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Politique |
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le mercenaire Bob
Denard dans le filet de la justice
mise à jour 19/11/2005 |
Coup d'Etat aux
Comores: le mercenaire Bob Denard dans le filet de la justice
Article paru dans le journal Le Soir du 03/10/2005

http://www.lesoir.be/
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Le mercenaire
français Bob Denard, 76 ans, habitué des prétoires pour ses aventures
militaro-politiques sur le continent africain, a de nouveau rendez-vous
avec la justice à Paris pour répondre, avec 26 autres prévenus, du délit
d'association de malfaiteurs lors d'un coup d'Etat manqué aux Comores en
1995.
Familier des tentatives de déstabilisation et des missions clandestines en
Afrique (notamment au Yémen, Congo, Biafra, Bénin, etc.), Bob Denard est
renvoyé devant le tribunal correctionnel, en compagnie de 26 personnes,
pour répondre du délit d'"association de malfaiteurs en vue de la
préparation d'un crime".
En l'occurence, le crime reproché à Denard est constitué par l'arrestation
et la séquestration arbitraires de Saïd Mohamed Djohar, président de
l'ex-République fédérale islamique des Comores (RFIC), lors d'une
tentative de coup d'Etat qui s'était déroulée du 27 septembre au 4 octobre
1995.
L'ordonnance de renvoi devant le tribunal de l'ensemble des 27 prévenus a
été signée le 22 juillet 2005, après un peu moins de dix ans
d'instruction, par le juge Baudoin Thouvenot.
Depuis la fin des années 1970, l'archipel des Comores, théâtre d'une
vingtaine de coups d'Etat réussis ou ratés, était devenu la terre
d'élection de l'ancien sous-officier de l'armée française. |
A
l'automne 1999, le mercenaire avait déjà eu à répondre de ses actes dans cet
archipel devant la justice française. Il avait été acquitté par la cour
d'assises de Paris de l'assassinat d'un autre président comorien, Ahmed
Abdallah, lors d'une précédente tentative de coup d'Etat en 1989.
Début 2006, Denard qui devrait comparaître devant la 14e
chambre du tribunal, selon une source judiciaire, reviendra sur les
circonstances de l'opération "Eskazi" (du nom d'un vent chaud qui souffle sur
les Comores).
Dans la nuit du 27 au 28 septembre 1995, le baroudeur et une trentaine de ses
camarades, dont deux de ses fidèles lieutenants, Dominique Malacrino, 54 ans,
alias "commandant Marques" et Jean-Paul Guerrier, 55 ans, alias "capitaine
Siam", avaient débarqué à bord de quatre zodiacs sur les côtes comoriennes.
Trois commandos, "Alpha", "Bravo" et "Charly", s'étaient ensuite emparés des
centres identifiés comme stratégiques, l'un d'entre eux étant particulièrement
chargé de capturer le président qui avait ensuite été retenu en otage dans un
camp militaire.
A la suite du coup d'Etat, Bob Denard et son équipe avaient installé un comité
militaire de transition qui avait remis le pouvoir à Mohamed Taki et Saïd-Ali
Kemal, deux membres de l'opposition au président Djohar, pour constituer un
gouvernement provisoire.
Mais le 4 octobre 1995, en vertu d'accords liant la France et les Comores, les
troupes françaises étaient intervenues pour libérer le président et mettre fin
au putsch.
L'ensemble des mercenaires français avaient été arrêtés puis ramenés en
France.
Au cours de l'instruction, Bob Denard a assumé son entière responsabilité en
tant que chef de la tentative de coup d'Etat. Selon lui, cette entreprise d'un
coup total d'environ 1,5 million d'euros avait été décidée à la demande de
l'opposition comorienne.
L'avocat de Bob Denard, Me Elie Hatem, a indiqué que son client, "un peu
souffrant", ne souhaitait pas s'exprimer pour le moment.
(d'après AFP)
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