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Politique

ALLOCUTION DU CHEF DE L’ETAT A L’OCCASION DU MEETING ORGANISE PAR LA VILLE DE MITSAMIOULI ET SA REGION

LE SAMEDI 18 SEPTEMBRE 1999

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Honorable assistance, Assalam ‘alaikum…

Depuis quelques temps déjà, bien des événements m’imposaient de m’adresser de la façon la plus solennelle à la population comorienne toute entière.

Permettez-moi tout d’abord de rappeler à certains de nos politiciens, le devoir d’humilité qui s’impose aux pauvres humains que nous sommes, et prier Dieu pour leur pardonner leur arrogance. Je veux parler de ceux qui, ignorant leur propre destin et encore plus celui des autres, avaient décidé de limiter ma vie, du moins le pouvoir que j’incarne, à quelques semaines, voire à quelques jours... Je voudrais leur dire que grâce à Dieu, je suis là et bien là.

Il fallait aussi expliquer que notre patience et votre sagesse ont fini par convaincre la communauté internationale du bien-fondé de la décision très difficile que l’Armée a dû prendre le 30 avril dernier. A titre de rappel, je dois répéter une fois de plus, que l’Armée n’a pris le pouvoir que pour éviter à notre Pays de plonger dans les souffrances d’une guerre civile incompréhensible, inacceptable et très lourde de conséquences sur tous les plans.

Mais pour mieux apprécier le sens de cette grave décision, il faut savoir que les événements contre lesquels l’Armée s’est élevée était l’aboutissement d’un long processus de crise économique et sociale sur fond de décomposition politique, dont la manifestation la plus grave demeure le séparatisme récurrent qui renforce l’instabilité politique et la crise socio-économique qui frappe notre Archipel. En un quart de siècle d’indépendance, notre Pays a vécu tous les drames des Pays du Continent noir :

  • balkanisation génératrice de frustrations, et conflit plus ou moins surmonté avec l’ancienne puissance coloniale,
  • expéditions de mercenaires au service de commanditaires locaux,
  • dictatures de toutes natures,
  • dégradation économique et financière,
  • crise sociale persistante,
  • déliquescence de l’Etat
  • jeu suicidaire de la classe politique en perpétuels conflits stériles.

Mais, grâce à Dieu, malgré l’accumulation de toutes ces calamités dont une seule, sous d’autres cieux, a suffi à provoquer le malheur de régions entières, notre Pays a su préserver, vaille que vaille, la paix civile. C’est un miracle, un vrai don de Dieu qui récompense ainsi l’esprit de tolérance et de fraternité d’un peuple profondément croyant.

Mais hélas, d’autres épreuves sont venues aggraver une situation déjà très critique et qui a failli tourner en une véritable catastrophe nationale. Parmi ces nouvelles épreuves, on peut citer :

  • la mort du Regretté Président Taki Abdoulkarim, et la crise institutionnelle et politique qui s’en est suivie,
  • la persistance de la crise séparatiste de l’île d’Anjouan, et le refus de la délégation anjouanaise de signer l’Accord d’Antananarivo,
  • le fractionnement suicidaire des partis politiques que Taki avait vainement tentés d’unir,
  • la mise en cause permanente de la représentativité de l’ancien gouvernement de la transition,
  • la contestation de la légitimité du Président de la République après les trois mois d’intérim prévus par la Constitution,
  • L’impossibilité de mettre en place un gouvernement consensuel, malgré les recommandations de la Haute Cour et le texte de l’Accord d’Antananarivo.

L’accumulation de toutes ces épreuves a été à l’origine de la brusque dégradation de la situation qui aurait infailliblement tourné à la guerre civile si l’Armée n’avait pas pris l’initiative salutaire d’agir comme Force d’interposition.

Je me dois ici de rappeler de la façon la plus solennelle qu’aujourd’hui comme hier, les Forces ne toléreront jamais d’actions qui menaceraient en quoi que ce soit la paix civile. L’Armée ne reculera pas une seconde, face aux éléments irresponsables au service de pratiques politiques chauvines et régionalistes qui cherchent ou chercheront à semer la haine et la zizanie entre les Comoriens que nous sommes. De telles pratiques moralement condamnables, méritent d’autant plus d’être combattues, qu’elles ne font que compliquer, et même compromettre gravement toute solution négociée à la désintégration de notre Pays, qui doit recouvrer tôt ou tard ses frontières naturelles et internationalement reconnues, incluant les quatre îles de l’Archipel des Comores : Maore, Ndzuani, Mwali, Ngazidja.

L’Armée, naturellement, s’applique à s’acquitter le mieux possible des missions de sécurité et de maintien de l’ordre qui sont les siennes. Mais ce qui est remarquable, et plutôt original à souligner, c’est le point d’honneur qu’elle met à respecter toutes les libertés et tous les droits individuels et collectifs reconnus, et notamment la liberté d’expression.

Et ceux qui, tout en s’exprimant en toute liberté sur les médias publics et privés, accusent le pouvoir de les bâillonner, ressemblent à ces enfants gâtés et ingrats, qui n’ont à la bouche que lamentations et reproches à l’endroit des parents généreux.

Mais je voudrais tout de même rappeler ici, qu’en matière de presse comme en toutes choses, tout n’est pas permis, et qu’il y a des limites à ne pas franchir. Par exemple, il n’est pas acceptable qu’au nom de la liberté de la presse, un média quelle qu’elle soit s’autorise à attaquer nos valeurs fondamentales, comme notre sainte religion, l’islam, ou se permette de développer des campagnes de haine à caractère ethnique…

Je ne voudrais pas revenir sur la paix civile retrouvée, sinon pour insister sur le fait que la paix civile ne signifie pas nécessairement l’absence de tout conflit social ou politique, mais plutôt la réalisation d’un équilibre dynamique entre les aspirations fondamentales de la Communauté et leur satisfaction plus ou moins totale, plus ou moins durable.

Sur la base de ce postulat, le Gouvernement a mis en œuvre un programme minimum de réformes administratives et financières destinées à répondre aux besoins les plus prioritaires de la société. Ce programme d’assainissement des finances publiques doit également permettre de renouer le dialogue interrompu avec les institutions financières internationales, et débloquer ainsi des ressources importantes qui contribueront à relancer le secteur privé en plein naufrage.

Pour réussir ce pari jamais achevé par manque de volonté politique, il n’y pas de solution miracle, il faut avoir le courage de s’attaquer aux vraies causes de la crise financière qui paralyse l’Administration Publique, victime de sa propre gourmandise. C’est ce que nous avons commencé à faire, lentement mais sûrement et avec une implacable détermination.

Pour comprendre notre démarche, j’ai choisi de l’illustrer par l’exemple que voici. Supposons qu’une collectivité, un village par exemple, a décidé d’ouvrir un restaurant. Elle nomme un directeur, et des personnels de différentes catégories, pour servir des clients. Si on rapporte cet exemple à l’Etat, nous dirons que le Directeur correspond au Ministre, que les autres personnels correspondent aux agents de la Fonction Publique, et que les clients sont ici les citoyens usagers.

Si je continue la comparaison, voici ce qui s’est passé. Le restaurateur a tellement embauché de personnels, en tout cas au-delà des recettes, qu’il n’arrive même plus ni à payer ce personnel, ni même à acheter assez de produits pour faire la cuisine. A un moment donné le Directeur s’est mis à emprunter et à réclamer des aides pour lui permettre d’assurer un minimum de services et payer de temps en temps un personnel qui continuait à s’accroître.

Ce qui complique la situation du Patron c’est que bon nombre de clients ne payaient plus leurs repas, et certains personnels estimaient que du moment qu’ils n’étaient pas payés, ils pouvaient " emprunter " la vaisselle, emporter les denrées, et même mettre la main à la caisse, sans compter les personnels fictifs, pourtant présents dans les états de salaire, sans compter les personnels régulièrement recrutés mais qui ne se présentent au restaurant que les jours de paie…

Tant que les prêteurs et les bailleurs acceptaient de donner, les choses allaient tant bien que mal. Mais quand les donateurs ont su ce qui se passait, ils ont non seulement cessé leur générosité, mais ils ont aussi demandé à être remboursé. Arrivé à ce point, le restaurant devait fermer ou se réformer, et ce deuxième choix était le seul acceptable, car les propriétaires du restaurant qui avaient jusque là fermé les yeux, avaient décidé de ne plus accepter d’autres abus et autres erreurs de gestion.

Le Directeur dut donc prendre les mesures ci-après :

  • trouver des ressources propres pour assurer un service minimum de qualité,
  • réduire les coûts d’exploitation par une meilleure gestion des ressources,
  • empêcher toutes les formes de prédation
  • obtenir par tous les moyens le paiement des factures des clients indélicats,
  • fournir un service de qualité.

Si le restaurant réussit cette opération, le personnel sera payé, les clients seront satisfaits et l’activité économique reprendra, puisque désormais les produits agro-alimentaires et autres seront mieux vendus…

Toutes choses étant égales par ailleurs, l’Etat a connu la même mésaventure, et nous entendons lui appliquer exactement le même remède ; et ce que nous sommes en train de faire nous porte à croire que nous sommes sur la bonne voie, si tant est qu’il en est d’autres…

Mais pour réussir notre pari, nous avons décidé de faire plus, et donner nous-même le bon exemple. C’est ainsi que je continue moi-même à percevoir mon salaire de militaire, dix fois inférieur à celui perçu par les précédents chefs de l’Etat.

La masse salariale de la Présidence de la République a été réduite de plus de la moitié tandis que le nombre total d’agents y exerçant est réduit du tiers, avec des baisses significatives des salaires des personnels maintenus.

La même démarche est initiée dans toutes les autres administrations ainsi que dans les Etablissements publics, et j’invite les différents responsables à la tête de ces institutions à faire connaître les mesures d’assainissement qu’ils ont prises.

Nous avons également décidé de faire rentrer les dettes que des particuliers ou des commerçants doivent à l’Etat. Nous avons commencé par ONICOR à qui les commerçants doivent plus de 800 Millions de francs, et nous n’entendons pas en rester là…

Ce premier travail a déjà commencé à porter ses fruits :

Comme chacun peut le constater, chaque mois, nous versons les salaires, et nous nous sommes fixés comme objectif de payer la totalité des salaires de l’année 1999.

  • Nous avons réussi sans alourdir les charges de l’Etat à valoriser de façon significative les pensions les plus faiblement rémunérées dont le plancher est fixé désormais à 13 500 FC par mois, contre 500 FC pour certaines d'entre elles.
  • Et surtout nous allons rembourser les arriérés de la dette de la Banque Mondiale, ce qui va permettre de relancer le financement de nombreux projets sociaux et économiques gelés depuis plus d’un an.
  • Les services sociaux n’ont pas connu de crises particulières comme c’est souvent le cas ces derniers temps, et l’année scolaire comme les examens de fin d’année connaissent un déroulement exemplaire. Grâce à la libération prochaine des projets sociaux financés par la Banque Mondiale, les services sociaux, principalement la santé et l’éducation verront leurs services et prestations améliorés, et devenir ainsi plus attractifs. L’idéal étant que le public fournisse des services de qualité équivalents à ceux dispensés par le privé, et à des coûts beaucoup plus abordables.
  • Cela ne pourra que renforcer le climat de stabilité et de confiance qui a provoqué un afflux record de nos expatriés au bercail, à l’occasion des congés annuels, ce qui n’a pas manqué d’avoir des effets très bénéfiques sur l’activité économique et coutumière
  • Ce nouveau climat n’a pas échappé à l’observation de nos partenaires qui progressivement reprennent confiance, comme l’Arabie Saoudite qui vient d’initier un vaste programme de recrutement de main-d’œuvre locale…

 Comme vous le constatez, en quatre mois et demi, beaucoup a été fait, et seul le silence que je me suis imposé, et les timidités naturelles de jeunes cadres à la tête des Départements ministériels ont pu faire croire que le régime était en panne et sans perspectives.

A ceux qui se demandent pourquoi je me donne tant de mal pour traiter ces questions, alors que je ne cesse de répéter que je n’entends pas m’éterniser aux commandes, je réponds qu‘en faisant cela, je ne fais que remplir les engagements que j’ai pris devant le peuple. En effet, et je le dis et le répète, la paix sociale n’est pas seulement affaire de police et de maintien de l’ordre. Pour assurer une vraie paix sociale, il faut s’attaquer aux causes profondes des phénomènes à l’origine des crises, et c’est ce que j’essaie de faire.

J’en viens maintenant au problème politique qui se résume en une seule question, à savoir, comment mettre en œuvre l’Accord d’Antananarivo, et sortir de la crise politique et institutionnelle ?

Comme vous l’avez entendu, dès mes toutes premières déclarations, j’ai proclamé haut et fort mon engagement formel à respecter l’esprit de l’Accord d’Antananarivo.

Pour ce faire, quatre grandes orientations ont été fixées :

  1. Obtenir de la partie anjouanaise la signature de l’Accord
  2. Convaincre la Communauté internationale de la bonne foi républicaine des nouvelles autorités, et obtenir son engagement en faveur de la mise en œuvre de l’Accord,
  3. Amener toutes les parties concernées à coopérer pour surmonter la crise institutionnelle,
  4. Associer l’Etat à ce processus de mise en œuvre.

Sur le premier point, même si la signature n’est pas encore apposée au bas du document, on peut considérer que les choses évoluent plutôt favorablement. Des contacts formels et personnels ont été établis au plus haut niveau, et le mur de méfiance, d’incompréhension, voire de haine, bâti sur les erreurs des uns et des autres est en grande partie tombé.

La sécurisation de l’île d’Anjouan est en bonne voie, et les derniers affrontements sont sans nul doute les derniers soubresauts armés d’une crise en voie de dénouement.

Désormais le principe de la signature est admis par tous, et celle-ci ne peut qu’intervenir incessamment.

A l’heure actuelle, les discussions portent déjà et par anticipation sur les conditions d’application et d’exécution de l’Accord, et notamment sur la place et du rôle respectif des partis politiques et des représentants des îles. Il s’agit là d’un vrai débat de fond qui mérite d’être mené, et sur lequel je reviendrai tout à l’heure…

Désormais, grâce à un travail minutieux et honnête d’explications la communauté internationale, notamment l’Union Européenne, l’OUA, et la Ligue des Etats Arabes, l’Agence de la Francophonie sont prêtes à apporter leur concours financier et leur expertise pour la réussite du processus de sortie de crise par l’organisation des diverses consultations prévues par l’Accord.

En ce qui concerne l’association de toutes les parties concernées au processus initié à Antananarivo à contribuer efficacement aux mécanismes de sortie de crise, le succès est relatif dans la mesure où un certain nombre de partis politiques estime devoir jouer la carte de la division, tout en appelant par ailleurs un gouvernement de consensus…

Malgré tout, avec les partenaires, partis politiques et associations civiles, qui ont accepté d’œuvrer pour le règlement rapide de la crise, la collaboration continue, avec quelques difficultés nées en grande partie de l’inexpérience de certains d’entre nous en matière politique. Mais la volonté, l’engagement et la sincérité sont au rendez-vous de cette alliance de l’espoir.

S’agissant des commissions, deux d’entre elles, celle chargée d’élaborer les projets de constitution de l’Union et des îles, et celle qui devait travailler sur tous les aspects relatifs à l’organisation des consultations électorales prévues, n’ont pas bien fonctionné pour les raisons ci-après, et ont dû être suspendues :

  • absence de moyens (fournitures et logistique)
  • coûts d’expertise demandés trop élevés,
  • composition plutôt politique que technique, au détriment de la qualité du travail demandé…

La troisième, par contre, qui devait préparer les projets à soumettre aux bailleurs de fond a rendu une copie acceptable et digne d’éloges.

Mais tout n’est pas perdu pour autant, car parallèlement à ces Commissions défaillantes nous avons obtenu l’envoi de deux missions d’experts internationaux dont nous attendons les rapports. Ces derniers seront soumis des équipes d’experts nationaux qui les présenteront sous forme d’avant-projet au Gouvernement, pour les arbitrages et consultations habituels.

Mais il est évident que tout ce travail demeurera fondamentalement théorique tant que l’Accord d’Antananarivo n’aura pas été signé par la partie anjouanaise. C’est la raison pour laquelle, nous préférons mettre l’accent sur cette signature. Nous estimons que eu égard à la complexité du problème, la lenteur responsable peut être préférable aux précipitations irréfléchis, d’autant que malgré tout, les lenteurs constatées dans la signature ne relèvent pas seulement de la fantaisie ou du double langage, et qu’il y a des problèmes de fond qui méritent d’être posés, le plus important étant celui de la représentativité des signataires.

Avant de quitter Madagascar, la délégation anjouanaise a clairement posé le problème et a estimé devoir revenir rechercher ou confirmer sa légitimité dans l’île. On peut comprendre qu’à ce jour la question reste toujours posée.

En grande Comore, c’est la population qui, à travers un grand mouvement populaire et par les médias, à dénié à sa délégation toute représentativité. A ce jour la question reste posée, d’autant que chaque jour, des groupes s’auto-proclament représentants de Ngazidja, et se font enregistrer comme tels au Gouvernorat, sans que nul ne s’avise de leur demander la source de leur légitimité ou de leur représentativité.

Il se pourrait qu’à Mohéli, le problème se pose, mais autrement.

Les partis politiques signataires de l’Accord ou non posent le même problème. Aujourd’hui, en Grande Comore, avec moins de 100 mille électeurs, on compte au moins une vingtaine de partis politiques. Comment connaître leur poids réel, ce qu’ils représentent, et en fonction de ces critères, quelle place leur accorder dans les choix qui se présentent. Alors, je réfléchis à haute voix et je m’interroge : le moment n’est-il pas venu de rechercher une formule infaillible et qui permettrait, au niveau de chaque île de connaître les vrais interlocuteurs ? Je crois que tôt ou tard, il faudra affronter ce moment de vérité.

En tout cas, si l’on ne veut pas s’exposer aux mésaventures des délégations revenues de Tananarive, il est urgent de faire en sorte que ceux qui élaboreront, soumettront et soutiendront les projets de constitution, soient des instances d’une façon ou d’un autre revêtus d’une certaine légitimité. C’est un débat de fond qui a tout son sens dans les jours à venir.

Pour terminer, je voudrais soumettre à votre réflexion, un problème encore plus grave, et pour lequel il va falloir nous mobiliser très rapidement pour lui trouver une solution. Il s’agit de la justice, dont le fonctionnement est pour moi source de grave préoccupation. En effet, si les dysfonctionnements tant décriés de la justice devaient perdurer, le Pays sombrera très vite dans l’anarchie, le chaos le plus total.

Cette situation n’est pas due au hasard, et relève d’une véritable conspiration contre l’institution.

En effet, depuis l’indépendance, le Système Judiciaire a été le parent pauvre de l’administration, et le peu de crédits qui lui sont alloués ne sont que très faiblement exécutés.

Par ailleurs, l’institution s’est doté de structures, des codes de procédures copiés sur le modèle français, alors que le Pays ne dispose ni des moyens ni des hommes pour les faire fonctionner.

J’invite donc ici les hommes de loi, dont les cadis et les théologiens, à réfléchir très sérieusement sur ce problème grave et à proposer des solutions adaptées, respectueuses de toutes les garantis d’objectivité, d’équité, et de justice que chaque citoyen est en droit d’exiger dans un pays libre et démocratique.

Je le dis et le répète, ces dysfonctionnements de la justice constituent un grand danger pour tout le pays et portent préjudice à la paix civile, au développement économique, à l’activité commerciale et financière, à la bonne gouvernance.

En tant que militaire au fait des problèmes liés à l’ordre public, je me sens bien sûr très concerné par la question, conscient que l’ordre et la paix ne peuvent être le fait de la seule force, en l’absence d’une justice qui juge dans des délais raisonnables, en toute objectivité, en toute équité, qui sanctionne, et surtout veille à l’application des peines prononcées.

Je ne puis terminer mon propos sans adresser mes remerciements les plus sincères et les plus chaleureuses à la population de Mitsamiouli et à celle de toutes les localités de la Région, pour l’éclat exceptionnel qu’elles ont su donner à cette manifestation d’amitié, de fraternité et de solidarité, à mon endroit, à l’endroit de l’Institution que je représente, et à toute l’équipe qui a accepté le sacrifice de s’atteler à la sauvegarde et à la survie de notre Pays.

J’apprécie plus particulièrement la participation de la jeunesse, dont je voudrais incarner l’espoir, le rêve, et la volonté de servir, et non de se servir.

J’apprécie encore plus la présence des femmes que j’invite à être plus actives, plus combatives. Et parce qu'elles n’ont pas de responsabilités dans le naufrage du pays, quelque part elles constituent aussi l’espérance.

 

Vive la République Fédérale Islamique des Comores

Dans l’unité, la paix, et la prospérité.

Je vous remercie.

         AZALY ASSOUMANI