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Politique

Le crépuscule des militaires

  

Cela fait quinze mois., depuis le 30 avril 1999, que l’armée dirige le pays, avec à sa tête le colonel Azali Assoumani. Le chef d’état-major s’était engagé à rendre le pouvoir aux civils " au plus tard le 14 avril 2000", et avait assuré pouvoir réussir à cette date et la transition et la réconciliation. Aucune de ses promesses, aucun de ses engagements n’a été tenu. Et c’est sur Cet échec que le chef militaire s’appuie aujourd’hui pour justifier son maintien au pouvoir. Dans sa nouvelle version la transition militaire reste désormais indéterminée dans le temps, et durera le temps qu’elle durera, toujourscrep.jpg (18696 octets) avec le Colonel aux commandes.

Le colonel Azali ne manquait pourtant pas d’atouts. Il y avait tout d’abord le bilan désastreux de nos vingt-cinq années d’ indépendance et l’enlisement de la classe dirigeante dans les politicailleries. Outre l’armée et encore, il n ‘avait de comptes à rendre à quiconque, ni parti, ni électeurs, ni groupe d’intérêts partisan, les dégraissages forcées, une masse salariale considérablement allégée. etc. ~ avec eu prime, la force dissuasive des armes de la République.

Après quinze mois aux commandes de l’Etat (et au risque d’essuyer les critiques du colonel à l’instar de notre confrère La Gazette des Comores qui s’est fait vertement tancer pour avoir osé le bilan d’un de pouvoir Azali), le crépuscule des militaires est déjà annoncé. Cela ne signifie pas forcément -même si - une fin de règne imminente, mais le pouvoir militaire n’a pas opéré les ruptures salutaires qui lui auraient permis de "laver" son péché. Un putsch est un putsch. Le jeu de camouflage à travers les méandres d’un argumentaire boy scout auquel on assiste depuis des mois trahit un manque manifeste d ‘audace, mais surtout de projet. Derrière ses qualités oratoires, le colonel Azali qui apparemment nourrissait secrètement le rêve d’être un jour ( !) président de la République n ‘a aucune ambition pour ce pays.

Du coup, il n’a fait que mettre ses pas dans les traces laissées par les plus mauvais des régimes passés. Et son refrain ô, combien menteur sur son désintérêt politique n’est qu’un mauvais leurre, mais révélateur su ses véritables ambitions.

                                           Aboubacar M’Changama – Archipel du 5 août 2000