Echos
Les Echos des autorités
 
Les Institutions
Les institutions
 
Partis Politiques
Les Partis Politiques
 
Opinions
Opinions diverses
 
 

 

Politique
Appel au Colonel AZALI

4 avril 2003

APPEL AU COLONEL AZALI

Monsieur le Président,

Après avoir lutté contre les méfaits du séparatisme, initié par des aventuriers comoriens et encouragé par l’extrême droite française, certains d’entre nous, nourrissions l’espoir qu’après l’adoption des Constitutions et les élections qui ont suivi, nous allions, à défaut d’avoir la constitution idéale, résolument emprunter le chemin de l’apaisement. Il n’en est rien. Il n’en est rien, et nous souhaitons prendre l’histoire à témoin, et vous dire que, quel que soit ce que notre peuple devra encore subir et supporter, vous êtes et serez le principal responsable dans la mesure où, Président de l’Union, le devoir vous incombait de créer une dynamique de réconciliation. C’est pourquoi nous nous sentons totalement solidaires de l’appel qui vous a été récemment adressé par 300 cadres de Ngazidja.

Les Chefs des Exécutifs des Iles, comme les autres candidats aux élections présidentielles de l’Union ont fait preuve de patriotisme en renonçant à leurs critiques à la suite d’élections plus que douteuses, pour lesquelles la communauté internationale a accepté de valider le résultat (100% des votants) qui vous a porté à la tête de l’état. Il fallait sortir du temporaire. La dite communauté internationale l’avait compris et dans ce sens, entériné des résultats entachés de multiples irrégularités.

La moindre des choses que nous pouvions attendre de vous, que la Nation entière pouvait attendre de vous, en tant que premier Président de l’Union, était de promouvoir la réconciliation nationale et renforcer sa cohésion, faire disparaître les rancunes et les haines. Mais, vous vous êtes révélé comme le principal opposant à toute véritable réconciliation. À tel point que certains Comoriens exigent désormais votre départ, sans réfléchir aux conséquences d’une telle décision pour l’unité du pays. Et vous ne trouvez rien de mieux que de susciter un mémorandum de juristes, à votre service, qui vous conseillent de suspendre la Constitution nouvellement votée.

Il nous est difficile de croire qu’un homme qui a fait toute sa carrière dans l’Armée Nationale soit complètement privé de toute forme de patriotisme. C’est pourquoi, au-delà de nos différences et de nos positions politiques respectives, nous vous demandons d’agir enfin, pour l’intérêt de la population comorienne. Alors refusez les injonctions de ceux qui parmi vos conseillers d’aujourd’hui élaborent et justifient une stratégie de guerre contre les autorités des îles et contre les Comoriens. Toute action belliqueuse de votre part, risque de nous plonger dans la guerre civile. Le pacifisme légendaire du peuple comorien vous laisse peut-être penser que vous pouvez continuer à entretenir la dégradation quotidienne de la situation, sans aucune possibilité de réaction. Pourtant, aucun homme ne peut dire à quel moment, un peuple décide que c’en est trop.

Après tant d’années de séparatisme, notre pays mérite plus que la fermeture des écoles, le dysfonctionnement du service public, et notamment une Justice qui donne toujours le sentiment au grand nombre, d'être au service des puissants, le bradage des biens communs sans aucun contrôle parlementaire, la mise en veilleuse inquiétante des revendications concernant l’île de Mayotte, dans des négociations secrètes, les nombreux mouvements sociaux, et peut être la guerre civile demain.

De partout dans le monde, des jeunes comoriens se sont formés, dans l’abnégation, et sans le soutien de leur État. Nés ou ayant grandis à l’étranger, ils pourraient se détourner des Comores, pourtant, animés par un patriotisme réel, ils souhaitent pouvoir servir leur pays d’origine, et ne le peuvent pas à cause de la situation chaotique qui y règne. Des artistes, véritables ambassadeurs des Comores à l’extérieur mais ignorés par le pouvoir politique, continuent à vouloir faire parler de leur pays avec d’autres mots que ceux de la dictature et des mercenaires. 

C’est à vous, en tant que Président de l’Union, de donner l’impulsion nécessaire. Malheureusement, on sait aussi, que détenant la force militaire et accessoirement la justice, vous pouvez choisir de replonger ce pays dans le chaos. Selon la Constitution en vigueur, et sauf surprise, il ne vous reste plus que trois années à la Présidence. Utilisez ce laps de temps très court pour faire le bien, et non pour étouffer vos compatriotes !

Monsieur le Président, il est temps pour vous de rectifier le tir et de donner une chance à ce pays et à sa jeunesse, et éviter ainsi qu’on ne retienne de « la Présidence Azali » que les troubles.

Signataires (par ordre alphabétique)

Soilihi ABDALLAH MHOUNI, Enseignant-Documentaliste, Toulouse, France – Patrice Ahmed ABDALLAH, Écrivain, Milton Keynes, Royaume-Uni – ABDOU Ahmed, Enseignant, Le Kremlin-Bicêtre, France – Abdushakur ABOUD, Journaliste, Journaliste, Washington, USA – Abdou Rahamane AHMED, Cadre de La Poste, Paris, France – Saïd Abass AHMED, Photographe, Paris, France – Mohamed AHMED-CHAMANGA, Enseignant-linguiste, Nanterre, France – Salim ALI SOILIH, Agronome, Villejuif, France – Ali Y. ALWAHTI, Administrateur en Développement International, Washington, DC, USA – Oissila BOSVY, Secrétaire de Mairie, Auxerre, France – Mohamed CAMAR-EDDINE, Assistant-Professor, Salt Lake City, USA – CHARIF Hachim, Producteur, Chicago, USA – Moussa-Elkadhum DJAFFAR, Fonctionnaire International, Etiolles, France – Alimoundhir DHOUL-ANRIF, Ingénieur en Électronique, Lyon, France – Salim HATUBOU, Écrivain, Marseille, France – Mohamed IBRAHIM, Enseignant, Lyon, France – Mahmoud IBRAHIME, Enseignant et historien, Savigny le Temple, France – Aly JABARD, Dramaturge, Paris, France – Nakidine MATTOIR, historien, Paris, France – Issa MOGNIDAHO, Économiste et Informaticien, Grigny, France – Ismaïl MOHAMED ALI, Journaliste, Noisy le Sec, France – Ali MROIVILI, Artiste en arts visuels, Amsterdam, Pays-Bas – Mohamed NABHANE, Enseignant-linguiste – Nelly NABHANE, Enseignante-documentaliste – Abdallah NOUROUDINE, Enseignant, Marseille, France – Abdou Salam SAADI, historien, Lyon, France – Ben Amir SAADI, Ingénieur en Informatique, Marseille, France – Moncef SAÏD IBRAHIM, Juriste, Paris, France – Sitti SAÏD MOHAMED, Économiste, Paris, France – Adam SAÏD YOUSSOUF, Médecin, Paris, France – SOEUF Elbadawi, Journaliste, Paris, France – Souleimane SOUDJAY, Juriste, Villejuif, France – Ahmed M. THABIT, Fonctionnaire International, Addis Abeba, Éthiopie – Aboudou YOUSSOUFA, Enseignant, Villeneuve d’Asq, France – ZAID Y. Nourdine, Cadre commercial, Bordeaux, France