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Politique
20ème session du Conseil des ministres de la Coi à Moroni

20ème session du Conseil des ministres de la Coi à Moroni : Une organisation qui s'est impliquée dans la dynamique de la réconciliation nationale
Article paru dans Al Watwan, mai 2004

La 20ème session ordinaire du Conseil des ministres de la Commission de l'Océan indien s'est tenue, du 26 au 27 mai, à Moroni. L'Union des Comores qui présidait le Conseil  vient de passer, au terme de cette session, le relais à la France/Réunion après avoir achevé son mandat annuel.  Une session tenue au lendemain des élections législatives aux Comores, dernier maillon du processus de réconciliation nationale enclenché le 17 février 2001 à Fomboni.
La délégation de la France a été conduite par le Ministre délégué à la Coopération, Xavier Darcos, celle de la République de Madagascar  dirigée par le ministre des Affaires Etrangères, Marcel Ranjeva et l'île Maurice représentée par une délégation conduite par le ministre du Logement, Georges Pierre Lesjongard. La délégation des Seychelles a été conduite par le Secrétaire général au ministère des Affaires Etrangères, l'Ambassadeur Sylvestre Radegonde. Des représentants des organisations partenaires de la Commission de l'Océan Indien et des Comores ont aussi honoré de leur présence, la cérémonie d'ouverture des travaux qui s'est déroulée dans l'après-midi du 26 mai, au ministère des Relations Extérieures.
Plusieurs allocutions ont été prononcées à cette occasion, après la représentation artistique de la troupe Compagnie Bahari sous le thème ''Coi''. Le secrétaire général  de l'organisation, Wilfrid Bertile avait exprimé l'amitié et la sympathie de la Coi aux peuples malgache et Comorien suite aux catastrophes naturelles et accidents maritimes qui ont durement frappé dernièrement les deux pays. Il a axé, ensuite, son intervention sur certains éléments de bilan de ces trois dernières années qui, dira-t-il, ont vu une intensification de la coopération fonctionnelle, puisque actuellement pas moins de 17 programmes sont gérés par la Coi pour un montant de quelque 70 millions d'Euros. Il y a aussi l'affirmation de la Coi sur la scène internationale. De son côté, le ministre comorien des Relations Extérieures, Souef Mohamed El-Amine, a laissé entendre que cette 20ème session ministérielle n'est pas une session de bilan. Mais une étape décisive de ce que doit être la Coi de demain. ''Une organisation qui s'ouvre sur le monde et s'intègre dans la connexion des organisations internationales, pour la paix et le développement, ou un sous-traitant régional aux maigres ambitions, sans effet et sans impact, sur la vie de nos populations, '' a souligné le ministre comorien. Créée en 1984, la Coi est une des premières expériences formelles de coopération régionale dans cette partie de l'Océan Indien. La démarche essentiellement politique, s'inscrivait dans une logique de renforcement de la coopération Sud-Sud. Aujourd'hui, la redéfinition de la Coi s'impose si l'organisation veut survivre les changements internes et externes. ''Déjà l'implication de la Coi dans la gestion de la crise comorienne, que j'ai voulue, en ma qualité de ministre des Relations extérieures de l'Union des Comores et de président en exercice du Conseil des ministres, prouve bien que notre organisation régionale peut sortir du corset technique, pour s'élargir dans les sphères de la vie de nos pays, ''a déclaré le ministre comorien. L'Union des  Comores n'a jamais bénéficié, à travers son histoire, des conditions favorables pour s'atteler réellement à un développement socio-économique.

La libre circulation des personnes et des biens est un réel frein incompréhensible

''Ces dernières années, précise le ministre, tout ce qui a pu être entrepris, l'a été au prix de sacrifices et d'efforts. Tout le monde sait que toute coopération avait malheureusement été conditionnée à la fin du processus de réconciliation alors que l'Etat avait prouvé son fonctionnement et sa crédibilité. De ce fait, la réflexion à un mécanisme de solidarité qui aiderait l'Union des Comores dans les secteurs porteurs sera un pas important pour son développement.
La libre circulation des personnes et des biens est un réel frein incompréhensible pour l'intégration régionale. Celle-ci s'épanouira davantage si nous permettons à nos populations, aux habitants de nos îles, de vivre en harmonie, de mieux se reconnaître dans leur propre environnement et de comprendre leur complémentarité. ''Il en est alors de la population de l'île comorienne de Mayotte que l'on veut à des périodes données intégrer dans la marche ordinaire de la Coi, et s'écarter du dialogue nécessaire, suivi et régulier, à travers le temps requis, pour parvenir à une normalité mutuellement acceptée, '' renchérit le ministre Souef avant d'ajouter : '' … la question de l'île comorienne de Mayotte est une réalité. Elle ne doit pas entraver les relations entre les Comores et la France, ni notre partenariat naturel avec l'île de la Réunion.'' Dans son intervention, le ministre des Affaires Etrangères de Madagascar parlera de l'impérieuse nécessité de la Coi de ''recentrer ses missions et renforcer son action politique et diplomatique pour que les projets aboutissent. Car un nombre important de décisions prises antérieurement ne sont jamais entrés dans les faits.''

''Recentrer ses missions et renforcer son action politique et diplomatique”

Pour sa part, le chef de la délégation mauricienne à cette session, le ministre Georges Pierre Lesjongard pense que devant la multitude de défis qui nous interpellent, ''la Coi s'efforce de rechercher et d'élaborer les moyens d'une politique régionale qui préparerait les Etats de la Région à surmonter les obstacles de la mondialisation et assurer une meilleure intégration dans l'économie mondiale.'' Dans son intervention, le délégué des Seychelles a fait savoir que pour la Coi, le temps de l'action, le temps d'une nouvelle action est venu. ''Il est essentiel que nous adoptions au plus tôt la méthode qui en garantira le succès.'' L'assistance a, ensuite, eu le privilège de suivre le message du chef de l'Etat, Azali Assoumani, lu par son vice-président Caabi el Yachroutu Mohamed. Le message du chef de l'Etat souligne qu'avant de déclarer ouverts les travaux de la session  ''un hommage doit être rendu à la Coi qui a su s'impliquer dans la dynamique de la réconciliation nationale, notamment en prenant une part active à la signature de l'accord du 20 décembre 2003, sur les dispositions transitoires aux Comores.

De plus, il ne s'agit pas pour la Coi de définir une énième nouvelle vision. Il s'agit, à la lumière des insuffisances du passé, de repartir sur des bases solides, afin de renforcer la crédibilité de l'institution.'' Pour rappel, les objectifs et missions que s'étaient fixés les pères fondateurs de la Coi étaient avant tout de resserrer les liens entre les peuples  de ses Etats membres et d'améliorer le niveau de vie des populations en développant la coopération dans un certain nombre de domaines : diplomatie, économie, commerce, agriculture, pêche, conservation des ressources et des écosystèmes, culture, sciences et éducation. Aux objectifs stratégiques, il convient d'ajouter le renforcement de la capacité de la Coi, la diversification de ses partenaires et de ses sources de financement. Cette nouvelle coopération régionale doit être bâtie autour d'un plan d'action et d'une restructuration du secrétariat général, des structures de coordination, mais aussi du rôle des officiers permanents de liaison, dans les pays membres et à travers eux.Il convient de noter que la session de Moroni a été celle du passage de l'étendard de la présidence du Conseil à la France/Réunion mais aussi celle de la nomination de Madame Monique Andreas -Esoavelomandroso, de nationalité malgache, Secrétaire générale de la Coi en remplacement de M. WilfridBertile.  La nouvelle promue, ancienne ministre malgache,  prendra ses fonctions à compter du 1er  juillet prochain. Il est à souligner qu'une déclaration finale de cette 20ème session a été adoptée. (Lire encadré).Et en marge des travaux, les délégations ont été invitées à déjeuner avec le président de l'Union, Azali Assoumani, après avoir reçu en audience le ministre français délégué à la Coopération, Xavier Darcos. Le Premier comorien en reconnaissance des services rendus par Wilfrid Bertile à la tête du Secrétariat général de la Coi durant trois ans, l'a élevé au grade de Commandeur de l'Etoile d'Anjouan.