de réconciliation national a été engagé par le chef d’Etat comorien qui a opté pour un dialogue direct avec nos frères de l’île d’Anjouan.  A l’heure actuelle, un projet de constitution devant régir le futur ensemble comorien vient d’être remis officiellement au chef de l’Etat et sera soumis à référendum avant la fin de l’année.  Parallèlement à ces efforts, des dispositions sont en cours en vue de préparer les prochaines élections.  Le grand défi pour le gouvernement, après ces chantiers en cours, reste la lutte en vue d’un développement socioéconomique harmonieux.  C’est la raison pour laquelle, je lance un appel pressant à la communauté internationale pour qu’elle continue à nous apporter son concours dans cette période de réconciliation nationale et de reconstruction.  La crise sécessionniste n’est pas venue occulter le problème de l’île comorienne de Mayotte.  Toutefois, confiant en la volonté des autorités françaises de coopérer avec leurs homologues comoriens, notre gouvernement réitère son souhait de voir la communauté internationale s’associer à cette démarche, une fois que le nouvel ensemble comorien sera mis en place, pour permettre le retour de Mayotte dans son giron naturel.