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Politique |
La visite Officielle du Président AZALI en France - Une Première
revue de
presse mise à
jour 19/08/2005 |
1/Sous d'heureux auspices
Article de Jeune Afrique L'Intelligent - 23 janvier 2005- par SAMY GHORBAL
2/Comores :
Le président Azali à l’Elysée, une première
Article de RFI publié sur
www.rfi.fr le 01/02/2005
Par Soeuf Elbadawi
Sous d'heureux auspices
Article de Jeune Afrique L'Intelligent - 23 janvier 2005- par SAMY GHORBAL
Le chef de l'État de l'archipel se
rendra le 31 janvier en visite officielle en France. Une première dans
l'histoire des relations entre les deux pays.
C'est le 31 janvier 2005 que le président Azali Assoumani entamera la première
visite officielle d'un chef d'État comorien en France. Prévue pour durer trois
jours, cette visite fait suite à une invitation de Jacques Chirac, que le
dirigeant comorien devrait rencontrer, à l'Élysée, le jour de son arrivée. Le
président Azali sera accompagné d'une importante délégation de ministres mais
aussi de parlementaires et de représentants des institutions de l'Union des
Comores, comme le président de la Cour constitutionnelle. Des rencontres avec
les présidents du Sénat et de l'Assemblée nationale français, ainsi qu'un
entretien avec le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin figureront également
au programme de ce séjour placé sous le signe de la normalisation.
Les relations franco-comoriennes ont connu des hauts et des bas depuis
l'indépendance de ce petit pays de l'océan Indien, le 6 juillet 1975. Elles
ont été empoisonnées par l'affaire de Mayotte. La quatrième île de l'archipel
est restée française à l'issue d'un référendum d'autodétermination gagné à
l'échelle nationale, par les indépendantistes, mais remporté localement par
les tenants du maintien de " l'île au lagon " dans le giron tricolore. Pour "
respecter la volonté exprimée par le peuple mahorais ", les autorités
françaises ont choisi de procéder à un décompte des voix d'île en île, et
organisé ainsi et à leur profit une partition de fait de leur ex-colonie. Une
décision jamais acceptée par les Comoriens, et contestée, en vain, devant les
instances internationales. Par la suite, tant sous les présidents Soilih et
Abdallah que sous Djohar - tous trois victimes de coups d'État, et, dans le
cas des deux premiers, d'assassinats imputables aux mercenaires du tristement
célèbre Bob Denard -, les Comores ont eu droit à plus que leur lot
d'ingérences et de manoeuvres de déstabilisation, souvent avec " le feu orange
de Paris ".
Mais le passé est le passé, et aucune des deux parties ne veut aujourd'hui
raviver des polémiques en voie d'extinction. Les Comores feront le service
minimum sur Mayotte. Le sujet sera évoqué courtoisement par le président
Azali, sans plus : il vient d'abord chercher l'appui de la France auprès des
institutions financières internationales. Les Comores négocient en ce moment
avec les bailleurs de fonds un allègement de leur dette publique. Elles ont
rempli l'essentiel des conditions posées par le Fonds monétaire international
(FMI) et la Banque mondiale : la crise séparatiste anjouanaise a été réglée
pacifiquement, et le processus de réconciliation nationale est allé à son
terme, avec la tenue, en mars et avril 2004, des élections législatives dans
les trois îles autonomes et dans l'Union, avec l'installation des nouvelles
institutions prévues par la Constitution de décembre 2001.
Les lois organiques sur le partage des compétences entre État central et
autorités insulaires ont été votées à plus de 75 %, et l'ordre a été remis
dans les finances publiques après les dérapages constatés au premier semestre
2004, et qui étaient en bonne partie imputables aux élections. " C'est une
visite qui va comporter beaucoup d'aspects protocolaires et officiels commente
un diplomate français. C'est à dessein, pour mieux en souligner la portée
politique. Elle doit s'interpréter à la fois comme un satisfecit pour le
chemin parcouru depuis cinq ans, et un encouragement à continuer, car les
Comores sont sur la bonne voie. "
Les questions techniques - circulation des biens et des personnes, politique
des visas, etc. - et les détails de la relance de la coopération bilatérale
seront abordés à Paris fin février par les experts des deux pays, à l'occasion
d'une réunion de la commission mixte franco-comorienne. Cette coopération,
gelée après le coup d'État du 30 avril 1999, s'est matérialisée l'an passé par
une aide bilatérale d'environ 8 millions d'euros. Les Comoriens ne cachent pas
leur souhait de voir la France redevenir leur premier partenaire dans le
développement du pays, comme elle l'a été entre 1978 et 1998. Le dernier jour
de la visite du président Azali sera consacré à une rencontre, à Lyon ou à
Dunkerque, avec des représentants de la diaspora comorienne de France. Forte
de 150 000 personnes, cette diaspora joue un rôle essentiel dans le
financement de l'économie, puisqu'elle transfère chaque année 22 milliards de
francs comoriens (44,7 millions d'euros), l'équivalent de 16 % du Produit
intérieur brut comorien.
(c) L'Intelligent 2004
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Comores :
Le président Azali à l’Elysée,
une première
Article de RFI publié sur
www.rfi.fr le 01/02/2005
Par Soeuf Elbadawi
Pour la première fois depuis l’indépendance des Comores en
1975, le chef de l’Etat effectue une visite officielle en France. Une visite
vécue comme une consécration par le président Azali arrivé au pouvoir par un
coup d’Etat en 1999.
La première visite officielle en France d’un
président comorien vise à mettre un terme au coup de froid qu’on connu les
relations entre Paris et son ancienne colonie ces dernières années. Pour le
colonel Azali ce voyage sonne également comme une forme de consécration. La
France, à son arrivée au pouvoir en 1999, l’avait condamné en qualité de
putschiste. Il en a résulté une «glaciation des relations» entre Paris
et Moroni, renforcée par l’attitude des autorités diplomatiques françaises qui
jouent, selon les circonstances, la carte de l’unité ou de la division des
Comores .
Pourtant, l’opinion comorienne n’en démords pas. Si Azali est arrivé au
pouvoir, c’est bien grâce à la France. Dans l’archipel, l’histoire du colonel
putschiste est d’abord vue comme celle d’un chef d’Etat-major, qui fuit, en
plein coup d’Etat perpétré par le mercenaire Bob Denard, dans le coffre d’une
voiture banalisée pour aller se réfugier à l’ambassade de France. Celle-ci
l’aide à rejoindre Paris, pour suivre les cours de l’Ecole de guerre, avant de
rentrer à Moroni organiser son coup d’Etat. Nombre de Comoriens estiment que
la France était au moins au courant… Une France qui créa néanmoins la
surprise, en encourageant la communauté internationale à bouder le nouveau
pouvoir et en suspendant son aide au développement. Principale partenaire des
Comores, la France, qui prétend par ailleurs n’avoir ménagé aucun effort pour
réconcilier les îles sœurs, fut alors accusée de jouer la carte de
l’ambiguïté.
Azali devenu «fréquentable»
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Union des Comores.DR |
Après cinq ans
de négociations sous tension, Anjouan, l’île insurgée en 1997, accepta de
se réunir avec les deux autres îles, Mohéli et la Grande Comore, et de
fonder l’actuelle Union des Comores. Un nouvel ensemble, à qui manque,
selon le décompte effectué chaque année par l’ensemble de la classe
politique comorienne, Mayotte, l’île restée sous juridiction française
depuis 1975, également devenue le nœud de tous les problèmes entre Paris
et Moroni depuis. L’opinion comorienne est persuadée que les présidents
Ali Soilih et Ahmed Abdallah ont été assassinés pour avoir réclamé l’île
sœur à l’ancienne métropole coloniale. La question de Mayotte demeure
sensible. Pourtant aucune mention n’en a été faite par le colonel Azali
au cours de son entretien avec Jacques Chirac à l’Elysée ce lundi 31
janvier, si ce n’est pour évoquer la question des visas exigés des
ressortissants de l’Union des Comores qui veulent se rendre à Mayotte. Des
visas instaurés par le gouvernement d’Edouard Balladur. |
Le colonel Azali, élu en
2001 sur la base d’une nouvelle constitution, qui a fini de le rendre
«fréquentable» auprès de ses partenaires étrangers, arrive bientôt au terme de
son mandat et a besoin d’une ultime légitimation de son pouvoir. Ce voyage en
est une ! En 2006, il devra laisser place à son successeur, un Anjouanais
selon toute probabilité, la présidence de l’archipel étant soumise à un
principe de «tournante» entre les trois îles indépendantes. Une perspective
qui n’a pas l’air de plaire à son équipe, qui pense n’avoir pas encore fini de
«pacifier» le pays totalement. Certes, le cahier des charges établi
lors de la signature des accords dits de Beït Salam a été honoré dans ses
grandes lignes, sous le contrôle de la communauté internationale mais il reste
à régler la question des compétences entre les îles pour finaliser le
processus de réconciliation nationale en cours. Après la mise en place
d’exécutifs et de parlements autonomes dans chaque île, en p lus d’une
autorité nationale reconnue et gérée par le président Azali, c’est
l’élaboration de lois organiques permettant de déterminer les compétences de
chacune des nouvelles instances existantes qui devrait suivre. De nombreuses
discussions ont lieu actuellement autour de l’article 9 de la constitution,
censée réguler tous les conflits à ce niveau.
Mais la confiance n’est pas au rendez-vous. La peur de voir le colonel Azali
opérer un revirement de dernière minute, afin de demeurer au pouvoir, existe.
Par le passé, il lui est arrivé de promettre de rendre le pouvoir aux civils
et de ne pas le faire. Néanmoins, ce voyage rassure quelque peu ses
détracteurs. Un voyage qui autorise à considérer la France à nouveau comme un
partenaire plutôt soucieux de la paix dans l’archipel, alors qu’elle a
longtemps été «honnie» par l’opposition comorienne, qui l’a souvent considérée
comme le maître d’œuvre de toutes les divisions entre les îles. Il donne en
même temps l’impression aux «spéculateurs» comoriens que l’Elysée souhaite
adouber une dernière fois son poulain, avant de lui montrer la sortie. Ce qui
est sûr, c’est que cette visite officielle relance la coopération bilatérale,
après plusieurs années de rapports houleux. Une commission mixte
franco-comorienne, la première du genre depuis 1992, va bientôt se mettre en
place.
Soeuf Elbadawi
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