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Les travailleurs anjouanais ont perdu une occasion
de s'exprimer, ce jeudi 1er mai 2003, journée internationale de la fête des
Travailleurs du monde entier. La marche pacifique initialement prévue se
dérouler dans la capitale de l'île Mutsamudu, n'a pas eu lieu, faute des
participants. Seule, une cinquantaine de travailleurs à majorité de dockers
s'était réunie sous des cocotiers à quelques pas du port de Mutsamudu, pour
célébrer à leur manière la journée internationale des travailleurs. Cinq
discours ont marqué cette journée, un seul a été prononcé en Français. Syndicat National des Travailleurs Anjouanais (SNTA) Honorables invités, Nous voici réunis ce 1er mai 2003 pour célébrer la journée internationale du travail. C'est pour les travailleurs du monde entier une journée d'abord de commémoration de ceux qui ont marqué de leur sang l'admission de la voix du travailleur dans les rapports entre patron et Travailleur mais aussi une journée de rappel des acquis sociaux qui sont mis à notre disposition par nos gouvernements. Chers camarades, notre statut de citoyen qui est permanent nous oblige à confronter en priorité la vie quotidienne. Il n'est un secret pour personne que nous vivons une misère. Les paramètres économiques et administratifs sont loin d'être satisfaisants. L'absence de ressources naturelles nous exclut des pays convoités pour la richesse de leurs sous-sols. Alors, nos gouvernements nous ont orientés dans une agriculture multiculturelle dominée par les cultures de rente. Là aussi, l'instabilité des prix de certains produits et la chute des cours d'autres nous ont conduit au chaos. Convaincu donc de l'échec dans ce front, nos espoirs sont tournés au rôle de l'administration qui se doit être régulatrice dans la gestion des affaires du pays pour un climat social viable. Hélas, la plus grande incertitude plane à tous les niveaux et personne ne peut se fier d'aucun texte ou règlement. Alors, le citoyen est réellement seul face à son destin. C'est ainsi que notre facture sociale se trouve alourdie par les frais à la santé, les frais à l'éducation, les frais à l'Etat civil, les frais à la justice, les frais à l'exercice professionnelle, les frais à l'habitat, les frais aux déplacements sans oublier les frais de civilisation. Nous rendons un grand hommage à l'île sour de Mayotte pour sa participation précieuse à la vie de notre île. Nous souhaitons succès au gouvernement de l'île autonome d'Anjouan pour son initiative de développer la coopération entre Anjouan et Mayotte afin de mettre fin aux pertes humaines de la liaison clandestine Anjouan/Mayotte mais aussi de mettre fin à l'action de ces malfaiteurs qui salissent l'image anjouanaise. Chers camarades, à côté de ce cadre général, nous avons en particulier notre travail. Dans ce début du 3ème millénaire, il est étrange d'annoncer le délaissement du travailleur du secteur privé par l'administration. Le droit du travailleur anjouanais est forcément bafoué par le patronat. L'inspection du travail est elle-même parfois malmenée par sa hiérarchie parce qu'elle veut imposer l'application du droit de travail aux patrons au même titre qu'aux travailleurs. M. les gouvernants, vous conviendrez avec nous que sans justice rigoureuse, il n'y a ni paix ni développement durable. C'est pourquoi, nos voix s'élèvent pour une reprise rapide des tribunaux anjouanais, pour une justice indépendante et équitable écartée des influences politiques, sociales et financières. M. les gouvernants, vous avez une très grande responsabilité face aux travailleurs du privé ainsi qu'à leurs familles. La précarité du travail qui sévit dans les entreprises de l'île ne nous laisse ni la chance de subvenir à nos besoins fondamentaux, ni celle de préparer notre retraite. C'est pourquoi nous aimerions que des négociations tripartites suivies d'une étude soient ouvertes pour fixer un SMIG, créer une caisse de Retraite obligatoire pour les travailleurs du secteur privé, et réviser l'IGR à la baisse. Il est clair que la caisse de prévoyance sociale dans son ancienne structure n'est pas apte de répondre aux attentes des travailleurs. Néanmoins, des solutions existent pour une institution de Sécurité sociale. Nous lançons un vibrant appel au gouvernement du Colonel Mohamed Bacar pour classer la question de la prévoyance sociale parmi ses priorités et inviter le conseil d'administration élu pour la caisse, seul organe légitime, pour fixer une formule d'ouverture d'une caisse de sécurité sociale. Nous ne passerons pas sous silence les changements intervenus au port de Mutsamudu avec la reprise de la manutention par une société étrangère dénommée ASC, filiale de SPANFREITH. Nous voudrons clairement annoncer que les travailleurs ne sont pas satisfaits par la procédure qui les transférait de la Socopotram à ASC. Nos droits acquis, consignés dans un document d'étude arrêtée en avril 2002 par une mission de la Banque Mondiale n'ont été ni versés ni même reconnus, pris en charge par la Socopotram, ni par ASC. Nous sommes très soucieux de ces droits et nous comptons beaucoup à une régularisation rapide. Plusieurs commentaires sont faites à propos des salaires que ASC verse aux dockers. Nous sommes loin de chanter une hausse car les salaires que nous percevons sont calqués sur les salaires annuels perçus à la Socopotram alors que les 6 mois d'activités d'ASC équivalent à une activité annuelle de la Socopotram. M. les gouvernants, nous sollicitions qu'à la fin de la période d'essai, les conditions de travail de l'ensemble du personnel employé par ASC soient fixées autour d'une table tripartite. M. les gouvernants, le SNTA, loin d'être pessimiste, présente le tableau de l'espoir à l'île autonome d'Anjouan. Vive Anjouan dans la justice sociale, dans le plein
emploi, dans la paix et le développement durable. Mohamed Allaoui
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