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HANTSIDZI-CHEZANI :
ENTRE HORREURS MENSONGES, DEVOIR DE MÉMOIRE ET DE VÉRITÉ
Par MANSOIBOU Mohamed
DE PART LE NOM DE DIEU, CELUI QUI FAIT MISERICORDE LE TRÈS MISERICORDIEUX
MANSOIBOU MOHAMED
Marseille, le 27 Avril 2002
FAMILLE MANSOIBOU
15, Rue Néoule Villecroze
Les Oliviers Bât E6 Appt173
A L’ATTENTION DU CITOYEN
13013 MARSEILLE France
COMORIEN ET FRANCOCOMORIEN
E-Mail :
karihila.karizombo@free.fr
Ou
mansoibou.mohamed@free.fr
Objet :
Devoir de Mémoire et de Vérité
Que la paix soit sur celui qui cherche le sentier droit !
Monsieur, Madame, nos chers compatriotes, comoriens et
franco-comoriens et citoyens du monde, chers internautes de tout horizon, épris
de paix, de justice, de fraternité véritable et surtout qui sont
convaincus qu’après cette vie, chacun aura à rendre compte de sa foi inséparable de ses
œuvres bien entendu, nous nous permettons de vous adresser cette lettre, à
la fois de mémoire, de témoignage, de positionnement, d’indignation, de
dénonciation mais aussi et surtout de soucis de vérité.
Conscients de l’état catastrophique et démoniaque dans lequel
ce monde sans foi ni loi évolue, notre volonté ou vocation, n’est
pas d’envenimer ou attiser la haine entre les personnes ou les
localités. Au contraire, artisan de paix depuis toujours, nous réaffirmons
notre détermination d’agir dans ce sens où la bonté, la tolérance,
le pardon, la justice, l’honnêteté, bref la fraternité sont en symbiose et
sont donc inséparables. Par contre, nous nous opposons à la lâcheté, à
la caricature, au mensonge, aux injustices et à toutes les mesquineries
inadmissibles.
C’est pourquoi, nous commençons, par soucis d’objectivité, de rappeler ce qui a dû motiver notre intervention d’aujourd’hui.
En effet, c’était le mois d’Août 1996, au Nord de la
Grande-Comores qu’une finale de match de football, qui opposa deux équipes,
de deux villages voisins Hantsidzi Mboinkou et Chezani Mboinkou, a
dégénéré en conflit entre supporters, ce qui entraîna l’arrêt du match,
plus tôt que prévu.
Mais après, un bref instant, le temps que chacun a pu regagner
son village, et selon la version chezanienne, une rumeur,
rapportée par une personne étrangère aux deux villages, selon laquelle au moins
une personne de Chezani fut abattue à mort et laissée au stade et
cette dernière se moqua des jeunes de ce village, en les qualifiant
de « bandes de vaut rien et de fainéants ». Certes, deux personnes étaient
grièvement blessées, mais pas mortes, contrairement à la rumeur. Hélas,
cette fausse rumeur non vérifiée avant toute démarche ou action, a causé
l’irréparable.
Puisque quelques instants après, les jeunes de Chezani se sont transformés en sanguinaires et ont fini par tuer, à sang
froid, quatre personnes innocentes de Hantsidzi, étrangères, même au match. C’est ainsi, que nous pouvons résumer, l’horreur d’Août 1996.
Mais par soucis d’objectivité, nous rappelons que Hantsidzi
dément la version rapportée ci-dessus. Car, ce dernier affirme, sans
aucune preuve tangible, que le match n’était qu’un prétexte, mais d’après ce
village de Hantsidzi, le village de Chezani aurait organisé un complot
pour assassiner et ses intellectuels et cadres et ses villageois.
De telles accusations graves, compréhensibles peut être devant
l’horreur et l’émotion du choc du moment, avaient conduit,
malheureusement, et l’Etat comorien de l’époque et la notabilité comorienne,
notamment celle de la Grande-Comores, et le comorien en général, a accepté ces allégations et délires du village de Hantsidzi.
Par conséquent, la notabilité comorienne et le gouvernement comorien décidèrent de bannir le village « coupable » de
Chezani, par un embargo traditionnel et administratif durant des mois. Et
d’ailleurs jusqu’à nos jours, ce village qui fut le chef lieu (sorte de capitale
locale) de cette région de Mboinkou lui fut retiré.
Certes, devant de tels crimes horribles, on était plus que confondu, déconcerté et abasourdi, indigné, mais en même temps, étonné et choqué de voir la réaction du pays, d’accepter d’entériner de telles fausses accusations, sans objectivité et surtout ne pas mesurer leurs portées, à l’avenir.
C’est pourquoi, nous autres, avions décider de nous adresser
au Chef d’Etat comorien de l’époque, à savoir, le défunt
M.MOHAMED TAKI, à prendre ses responsabilités, en la matière, sans parti pris.
Nous avions demandé, comme n’importe quel citoyen honnête, devrait le
faire, que la justice soit faite, sans que le village de Chezani soit accusé
d’ASSASSIN ou d’avoir préparé un COMPLOT. Car s’il est vrai que les
criminels sont originaires du village de Chezani, imputer ce dernier d’avoir
prémédité ces actes, sans aucune preuve, est un crime sans précédent.
Malheureusement, le président de l’époque ne nous a pas
écouté, et le comble c’est qu’après le jugement, des coupables réels ou
supposés, dont l’un d’eux surnommé, Robin fut exécuté, ces coupables sont
libérés, sans que les condamnations soient purgées, par corruption encore
une fois de la justice comorienne. Autre élément très important, à
rappeler, est que le village de Chezani souhaita prendre à témoin, Dieu le très
haut ainsi que sa Parole à savoir le Coran, afin de s’innocenter des
mensonges portées sur lui, ce que et l’Etat comorien et la notabilité comorienne
leur fut catégoriquement, refusé et interdit. Etrange, pour un pays qui
se considère croyant avec ses citoyens à 100% et qui refuse de
faire appel à la foi, en cas de nécessité. Car, il est sage d’expliquer que
la démarche ne consista pas à nier les faits des jeunes criminels de Chezani,
vous l’avez bien compris, mais de nier les accusations selon lesquelles un « COMPLOT » aurait été organisé et exécuté. Ce qui n’a pas
empêché d’organiser ce témoignage, ici à Marseille, malgré
l’intolérance et le refus même de la notabilité comorienne de Marseille.
Oui, on peut affirmer, sans doute, que l’être humain, par
orgueil et inconscience préfère la plupart du temps vivre dans le
mensonge, le sensationnel, la rumeur, l’hypocrisie, la simplification
honteuse, ce qui n’échappe, malheureusement pas au porteur de foi
d’aujourd’hui.
Pourtant, son Seigneur, le très haut, l’a mis en garde et ne
cesse de lui rappeler avec insistance, dans le dernier testament (Coran) de
ne pas fléchir devant la justice et que « l’humanité est en perdition
sauf ceux qui croient, font de bonnes œuvres, s’encouragent mutuellement à
la vérité et à la persévérance » a-t-Il conclu, à Lui Gloire et Bonté.
Entre temps des tractations de réconciliations tentées ici ou
là n’ont pas abouti, entre ces deux village voisins, car pour
celui qui a vu enterrer ses martyrs (Hantsidzi), il n’était pas question de se
réconcilier avec l’autre village « coupable » (Chezani), avant que quatre
personnes ne soient pas mises à mort.
C’est pourquoi, au cours d’une commémoration en l’honneur des martyrs de 1996, en Août 2000, donc quatre ans après
l’irréparable crime de 1996, le village de Hantsidzi, réitéra avec fermeté leurs
allégations du « COMPLOT » et conclut que seul le sang coulé de quatre
personnes de Chezani pouvait fléchir leur position et enfin entamer une
réconciliation.
Puisque « MAN QATLA QUTILA », c’est à dire « Celui qui a tué
doit être tué », un des orateur théoricien de l’ « Islam », réaffirma
avec force et conviction. Mais ce qui n’a pas été expliqué, lors de ce
mémoire, envers les victimes martyrs, si cela signifie que chacun de nous doit
se prétendre, juge et exécutant à la fois, du moment qu’on accuse un tiers
de meurtre ou forfait quelconque, n’en parlons plus s’il s’agit d’un
village entier, sans que des preuves concrètes puissent être établies et vérifiées.
Là, nous sommes en présence d’un visage de l’ « Islam » qui encourage,
l’anarchie et l’obscurantisme, donc la disparition de l’Etat tout
simplement.
Moins d’une année après cette commémoration et tribunal à la
fois, le 28 Avril 2001, un crime inouï est accompli par un groupe de
personnes originaires de Hantsidzi, quatre personnes, innocentes, de
chezani cette fois-ci sont égorgées, comme des moutons, après deux
embuscades tendues. Inutile de rappeler l’horreur et l’ampleur, on a,
tout simplement,compris qu’une soi-disant « vengeance, règlement de compte ou revanche » vient d’être accompli. C’est un crime Prémédité, minutieusement préparé, et exécuté par le village de Hantsidzi,
par ladite logique absurde de se substituer à la justice de leur pays.
Confondus, indignés par de telles attitudes et horreurs, nous
nous sommes déjà exprimés, dès le mois de Mai 2001, en adressant
une lettre ouverte au village de Chezani, ainsi que ses cadres, dont nous
sommes originaires, suivi d’un deuxième dossier à l’intention du
citoyen comorien et franco-comorien, de la presse et d’un troisième à l’Etat
comorien et pour ceux et celles qui sont intéressés auront l’occasion de
lire ce dossier complet(1996-2001), réactualisé sur le site « Habari » ( http://fr.groups.yahoo.com/group/habari/
messages n°20913 ou 20914 du 21 Avril 2002. Et surtout sur Mwezinet sur ses pages
Politique, sous la rubrique Opinion : Dossier Complet de MANSOIBOU Mohamed :
www.comores-online.com
pour le moment.
Ayant, un frère parmi les martyrs, cela ne nous a pas empêché,
de réagir d’une façon digne et conforme à notre foi islamique et
citoyenne.
Demain, dimanche 28 Avril 2002, fera une année entière que
cette barbarie incroyable est commise, sans que nous puissions
savoir, à l’heure actuelle, où en est l’état de l’enquête ni savoir quand est-ce
qu’un jugement probable aura lieu, mais l’enquête suit son cours
nous dit-on.
Cependant, nous réaffirmons que seule la justice comorienne
est habilitée à juger et l’Etat comorien doit veiller pour que la lumière
puisse être faite sur cette tragédie de la honte et indigne d’un pays
respectueux de la dignité humaine.
La tradition comorienne doit s’écarter des conflits et laisser la place à la justice, sinon que ses supporters se spécialisent en la matière pour qu’ils puissent être nommés
juges et rendre des jugements justes ou corrompus.
C’est pourquoi nous nous désolidarisons de la réconciliation, hypocrite de pacotille et de bouche cousue réalisée, dans une
opacité incroyable et par intimidation honteuse, par la notabilité de
la grande comore, sans que le village de Hantsidzi se soit manifesté
clairement et officiellement, si
oui ou non,
il est derrière ces crimes abominables.
Se manifester signifie qu’il prend, en
tant que village, à témoin la parole sacrée de Dieu (le Coran), et par Son
Nom, « en appelant à la malédiction divine » s’il était au courrant de cette
horreur du 28 Avril 2001. Sinon qu’il avoue sa faute d’avoir organisé des
meurtres ou assassinats, par prétention absurde de « vengeance ».
Sans cela,
nous autres, parents de victimes, dénonçons de telles mascarades de
réconciliation : Encore une fois
la notabilité comorienne préfère l’hypocrisie et le mensonge, au lieu de tirer
les conséquences du drame de 1996 et réparer leurs erreurs de l’époque.
Nous espérons que l’Etat comorien ne leur
emboîtera pas le pas, en tombant dans la mesquinerie honteuse, la caricature
et la simplification.
Ainsi, nous n’acceptons pas cette pseudo réconciliation
faite, il y a trois mois à peine dans la contrainte entre les deux village Hanstidzi et Chezani. C’est juste permettre à ces deux villages de participer
aux traditions illogiques comoriennes; puisque, le village de Chezani, par ses
villageois, laisse entendre cette position hypocrite.
C’est pourquoi, il est du devoir de tout citoyen honnête
d’appeler à une vraie réconciliation de cœur, de pardon, d’amour, de respect
et de vérité. Ce qui nécessite une position claire du village de Hantsidzi,
comme nous l’avons expliqué ci-dessus. Ce qui permettra à la justice
comorienne de travailler comme il se doit. Sinon, notre foi nous interpelle
d’être ferme, car les demi-vérités sont encore pires qu’autres choses.
Si le citoyen comorien et franco-comorien et la notabilité de
la Grande-Comore ne veulent pas assumer leur responsabilité, ni réparer leurs
erreurs de 1996, nous familles des victimes leur rendrons responsables, devant
Dieu, le Très Haut, de toutes conséquences ou débordements qui continueront à
être engendré par ce conflit. De notre côté, tout en restant confiants,
sereins et derrière la justice comorienne, même si sa corruption est plus que
notoire, nous appelons à tout citoyen, plus particulièrement de Chezani, de
laisser toute haine et rancœur envers qui conque. Que ce citoyen sache qu’on
ne peut pas vivre dans l’anarchie, seul la justice du pays doit travailler et
lui rendre responsables de ses verdicts. Ce qui ne nous empêchera pas de faire
appel, à ses jugements, s’ils s’avèrent infondés et injustes. Cette position
est proche de notre foi islamique et humaine que nous prétendons confesser,
avec fanfaron, sans outre mesure et conscience. C’est aussi un appel à tout un
chacun, lors de tout litige quelconque avec autrui : C’est inadmissible et
inacceptable que le citoyen ose s’autoproclamer juge et exécutant de
sanctions.
C’est aussi un vibre appel, au citoyen de Chezani et de tout
citoyen comorien et franco-comorien, de rejeter cette pseudo-réconciliation
afin qu’une vraie réconciliation juste et respectueuse de la vérité soit
privilégiée et négociée.
C’est appel va également à l’Etat comorien, donc à sa justice
de faire en sorte que l’équité soit la mesure. Que chacun sache qu’il aura à
rendre compte devant l’Omniscient; cela ne sert à rien de se rabaisser, en
étant injuste et partial.
Enfin, nous invoquons Allah (Dieu) de pardonner les victimes
martyrs de 1996 et ceux de 2001, qu’Il leur accorde le paradis le plus haut(firdawse)
Âmîne. Qu’ils reposent en paix. Puisqu’ils sont abattus sans qu’ils ne soient
reprochés d’un forfait quelconque. Nos invocations consistent à demander à
Dieu, le très haut, de nous aider à rester dans son sentier droit dans lequel
la foi vivante et agissante, la justice, le pardon méritant et demandé
honnêtement, le respect mutuel, la solidarité envers la dignité humaine
quelque soit l’origine, la mise en œuvre du bel agir selon les moyens à bord,
sont inséparables. Nous Lui invoquons de nous assister sur ces actions afin
que nous puissions mériter Son Agrément. Que ces tragédies obscurantistes, de
haine, de traîtrise, de bassesse disparaissent à jamais au sein du peuple
comorien, et au sein de tout peuple, qui aspire à la mansuétude, au progrès, à
la fraternité véritable et à la solidarité, sans exploitation des plus
faibles, mais aussi à une vraie foi, consciente et citoyenne, sans contrainte,
de note Seigneur.
Enfin, en attendant vos réactions et contributions envers « ce Devoir de Mémoire et de
Vérité », nous demandons à Allah de
bénir le dernier des envoyés (le Prophète Muhammad), sa famille, ses
compagnons de lutte, ainsi que toute personne qui s’efforce de suivre sa
guidance, par le bien, jusqu’au jour ultime. Jour pour lequel les richesses
entassées injustement, les enfants et les parures de ce bas-monde n’auront
d’aucune utilité sauf pour celui qui se présentera devant son Seigneur avec un
cœur sain purifié des bêtises humaines et absurdes sous toutes ses formes.
Ainsi, nous vous souhaitons les salâmes et barakats d’Allah et
en Lui, nous mettons notre confiance.
M.Mohamed
AU
NOM D’ALLAH CELUI QUI FAIT MISERICORDE
LE
TRES MISERICORDIEUX
Enfants
MANSOIBOU
Marseille,
le 22 juillet 2001
Marseille France
Siège
15, Rue Néoule Villecroze
Les Oliviers Bât.E6
13013 Marseille
[ Nous rappelons que cette lettre a été adressée à l’Etat ;
on a juste
corrigé quelques fautes d’orthographe et par témoignage, nous vous l’adressons.
Un résumé à l’intention du public sera le bien venu.]
A
MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
ISLAMIQUE DES COMORES
MONSIEUR ASSOUMANI AZALI
Objet :
Réaction face à l’horreur
P.J :
3 documents
Monsieur Le Président de la République,
Suite
à la barbarie, incroyable, commise dans la région de M’boinkou, le 28
avril 2001, suite à laquelle notre propre frère compte parmi les martyrs,
nous estimons nécessaire de vous soumettre, en tant que premier citoyen du
pays, chef d’état et garant des institutions, ainsi que votre gouvernement,
le triple document ci-joint : travail sérieux, rigoureux, courageux,
objectif et impartial de notre petit frère ; pour l’étudier sérieusement
et sereinement et le cas échéant, tirer les leçons qui s’imposent.
Nous rappelons, cependant, qu’il n’y
a aucune haine envers personne, ni chercher à l’attiser, nous exigeons,
seulement que la justice comorienne fasse bien son travail dans la
transparence la plus totalement équitable, sans parti pris donc, sur cette
affaire très gravissime.
Et nous sommes, par ailleurs, indignés
d’apprendre, déjà, une conclusion de la justice, qu’il faudra revoir et
corriger, qui prétend réduire cette horreur à une simple affaire entre
individus, comme en 1996.Une telle conclusion, déjà rendue publique par le
substitut du procureur est, non seulement grave, inacceptable, irresponsable
et dénie tout respect à la mémoire des victimes, mais ne va pas non plus
aider, en aucun moment, à la réconciliation véritable entre ces deux
villages Hantsidzi et Chezani ; puisque, nous constatons, malheureusement
là, une volonté d’étouffer la vérité soit par inconscience réductionniste
ou par intérêt égoïstement nationaliste. Alors que, tout le monde, sans
aucun mystère, est conscient et même, bien au courant, que ces crimes
abominables sont l’œuvre du village de Hantdidzi par prétention absurde de
« vengeance », suite à la sauvagerie, spontanée mais non préméditée,
commise envers des martyrs innocents en août
1996.
S’il
est vrai, qu’il soit possible de trouver quelques personnes, rares
certainement, de Hantsidzi, qui ne soient pas impliquées, de près ou de
loin, sur cette horreur, minutieusement préparée depuis longtemps, comme
vous l’avez signalé vous-même, Monsieur le Président ; ce n’est
pas une raison de vouloir camoufler la vérité, dans l’espoir d’obtenir
des résultats satisfaisants, en matière d’entente et de réconciliation
notamment. De tels objectifs ne seront, jamais, atteints, si les demi-vérités,
plus dangereuses qu’autre chose, sont l’apanage de la justice et de la
société.
C’est pourquoi, nous vous demandons
avec la bénédiction de l’équipe gouvernementale, de veiller au bon
fonctionnement de la justice, ainsi que sa transparence, afin qu’aucune
manipulation ne puisse pas s’introduire encore, et faire avorter la vérité.
Car, s’il est vrai, aussi, que notre foi islamique est celle de
la tolérance, de l’amour du prochain, de la magnanimité ; elle est
aussi celle du respect de la justice, de la vérité, de la probité
intellectuelle, de l’objectivité, de l’équité sans complaisance et de
la rigueur ; elle est, par contre l’ennemie de la lâcheté, de la
rumeur, de la simplification honteuse et de la caricature. Comme, elle aime,
également la réconciliation, l’entente, le pardon ; ce qui suppose,
au préalable un jugement équitable à travers lequel, sera reconnu et les
coupables, ainsi que leurs complices actifs et passifs, et la gravité
effective du crime plus essentiellement ; nous exigeons, naturellement, que
toute la lumière soit faite sur cette honteuse tragédie, du 28 avril 2001 ;
et qu’aucune piste ne soit négligée.
Au
cas où le village de Hantsidzi n’opterait pas pour la coopération de la
justice, pour pouvoir mieux établir la vérité, et qu’il soit difficile de
mettre sur pied les preuves concrètes de leur complicité (en tant que
village), complicité contestée par personne sauf étrangement, en apparence
peut être, par la justice comorienne ; nous proposons d’avance et en
dernier recours, qu’il (en tant que village représenté par les soit disant
responsables notables) puisse recourir à la parole d’ALLAH, soubhanahou wa
ta’alah, par un jurement solennel en Son Nom, qu’il était étranger, de
loin ou de près, à ce complot abject et nauséabond du 28 avril 2001.
Sinon qu’il reconnaisse
leur complicité, ainsi que la gravité de l’horreur ; ce qui devra
traduire les coupables actifs avec les cerveaux de cette opération odieuse
sans précédant, à assumer leurs actes ignobles et permettre au village de
Hantsidzi de se faire pardonner pour leur participation passivement grave et
bien entendu ouvrir les portes d’une vraie réconciliation entre les deux
villages voisins.
Nous
jugeons utile de rappeler, comme l’a très bien fait notre frère dans son
dossier ci-joint, que cette horreur, du 28 avril 2001, n’a pu avoir cette
organisation incroyable avec son exécution déconcertante, sans remord de
leurs auteurs, que parce que le drame d’août 1996 et l’état de l’époque
et la notabilité comorienne, plus particulièrement celle de Ngazidja, et le
peuple comorien, sauf exception d’une très fine, peureuse minorité, de
citoyens, se sont comportés d’une façon irresponsable par inconscience ou
par intérêt égoïste et partisan en acceptant de porter la responsabilité
au village de Chezani, par manipulation consciente du village de Hantsidzi, à
propos de ces atrocités odieuses de 1996.
En
vous souhaitant le salut et la paix d’ALLAH, soubhanahouwata’alah, ainsi
qu’une lecture et méditation sincère des trois messages ci-joints ;
Veuillez
agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de
nos sentiments, respectueusement, distingués.
Les
enfants MANSOIBOU
Représentés
par leur petit frère
AU NOM D’ALLAH CELUI QUI FAIT MISERICORDE
LE TRES MISERICORDIEUX
MANSOIBOU Mohamed
Marseille, le 15 juillet 2001
15,Rue Néoule
Villecroze Les Oliviers Bât E6
13013 MARSEILLE
LETTRE
INTRODUCTRICE A L’INTENTION :
-
De la presse comorienne et franco-comorienne
-
Du citoyen comorien et franco-comorien
Monsieur, Madame
Oh ! ALLAH, je témoigne
qu’il n’y a pas d’autre divinité, qui mérite d’être adorée, aimée
et chérie hormis Toi, Seigneur sans associé et j’atteste que MOUHAMMED est
ton dernier RASSOUL(prophète et messager), envoyé à l’humanité entière.
Oh ! ALLAH, béni le RASSOUL MOUHAMMED, sa famille, ses compagnons ainsi
que toute personne qui s’efforce, sincèrement, à suivre sa guidance orientée
par Ta Volonté, jusqu’au jour ultime. Jour pour lequel ni richesses, ni
enfants, ni pouvoir éphémères et injustes n’auront d’aucune utilité
sauf pour celui qui se présentera avec un cœur sain, purifié de toutes les
bassesses de ce bas-monde. C’est à dire, qu’après son credo, naturel, en
Toi, ALLAH, Soubhanahou wa ta’alah, met en œuvre, toujours, le bel agir, même
modestement, selon les moyens de bord qu’il dispose,
déploie, constamment, ses efforts à rechercher la vérité, la
justice et à les défendre, de fois au prix de mettre sa vie en péril; et
enfin n’aménage, jamais son énergie pour rester patient, sans fléchir,
face aux épreuves qu’il aura à endurer envers les tyrans et ses suppôts
de ce monde.
L’objet
de ce préambule est essentiellement de vous demander, fortement, à lire,
avec attention et méditation sincère, les deux documents ci-joints :
-
Ma lettre ouverte(adressée aux cadres et habitants de
Chezani M’boinkou)
-
Mon témoignage de 1996(lettre qui a été adressée à
l’ancien chef d’état, défunt, des Comores)
Et recevoir votre jugement
objectif et impartial, si ce n’est pas trop demander, sera d’une grande
utilité pour le débat démocratique aux Comores, me semble-t-il, gage de
l’avenir d’un pays digne de ce nom.
Naturellement,
si vous êtes la presse, comorienne ou franco-comorienne, je vous serais très
reconnaissant de bien vouloir en publier un résumé exhaustif de ces deux
messages, dans un premier temps.
Par
la suite et dans un second temps, je serais très honoré de vous voir, en
complément de votre journal (écrit), permettre leur publication entière,
avec ma contribution, modeste soit-elle. Si c’est affirmatif, ayez
l’amabilité de me contacter afin d’étudier ou de me préciser, les
modalités d’une telle participation. Ainsi, un grand nombre de nos
concitoyens, comoriens et franco-comoriens, pourra avoir accès, largement, à
ce dossier, qui se veut objectif et impartial. Ce qui engendrera, nécessairement,
réflexions et critiques, je l’espère, dans l’amour et la fraternité,
pour le bien de tous.
Cependant,
qu’il me soit permis de signaler que le vrai ennemi des Comores,
d’ailleurs de tout pays, qu’on doit combattre de toute urgence, peut avant
tout se résumer à l’ignorance, à l’inconscience, au nationalisme
radical et sectaire, à la mauvaise foi, à l’égoïsme, à l’hypocrisie,
etc.; ce qui produit, effectivement et malheureusement, l’injustice, la
corruption sous toutes ses formes, la violence aveugle et toute forme de
mesquinerie inadmissible. C’est pourquoi, j’affirme qu’une révolution
endogène, au sens noble du terme, doit être opérée, c’est à dire un
vrai sursaut de conscience, de tout un chacun, est à inciter et à
ressusciter aux Comores, pour que chaque citoyen comorien et comorienne puisse
se sentir responsable de la destinée de son pays. Ainsi, il ou elle, pourra
assumer sa fonction de pasteur, à son niveau, comme il se doit.
Je
pense, sérieusement, que le temps est venu où toute personne, bien
consciencieuse et intentionnée, doit comprendre que le changement ne sera,
jamais, au rendez-vous que si on s’intéresse à la base, pour la former, la
reformer et l’informer objectivement, afin qu’elle puisse prendre
conscience à son tour, que c’est par sa position responsable et son action
effective, que les autorités pourront se reformer pour mieux diriger le pays,
sainement. Mieux encore, que c’est par son choix démocratique que le pays
se donnera les autorités que les citoyens et citoyennes voudront bien élire
dans la transparence.
Or, il n’y a pas de choix, démocratiquement responsable,
sans instruction, ni conscience, ni maturité de la masse; sauf à verser dans
une mascarade de pseudo-démocratie où seule la loi du plus fort, que ce soit
en argent ou en pseudo-notoriété ou autre, aura, toujours, raison et où
toute dignité humaine n’a pas droit de cité.
D’aucuns,
rétorqueront que c’est la raison pour laquelle, on doit mettre la pression
sur les autorités, pour que l’état de droit puisse être effectif, auquel
cas et l’éducation et les réformes nécessaires pourront être mis en œuvre.
Ainsi la masse en profitera,
suffisamment, pour développer son esprit critique et assurer sa fonction de
citoyen(ne) digne de ce nom. Ce qui est, honnêtement, l’idéal, mais on
n’oublie très vite qu’une telle pression doit être responsable et mûre
pour que, justement la masse ne puisse pas être manipulée, par les esprits
malveillants aux buts, égoïstement non avoués, et par suite s’écarter de
l’objectif, noble, qui est l’établissement
de l’état de droit au pays. Vous conviendrez, avec moi, que c’est
exactement ce qui s’est passé lors de la sécession de l’île d’Anjouan:
manipulation de la masse, sous prétexte de revendications légitimes des
droits, par une minorité de pseudo-responsables immatures et profitant, évidemment,
d’une triple crise politique, économique et sociale ou plus exactement à
l’état de non droit, pour lancer leur sale besogne. Au bout des courses, on
s’est détourné, complètement, de l’objectif premier, qui est la
revendication légitime de la mise en œuvre d’une politique justement
salutaire pour tous les citoyens des îles Comores, à une visée
obscurantiste et vous connaissez la suite de la chanson, sans ignorer
l’impasse dans lequel le pays est plongé.
Doit- on désormais:
-
S’attaquer prioritairement, au rétablissement
de l’état de droit, donc à mettre le rouleau compresseur en marche, pour
exiger à l’Etat amputé de changer sa politique inique?
-
Ou s’attaquer, d’abord, au
problème du séparatisme avéré, pour sauver l’intégrité nationale des
trois îles au moins ?
-
Ou plutôt, s’attaquer, aux deux,
casse têtes simultanément, eu égard, la fragilité de l’état et de ses
citoyens, qui avaient, même ont jusqu’alors, du mal à discerner ces deux
problèmes diamétralement opposés ?
C’est
une trilogie de questions que les ténors du pays auraient pu se poser et
tenter d’apporter des réponses. Ce qui est toujours d’actualité,
puisqu’une réconciliation qui a du mal à se concrétiser est à l’étude.
Observons, tout de même, que cette élite, politique surtout ou même
apolitique, n’avait pas su expliquer clairement au peuple comorien, qu’il
est possible de s’opposer, farouchement, à un état injuste sans pour
autant, mettre en cause l’intégrité nationale de son pays. Autrement dit,
une fois qu’il s’était avéré, en 1997-1998, que le mouvement militant
anjouanais avait changé ses objectifs idéaux, pour verser dans le séparatisme
rétrograde, la politique de l’autruche et les petits calculs politiciens
n’étaient pas permis. Seul le problème national aurait pu être au premier
plan des préoccupations des élites pour mieux conscientiser le peuple d’un
tel danger, tout en restant critique envers la politique de l’Etat, considérée
arbitraire et injuste. Ce qui doit être la règle pour une élite bien éclairée
et honnête: pas question
de cautionner un état inique, encore moins d’accepter un morcellement du
pays.
Malheureusement,
cette démarche, simple mais scientifique ou islamique, a été écartée, au
profit d’autres faux calculs et le résultat est amère: pas d’état de
droit doublé d’un séparatisme prononcé et morcelé. Puisque sur l’île
d’Anjouan, il y a au moins deux courants contradictoires pour le séparatisme
et certainement un troisième pour l’intégrité nationale, ce dernier muselé
sans aucun doute en l’absence d’un climat démocratique sur l’île. Ce
qui constitue une contradiction, gravissime, puisque le mouvement prétendait
lutter contre la dictature du pouvoir central, sans pouvoir incarner cet
esprit démocratique, une fois qu’il s’était rendu maître incontesté de
l’île. Profitant, incontestablement, de l’ignorance et de
l’inconscience de la population anjouanaise, confrontée aux multiples
difficultés économiques et sociales, comme les autres citoyens des deux îles
sœurs, lié effectivement à une mauvaise gestion de l’Etat central injuste
et dictatorial, l’élite de ce mouvement anjouanais avait fini donc par
poser un faux problème, pour un combat injuste digne d’une époque révolu,
sans que la population se rende compte et mesure la gravité d’un tel détournement
de la vraie lutte à mener.
Puisque
jusqu’à preuve du contraire, les Comores est un archipel constitué de
quatre îles (Maoré, Ndzouani, M’moili et Ngazidja) , même si l’état
français, par injustice honteuse et irresponsabilité, qu’il payera
inexorablement un jour, continue à dénier ce droit inébranlable au peuple
comorien, brandissant, à la fois son droit de veto aux instances
internationales et un soi-disant droit absolu, conférant aux seuls résidants
de l’île de Maoré (Mayotte) (une partie de la population comorienne) à se
prononcer sur son statut, sans que les autres citoyens de ce jeune pays,
fragilement rongé par une corruption incroyable, aient le droit à la moindre
parole. On doit donner un coup de chapeaux à ces autorités françaises, qui
prétendent représenter un pays, qui ose, tous les jours si ce n’est pas
toutes les secondes, donner de leçon, en matière de droits de l’homme, de
liberté, de fraternité, d’égalité, de justice, d’humanisme bref de démocratie,
à l’humanité entière. Bien que, je sois un citoyen français sans
complexe, par choix volontaire, car son triple credo, de liberté, de
fraternité et d’égalité, me convient très bien et en tant que citoyen
responsable, je n’ai pas à cautionner les injustices de telles autorités,
qui prétendent me représenter.
Au
contraire, j’ai à dénoncer objectivement et à condamner toute décision
et action injustes d’où qu’elles viennent, raison pour laquelle je ne
peux pas être indifférent aux problèmes de l’humanité d’une façon générale
et de mes deux pays en particulier(la France et les Comores).
Parce
que, au lieu que la France, à travers ses autorités, en tant qu’ancienne
colonisatrice des îles Comores, étudie sérieusement et sereinement avec ce
jeune Etat comorien des modalités réalistes, sans frustrer ni brusquer la
population maoraise, pour l’intégration effective de l’île dans son
giron légitimement national, et ainsi espérer réparer son passé colonial
en vers ce pays, par exemple, a choisi d’humilier ce pays sans défense,
dans l’indifférence totale de la scène internationale, des intellectuels
français et même comoriens, en utilisant une triple pseudo-démocratie:votes
maorais, celui du sénat et du parlement français.
Comme si ces trois pouvoirs ont une légitimité objective et entière sur
cette terre comorienne, sans même consulter au préalable l’autre pouvoir légitime
et majoritaire des Comores. Il paraît même, sans que je puisse justifier ce
point précis, que lors de la sécession de l’île d’Anjouan, les autorités
françaises ont contribué à l’enlisement de la situation pour mieux déstabiliser
l’Etat comorien, une façon, certes étrangement honteuse d’opérer, mais
efficace pour montrer à l’humanité, que ce pays, les Comores, même après
plus de vingt ans d’indépendance, a été incapable de gérer ses trois îles,
n’en parlons plus du quatrième. Cela est très indigne d’un pays qui se
veut démocratique dans sa cité
mais se comportant injuste et dictatorial en dehors de ses frontières. Car
s’il est vrai que les autorités comoriennes se sont montrées
irresponsables et immatures durant plusieurs années, il est du devoir de l’état
français d’accompagner, par une coopération responsable et respectueuse,
dans la maturation et la démocratisation de ce pays, notamment en
faisant pression, sur les dites autorités des îles, pour que l’état de
droit puisse se rétablir et qu’une politique à visage humaine soit appliquée.
En outre, veiller à rectifier les erreurs commises, en 1975, lors de l’indépendance
de ce pays, profitant de son impérialisme colonial, la France avait fait
profil bas, en prétextant valider un vote partiel de chaque îles et non
global du pays. C’est une faute grave, qui reste à réparer, même si les
autorités françaises font la sourde oreille, en jouant avec le temps et
l’inconscience des comoriens et de la scène internationale. Pourtant comme
l’a, très bien, dit l’auteur africain Sembène OUSMAN, « La vérité
est le soleil et la panse de la main ne peut, pas l’empêcher »,
un jour ou l’autre, la vérité éclatera et chacun doit se tenir prêt à
assumer, pleinement, les conséquences de ses œuvres.
Par
contre, une question reste entière sur la question de l’île comorienne de
Maoré, restée sur le giron de l’Etat français: Doit-on continuer, en dépit
de la réalité comorienne d’aujourd’hui, à la réclamer d’une façon
binaire(c’est à dire intégration immédiate et inconditionnelle pour les
indépendantistes; devenir un département français, comme semble le
confirmer l’Etat français, pour les autres), comme aux années 75-90? Ou
une troisième voie, dite alternative, peut être emprunter et encourager,
pour l’intérêt de ce jeune
Etat comorien et de sa population?
Pour être, pragmatique et réaliste,
je suis persuadé qu’on n’a pas d’autre choix, actuellement, que cette
dernière voie alternative, ou bien entendu, il n’est pas question de mettre
en cause le statut comorien de l’île maoraise, à moins que tous les
comoriens décident autrement. Car si en tant qu’être humain, j’ai le
choix et le droit d’opter n’importe quelle nationalité d’un pays qui
l’accepte, mais en aucun cas, de m’octroyer un droit absolu, de parler au
nom de ce pays. J’ai juste le droit, comme chaque citoyen, d’apporter ma
voix et ma contribution, c’est à dire le droit de pouvoir proposer des vues
qui seront acceptées ou rejetées, librement, par la majorité des
concitoyens. Encore, faut-il que ce peuple soit conscient, pour le faire.
C’est
pourquoi, je pense, que la vraie question n’est pas tant l’intégration de
l’île maoraise au sein des îles sœurs des Comores, ce qui n’est contesté
par personne, sauf par l’injustice flagrante de l’Etat français appuyée
par les soi-disant ténors maorais avec la bénédiction, certes inconsciente
d’une majorité de résidants de l’île; mais, elle doit se porter,
surtout, sur l’étude des modalités réalistes d’une telle intégration
après vingt-six ans d’indépendance où on a tout vu sauf la construction
du pays. Cela est possible, si on est objectif et sincère, on a vu de tels
exemples dans le passé. Le dernier en date est l’île de HongKong, à mon
sens des options similaires peuvent être proposées et discutées. Et à
terme l’île maoraise pourra rejoindre, dans la dignité et la douceur, les
trois îles sœurs comoriennes, même si on passera par des phases intermédiaires
dans lesquelles on doit rassurer la population maoraise qu’il n’aura ni
esprit mesquin ni revanchard, seuls l’amour, la fraternité et la justice
seront des réalités effectives.
Vous conviendrez, que cela
exige beaucoup de travail et de sacrifice de la part de l’autorité
comorienne et de sa population ainsi que des engagements fermes à prendre
avec, certes, la coopération de l’Etat français, non seulement, à cause
de liens historiques, mais aussi pour des raisons pragmatiques et réalistes
du moment. Le fait qu’il ait l’autorité sur l’île maoraise, si ce
n’est sur les quatre, est suffisant, pour l’objectivité d’une telle
coopération, sans oublier que la citoyenneté, volontaire, franco-comorienne
de beaucoup de personnes, originaires des trois îles, constitue une troisième
raison légitime. Et je crois que ces citoyens franco-comoriens doivent
constituer une passerelle(pont) efficace pour pouvoir pacifier le peuple
comorien, mais aussi être des artisans de poids pour l’avenir de l’île
maoraise au sein des îles Comores. Au moins, de tels citoyens ont le devoir
de rappeler et dénoncer, par fidélité de la devise de leur pays, toute
injustice commise par les autorités qui sont censées les représenter.
Certes,
on est loin d’une telle conception et conscience citoyenne, mais cela ne
doit pas nous empêcher de la développer, peut être un jour elle trouvera
des êtres sensés pour la reformer et l’appliquer, comme il se doit.
Je conclurai sur ce
point, en affirmant que la France d’aujourd’hui, n’a pas non plus,
malheureusement adopter la bonne méthode et attitude, en ce qui concerne ce
dossier comorien de l’île mahoraise et peut être du nouveau séparatisme
anjouanais, et à ce titre, elle mérite toutes nos dénonciations les plus
indignement exprimées. Ces mêmes condamnations vont également aux autres
citoyens français, notamment les intellectuels, qui restent indifférents
face à cette injustice permanente commise envers un pays faible(dernière en
date est le double vote sénat-parlement français qui ose denier le droit
inaliénable, du peuple comorien, de disposer de leur pays entier), pourtant
comme je l’ai expliqué, il existe
une solution de rechange, pour sortir de cette impasse, sans humiliation de
quiconque, pourvu qu’une volonté sérieuse et honnête se manifeste. A
commencer, évidemment, par l’autorité française à reconnaître qu’elle
a eu tort de faire croire, que seule la population résidante de l’île
mahoraise a un droit incontesté de décider, exclusivement, du sort de l’île
mahoraise, en dépit de tout droit international, qui reconnaît l’intégrité
des Comores en quatre îles indivisibles. Et oser lui donner, aujourd’hui
pour une décennie d’expérimentation, paraît-il, le statut de département
français; pour enfin le lui accorder définitivement, après cette période d’essai.
Qu’il
me soit permis d’observer ici, que nous sommes en face d’une autorité
française qui se comporte, comme à l’époque coloniale où juste sa
puissance, militaire, économique et autre, avait droit de cité, mais on
faisait fi ! des droits de l’homme et du reste, à la différence que
d’autres méthodes modernes et sournoises, pour mieux camoufler l’horreur,
sont à l’œuvre. Je ne peux qu’être indigné d’être représenté par
une telle autorité d’un pays, pourtant démocratique et juste dans son
sein, même si cela est discutable dans la mesure où à l’intérieur même
de la France des injustices persistent, peut être liées à d’autres
mentalités qu’on espère abolir un jour, puisque citoyen de ce pays, j’ai
ma contribution à apporter, ce que je fais, à mon niveau et selon mes moyens
et continuerai à agir dans ce sens. Mais en tant que croyant, je dois rester
optimiste car l’histoire nous apprend, mais aussi une formidable promesse du
Créateur, que l’injustice peut, certes durer, mais jamais rester éternelle.
Ce qui devrait-nous à mener à plus de réflexions pour mieux déceler nos
erreurs et les rectifier par conséquent.
Néanmoins, la conscience, comme
je l’ai déjà évoqué, reste la première des priorités dans un pays, ce
qui nécessite, un minimum d’instruction, au bénéfice de ses citoyens.
Et je ne crois pas, qu’aux Comores cette formation, minimale, fasse défaut,
puisque le pays dispose, et dispense difficilement certes, d’une double
instruction dite, religieuse et profane(je n’aime pas employer ces deux
termes, aux connotations chargées), même s’il est difficile, de mesurer
l’impacte d’une telle double éducation, au sein de la masse comorienne;
étant donné, l’imposante force d’une troisième pseudo-éducation, dite
de la notabilité traditionnelle, sans jouer, seulement
aux troubles fêtes, elle constitue une handicape réelle pour l’établissement
d’une société égalitaire et juste.
C’est pourquoi,
j’affirme, également, qu’il est, aussi urgent de se libérer de la
mainmise de cette notabilité, aux décisions arbitraire et injustes et sans
mandat légitime, dont l’influence réelle, sur le terrain, n’est plus à
démontrer.
Seuls, par conséquent,
une conscience solide, un dialogue sérieux et serein, une application
consensuelle et consciente de la triple éducation au prix d’une recherche
minutieuse et assidue, signalée ci-dessus, et enfin un vrai débat démocratique
dans lequel personne ne doit être mise à l’écart, seront à même de
venir à bout de la triple cause, deux internes et le troisième externe, du
mal comorien.
Après
ce long tour d’horizon, qui n’est pas dénué de sens, je l’espère, à
propos de la situation générale des Comores; permettez-moi de vous résumer
certains points essentiels de ma lettre ouverte, qui est en fait l’objet de
cette intervention.
Après
l’horreur du 28 avril 2001, au village de Daradjani M’boinkou, qui a vu le
village de Chezani M’boinkou enterrer ses quatre martyrs, parmi lesquels
figure mon propre grand frère, de sang et de foi, j’ai choisi, comme
d’habitude, une méthode rigoureuse et scientifiquement islamique pour réagir;
qui a fini, naturellement, par
donner, succinctement, les
positions suivantes :
-
Une confiance totale à ALLAH,
soubhanahou wa ta’alah, le Juge par excellence, est à observer;
-
Que la justice de l’Etat
comorien, reconnue, est seule responsable de condamner ou d’innocenter;
en cas d’injustice caractérisée de sa part, on aura juste le droit de la dénoncer
et de faire des recours judiciaires, d’une façon citoyenne car personne
d’autre que l’Etat n’a à rendre des jugements, sauf à vouloir entraîner
son pays dans l’anarchie et l’obscurantisme;
-
Que toute la lumière, sur ces
crimes abominables, soit faite, sans complaisance, ni favoritisme,
ni caricature ni simplification, au moins par respect des martyrs ;
-
Que l’ingérence de la notabilité
comorienne et ses décisions injustes soient désavouées ? et qu’il est
temps que cette pseudo-source de pouvoir s’écarte des affaires judiciaires
et d’autres,
sinon que ses supporters se forment en la matière; ainsi ils auront, au
moins, le mérite d’être qualifiés sur les domaines auxquels ils
souhaitent exercer un pouvoir, d’une façon corrompue ou responsable ;
-
Que j’accuse le peuple comorien
en général, la notabilité comorienne(surtout celle de Ngazidja), et l’état
comorien de 1996 en particulier, de complicité passive, mais
grave ou simple selon les responsabilités, pour la barbarie incroyable
perpétrée ce 28 avril 2001. Pour au moins le fait d’accepter,
volontairement par intérêt égoïstement
partisan et nationaliste pour les uns, et inconsciemment ou par peur de
l’Etat de l’époque pour les autres, de légitimer l’idée selon
laquelle les atrocités ignobles, non préméditées, d’août 1996 avaient
été préparées et exécutées par l’ensemble du village de Chezani. Ce
qui lui a valu, d’ailleurs l’étiquette, inacceptable d’«ASSASSIN ».
Et conforta, dans une manipulation volontaire, « le village de Hantsidzi »,
du moins une bonne parie de sa population, à rester dans une logique absurde
et digne d’une époque barbare très lointainement révolue; et indignement,
sans aucun remord d’aucune sorte, mettre au point l’infamie commise le 28
avril 2001.
Le
reste, je vous laisse le soin de le découvrir, à l’intérieur de mes deux
messages ci-joints avec les explications suffisantes de mes affirmations.
Cependant, je me trouve dans
l’obligation, de dénoncer fermement, l’inconscience qui ne se rend pas
compte qu’elle a déjà du sang dans les mains et qui continue d’en
rajouter : en effet, non satisfait de sa complicité d’aujourd’hui,
le citoyen comorien ou franco-comorien s’emballe, encore et toujours, dans
les mensonges les plus indignes, pour se donner « bonne conscience»
peut être et tenter de justifier l’injustifiable, en osant expliquer à qui
veut l’entendre, que c’est le village de Chezani qui avait corrompu la
justice, pour libérer les personnes reconnues coupables de sauvageries
aveugles en 1996 et même, ce citoyen ajoute, qu’il(ce village) aurait
organisé la fuite à l’extérieur, de certains de ces coupables, en payant
leurs billets. De tels mensonges sont très graves et condamnables, ce n’est
pas dans l’hypocrisie, la rumeur, la mesquinerie et l’absence totale de
toute lucidité impartiale, qu’on pourra reconstruire un pays maladivement
corrompu, dans tous les plans, comme les Comores.
S’il
est vrai qu’on doit regretter, et même dénoncer, les démarches,
irresponsables, des familles de ces personnes reconnues coupables de meurtres
en 1996, pour avoir osé corrompre l’Etat, il n’en reste pas moins qu’on
doit se garder toute raison, d’attribuer gratuitement, cette responsabilité
au village de Chezani. Au clair, seules les autorités, chargées de faire
respecter les peines d’emprisonnements, incombent, largement et de loin une
telle responsabilité.
Encore une nouvelle
manipulation, qui devrait déconcerter tout esprit lucide et honnête, pour
mieux embrouiller les esprits, ainsi on pourra verser dans l’imaginaire et
enfin finir par conclure, sans aucune analyse approfondie et objective des
faits, ce qui est déjà fait d’ailleurs, que c’est normal: on attendait «un
règlement de compte » pour les départager, c’est le cas. On n’a
donc pas à se faire de soucis. Tant qu’on raisonne et on agit dans ce sens,
on peut difficilement entrevoir l’avenir de ce pays en crise d’identité
et de projet idéal de vie pour ses citoyens(nes).
Enfin,
je me permets de formuler mes vœux sincères de voir le citoyen comorien et
franco-comorien se ressaisir et tenter de se réapproprier l’élément
essentiel qu’ALLAH, soubhanahou wa ta’alah, lui ait doté, qui est la
saine raison, afin qu’il puisse assumer sa fonction de gérant responsable
sur ce bas-monde. Une telle charge ne
sera mieux assurée, que si ce citoyen veuille bien reconnaître
l’insuffisance de son intelligence, pour pouvoir mener à bien sa mission,
et accepte, volontairement, de se munir des deux livres que le Créateur,
soubhanahou wa ta’alah, a bien voulu lui révéler, à savoir :
-
Le livre naturel ou
explicite(l’univers) dans le quel
tout être humain est invité à déployer
ses efforts, par sa raison, pour pouvoir déduire les lois de ce cosmos qui
lui seront favorables, ainsi que ses semblables ;
-
Le dernier testament, d’ALLAH,
soubhanahou wa ta’alah, sur terre, c’est à dire le coran, interprété
par son Rassoul, paix et salut d’ALLAH sur lui; à travers lequel le Législateur,
par excellence, aurait défini deux choses très importantes :
·
Le culte, formé par les cinq
piliers de l’Islam, pour lequel,
la règle de
base est l’interdiction,
sauf permission explicite ou implicite du Législateur, même au niveau des dérogations,
rien n’a été laissé au hasard à ce sujet ;
·
Les affaires sociales, le reste de
la vie humaine, pour lesquels
la règle
de
base est la permission, sauf interdiction
explicite du Législateur. Ici par contre, point de détail n’a été fait,
seules des grandes orientations nous sont données pour, à la fois, servir
d’étalon à la raison humaine au fur et à mesure que la société évolue
avec ses changements et ses contradictions et ainsi pouvoir nous éviter de
sombrer en cas d’application exagérée de notre intellect.
Sachons, succinctement
que, sans application cohérente et intelligente
de ses deux sources, la société sera toujours handicapée quelque
part.
Qu’on
le veuille ou non, nous ne sommes pas le produit du hasard, et la logique veut
qu’on se serve de la notice du fabriquant pour mieux se servir de son
invention ; étant la création d’ALLAH, soubhanahou wa ta’alah, nous
sommes dans l’obligation de jeter un coup d’œil dans sa double Notice.
Certes, on peut regretter le manque de dialogue effectif et sérieux entre les
deux détenteurs de la notice, c’est à dire ceux qui tiennent la raison
humaine, la seule faculté de pouvoir diriger ce bas-monde sans aucune
orientation du Créateur, de ceux qui affirment, sans prudence, que tout a été
défini une fois pour toutes et on a juste à appliquer, les yeux fermés, des
recettes miracles et on atterrira « aux meilleurs des mondes». Mais, on
ne doit jamais, rester indifférent et accepter que d’autres tirent de
telles conclusions, sans que chacun de nous ne puisse pas mener une recherche
assidue et indépendante pour arriver à définir les choses et si possible à
infirmer ou confirmer leurs thèses ou même à trouver des points d’équilibres
entre ces deux tendances d’extrêmes.
Quant à nous, nous nous plaçons
dans cette voie alternative dans laquelle ALLAH, soubhanahou wa ta’alah,
demande à tout croyant ferme de se situer, qui est le juste milieux où ni
laxisme ni extrémisme n’ont pas de place. Ce qui nous a permis de définir,
brièvement mais pertinemment l’Islam, dans le paragraphe précédent, où
la symbiose entre foi et raison n’est pas à prouver. Ces deux éléments,
indispensables, pour une vie harmonieuse, sont complémentaires. L’un
c’est la boussole, l’autre la lumière.
En
effet, pendent que la foi fixe le culte et
définit les grandes lignes de la vie et ses objectifs, donc donne la
direction; la raison, de façon complémentaire, vulgarise la connaissance,
expérimente des théories, découvre les lois naturelles, donc permet de
faciliter la vie de l’homme dans tous les plans, en répandant sa lumière.
C’est encore la raison qui va tenter de comprendre la foi et ses objectifs
et pouvoir les mettre en pratique ou les rejeter; ainsi l’homme par sa
raison, aura à rendre compte de sa foi et de ses œuvres, puisqu’il a, bien
en sa disposition la mesure et les instruments, nécessaires, qu’ils lui
permettent d’assumer, sans contrainte, sa fonction de responsable dans la
société. Qu’il soit conscient que sa raison n’est pas la mesure de toute
chose, raison pour laquelle, la révélation lui est nécessaire ainsi que le
commentaire du Rassoul. Cela, bien entendu n’est pas un déshonneur, pour
l’être humain, car au moins, il doit reconnaître, que des choses, comme la
mort, les anges, l’au-delà, le paradis, et je dirais même la notion véritable,
du bien et du mal, lui dépasse
complètement, sans aucune orientation de son Créateur.
Qu’il
réfléchisse donc avant que ce soit trop tard ! Qu’il sache, également,
que les raisons d’état, que certains tyrans de ce monde se servent, pour
assouvir leurs passions égoïstes et commettre les injustices les plus
honteuses, n’ont pas de sens pour le citoyen croyant, qu’il a, par fidélité
à la justice, à démasquer et condamner.
Dans
l’espoir de recevoir une réponse de votre part, je vous souhaite une méditation
sincère et je prie ALLAH, soubhanahou wa ta’alah, de vous accorder la paix
et le salut et en Lui nous devons placer notre confiance.
Marseille, le 20 juillet 2001
AU
NOM D’ALLAH, CELUI QUI FAIT MISERICORDE LE
TRES MISERICORDIEUX
MANSOIBOU Mohamed
Marseille,
le 19 mai 2001
15,
Rue Néoule
Villecroze les Oliviers Bât E6
13013 MARSEILLE
LETTRE
OUVERTE
AUX CADRES ET HABITANTS
DE CHEZANI M’BOINKOU
« Certes nous sommes à Allah
(Dieu) et c’est à lui que nous retournons. Oh ! Allah, récompense-nous
notre malheur et donne nous en échange un bien meilleur.»
Voilà les principales
paroles à tenir et à encourager aux siens en cas de tristesse, deuil,
malheur ou calamités qui atteint le croyant MOUSLIM
Cependant,
dans toute épreuve, il y a des leçons à tirer pour les doués
d’intelligence, de sagesse, et les épris d’objectivité, de justice et
d’honnêteté.
C’est
pourquoi, nous avons d’abord à mettre notre confiance à notre créateur
avant toute démarche, car la confiance à l’être humain, l’être le plus
versatile et disputeur de toute la création, ne saurait mériter une telle
confiance. Surtout s’il n’essaie pas de s’élever au-dessus de cette
passion primaire tel : le chauvinisme, le nationalisme aveugle,
l’ignorance, la mauvaise foi, l’amour des biens matériels et j’en
passe.
Et
d’autre part qui ne tente pas de méditer à la sourate suivante où Allah
le très haut dit, je cite
« Par le temps, l’homme ou
(l’humanité) est en perdition sauf ceux qui croient et font les bonnes œuvres,
s’encouragent mutuellement à rechercher la vérité (justice) et
s’enjoignent mutuellement à l’endurance
(la patience)»
(Coran)
En
effet, rares sont ceux qui méditent ces paroles divines afin de pouvoir tirer
les leçons qui s’imposent, à savoir :
-
S’efforcer de croire au Créateur de toute chose, c’est-à-dire
Allah, et naturellement s’efforcer d’accomplir les œuvres salutaires, car
il n’y a pas de croyance sans actions.
-
Continuer patiemment à rechercher la vérité, et à la défendre
d’où qu’elle vienne, même de notre propre ennemi. On entend par vérité :
la justice, donc l’impartialité, l’objectivité, l’honnêteté et la
sincérité.
-
Et bien entendu, s’efforcer de rester constamment patient, endurant
et persévérant. Certainement, il n’y a pas de patience dans la passivité,
mais au contraire dans l’action en faveur de la dignité humaine. Parce que
chercher à être objectif et juste comme le demande notre Créateur,
provoquera nécessairement la persécution des lâches qui ne cherchent que
l’amour du pouvoir et de l’argent, la folie de grandeur et la passion de
l’âme sans esprit critique ni impartial ni équitable.
Cependant,
si je me suis permis de vous faire ce bref rappelle, c’est que l’essentiel
du drame qui vient de frapper notre pays aujourd’hui et d’une certaine façon,
l’avait frappé en 1996 et plus particulièrement en 1997 (sécession de
l’île d’Anjouan) et que d’une façon isolée frappe les quatre coins de
notre pays les Comores, réside
malheureusement sur l’antithèse de la sourate mentionnée ci-dessus (même
si les Comoriens d’une façon générale à travers leurs lèvres prétendent
accomplir l’une des quatre conditions de ladite sourate : foi.)
Après
cette introduction assez longue, à mon nom personnel et au nom de tout esprit
écœuré par la barbarie qui vient de frapper notre pays, et plus particulièrement
le village de Chezani, le 28 avril 2001 nous vous transmettons toutes nos
condoléances et nous prions Allah, soubhanahou wa ta’alah, que ces martyrs
puissent bénéficier le paradis, comme ALLAH, soubhanahou wa ta’alah, l’a
promis, Amine.
Par
ailleurs, le second volet de ma lettre, c’est essentiellement de vous
rappeler le contenu de la sourate « Le temps » ou « Le siècle »
ou « l’instant » énoncée ci-dessus, tout en vous encourageant
à ne pas faiblir face à plusieurs ennemi à savoir :
-
L’ignorance, car celle-ci est très redoutable, puisque très répandue
au sein de notre pays, sans doute à Chezani, qui engendre un deuxième.
-
L’inconscience
-
La mauvaise foi et l’amour des biens matériels et des pouvoirs.
-
Le nationalisme aveugle, qui veut qu’on
soutienne une personne pourvue qu’elle soit de sa famille, de son
clan, de sa région ou de son pays, même si elle est dans l’erreur, en lui
donnant toujours raison. Certainement, ce point engendre et continue à faire
des ravages aux Comores.
Souvenez-vous
que le drame d’août 1996, non seulement a pris racine sur ces dits éléments
(qu’il faut considérer comme la peste), plus étonnant encore est la prise
de positions des citoyens, qu’il soit intellectuel ou simple citoyen a été
nourrie, malheureusement, par cette conception du nationalisme ajouté à
l’ignorance, à l’inconscience et à la mauvaise fois.
En
effet, rares à l’époque (1996), ceux qui ont concédé ou même tenté à
la prudence pour pouvoir affirmer sereinement que cette épreuve avait frappé
le pays, donc la justice devrait suivre son cours et sanctionner les coupables
tout simplement; mais du Président de la République, premier citoyen du
pays, au simple citoyen comorien, avait vite conclu (et même considèrent
encore) que le village de Chezani était coupable, mais surtout, et c’est le
point le plus accablant, confirma gratuitement
l’idée selon laquelle un tel coup odieux
était organisé et perpétré par ce dit village. Sans aucun
discernement de la part des intellectuels du pays n’en parlons plus la masse
ignorante. Ce qui compta, à l’époque, ce fut les faits odieux et barbares
perpétrés par des « enfants » d’un village qui s’appelle
Chezani. Quelle maturité ? Quelle analyse ? Où est l’objectivité,
l’honnêteté ? Le soucis
d’impartialité ?
Que
voulez-vous qu’un tel peuple puisse avoir une prospérité ? Où sont
les sacrifices des gens sincères et justes ?
Ce
qui compte pour le citoyen comorien, c’est son petit clan de famille ou de
village, en fait son intérêt personnel !
Mais
les vrais valeurs telles que l’amour du prochain et de
la justice, l’objectivité dans l’opinion, la solidarité dans la
dignité humaine, la pitié pour les faibles, la foi ferme envers notre
Seigneur sont quasi nulles.
Cela
ne signifie pas l’impossibilité d’observer ici ou là, quelques esprits
lucides, limpides et équitables. Mais force est de constater et d’en
convenir qu’une telle quantité est très insignifiante par rapport à la
masse comorienne qu’on peut à juste raison considérer comme une masse
morte vivante. Même si on peut en dénombrer des intellectuels et diplômés
parmi elle, qui n’osent pas se sacrifier pour les causes les plus justes et
dignes de ces noms.
Cela doit-il nous décourager ? Ou nous conditionner à raisonner
dans le même sens que cette masse amorphe ? Ou réagir de façon
identique à cette masse ? Non loin de là !
Personnellement à l’époque, j’avais adressé une lettre au Président
de la République, et vous y trouverez une copie de témoignage, pour lui
rappeler des règles simples, surtout que ce dernier se prétendait juste et
fervent croyant. Malheureusement le Président défunt, qu’Allah le
pardonne, préféra à la fois la précipitation et la passion de l’âme, au
lieu de faire une analyse plus approfondie afin de pouvoir tirer les
meilleures leçons à l’avenir, et surtout chercher une vraie réconciliation
où la paix, la fraternité, l’équité, l’entraide seraient les éléments
moteurs.
Comme
vous le verrez dans ma lettre de 1996, j’avais bien dénoncé le
qualificatif d’ASSASSIN qui fut collé au village de Chezani, puisque ce
dernier n’avait ni organisé cette inqualifiable barbarie, encore moins
avoir participé dans son ensemble.
Cela
ne veut pas dire qu’il fallait pas, à l’époque, dénoncer une partie du
village de Chezani, qui aurait pris connaissance, sur-le-champ, de cette folie
non préméditée, de n’avoir pas porté assistance à personne en danger ;
bien entendu ceci doit être analysé par rapport aux circonstances de ces
graves incidents et de l’ignorance des gens d’une part, et d’autre part
au climat de haine et d’animosité, éternel,
entretenu entre ces deux villages Hantsidzi et Chezani. Donc nécessairement
au cas où quelqu’un de Chezani ou même de Hantsidzi aurait appris une
telle tragédie n’aurait pas eu, malheureusement sur le coup, un sursaut de
conscience pour se rendre à l’évidence que c’est inacceptable, n’en
parlons plus l’idée d’aller, quitte à perdre sa vie, empêcher de tels
crimes. Donc, c’est à ce niveau qu’on peut considérer légitimement, je
pense, qu’une partie des habitants de Chezani était coupable indirectement
et de façon passive (donc pas active). Car, quand même on doit reconnaître
que lors de la folie meurtrière de 1996, une partie des villageois a dû
prendre échos que des jeunes « barbares » sont sortis en train de
commettre des actes inqualifiables ou du moins entrain de se battre.
Je
profite, cependant à l’intérieur de ces lignes pour signaler et préciser
que je ne suis pas en train d’accuser le village de Chezani, d’avoir
organisé un coup en 1996, ni encore moins d’avoir participé dans son
ensemble à une quelconque barbarie; mais j’avance des vérités qui sortent
des circonstances, d’une façon objective même si je n’étais pas sur
place, mais les éléments à ma possession avec des témoins du match que
j’ai du rencontrer, sans oublier que j’ai un degré de connaissance minime
soit-il, du climat de haine entretenu volontairement ou pas entre ces deux
villages, je ne pense pas m’avoir trompé sur ces analyses. Ce qui
m’importe, c’est d’être impartial et fidèle à notre créateur ALLAH,
soubhanahou wa ta’alah, et je vous encourage à l’être et ceci quelles
que soient les épreuves que nous aurons à endurer face aux gens. J’espère
que cette partie de ma lettre sera bien disséquée pour ne pas faire sortir
ce que je n’ai pas écrit.
Et
je résume sur ce point précis de 1996 de la façon suivante à savoir:
Chezani n’avait ni organisé,
ni participé à une quelconque folie meurtrière, cependant une partie de sa
population peut être considérée comme complice passive sans toutefois que
le village puisse être étiqueté d’ASSASSIN par le pays. Et c’était
inadmissible et je l’avais fais savoir. En outre, cette complicité passive
était due essentiellement aux circonstances, à l’ignorance, à
l’inconscience et donc au manque de foi véritable, et surtout par la haine
de longue date entretenue comme je l’ai précisé ci-dessus par les deux
villages.
Je
ne suis pas non plus en train d’impliquer les responsables du village, ni le
village dans son ensemble. Loin de moi cette analyse, mais j’assume
pleinement mes écrits et Allah, soubhanahou wa ta’alah, est témoin.
Cela
signifie t-il qu’une soi-disant « revanche » ou « règlement
de compte » devrait être préparé et exécuté de la façon la
plus ignoble ? C’est là où tout être épris de foi, de justice ou
simplement d’humanité devrait être déconcerté et confondu !
Car,
que signifie un « règlement de compte ? » Encore une fois
cette barbarie a trouvé des échos à cause du nationalisme d’appartenance,
puisque pour eux c’était le village de Hantsidzi qui fut frappé par le
village de Chezani au lieu que ça soit des Comoriens, certes originaires du
premier village sauvagement martyrisés par d’autres comoriens originaires
du deuxième village et seuls les meurtriers devraient être jugés et condamnés,
point à la ligne.
Mais voyez-vous que
l’ignorance ajoutée aux autres vocables évoqués ci-dessus ne mène qu’à
la tragédie, aux drames ou à toute autre barbarie innommable.
Et
le comble des combles est certainement le fait que des comoriens et même de
soi-disant représentants de ville ou village essaient d’expliquer ou de
comprendre ces actes odieux, du 28 avril 2001, par ces dits procédés évoqués
en haut. Ce qui montre, si besoin en est que notre pays les Comores est
presque devenu un gouffre total où l’urgence est de première importance,
sinon ce sera le chaos total.
Donc un sursaut de conscience de tout un chacun est à susciter ou à
ressusciter d’une façon criante dans notre pays. A commencer par se sentir
responsable de la destinée du
pays.
C’est pourquoi après une mûre réflexion, j’ai pris la décision de
vous écrire afin de vous dissuader, si ce n’est déjà fait, auquel cas ce
sera de vous encourager, de changer de méthodologie, car la grandeur ne se
mesure que par les qualités de foi, de sincérité, d’amour pour la
justice, d’impartialité et cela demande du courage et je vous assure que le
résultat n’est pas du matériel dans un premier temps mais la tranquillité
de l’âme d avoir accompli son devoir comme il se doit et Allah,
soubhanahou wa ta’alah, le très haut, certes jugera équitablement et le
paradis pourra être notre bon refuge. Sinon, ignominie ici-bas, sans compter
un dur châtiment dans l’au-delà.
Je
souhaite donc que vous puissiez continuer à faire plier le camp traditionnel
de notre village et pourquoi pas de notre pays sur le fait que ça soit nos
traditions illogiques et injustes qui s’immiscent sur ce drame et vouloir être
une source de justice. Il faut dire non et dix mille fois non. Car, nous avons
vu en 1996, on l’a toujours vécu d’ailleurs, que ces traditions sont très
injustes pour plusieurs raisons dont le fait que le coupable et la famille du
coupable doivent payer même si cette famille est innocente ! C’est
illogique ! Et que de fois,
il suffit de donner de l’argent pour se réintégrer sans qu’aucune
sanction juste ne soit appliquée. Sans oublier que ces traditions ne tentent
même pas de faire une analyse approfondie d’un problème. Seulement, ce qui
compte pour elles, ce sont les amitiés entre les clans, etc.
Cela
ne veut pas dire que vous ne pouvez pas porter plainte contre le village de
Hantsidzi dans son ensemble, si vous avez des éléments tangibles qui
prouveraient que l’ensemble de ce village a pris part activement dans cette barbarie immonde ou du moins qu’il était
au courant de ces atrocités, vous avez ce droit. Mais moi, jusqu’à preuve
du contraire, le village dans son ensemble est innocent, mais ce sont des
groupes du village de Hantsidzi, qui ont
bien organisé, depuis de longues dates, cette sauvagerie sans nom.
Cela ne signifie pas que les soi-disant responsables de ce village ne sont pas
impliqués. Car pour moi, une
seule personne qui est de ce village qui n’a pas eu connaissance de ce coup
ignoble me suffit pour affirmer que le
village dans son ensemble n’a pas pris part. C’est dans ce sens
d’objectivité qu’il faut me comprendre lorsque je parle d’innocence
dans son ensemble jusqu’à preuve du contraire. Par conséquent, l’enquête
doit suivre son cours d’une façon impartiale et sans équivoque.
Et
s’il ressort que l’ensemble du village aurait participé à cette horreur,
cela appartient à l’Etat comorien et à lui seul à prendre les sanctions
qui s’imposent. D’abord, je pense
pour les cerveaux et les criminels doivent être jugés par la justice
comorienne, ensuite l’Etat à mon sens doit déterminer d’une façon
objective et équitable, c’est-à-dire sans parti pris, le degré de
participation de chaque villageois.
Sans
oublier d’écarter les autres procédures traditionnelles qui ne sont pas équitables.
Mais aussi vous avez la charge de convaincre les citoyens de Chezani, d’écarter
tout esprit de chauvinisme qui consiste à vouloir se faire justice
soit même ! Nous avons un pays et une justice, même s’il ne
faut pas se faire trop d’illusions.
Mais cela ne doit pas nous désarmer et surtout faire en sorte qu’au niveau
du village, l’esprit mesquin et revanchard disparaisse.
Je
suis persuadé que cela constitue une tâche oh ! combien délicate et pénible
à mener à bien. Mais mes chers frères, nous n’avons pas d’autres
solutions en échange.
Et ne faisons pas comme ceux qui ont oublié Allah, soubhanahou wa
ta’alah, car ils s’oublient eux-mêmes.
En
effet, reconnaissons-le, qu’entretenir une haine injustement et avoir cet
esprit revanchard sans fondement pour un drame jugé et sanctionné, depuis
plus de quatre ans, même si l’Etat n’a pas bien appliqué les sanctions
à cause de corruption et oser aller mâcher des êtres innocents comme si on
mâchait des moutons, coupables à leurs yeux sur le simple fait qu’ils
appartiennent à un village soi-disant « ennemi », prouve s’il
en est besoin, que de telles personnes ou village ont oublié ALLAH,
soubhanahou wa ta’alah. Et de telles
personnes ne croient pas à l’ultime rencontre avec le créateur de
l’univers. Et par-là, elles ont troqué leurs vies éternelles à une vie
éphémère et périssable.
Sincèrement,
qu’est-ce qu’ils ont gagné en martyrisant des innocents de la façon la
plus odieuse et abjecte qu’elle soit ?
Certainement
une malédiction ici-bas et un châtiment douloureux les attend le jour des
comptes.
A
moins que ses assassins se rendent compte de la gravité de leurs crimes et
veulent bien faire la lumière sur cette barbarie immonde.
Par ailleurs, s’il se
confirme que des prêches dans les mosquées du genre « celui qui a tué
doit être tué » ou « MAN KATALA KOUTILA », dans ce village
« coupable » de Hantsidzi, quelques semaines avant que
l’impensable crime puisse être commis, prouve bien que le rigorisme littéral
qui veut, paradoxalement, s’appuyer sur l’islam dans l’ignorance la plus
absolue de la signification véritable de ces beaux versets, qui échappe
même à l’intelligentsia occidentale, mène naturellement notre pays dans
une direction sans boussole.
C’est
pourquoi, quitte à me répéter plusieurs fois, j’affirme qu’il faut mériter
la fonction de gérant, responsable sur la terre, qualificatif qui nous
distingue des animaux et du reste des créatures d’Allah, soubhanahou wa
ta’alah. Cet honneur ne nous sera décerné par ALLAH, soubhanahou wa
ta’alah, que si et seulement
si, nous appliquons la sourate « le siècle » « ceux qui
croient, font les bonnes œuvres, s’encouragent mutuellement à rechercher
la vérité (justice, équité, impartialité, etc.), et s’enjoignent
mutuellement la persévérance (patience, endurance, constance…) »
Donc
mes chers frères, il nous faut une vraie révolution : d’abord, initiée
dans notre village et tenter ensuite de la généraliser dans notre pays. Car
d’une certaine façon, on peut dire que la balle est dans notre camp. Ces épreuves
ne doivent pas entamer notre détermination face à la recherche
de
la justice sans complaisance. Il est très urgent, cependant de faire taire
les autres considérations traditionnelles où l’équité est absente, seuls
l’orgueil, l’étroitesse et l’injustice font loi.
Osons
dire non pour mieux s’élever au-dessus de nos passions. Et surtout tenter
de battre en brèche toutes les méthodes qui consistent à montrer
l’apparence des choses, donc à leur superficialité sans approfondissement
ni apporter des solutions justes.
Par exemple, faire des
invocations en dépassant des richesses sous prétexte de bénédictions, en
invitant le pays entier est insensé et n’apportera rien du tout. Alors
qu’au village même il y a des personnes qui n’ont même pas le strict
minimum pour survivre, encore moins d’assurer l’éducation des leurs.
Attention
aux spectacles dont beaucoup de villages et villageois pratiquent pour tirer
profit de notoriété ou autre. Au contraire, profitons de ces épreuves de
haute envergure pour commencer à bâtir une société juste fondée sur
l’amour du prochain, la foi, la dignité humaine et la justice. Travail
difficile et énorme, mais envisageable et réalisable si ladite sourate (le
temps) est bien méditée.
Enfin,
je terminerai ce document en vous brossant quelques pistes parmi d’autres,
pour espérer s’appuyer afin que notre société de demain puisse se bâtir.
D’abord,
c’est de votre droit de demander que justice soit faite en accordant
d’autres méthodes ou voies que celles de la justice comorienne, et ceci
quelles que soient ses imperfections.
Donc,
que toute autre source soit entièrement écartée, telle que le bannissement
d’un village au nom de la notabilité comorienne est injuste, doit être dénoncé
et déclaré non avenu.
Proposer
aussi que toute personne de ce village de Hantsidzi qui n’est pas impliqué
directement en tant qu’instigateur ou préparateur de ce coup ignoble, ni
coupable direct, puisse avoir recours au coran et à ALLAH, soubhanahou wa
ta’alah, pour s’innocenter
(par un serment solennel au nom
d’Allah et de sa parole qui est le coran qu’elle n’a
ni aidé d’une façon ou d’une autre à ces crimes.) En cas de
refus de cette dernière, cela prouvera au moins qu’elle en savait quelque
chose. Auquel cas, la justice devra faire son travail d’une façon équitable.
Car il est très important d’établir sans équivoque le degré
de participation de ce village de Hantsidzi afin qu’il puisse, au cas où il
serait établi qu’il est coupable dans son ensemble, reconnaître cette
barbarie sans précédent et par la suite se repentir sincèrement et pouvoir
demander pardon honnêtement.
De
même, je vous encourage d’étudier la possibilité de déposer une plainte
contre le comorien en général et la notabilité comorienne (surtout celle de
la grande Comores), en particulier, pour avoir accusé faussement le village
de Chezani en 1996 et par là, permettre au village de Hantsidzi
d’entretenir ce climat de haine et sous prétexte de « vengeance »
venir, aujourd’hui, commettre cette ignoble barbarie. Tout en se donnant
« bonne conscience».
En
effet, si ce village de Hantsidzi a été mis en garde et surtout s’il lui
avait été bien signifié que le village de Chezani était innocent dans son
ensemble de la tragédie de 1996, ce village n’oserait pas aller jusqu’à
là.
Donc, le but d’une telle
plainte, c’est de ramener et la notabilité comorienne et le comorien en général
à reconnaître les graves erreurs et fautes qu’ils ont commises par
insouciance, indifférence, nationalisme aveugle, corruption, et inconscience.
Ils doivent donc chercher à se repentir et à se faire pardonner. Mais pas
comme il paraît à continuer à rester dans leur torpeur en commettant encore
une fois des erreurs de jugement sans esprit critique du passé. Et même
concevoir qu’ils soient coupables du crime d’aujourd’hui par leur
hypocrisie de silence et de jugement pour le Comorien en général et d’action
(bannissement) pour la notabilité, leur est inconcevable. Toute fois
on doit faire notre témoignage de croyant.
Cela
n’enlèvera en rien à la culpabilité du village de Hantsidzi, ainsi que de
ses criminels.
Mais
cela prouvera au moins à l’avenir, qu’on ne doit pas juger sans
fondement, car le mensonge est pire que le meurtre, comme le dit très bien le
coran ! C’est une matière à réfléchir …
Car
mes frères, pour qu’on puisse parler d’une vraie réconciliation (parce
qu’il la faut un jour, et je suis partant, mais pas à n’importe quel
prix. Car on ne peut pas rester dans une situation de barbarie et surtout de
haine mutuelle qui consiste à s’exclure réciproquement).
Il
faut que la justice fasse son travail honnêtement et impartialement.
En
tout cas que la lumière
sur
cette affaire soit faite. Et vous aurez à être attentif sur ce point. Car ce
qui est
important sur cette affaire, c’est l’établissement de
la vérité sans peur ni crainte.
Et apparemment, on tente
de vouloir l’étouffer. Ce qui salira la mémoire des martyrs.
Ce qui est inadmissible et
à dénoncer de la manière la plus ferme et équitable qu’elle soit.
Et
surtout faire en sorte que les « soi-disant » responsables du
village de Chezani ne puissent pas avoir recours à la notabilité comorienne
ou autre, car sinon on ne sortira jamais de la crise ; ce qui n’est pas
conforme à tout esprit d’équité et surtout de la foi islamique.
J’en
conviens, que cela sera très dur à réaliser vu les mentalités aveugles qui
rongent notre société, mais je suis persuadé qu’il est temps qu’on soit
courageux pour affronter les vrais problèmes mes chers frères et sœurs (
car il faut associer nos sœurs, elles représentent plus que la moitié du
peuple. Il n’y a pas de raison de les considérer comme des citoyens de
seconde zone : Encore un autre grand chantier, de révolution, qu’il faudra
s’occuper, sereinement mais sûrement. Sans pour autant être aliéné par
l’occidentalisation de la pensée en l’imitant d’une façon aveugle
comme il semble, malheureusement se faire, déjà, d’une façon honteuse et
sans esprit critique ni inspiration de nos sources authentiques. Un sujet très
délicat qui demande beaucoup d’énergie et de réflexion, sans
complaisance, que j’ai voulu juste effleurer et rendre compte, ici, à
l’occasion ). Au cas où vous
n’arriveriez pas, comme il se confirme, à isoler ce drame de la notabilité
comorienne, je vous conseille vivement et sincèrement à dénoncer ces méthodes
car les demi-vérités sont dangereuses pour l’établissement de la vérité
et de l’entente.
Dans
la même pensée, je vous
encourage à analyser objectivement le discours répandu de l’homme de la
rue. En effet s’il s’avère que l’idée de « règlement de
compte » ou de « mach-nul » domine les esprits
comoriens, vous devrez non seulement dénoncer une telle dérive, mais surtout
démontrer, à travers des interventions radiophoniques, journalistiques et
autres, que l’idée même de penser ainsi est très grave et ne mène qu’à
l’anarchie totale dans le pays, sans évoquer le fait très important de son incompatibilité avec la foi musulmane que ce peuple
prétend confesser en grande pompe. Comme je l’ai déjà souligné
ci-dessus, le Comorien est coupable d’une certaine façon du drame du 28
avril 2001. C’est donc à vous selon vos moyens de le démontrer, du moins
de témoigner ce qui doit être le minimum requis de la part d’un croyant
musulman. Et n’oublions pas que ALLAH, soubhanahou wa ta’alah, est très
clair « Il
ne change pas l’état d’un peuple tant que ce peuple ne
change pas l’intérieur de leur état(cœur ou âme).»
C’est pourquoi il est temps que
chacun de nous fasse une autocritique pour qu’on puisse se purifier et se débarrasser
de toutes les mesquineries! Parce
qu’à Chezani même, à ma connaissance, le martyr Ibrahim MANSOIBOU a été
rendu responsable de la folie meurtrière de 1996, pour avoir organisé le
tournoi de foot. Ce qui est inadmissible et je profite de cette occasion d’épreuve
pour dénoncer une telle attitude, que ça plaise ou pas !
Tant qu’on ne procède pas
à une prise ( ou examen ) de conscience, le changement restera un objectif
utopique à atteindre. A vous aussi de confirmer mes propos ou de les infirmer
objectivement et honnêtement.
Après
ces quelques critiques internes mais objectives et impartiales, je pense que
cette partie de mon document n’est pas négligeable, si vous arrivez à
convaincre les habitants de Chezani que seule l’option de la justice
comorienne, même imparfaite doit être adoptée et suivie, sans bien évidemment
oublier notre confiance totale en ALLAH, soubhanahou wa ta’alah, le Juste
par excellence
Donc
rester derrière la justice corrompue du pays (Les Comores) est conforme à
notre foi islamique et à la dignité
humaine. Tout en étant critique à son encontre si on juge un caractère
infondé et injuste d’un de ses juments. Car quoi qu’il arrive aucun
citoyen d’un pays n’a le droit de vouloir rendre justice s’il
n’est pas juge désigné dans ce pays
pour cette fin. Cela étant nous avons à être clair là-tu,
par fidélité à ALLAH, soubhanahou wa ta’alah l’Omniscient, c’est à
dire que tout esprit revanchard, loin de la foi islamique doit être écarté.
Et il est clair qu’une éducation allant dans ce sens doit être
privilégiée de toute urgence au village de Chezani dans un premier temps.
Car,
il y a même des comoriens qui sont convaincus de la culpabilité de Chezani,
en 1996, non pas d’avoir organisé cette folie, encore moins de participer
dans son ensemble, mais d’après eux d’avoir enfanté des enfants non éduqués
jusqu’à devenir barbares au point de perdre tout amour et toute foi et
aller commettre l’irréparable. Certes, ce sont des jugements simplistes et
injustes mais voyez-vous dans quel état on se trouve: une personne est
coupable non pas pour avoir commis un forfait quelconque mais juste pour son
lien familial ou villageois ou régional avec le coupable, c’est très
gravissime.
Cependant,
je pense, certainement, qu’il est possible d’établir une société mûre
à partir de grandes difficultés à condition qu’on n’ait pas peur des épreuves
à endurer. Ce qui doit compter pour nous c’est plutôt la recherche de
solutions justes tout en étant réaliste sur la démarche à suivre. En effet
le pays dont je suis originaire (Comores) se trouve dans un état
catastrophique dans tous les plans: spirituel, moral, éducationnel, économique,
politique, financière et j’en passe.
Et je vous assure que je ne
pensais pas réagir à la situation comorienne de cette façon et je prends
ALLAH, soubhanahou wa ta’alah, à témoins, mais honnêtement l’urgence le
nécessite.
Car
de fois, on ne peut pas se permettre d’attendre les consensus artificiels et
superficiels qui amadouent les uns et découragent les autres. Il faut au
contraire savoir affirmer des grandes vérités même si l’opinion n’est
pas encore prête à les assumer ou simplement à les reconnaître à cause
des traditions illogiques et injustes qui pèsent sur elle.
Paradoxalement, les Comores disposent de trois sources inépuisables
à savoir le livre d’ALLAH, soubhanahou wa ta’alah, (le coran) et la
Sounna de Son prophète, c’est à dire l’Islam et la troisième source étant
la sagesse mondiale ou universelle plus particulièrement celle héritée de
l’occident impérial.
En effet cet héritage considérable
devrait leur permettre de déceler d’une part ce qui est bon et juste sur
leurs traditions et par conséquent le conserver et d’autre part détecter
ce qui est purement chimérique, incompatible avec la dignité humaine et
surtout arbitraire et injuste de ces mêmes traditions comorien |