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Politique

Le 26 juin 1998, Mohamed Ahmed CHAMANGA, directeur de publication du journal Masiwa ya Komori et président de l’Association " Fraternité Anjouanaise "   s’est vu notifier par la préfecture de police de Paris une plainte pour " injure publique à particulier ". Cette plainte a été déposée par Mohamed Choudjaïdine, président de l’association séparatiste Franco-anjouanaise, liée à l’Action française hebdo ( journal d’un groupuscule d’extrême droite) pour un article paru dans Masiwa n°3 page 3 

Au lendemain de l'audience CHAMANGA nous livre sa réaction:

Chamanga

        Comme vous le savez, le procès qui m'a été intenté par Mohamed Choudjaidine de l'association Franco-anjouannaise s'est déroulé le mardi 30 à 13h30. Vous avez été nombreux à m'apporter votre solidarité et votre soutien. Nombreux aussi étaient ceux qui sont venus assister à l'audience. Au nom de l'association Fraternité Anjouanaise, de l'équipe du journal Masiwa et à mon nom personnel, j'adresse mes vifs remerciements à vous tous et à ceux qui sont à l'origine de cette large mobilisation. Je citerai plus particulièrement les participants à la Conférence de Marseille (des 27 et 28 février 1999) et au comité de soutien pour le formidable travail qu'il a réalisé. J'ai une pensée particulière à mes frères et amis Abdallah Maabadi, Abdallah Mirghane, Ahmed-Amine Chaéhoi, Abdou Rahamane Ahmed, Mahamoud Azihary et Mahmoud Ibrahime qui ont dépensé beaucoup de leur temps et privé leur famille de précieux moments d'affection (Que ceux que j'ai oublié de citer me pardonnent !). Mais je sais aussi que cette manifestation et cet élan de solidarité portent plus sur la cause que nous défendons que sur ma personne. A sa manière, chacun apporte ainsi sa pierre pour que notre pays retrouve son unité et sa dignité mises à mal par ses ennemis de l'intérieur comme ceux de l'extérieur.

        Dans leur message sur HABARI des 30 et 31/03/99, Soilihi Zilé et Mahmoud Ibrahime vous ont déjà donné un petit aperçu de l'atmosphère qui régnait à l'audience. Mais je voudrais ici partager avec vous mon sentiment sur le déroulement du procès.

        Dans la salle comble de cette 17e Chambre Correctionnelle du Tribunal de Paris, Mohamed Choudjaidine était bien isolé. Il n'a pu déplacer que sa famille proche et des irréductibles comme Babra, Mohamed Bousry et Abdallah Djaanfar.: en tout six ou sept personnes. Nous nous sommes alors demandés où sont passés les 3000 prétendus membres de l'association franco-anjouannaise annoncés par son avocat. Je me suis personnellement posé la question de savoir si Mohamed Choudjaidine était bien conscient de ce qu'il a avancé à l'audience. Comment a-t-il osé tant mentir à la Justice française ? Croit-il que la justice du pays des Droits de l'Homme se laissera-t-elle abuser comme la population anjouanaise ? Comment Mohamed Choudjaidine a-t-il osé dire qu'il ne fait pas de politique, mais qu'il s'occupe uniquement d'humanitaire ? S'il ne faisait que cela, pourquoi m'opposerais-je à lui comme l'a justement fait remarquer Mme Le Président du Tribunal ? Est-il devenu subitement amnésique le jour du procès au point d'oublier tout ce qu'il a écrit dans son journal "Anjouan" et toutes les déclarations qu'il a faites dans Action Française Hebdo ? Comment a-t-il enfin osé annoncer qu'il ne connaissait pas Pierre Pujo (directeur de publication de l'Action Française hebdo) avant la fameuse manifestation organisée devant le ministère des Affaires Etrangères en décembre 98 ?

        Mais finalement, tout cela ne m'étonne pas de Mohamed Choudjaidine. Il est séparatiste, et comme tous les séparatistes anjouanais, il ne se soucie pas du grotesque. Le mensonge est le seul programme que connaissent ces gens-là. D'ailleurs, avant même que l'audience soit terminée, les amis de Choudjaidine à Anjouan avaient déjà annoncé sur les ondes de Radio Ndzuani ma condamnation par le Tribunal de Paris à verser plusieurs milliers de francs français d'amende et de dommages et intérêts. J'étais très surpris de recevoir, le soir du procès, des coups de téléphones très alarmants d'amis et des proches d'Anjouan pour me soutenir et me demander ce qu'il faut faire pour faire face à une telle condamnation. Je les ai naturellement rassurés en leur disant aussi qu'ils ont là, encore une fois, la preuve évidente des campagnes mensongères menées contre moi par les séparatistes.

        Je voudrais rendre ici un hommage mérité à mes avocats, Me Rachid BRIHI du cabinet Grumbach et Me Said LARIFOU du Barreau de la Réunion, qui ont prononcé des plaidoiries particulièrement fortes et émouvantes. Le jugement sera rendu le 18 mai prochain. Espérons qu'il nous soit favorable !

        Enfin, je voudrais souligner que j'ai été particulièrement sensible à la Résolution adoptée par l'Assemblée Fédérale des Comores présidée par Salim Djabir, en septembre dernier, au soutien moral que le Président de la République, M. Tadjouddine Ben Said Massounde, et son Excellence M. l'Ambassadeur des Comores à Paris, Said Hassane Said Hachim, m'ont apporté le jour du procès.

        D'autres échéances nous attendent : la Conférence inter-îles d'Antananarivo (19-23 avril), le procès Denard (le 4 mai)… La mobilisation doit continuer : il y va de l'avenir de notre cher pays !

Bien à vous tous !

CHAMANGA