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Politique

FRONT DEMOCRATIQUE (COMORES)

Fédération de France

 Déclaration sur la situation des Comores
à l’occasion de la fête de ‘l’HUMANITE’

Les îles Comores : un pays, un peuple et une nation

L’unité des quatre îles, Maore, Mwali, Ndzuwani et Ngazidja, composant l’archipel des Comores est un fait historique tangible que chacun peut apprécier à travers une communauté linguistique, des us et des coutumes identiques, etc.

Cette unité s’est imposée au colonisateur dans ses diverses et multiples dispositions administratives.

C’est au moment de l’accession à l’indépendance que le séparatisme émergea et devint la “ question politique ” brûlante. À défaut de pouvoir s’appuyer sur des différences ethniques, le principe diviseur avancé fut et continue d’être “ l’insularité ”.

Si en 1975, les hauts dirigeants français clamaient publiquement leur respect de l’intégrité territoriale des Comores, les décisions furent tout autres et conduisirent à la sécession de Maore.

 

La question maoraise : un cancer toujours virulent

 

Au début des années 1960, la France, puissance coloniale, à l’occasion d’un changement de système administratif des Comores déplace la capitale de l’archipel de Dzaoudzi, (Maore) vers Moroni (Ngazidja) sans prendre toutes les mesures sociales d’accompagnement adaptées aux drames humains consécutifs au transfert des structures administratives. L’astuce consista à faire porter le chapeau aux agents comoriens et à donner au mouvement de protestation maorais une dimension chauvine. Tel fut le point de départ du séparatisme comorien marqué par la naissance du Mouvement Populaire Maorais.

Le MPM fut réprimé par la puissance coloniale et réduit à un petit groupuscule. Il fut réveillé au début des années 1970 pour torpiller l’indépendance.

La France poussa son arrogance de grande puissance jusqu’à défier la communauté internationale en bafouant le sacro-saint principe de l’intangibilité des frontières au moment de l’accession des pays à l’indépendance. Ce qui lui valu une réprobation universelle consacrée par des nombreuses résolutions des Nations Unies condamnant la politique colonialiste française aux Comores.

 

Les arguments français fondés sur l’opinion majoritaire maoraise ne tiennent pas car :

1.      la majorité d’une région ne peut pas et ne doit pas être opposée à la majorité du pays

2.      la France n’a jamais organisé de référendum en Corse pour départager les partisans de l’indépendance aux autres afin d’adapter sa politique corse

3.      après plusieurs siècles de séparation, Hong Kong est repassé sous administration chinoise sans référendum

 

Le maintien de Maore sous administration française est un cancer qui ronge les Comores. Tous les analystes avertis y décèlent les bases de la déstabilisation permanente, coup d’états, Bob Denard et ses chiens de guerre, etc.

 

La crise à Ndzuwani

 

Le scénario maorais se répète : à l’occasion d’un mouvement social contre la misère, un groupuscule manipulé par des forces obscures dont le consul de France à Ndzuwani, s’empare du pouvoir dans l’île, proclame son “ rattachement ” à la France.

Le mouvement est porté par des militaires français d’origine comorienne à la retraite, en particulier Abéid, officier de réserve qui a toujours proclamé sa soumission à ses chefs militaires français de la zone sud de l’océan indien dont le conseiller militaire à l’ambassade de France aux Comores.

 

Pendant que le porte-parole du ministère français des affaires étrangères proclamait le respect français de l’intégrité territoriale de la République Fédérale Islamique des Comores (qui inclut Maore, soulignons-le en passant),

1)      l’ambassadeur de France à Moroni cherche à convaincre un envoyé spécial de l’OUA aux Comores, Pierre Yere, que la population de Ndzuwani est yéménite, arabe, tandis que, dans les autres îles, elle serait africaine, bantoue, etc.

2)      le préfet français de Maore répand dans la presse locale (journal Kwezi) que l’unité des Comores serait une pure création du colonialisme français.

 

En 1975, à l’Assemblée nationale française, au moment du débat sur la loi qui allait séparait Maore des autres îles sœur, un député s’était insurgé contre cette infamie et souligné qu’il s’agissait d’une entreprise de dislocation de l’Archipel, un groupe parlementaire avait même saisi le Conseil Constitutionnel français.

Les propositions du Front Démocratique

 

1.      Règlement de la question maoraise par la négociation. Pour l’heure, il faut
- d’une part détendre les relations par la suppression du visa imposé aux comoriens voulant se rendre à Maore. On compte aujourd’hui plusieurs centaines de morts dans des vedettes de fortune reliant clandestinement Maore aux autres îles. Un drame humain qui sous d’autres cieux aurait révolté la conscience humaine et occasionné des mises en examen pour crime contre l’humanité contre Balladur, promoteur de ce visa criminel.
- d’autre part ouvrir des perspectives de négociation entre toutes les parties afin de dégager un cadre et une orientation

2.      Application de l’accord de Mohéli pour le règlement de la crise séparatiste de Ndzuwani.
- l’accord implique quatre parties ; si le processus piétine cela relève principalement du fait qu’une seule partie tient à conserver et à perpétuer son pouvoir. Le FD appelle à la mise en place immédiate du gouvernement de transition. Le calendrier de l’accord étant largement dépassé, il convient d’en élaborer un autre et de le respecter scrupuleusement en se fixant pour échéance absolue : la fin de l’année 2001.
- après bien des péripéties, un projet de constitution a été élaboré par une commission de juristes comoriens et internationaux. Le FD appelle à l’organisation d’un large débat national autour de ce projet, débat supervisé par la Commission tripartite instituée par l’accord.

3.      Il faut une large mobilisation des forces démocratiques comoriennes pour sauver le pays qui est sérieusement menacé de disparition. Le FD appelle tous les comoriens et comoriennes, où qu’elles se trouvent, à se ressaisir et à agir avec résolution pour la sauvegarde de l’intégrité territoriale des Comores

4.      À l’internationale des multinationales et de leurs agents, il faut opposer l’internationale des forces démocratiques. Le FD invite les organisations démocratiques du monde à soutenir le peuple comorien et notre organisation sous toutes les formes.

 

Bureau Fédéral

Paris le 14 septembre 2001