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Politique
Pour l’amour de l’Union ! Qui veut intercéder en faveur de l’usager du portable ? mise à jour 05/11/2005

Pour l’amour de l’Union !
Qui veut intercéder en faveur de l’usager du portable ?
 

La paralysie systématique de l’utilisation du portable par décision des autorités de l’Union provoque une désolation générale à Anjouan en particulier dans les milieux des abonnés. On a le sentiment que le pouvoir central prépare un complot de nature à troubler l’ordre public institutionnel et social ; telle est l’impression générale qui se dégage dans la rue.
En effet, une affaire qui ne concerne que l’exécutif de l’Union et celui de l’île autonome a été amplifiée jusqu’à frapper l’usager du portable.

Pour éviter la même démarche que l’éditorialiste du journal Al-Watwan, laquelle en plus de la désinformation tend à maintenir le lecteur dans les ténèbres de la confusion, revenons sur les faits : l’Union, en  l’occurrence M. Msaïdié, ministre d’Etat chargé de la défense, des postes et télécommunications, prend un acte administratif individuel (et non réglementaire Monsieur Mohamed Abdou Soimadou ) pour des nominations à la tête des postes et télécommunications à Anjouan. Dans l’exercice de ses prérogatives, notre ministre n’a pas cru bon de consulter ni d’informer préalablement les autorités de l’Ile Autonome d’Anjouan.

Or, il convient de rappeler que la loi organique promulguée par décret n° 05-024/PR du 30 mars 2005 par le président de l’Union, relative aux postes et télécommunications     précise dans son article 11 que : «  les îles prennent les décisions individuelles et déterminent les modalités d’application relevant de leur responsabilité … . L’Union en concertation avec les îles, concourt à l’équipement de ces dernières en matière de postes et  télécommunications.

L’Union et les îles ont la responsabilité technique,  administrative et financière conjointe des sociétés publiques de ces domaines ».


On ne peut, somme toute plus claire que cette loi prise récemment en application de l’article 9 de la constitution de l’Union.  En conséquence celui qui a violé  cette loi savait pertinemment que sa décision illégale et unilatérale se heurtera à la résistance des autorités de l’Ile Autonome d’Anjouan ; le refus de l’exécutif de l’Ile  de reconnaître ces nominations vise non seulement à marquer sa désapprobation à la pratique impériale que le pouvoir central tente d’instaurer dans la conduite des affaires du pays, mais aussi à s’opposer à la violation de la loi.  

Je ne crois donc pas, comme il est dit dans l’éditorial du journal Al-Watwan qu’on assiste à Anjouan à « un retour à la  cause séparatiste » (cf n° 878 de ce journal page 3, sous la plume de Mohamed Abdou Soimadou). On peut craindre plutôt qu’en réalité, c’est pour bien cacher le vrai et irréductible démon du séparatisme qui opère sournoisement au niveau du sommet de l’Etat qu’on feint de dénoncer l’autre séparatisme ; certains dirigeants de l’Union semblent supporter très mal l’idée de voir évoluer l’autonomie des îles. Des incidents graves, fait -on remarquer ici et là, leur donneraient l’occasion de remettre en cause la tournante.

Autrement, comment comprendre que M. Msaïdié, ministre d’Etat au sein de l’Union, non content d’avoir isolé les administrations de l’île par une coupure générale de tous les téléphones des services publics, s’en prend en suite aux usagers du portable. Tous les abonnés du téléphone savent qu’ils ne peuvent plus renouveler leur carte à Anjouan depuis le 20 avril. (Si ! ils peuvent la payer ! elle ne leur sert à rien !). Depuis, du ministre au simple citoyen, tout le monde attend un geste de bien faisance de la part des pionniers et sauveurs de l’Union pour pouvoir enfin utiliser le portable. Nous apprenons que Mohéli vit également la même situation ;  les services des postes et télécommunications de l’île  sont aussi sous embargo.

Une question  tout de même ! « Ces autorités centrales…gardiens vigilants du respect de la constitution et de la légalité Républicaine » sont elles au courant des décisions et agissements non républicains du ministre d’Etat chargé de la défense avec ses représailles sur les administrations de l’île et les usagers du portable ?

Pour l’amour de l’Union ! Qui veut intercéder en faveur des abonnés anjouanais auprès des autorités «  républicaines » de l’Union avant que celles-ci, sous l’influence de l’éditorialiste d’Al-Watwan, n’agissent encore avec « fermeté pour défendre la légalité et l’Etat de droit » ?   

D’autant plus que, nerveux, le pouvoir central s’agite ces derniers temps. Le seule petit problème dans cette agitation c’est que lors de la rédaction de son communiqué de presse du 19 Avril, le ministre des relations extérieures et de la coopération de l’Union n’a pas eu le temps de s’informer sur ce qui se passe dans son pays (je voulais  dire à  Anjouan). Toujours est-il que ses allégations au sujet  du recours aux armes à l’endroit d’un agent de la poste et celles relatives à une rébellion  n’engage que  lui et lui seul. 

Dar-Nadjah, le 27 Avril 2005


Le Secrétaire Général à la Présidence de l’Ile Autonome d’Anjouan

DAOUD  SAIDALI  TOIHIR