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Politique |
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Elections 2006
mise à jour 26/05/2006 |
La Cour Constitutionnelle a validé les résultats officiels des élection
présidentielles : AHMED ABDALLAH SAMBI est élu Président de l’Union des
Comores avec 58,02% ; Le nouveau Chef de l’Etat prendra ses fonctions le 26
mai 2006.
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Aha s’impose à la tête de l’Union
dans
http://www.rfi.fr/actufr/articles/077/article_43848.asp
Aha s’impose à la tête de l’Union
Ahmed Abdallah Sambi a recueilli 58,02% des suffrages exprimés au second tour
de la présidentielle comorienne. Ibrahim Halidi, le candidat du CRC, parti au
pouvoir depuis quatre ans, n’a remporté que 28,32% des voix. Quant au
troisième candidat, Mohamed Djaanfari, il n’a obtenu que 13,65%.
« Sambi a gagné. Malgré ceux qui le suspectaient d’intégrisme religieux. La
rue lui a donné raison. Nous avons pratiquement écrasé le camp adverse. Dieu
sait pourtant qu’ils ont tout fait pour nous perdre ». Derrière le « ils »
évoqué par cet électeur pro-Sambi se cache en réalité le pouvoir azaliste,
dont le candidat malheureux, Ibrahim Halidi, s’est retrouvé embarqué dans une
histoire de fraude électorale, suite à des maladresses commises par ses
propres troupes. Intimidation de citoyens, clientélisme affiché ou encore
fabrication de fausses cartes d’électeurs.
Des membres de la Commission nationale des élections (CNEC) ont été entendus
par l’Amisec (mission interafricaine de sécurisation de l’élection) pour
tentative de fraude. Des leaders de partis participant à la coalition Halidi
aux côtés du CRC, le parti du président sortant, auraient même promis une
victoire certaine à celui-ci moyennant la distribution à l’avance de postes
clés au prochain gouvernement. Quelques dignitaires du clan Azali ont
notamment tenté le forcing aux urnes pour se maintenir à leurs postes.
Des proches de Halidi considèrent ainsi avoir été trahis par les leurs. «
Comment voulez-vous gagner la confiance des gens avec des méthodes pareilles ?
Nous avions déjà le passif d’Azali qui pesait lourdement sur nos épaules. Nous
n’avions pas besoin de tricher en plus. Mais les faux amis ont tellement abusé
que les électeurs ont fini par nous assimiler au pire », confie un lieutenant
déçu du principal adversaire de Sambi. Surnommé Aha ou Ayatollah, à cause de
ses nombreux prêches religieux, ce dernier aurait donc bénéficié d’un vote
sanctionnant les hommes du président Azali.
« L’autre candidat, Mohamed Djaanfari, n’avait aucune chance à ses élections.
Nul ne le connaît vraiment dans le pays. Ceux qui l’ont suivi l’ont fait, soit
par dépit face aux deux principaux challengers, soit parce qu’ils avaient une
chance de le dépouiller un peu de son argent », analyse un autre partisan de
l’Ayatollah. Selon lui, Sambi ne pouvait que l’emporter. « Il ne traîne aucune
casserole derrière lui, renchérit-il. Il s’engage par ailleurs sur de vrais
problèmes. Il est contre la précarité, souhaite que le Comorien mange à sa fin
et se déclare prêt à mettre fin à la corruption généralisée. Ce qui est quand
même notre principal problème. Le rejet du régime sortant et de l’actif du
président Azali provient essentiellement de là ».
La question « fâcheuse » de Mayotte
Pour nombre de ses concitoyens, Sambi incarne une alternative possible. Ce qui
lui a permis de dépasser certaines logiques partisanes. Il prête également
attention à la question sociale et promet de créer des emplois. Il compte
ensuite réinjecter de l’ordre moral dans un paysage politique où seules
s’imposent les ambitions carriéristes d’une minorité visible, à qui l’opinion
reproche l’absence d’un projet de développement clair et ambitieux.
Reste que la victoire de Sambi n’autorise pas à toutes les promesses. Près de
150 millions de dollars de dette extérieure, 50 millions de dollars pour ce
qui est de la dette intérieure : l’Union des Comores est sous la surveillance
du FMI, dans l’espoir de signer un programme FRPC (Facilité pour la réduction
de la pauvreté et pour la croissance) prochainement. Plus de la moitié du
budget de l’Etat (55%) sert à régler les arriérés de salaire des
fonctionnaires, au lieu des 35% souhaités par les partenaires internationaux.
Sambi osera-t-il un dégraissage de la fonction publique ou pourra-t-il défier
la volonté immédiate du FMI, à savoir une réduction de la dette, conditionnant
son aide au développement ? Avec quels moyens compte-t-il réaliser son
programme électoral ? Avec l’aide de la France, principal partenaire du pays,
à qui il n’omet pas de rappeler la question « fâcheuse » de Mayotte ? Ou avec
celle du monde arabe, dont il se sent proche par son parcours ? Il a été formé
en Iran, en Arabie Saoudite et au Soudan.
Dans ce pays qui ne survit plus que grâce à l’assistance étrangère, Sambi,
dont le score a dépassé celui de ses deux adversaires réunis à l’élection du
14 mai dernier, saura-t-il faire des miracles ? C’est ce que lui demandent en
tous cas ses jeunes électeurs. Le nouveau président ne renie cependant rien
dans son discours : « Ce que j’ai dit est réalisable. Et je ne vois aucune
difficulté qui puisse m’empêcher d’y arriver. J’ai avancé trois priorités
durant ma campagne. La justice, l’habitant décent et l’emploi. Les Comoriens
ont le droit de me sanctionner si je n’arrive pas à accomplir ces trois
objectifs. Cependant, ils doivent pouvoir me pardonner si je n’arrive pas à
régler tous les autres problèmes. Et Dieu sait qu’ils sont nombreux ».
par Soeuf Elbadawi
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