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Les Comores : Où sont les vrais
bâtisseurs?
par ahmed mohamed ben
Jusqu'ici, la seule chose qui apparaît
certaine dans la politique comorienne, c'est le pléthore des groupes de
lobbying qui répondent parfois curieusement à plusieurs chefs qui s'opposent
farouchement. Faire de la politique est devenu, pour tout le monde, un moyen
de satisfaire ses ambitions personnelles ou un issue pour échapper à la
justice du peuple. C' est malheureusement dans cette jungle politique sans
âme, sans repère, sans idéale pour nous guider, sans instrument de mesure,
où rien n'est condamnable que viennent au monde les bâtisseurs des Comores.
Le pays est donc rongé par une multitude de partis sans plan de construction
et les leaders ne ratent aucune occasion pour flirter et, la moindre
opportunité pour divorcer. Sans oublier que pour être agrées dans leurs
tâches de démolition, ils ont l'obligation de s'accoupler avec leur mère
incestueuse venue du Nord. Les enfants conçus de ces rapports illégitimes
sont génétiquement nés pour servir la pourriture néocoloniale.
En effet, ces bâtards ont la facilité d'ignorer leur morale, de bafouer
leurs principes et d'échapper au regard de Dieu. D'ailleurs, ce qui Dieu pour
ces gens là? Il n'existe pas. Or, « Si Dieu est mort, alors tout est
possible », écrivait Dostoïevski. Et, si par hasard, ils doivent lui rendre
hommage, c'est en petit con qu'il est présenté dans ces cérémonies
grotesques d'assermentations.
Il serait maintenant utile d'examiner un autre problème : la guerre des
purézida. A l'heure où nous dénonçons la destruction de notre entité, y
compris la destruction des mouvements qui se sont constitués jusque là en
contre-pouvoir pour exiger des reformes audacieuses, cette nouvelle guerre
vient compliquer une situation qui était déjà complexe. Pourtant, elle
était prévisible. Un purézida qui n'écoute pas son peuple, c'est déjà un
grave problème. Quatre, sapristi! c'est le bordel total. Au fait, quel est le
nerf de cette guerre? S'approprier du pouvoir, dans le seul but de légitimer
le NEC, imposé par les ennemis des Comores. En d' autres termes, accepter l'haïtisation
des Comores. Délirant!.
Comment peut-on comprendre qu'une vingtaine de partis se soient trompés de
cible? Ce n'était pas la structure qu'il fallait détruire. L'unicité des
Comores n'a jamais été remise en question par sa population. Ce sont les
dirigeants qui constituent le principal problème en raison de leur engouement
pour le pouvoir qui les pousse inévitablement à trahir leur nation. Donc,
c'était la culture, par ricoché, la façon de percevoir la chose commune
qu'il a fallu détruire en s'attaquant à l'homme, en modifiant sa façon
d'aborder sa fonction de citoyen en vue de l'amener à jouer son rôle, de
façon appropriée, dans le contexte actuel de mutation anarchique.
Donc, toute la question de notre réussite dépend de l'évolution de la
mentalité de nos bâtisseurs et non pas de la multiplication des nos
institutions dispendieuses et improductives. Donc, lorsqu'on met en chantier
une reforme ambitieuse des institutions, on doit au préalable formuler
certaines questions afin de dégager des solutions pertinentes, réalistes et
réalisables. Ces solutions découlent des réflexions et suggestions de ceux
qui sont concernés directement par le changement. Or, chez nous, c'est
toujours une clique qui décide et le plus souvent c'est pour satisfaire des
recommandations des étrangers mêmes si elles vont à l'encontre des vrais
besoins de la population.
Prenons le cas des payements des soins imposés par la BM.
De plus, le changement structurel reste une avenue de première choix lorsqu'
on veut relancer la croissance au sein même d'une institution performante.
Mais là ou rien ne va, comme c'est le cas aux Comores, le bon sens veut que
l'on se préoccupe surtout de la gestion des ressources à commencer par celle
qui est la plus importante : les ressources humaines. D'ailleurs, entre nous,
imaginons un scénario optimiste où nos bâtisseurs arriveront enfin à se
mettre d'accord sur le partage du gâteau. Ma question, comment allons nous
faire pour tourner une machine « fédérale élargie » dans un pays qui vit
en permanence sous perfusion? Blanchiment d'argent? Paradis fiscal? Trafics de
tous genres etc?
C'est comme si on nous exigeait de mettre en marche un porte-avions alors que
nous ne sommes même pas en mesure d'équiper des boutres. Où est la logique!
Les pays dites démocratiques et riches, comme le Canada, ont encore de la
difficulté à se retrouver dans un tel système de provinces fédérées. Yé
sisi ritsona hata, kwezi! Certes, nous sommes en faveur d'un changement de nos
institutions pour les adapter à l'économie moderne mais qu'on ne nous impose
pas n'importe quoi. Mais comme la convoitise de nos bâtisseurs excède leurs
préoccupations pour ces magnifiques îles, alors attendons nous à payer tout
le prix d'une telle stupidité!
Ce que les Comores avait besoin, c'était UN purézida dans UN pays. Un
président capable de catalyser les idées, d'orienter les transformations, de
mobiliser toutes les ressources à sa disposition et de s'en servir au mieux
de leur potentiel, quitte à utiliser la force. Ce qu'il nous faut, dans ces
petits grains de sables perdus dans l'immensité de l'Océan Indien, c'est une
personne capable de dresser les requins assoiffés du pouvoir en se dressant
d'abord lui-même. Un président, qui se préoccupe d'abord de ce qui se passe
sur le terrain, et non pas, d'une marionnette qui sert un instrument couché
sur papier et qui ne d'ailleurs pas compte des caractéristiques sociaux,
économiques et historiques particuliers des comoriens. UN purézida qui vise
la rentabilité collective de son pouvoir et de son autorité, en tirant
profit de l'économie du savoir, en exploitant à bon escient le capital
humain actuellement surabondant dans le pays. Un purézida qui améliore les
compétences et qui encourage partout la concurrence saine.
Bref, UN ou UNE purézida qui accepterait de transférer TOUT le pouvoir à la
population et conserver uniquement l'autorité nécessaire pour protéger la
conscience collective et punir ou féliciter, de leurs actes, ceux que le
destin aurait placés légalement au-dessus de l'échelle.
Tout compte fait, il y aurait intérêt à croire que la présence de quatre
purézida, à la tête de ses micros états, est un véritable échec de la
classe politique comorienne. Et, le peuple, par effet d'entraînement, de
subir un fractionnement et une radicalisation des discours sans précèdent de
ces faux-bâtisseurs.
Pour remédier à cette funeste situation, il importe donc d'outiller ces
commis de l'état d'un code d'éthique qui mettra fin aux petits royaumes, aux
chasses gardées, aux luttes intestines et aux guerres de budgets qui en
disent long sur leurs véritables intentions. En somme, c'est la culture
politico-politicienne dans tout ce qu'elle a de plus bas, de plus veule et de
plus arriérée qu'il faut à tout prix enterrer définitivement, sans parler
de ses nombreux et désuets partis le plus souvent partisans d'un point de
vue.
Dès lors, on ne s'étonnera pas de l'accueil enthousiaste réservé au NEC
par les séparatistes, qui ont le privilège de voir l'aboutissement de leur
ténacité porter fruit. Fier de leur politique éhontée, les aspirants
purézida, commencent aujourd'hui à s'apercevoir que leurs vielles rengaines
irresponsables, leur manque de jugement et d'intuition ainsi que leurs
décisions hâtives, sans queue ni tête de brèves de salon, n'ont rien
apporté de bon aux comoriens.
De l'autre côté, le grand public comorien, dont le sort a été décidé et
scellé depuis l'assassinat de Mongozi, qui avait la faculté (il était d'
ailleurs le seul ) à faire en même temps de la politique et du
développement, continue et continuera de subir cette guerre des raïs et l'
instabilité inhérente.
Ce n'est donc pas un cadre organique qui va y
remédier parce que nos bâtisseurs continuent de percevoir le changement
comme un ajout ou une perte à quelque chose qui leur appartenait, plutôt que
comme une invitation à faire autre chose ensemble. La nuance est
déterminée. Aujourd'hui, nos bâtisseurs s'aperçoivent que la conception
même du NEC dans laquelle, eux et nous, allons habiter, ne répond pas aux
exigences minimales d'une construction qui doit affronter les assauts des «
ma dzimku » de la politique comorienne.
Comment peut-on bâtir quelque chose de solide si la fondation est, dès le
départ, pourrie, instable, compromise et parsemée de cadavres dont les
responsables n'ont jamais été jugés ? Et, c'est dans ce contexte
d'impunité incontestable et de permissivité que l'on veut ériger la nation
comorienne de demain. Zi nu nkalizi! Zi nkabaiya bo wandru! Ainsi, à force
d'ignorer les deux étapes préliminaires dans la résolution d' une crise à
savoir; les déterminants et les sanctions envers les responsables, nos
bâtisseurs ne font qu'entretenir inévitablement des situations de chaos. Le
résultat est là : chaque changement, qui s'opère le plus souvent sur le
mode de la violence et de menterie, au lieu d'améliorer notre quotidien,
engendre à son tour une autre crise et perpétue le cycle des déboires vers
le fond. De là, il s'ensuit un processus de banalisation des décisions
étatiques et une vision rétrograde des moeurs politiques qu'il est devenu
difficile aujourd'hui de faire la part des choses au cour de l' action
politique comorienne.
Cependant, toute cette supercherie ne suffit pas à en endormir la vigilance
des comoriens qui savent que tôt ou tard ces faux-bâtisseurs finiront par
payer pour leur manque du courage et pour avoir légué à la relève, une
nation faible, non viable et non vivable. A cause de cette situation de
précarité chronique, même les honnêtes gens ont fini par se comporter non
pas en fonction de ce qui est droit, mais plutôt de ce que font leurs
bâtisseurs. Avec le temps, dépourvue d'une éducation pour l'affaire
commune, la moralité de la relève finira par disparaître, d'aller à la
dérive. La cupidité est devenue contagieuse. Résultat : plus de crapules,
plus de magouilles, plus de problèmes de cohésion mais, AUCUN responsable
puisque, c'est toute la nation qui est pourrie.
Alors, je vous pose la question : où sont les vrais bâtisseurs?
Ben, infirmier
Itsandra/Itsinkoudi
Montréal (Québec)
Canada
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