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Comores: l'Union relativise sa
défaite aux législatives Le colonel Azali Assoumani NAIROBI (AFP) - 24/03/2004 11h32 - Le camp de l'Union espère que l'ampleur de sa défaite aux élections législatives dans les trois îles autonomes des Comores sera atténuée par les tout derniers bulletins de vote parvenus à la Commission d'homologation, a déclaré mercredi le porte-parole du gouvernement fédéral à Moroni. "Il faut prendre les résultats provisoires avec des pincettes, et apparemment, les choses vont se modifier avec les dernières informations qui nous parviennent", a expliqué Ali Msaidié, ministre des Transports et porte-parole du gouvernement de l'Union, joint au téléphone depuis Nairobi. "C'est un échec, une défaite patente", avait-il déclaré dans un entretien publié la veille par le quotidien La Gazette des Comores. "C'était sous le coup de la passion, à l'annonce des premiers résultats", a-t-il corrigé mercredi. La Commission d'homologation à composition internationale, supposée proclamer les résultats officiels dans la journée selon le délai légal, a reçu "beaucoup de requêtes à examiner, dont peut-être 80% en provenance de l'île d'Anjouan", a-t-il ajouté. La commission, qui compte dans ses rangs des représentants de l'Union africaine (UA), de la Ligue des Etats arabes et de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), a indiqué mardi qu'elle prendrait "tout le temps qu'il faudra avant de proclamer les résultats officiels". La Convention pour le Renouveau (CRC) du président de l'Union, le colonel Azali Assoumani, n'aurait obtenu qu'une dizaine de sièges de députés au maximum sur les 55 qui étaient à pourvoir au total dans les trois Assemblées des îles de la Grande-Comore, Anjouan et Mohéli, selon des résultats provisoires en provenance de la Commission nationale électorale indépendante (CNEI) et des gouvernements des îles. "Le jeu est tellement serré qu'il est trop tôt pour dire qui aura la majorité à la Grande-Comore, car le jeu politique peut modifier des tendances ou des alliances", a poursuivi M. Msaidié. "A Anjouan, nous aurons six élus et nous aurions pu en avoir plus, mais le président de l'île a usé et abusé des forces de sécurité", a-t-il affirmé. Les premiers résultats en provenance d'Anjouan donnaient seulement deux élus au camp de l'Union, contre au moins 17 à celui du président de l'île, le colonel Mohamed Bacar, sur un total de 25 sièges à l'Assemblée autonome. "A Mohéli, nous avons été sévèrement battus, il faut le reconnaître, avec seulement un député sur les dix de l'Assemblée, mais notre échec reste à relativiser, car à tout le moins notre parti a prouvé qu'il existe, et il sera représenté dans les trois assemblées des îles", a-t-il souligné. Le candidat de la CRC, Issa Gauda, battu dans la seule circonscription de Moroni où on votait au second tour a "demandé l'invalidation du scrutin car des bureaux n'affichaient pas la liste électorale des présidentielles de 2002, dite liste-mère, à côté de la liste actualisée pour 2004, comme l'ordonne la réglementation électorale", a-t-il encore indiqué. M. Gauda avait été entendu par la gendarmerie, dimanche, après avoir été vu en compagnie d'un groupe qui avait saccagé quatre bureaux de vote pendant le second tour. Une manifestation de partisans de la CRC était annoncée pour l'après-midi à Moroni, a-t-il confirmé. Les législatives à l'échelon fédéral de l'Union des Comores seront organisées les 18 et 25 avril. Ces premières élections législatives dans l'archipel depuis la création de l'Union des Comores, en 2001, doivent constituer la dernière étape du processus de réconciliation nationale dans cet archipel de l'océan Indien en crise depuis 1997 et où une lutte d'influence oppose les îles à l'Union.
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