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Politique
Intervention de Idriss Mohamed sur les critiques au FD
mise à jour 03/04/2005

Les critiques au FD
Intervention de Idriss MOHAMED parue dans le forum de discussion HABARI
le 08/10/2004


Bonjour,

Je crois que les critiques au FD sont les bienvenues. Je les voudrais plus fermes, plus amples dans l'analyse critique. Je souhaiterais qu'elles aient un retentissement qui dépassent Habari. Dans la situation actuelle, même les critiques les plus malintentionnées comporteront du positif à explorer. Ne croyez pas pour autant que j'ai abandonné le navire au moment où il prend l'eau de toute part ! Je crois que la coque est solide et qu'il est possible de réparer et de reprendre la mer avec plus d'assurance, traverser les tempêtes avec l'espoir d'arriver un jour pas trop lointain, à un port qui nous comblera

1- Les militants du FD doivent s'ouvrir à la critique des citoyens. Parti fondé pour servir le peuple comorien dans sa quête de liberté, de progrès social et économique, le FD a le devoir d'écouter les gens, de s'expliquer.
Il doit une part de vérité au pays. Si les militants et les dirigeants du FD s'ouvraient largement à la critique interne et externe cela permettrait d'ouvrir des perspectives ou de concretiser les perspectives ouvertes par le dernier congrès dont un an après, les textes ne sont pas publiés.

2- Sous un certain angle, le FD va mal. Ceux qui lui reprochent d'avoir produit des "sangsues" qui ruinent le pays n'ont pas complètement tort. Bien sûr chacun comprendra que tout militant du FD n'a pas et ne peut pas avoir la trempe de Moustoifa et que par conséquent il peut flancher, voguer vers des "cieux plus cléments", mais tout de même, le pays a le droit de nous reprocher de n'avoir peut être pas su gérer les ressources humaines, anciennes et nouvelles, du FD. Que ceux-là ne soient plus du FD est un fait qui ne nous dédouane pas complètement.

3- le FD n'a pas encore diggéré la "répétition générale" de 1985.

C'est en tout cas ma conviction. Je voudrais maintenant m'adresser à ceux qui nous critiquent :

1- je disais que la coque du FD est solide. Il s'agit de l'orientation fondamentale : servir le peuple, mener le combat pour l'intégrité  territoriale, pour l'unité nationale, pour la démocratie, pour le  développement économique. Il s'agit aussi de la base militante, de ceux édifiés par l'expérience qui croient aux idéaux du FD et en leurs  dirigeants. Réjoignez-nous, venez mener le combat pour le redressement du FD avec nous. Le FD est demeurré un parti profondément démocratique.

2- ceux qui considèrent que la coque est pourrie, qu'il faut jeter le navire (certains ajoueraient avec un plaisir malicieux, et sa capitainerie) organisez vous, annoncez vos couleurs. Critiquer pour critiquer peut être fécond si le critiqué est ouvert mais cela ne peut pas être une fin en soi.
Si des idées nouvelles émergent, si une perspective nouvelle se dessine, cela sera une excellente chose. N'oubliez pas que l'origine du FD c'est quelques étudiants révoltés par les dérives du PASOCO et du MOLINACO, des étudiants émigrés et démunis de tout.

Un mot sur le DSRP :
1- j'expédie une version électronique à Zaid qui pourra alimenter ceux qui le voudront (nos problèmes de connexion ne me permettent pas de jouer ce rôle)
2- des nombreux ouvrages sont parus qui font un procès serré très sévère du FMI et de la Banque Mondiale :
- "la grande désillusion" par Spiglitz, un ex VP de la Banque Mondiale;
- "la finance contre les peuples, la bourse ou la vie" par Eric Toussaint.
leurs conclusions : les pays qui s'en sont sortis sont ceux qui n'ont pas suivi les preceptes du couple infernal FMI-Banque Mondiale, et ce ne sont pas des extrémistes de gauche et autres marginaux anti-mondialiste.

Meilleures salutations à tous.

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suites données à ce message et aux réactions suscitées
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Bonjour à tous,

Tout d'abord, merci à tous ceux qui ont accordé de l'intérêt à mon "message" et particulièrement à ceux qui se sont exprimés. Après quelques hésitations ou balbutiements, les échanges sont entrain de devenir de plus en plus intéressants parce qu'ils se dirigent vers la question fondamentale : les destinées du pays. Une question qui se pose à tout un chacun. Comment contribuer à poser sa pierre au moment où c'est un euphémisme d'affirmer que le pays va a vau l'eau alors même que le pays se trouve à une période charnière de son Histoire. L'enjeu est important.

Permettez que je réponde à quelques questions qui m'ont été adressées personnellement.

1. j'accueille les critiques avec modestie et je m'efforce d'en tirer des enseignements. Quelles qu'elles soient je ne les considère pas comme des volontés de nuire ou de détruire. Peut être expriment-elles parfois toute la charge émotionnelle d'une vive déception, je le comprends et je l'accepte. Croyez-moi, je suis tout autant déçu (sinon plus ou pire ) moi aussi, mais loin de sombrer dans de l'amertume, je considère qu'il faut persévérer, s'enrichir de l'expérience et tenter d'agir au mieux.

2. Je n'ai aucun mandat pour engager le FD dans Habari. Il va de soi que mes opinions portent l'empreinte du FD mais ici j'exprime des pensées propres qui n'engagent que ma responsabilité.

Je peux le faire librement parce que le FD n'est ni une secte, ni un petit groupe isolé. c'est un vrai parti qui a pris une dimension populaire malgré les apparences. Il faut se rendre compte que les 3000 voix qui se sont portés sur Moustoifa lors des dernières présidentielles comportent une dimension autre qu'électorale, ce sont des voix de militants et sympathisants plus ou moins proches. Sous ce prisme c'est considérable, mais cela traduit aussi une grande faiblesse en termes purement électoral. C'est pour cela qu'il est essentiel que les jeunes qui se reconnaissent dans le FD rejoignent nos rangs pour donner au FD les ailes dont il a grand besoin pour se hisser à la hauteur de ses responsabilités de l'heure. Le dynamisme d'antan était principalement porté par des jeunes déterminés à servir le pays, ceux là ont vieilli, certains se sont décomposés, etc.

Mais je n'ai pas seulement envisagé l'avenir du FD, son renforcement. Non, je suis loin de considérer qu'un parti et encore moins un groupe ou une personne détient le monopole de la pensée libératrice ni de l'action positive, non j'ai aussi suggéré à ceux qui ne se retrouvent pas dans le FD, de se donner les moyens de faire connaître leurs opinions, d'enrichir le camp du pays. Je suis même allé jusqu'à faire référence à notre propre expérience : notre réaction face aux dérives du PASOCO dans les années 70 et qui ont conduit au FD. En somme la question concerne l'émergence d'une alternative crédible, porteuse d'espoir et capable de renverser l'ordre inique actuel. Mon avis est que cela doit se construire autour du FD mais ce n'est qu'un simple avis. La question est ouverte et se tranchera dans la pratique.

3. Je voulais dire un mot sur Moustoifa. Il est souvent l'objet de critiques profondément injustes. Ici comme ailleurs. Il est loin d'être un saint bien sûr, il a donc ses faiblesses. Mais c'est un grand bonhomme qui mérite respect, considération et reconnaissance. Les sacrifices indescriptibles qu'il a consentis pour le pays jusqu'ici l'impose comme une grande figure du patriotisme comorien. Conseiller d'El Bak, il agit dans un contexte très difficile, on ne peut pas lui attribuer des pouvoirs qu'il n'a pas, ceux qui connaissent El Bak savent que c'est une forte personnalité. Ceux qui ont une expérience des affaires imaginent les aléas d'une gestion chaotique d'un pouvoir plus symbolique qu'effectif. Je ne crois pas que l'on puisse juger aussi simplement de son activité à la présidence de Ngazidja.

On nous reproche, surtout à Moustoifa, notre politique de front uni. C'est en tout cas une question complexe. La période "infantile" passée, les alliances du FD se sont élargies à des partis qualifiés de "douteux" ou franchement réactionnaires. il faut prendre en compte la diversité dans le pays et accepter de composer avec les forces réelles qui sont sur le terrain en fonction des questions brûlantes de l'heure, le tout est de ne pas se faire avaler ou perdre son âme car dans ce genre de front, il y a aussi lutte. A titre d'exemple lumineux, personne ne pourrait reprocher à Mandela d'avoir fait un front uni avec De clerk, pourtant au début des tractations certains dans l'ANC étaient soucieux mais l'issue a tranché. Il s'agit donc d'apprécier chaque front uni et non de décreter que un tel s'est uni avec tel autre donc il est pourri, etc.

Excusez moi d'avoir été un peu long.

Salutations à tous et Bon ramadan

Idriss