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Politique
Putsch militaire, un mois après

PUTSCH MILITAIRE, un mois après.

   Alors que depuis une semaine se perpétuaient des exactions contre la communauté Anjouannaise de Ngazidja (plusieurs milliers de ressortissants de l'île voisine ont été forcés de quitter leur foyer), sans que les forces de sécurité n'interviennent, le 30 avril dernier, le chef d'état major de l'Armée Nationale de Développement (AND), le colonel Azaly, prenait le pouvoir. Le coup d'état est presque aussitôt condamné par la communauté internationale.

Un mois après, la situation est calme dans la capitale, un mois que le nouveau chef d'état autoproclamé a employé à mettre en place la "transition" et à rassurer les interlocuteurs traditionnels du pays.

Résumé.

  • Le 5 mai, réunion avec les partis politiques.
  • Le 6 mai, investiture d'Azaly et nomination d'un comité d'état composé de 12 commissaires. On note la présence d'un seul militaire (Culture) et deux commissaires qui ont déjà exercé des fonctions d'état. Par ailleurs on remarque deux membres originaires d'Anjouan et quatre de Mohéli.
  • Le 9 Azaly se rend à Mohéli. Il réaffirme la volonté des nouvelles autorités de ne pas dépasser le délais d'un an pour faire appliquer les accords conclus à Antananarivo et passer le relais au civils.
  • Le 24 mai, nomination du conseil d'état, "gardien vigilant de l'intérêt général et des engagements pris par l'AND", composé d'une majorité de militaires. Publication d'un calendrier de la transition : mise en place sans délais des commissions d'experts chargées des réformes et de l'organisations des nouvelles élections, remise des rapports et soumission aux partis politiques à la mi-septembre, début de l'organisation des différentes élections en fin d'année, investiture du nouveau chef d'état le 14 avril 2000.

Outre la prudence de rigueur face à de telles annonces, il faut constater les conséquences immédiates du coup d'état : gel des principales actions de coopération, baisse de 80 à 90% de la fréquentation touristique, report des prévisions d'investissement d'entreprises étrangères (ex : infrastructures Internet et téléphonie prévue par France Télécom).

Cependant, et bien que nous ne puissions que condamner le caractère anti-démocratique d'un coup d'état, il semble que le colonel Azaly, en quête de crédibilité, fasse preuve de fermeté et d'une réelle volonté de changement et de stabilisation. A suivre.