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Que pouvait-on en attendre ? Le retrait de la plainte contre l'affreux par la famille ABDALLAH sans, ni motif, ni justification, suivi de la chute de PAPA JO immédiatement exilé de force à La Réunion n'explique pas tout dans l'acquittement scandaleux et méprisant de ce sanguinaire hors-pair qui se défend selon sa conscience, car il en a une, lui aussi, (et pourquoi pas d'ailleurs ?) D'être un soldat français, au service des intérêts de la France et non un vulgaire assassin à la merci des premiers venus. Mais au moins en partie, il n'est pas déraisonnable de voir dans la succession de ces deux événements insolites et prémonitoires un lien qui expliquerait à la fois l'abandon du procès par la famille des victimes et l'échec de celui-ci. La partie n'était pas facile pour les deux avocats noirs, jeunes et natifs de l'Outre-Mer. Face à eux, deux vieux routiers prêts à défendre n'importe quelle crapule dès l'instant où leurs honoraires sont assurés, décuplés par ce dernier. Personne ne se doutait de l'issue présente de ce procès dont la plaidoirie des avocats de Bob s'apparente plus à un banditisme judiciaire qu'au souci de la manifestation de la vérité. Laquelle et pour qui ? Ils n'étaient pas loin de nous le dépeindre comme un mécène plutôt qu'un mercenaire aguerri ne sachant faire autre chose que verser le sang des colonisés. Ses expériences africaines témoignent bien de sa soif d'argent ensanglanté LES COMORES lui réussissent mieux que partout ailleurs. C'est dans la jeune RFIC qu'il a construit son empire financier en marchant sur les cadavres comoriens pour arriver à ses fins occultes et pernicieuses. Un combat juridique gagné d'avance par Bob serein et heureux de traîner son sac alourdi de ses crimes odieux En fait, qui jugeait-on ? Est-ce l'assassin présumé d'AHMED ABDALLAH ABDEREMANE père de Nassuf et Salim pour ne citer que ses deux fils aînés ayant retiré la plainte familiale contre ce septuagénaire cruel clamant à la fois son innocence et son indéfectible amitié avec l'ascendant direct de ces deux victimes stupéfiantes. En matière de crime, le silence s'achète, cela est bien connu, le refus de témoigner aussi. Mais, nom de Dieu, que vaut ce silence pour ou contre les Comores ? D'autres coups d'Etat en perspective maintenant qu'il est libre comme le vent ? Déjà sous contrôle judiciaire, il a ourdi avec succès une escapade qui l'a conduit à Moroni où tout lui réussit ! "A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire !" Est-ce le tueur présumé du Président de la RFIC qui était jugé à un moment où des événements majeurs remettaient et remettent encore en cause l'existence même de l'ETAT COMORIEN sous l'emprise du 18e coup d'Etat fomenté par la junte militaire commandé par un colonel de l'armée comorienne à la dérive nommé AZALI, Pour qu'un procès digne de ce nom ait lieu, il faut un demandeur et un défenseur. Or dans les deux cas de figure, pas de demandeurs réels et véritables. Ils étaient plutôt virtuellement présents. Ce procès est un faux procès ! Mieux, c'est une fois de plus, une erreur judiciaire de trop. L'ambassadeur de Mobutu n'ayant pas volontairement écrasé un ressortissant français jeune et blanc en France a subi une double sanction très sévère : celle de son pays en étant relevé sans délai de ses fonctions et celle de la justice française. Tout a été fait sans, ni oublis, ni omissions. La reconstitution des faits a eu lieu en France. Concernant Bob Denard, a-t-on reconstitué à Moroni les faits qui l'accusent en premier chef ? Bien sûr que non ! "Vérité de vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà" nous enseigne Pascal. Pour tout comorien, ce simulacre de procès n'a produit que l'effet suivant : il a éveillé la conscience des comoriens devant la nécessité impérieuse de construire un Etat capable de prendre son destin en main. Je ne pense pas que Sultan CHOUZOUR(actuellement à La Réunion), auteur de son livre : "Le Pouvoir et l'honneur", puisse adhérer et participer à une telle tâche qui requiert de l'abnégation, de la probité et de la loyauté. Il faut un bon sportif pour cela. Cet ex-Ambassadeur a troqué son Honneur contre un Pouvoir qui le fuit et qu'il ne maîtrisera jamais. En tout cas c'est le souhait de tous les comoriens habités par ces trois valeurs. Et croyez-moi, ils sont nombreux à y adhérer. C'est sans ambiguïté, qu'il a déclaré dans la presse écrite comprendre la haine et les agressions à l'encontre des anjouanais terrorisés. Pas une seule fois, il ne s'est engagé à combattre ce rejet des anjouanais au nom de ce principe sacro-saint de l'intégrité territoriale nationale qu'il prétend s'employer à sauvegarder. Mais par contre dans sa logique d'exclusions, de volte-faces incohérentes, il poursuit sa quête du pouvoir pour le pouvoir, quitte à se rallier avec le diable. Ce qu'il a déjà fait. Car aujourd'hui, lui qui a conduit officiellement la délégation comorienne aux jeux des îles de l'Océan Indien dernier, lui qui s'est opposé à la participation des Mahorais à cette fête sportive, le voici totalement impliqué dans un coup d'Etat qu'il soutient puisqu'il le défend partout où il passe y compris à Tana et ici chez nous à La Réunion. Chers amis de tous bords politiques, chers compatriotes comoriens, le moment est grave pour faire banc à part. L'union fait la force. Cette force, nous l'avons en nous-mêmes. Il suffit de bien la gérer positivement dans une logique d'adhésion destinée à dire non à la haine, à la corruption, à l'injustice et non à plier l'échine et à les comprendre. On ne comprend jamais l'inacceptable, on le combat de toutes nos forces. En cédant au charme suicidaire du dictateur AZALI, on ouvre la porte à toutes les formes d'anarchies les plus ignobles. 18 coups d'Etat en l'espace d'un quart de siècle, ne pensez-vous que cela suffit ?
HARIBOU ZOUBERT |