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Politique
6 Juillet 1975 – 6 Juillet 2005 - COMORES « L’heure du bilan » mise à jour 13/06/2005

6 Juillet 1975 – 6 Juillet 2005

                                                         COMORES « L’heure du bilan »

         Le 29 mai 2005 , le peuple comorien dans son ensemble et partout dans le monde a célébré dans le calme et la dignité le 27éme anniversaire de l’assassinat du feu Président Ali Soilih Mtsachiwa . Cette année, cette célébration a dépassé largement le cadre national pour atteindre une dimension internationale .C’est ainsi qu’a travers de nombreux pays , la communauté comorienne s’est mobilisée pour cet évènement , C’est le cas en France, dans les villes de Paris , Marseille, Nice mais également au Canada ,en Egypte ,au Danemark ,et à la Réunion pour ne citer que ces pays là . Aux Comores des manifestations ont eu lieu  près de sa tombe à Chouani mais aussi à Mbéni pendants que les radios libres  et les taxis diffusaient partout dans le pays les discours de Mongozi et les chansons révolutionnaires .Cela démontre un réveil de prise de conscience sur le bien fondé de la politique de développement que le régime  révolutionnaire avait engagé pour le pays. Le peuple réalise enfin combien cette disparition constitue un manque à gagner énorme et un déficit difficile à combler . Les difficultés et les échecs respectifs des dirigeants successifs pour tenter de mettre en place une politique de substitution  capable de rivaliser avec celle prônée par le guide de la révolution comorienne a fini par contribuer à favoriser cette prise de conscience lente , tardive mais utile et nécessaire pour mieux aborder l’avenir à quelques semaines près du 30éme anniversaire de l’Indépendance de notre pays

 Nous sommes donc face à deux évènements majeurs dans l’histoire récente de notre jeune nation qui appellent nécessairement à une grande réflexion et aussi à une profonde analyse.

       Le 1er évènement marque la fin tragique de l’existence d’un homme d’une valeur exceptionnelle : un pur produit du peuple, qui a payé de sa vie son dévouement et son amour pour la patrie. Le 2ème est la somme de toutes les souffrances endurées par le peuple durant trois décennies ; soit 30 années caractérisées par une longue série de tragédie shakespearienne qui ont laissé des blessures si profondes et traumatisantes au sein du peuple à tel point qu’au fil du temps, elles sont parvenues à mettre chaos un pays tout entier. C’est donc un bilan désastreux et calamiteux que d’ores et déjà il est permis de dresser sans que personne, hélas, ne soit en mesure de prétendre le contraire. De ce fait, le 6 Juillet prochain, nous pouvons le dire sans détour, sera un jour de triste anniversaire et de grandes désillusions pour le peuple comorien.

       Au-delà des responsabilités des uns et des autres, cet échec, en réalité, est avant tout celui de deux générations politiques. Celle de l’avant-guerre , née de la sombre période de la colonisation certes, mais également celle issue de l’indépendance de l’archipel qui incarnait ainsi l’espoir, le renouveau, la modernité. Ces deux générations portent incontestablement une lourde responsabilité historique devant l’échec du pays.

       En effet, elles ont indiscutablement failli gravement et lamentablement à leur mission qui consistait à relever le défi imposé par l’issue du référendum du 22 Décembre 1974 pour l’autodétermination de l’archipel. A travers ce vote et par son résultat le peuple comorien avait délivré haut et fort un message clair et sans ambiguïté, en premier lieu à ses dirigeants et à toute la classe politique comorienne puis en deuxième lieu à l’opinion internationale et enfin à l’ancienne puissance administrante. Un message hautement politique et pourtant qui ne semble pas avoir trouvé bonne écoute ni du côté des nôtres, ni d’ailleurs du côté opposé. Tous sont restés sourds et imperturbables alors que cet acte unique exigeait des politiques comoriens un comportement exemplaire et exceptionnel. Il exigeait surtout un engagement sans réserve et une volonté sans faille. Il leur demandait de s’élever pour se hisser à la hauteur de l’évènement qui venait de se produire de manière à être capable de relever les défis de toutes natures qui en découlaient au même titre que ceux qu’en appelait cette même volonté exprimer à travers le suffrage des urnes. C’est à dire une volonté de rompre sans équivoque avec un passé humiliant et douloureux pour s’engager résolument vers un destin nouveau, libre, débarrassé de toutes contraintes. 30 ans après le constat est sans appel. Il démontre de façon irréfutable que la classe politique nationale n’a su prendre la mesure de l’évènement, laissant ainsi le peuple sur sa faim. Les moyens déployés pour accompagner ce grand élan venu du cœur et porté par la foi se sont révélés insuffisants, inefficaces et totalement inadaptés donc improductifs.

 Cette contre-performance des dirigeants comoriens a fini par freiner cet élan et stopper l’enthousiasme qui animait l’ensemble de la nation. Ce qui démontre parfaitement que déjà dés les premières heures, le peuple déterminé et plus convaincu avait pris une sérieuse option sur ses dirigeants, une bonne longueur d’avance qu’ils n’ont cessé de croître face à une classe politique sclérosée, frileuse, par moment semblant atteinte de schizophrénie, pour finir par s’empêtrer dans le piège de ses propres contradictions. Une situation qui s’est traduite par un désamour et qui  aboutit à une sérieuse rupture. Ce grand décalage est le résultat logique des conséquences que nous subissons avec impuissance.

        C’est un pays ruiné,un  peuple déprimé, une nation déchirée qui s’apprête malgré tout le 6 Juillet prochain à célébrer dans la plus grande indifférence ce 30ème anniversaire de son Indépendance. Forcé d’admettre, il est vrai, que depuis, le pays n’a cessé de régresser dans tous les domaines pour finir comme on pouvait s’y attendre par perdre son âme et ses repères. Après son rendez-vous manqué avec son histoire, il échoue à nouveau dans sa timide tentative de démocratisation de la vie publique ; Il ne parvient pas à consolider sa  souveraineté nationale, bien pire encore, il compromet dangereusement son unité nationale, pendant que ses dirigeants se chargent sans vergogne et en toute tranquillité de la liquidation définitive et irrémédiable de l’île Comorienne de Mayotte, partie intégrante de notre territoire nationale. Son incapacité à mettre en place des institutions stables, de sorte à extraire notre pays de l’œil du cyclone nous est très dommageable. A la direction du pays, aucune réforme n’est à l’ordre du jour. Il est fait abstraction totale de toutes perspectives d’avenir, un sentiment appuyé par l’absence d’une politique d’orientation générale qui aurait pu laisser entrevoir une quelconque lueur d’espoir pour un hypothétique développement futur du pays. Ce vide, savamment crée, se justifie par le manque de vision politique des dirigeants comme l’illisibilité de la politique du gouvernement de la République s’explique par le manque d’objectifs clairement définis. Dès lors on ne peut s’empêcher de s’interroger sur leurs réelles intentions autant que leurs véritables ambitions et l’avenir qu’ils préparent pour le pays.

       A la lumière de ces données il nous faut tirer les conclusions qui s’imposent. Il est fort permis de douter et de rester sceptique sur les bons sentiments de nos dirigeants à l’égard du pays. Dans la mesure où les faits sont révélateurs, il faut admettre et se dire qu’il n’y a plus rien à attendre qui irait dans le sens de l’intérêt général.

       Quel destin cruel et tragique que celui du peuple jadis des Sultans batailleurs. Mais où sont passés les intellectuels comoriens qui nourrissaient tant d’espoir ? Et ces penseurs qui ne savent plus raisonner que pour leur propre intérêt ? Quelle fierté peuvent-ils garder tout en connaissant le drame qui se déroule dans le pays ? Qu’en ont-ils fait de leur dignité, de leur orgueil qui a fait pendant longtemps la réputation de nos ancêtres et flatté tant notre ego ? Le vrai courage nous impose de faire face aux difficultés en les affrontant et non en leurs tournant le dos.

       ALI SOILIH ne nous a-t-il pas montré la voie ? Serait-il réellement vrai qu’au-delà de son sacrifice les Comores ne doivent rien attendre de ses fils ?

       Nous avons beaucoup de mal à l’admettre même si chaque jour qui passe contribue plus à notre désespoir qu’à faire renaître l’espoir.

        L’avenir nous le dira car « l’histoire est seule juge » ne cessait-il de répéter à qui voulait l’entendre.

                                                                          Paix à son âme
                                                                          GLOIRE AU PEUPLE

                                                                                                      Mouvance Soilihiste de France