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Politique

HANTSIDZI-CHEZANI : ENTRE HORREURS  MENSONGES, DEVOIR DE MÉMOIRE ET DE VÉRITÉ
Par MANSOIBOU Mohamed

Dernière minute (juillet 2003) :
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devoir de memoire et de verite lettre ouverte à l'état comorien

Lettre à la presse et aux citoyens

Lettre ouverte aux cadres et habitants de chezani

Lettre au president TAKI



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Préambule

devoir de memoire et de verite

lettre ouverte à l'état comorien

lettre ouverte au citoyen comorien et franco-comorien

lettre ouverte aux cadres et habitants de chezani

temoignage de 1996

 

DE PART LE NOM DE DIEU, CELUI QUI FAIT MISERICORDE LE TRÈS MISERICORDIEUX

MANSOIBOU MOHAMED                      Marseille, le 27 Avril 2002
FAMILLE MANSOIBOU
15, Rue Néoule Villecroze
Les Oliviers Bât E6 Appt173
         A L’ATTENTION DU CITOYEN
13013 MARSEILLE France              COMORIEN ET FRANCOCOMORIEN
E-Mail : karihila.karizombo@free.fr
Ou mansoibou.mohamed@free.fr

Objet : Devoir de Mémoire et de Vérité

Que la paix soit sur celui qui cherche le sentier droit !

Monsieur, Madame, nos chers compatriotes, comoriens et franco-comoriens et citoyens du monde, chers internautes de tout horizon, épris de paix, de justice, de fraternité véritable et surtout qui sont convaincus qu’après cette vie, chacun aura à rendre compte de sa foi inséparable de ses œuvres bien entendu, nous nous permettons de vous adresser cette lettre, à la fois de mémoire, de témoignage, de positionnement, d’indignation, de dénonciation mais aussi et surtout de soucis de vérité.

Conscients de l’état catastrophique et démoniaque dans lequel ce monde sans foi ni loi évolue, notre volonté ou vocation, n’est pas d’envenimer ou attiser la haine entre les personnes ou les localités. Au contraire, artisan de paix depuis toujours, nous réaffirmons notre détermination d’agir dans ce sens où la bonté, la tolérance, le pardon, la justice, l’honnêteté, bref la fraternité sont en symbiose et sont donc inséparables. Par contre, nous nous opposons à la lâcheté, à la caricature, au mensonge, aux injustices et à toutes les mesquineries inadmissibles.

C’est pourquoi, nous commençons, par soucis d’objectivité, de rappeler ce qui a dû motiver notre intervention d’aujourd’hui.

En effet, c’était le mois d’Août 1996, au Nord de la Grande-Comores qu’une finale de match de football, qui opposa deux équipes, de deux villages voisins Hantsidzi Mboinkou et Chezani Mboinkou, a dégénéré en conflit entre supporters, ce qui entraîna l’arrêt du match, plus tôt que prévu.

Mais après, un bref instant, le temps que chacun a pu regagner son village, et selon la version chezanienne, une rumeur, rapportée par une personne étrangère aux deux villages, selon laquelle au moins une personne de Chezani fut abattue à mort et laissée au stade et cette dernière se moqua des jeunes de ce village, en les qualifiant de « bandes de vaut rien et de fainéants ». Certes, deux personnes étaient grièvement blessées, mais pas mortes, contrairement à la rumeur. Hélas, cette fausse rumeur non vérifiée avant toute démarche ou action, a causé l’irréparable.

Puisque quelques instants après, les jeunes de Chezani se sont transformés en sanguinaires et ont fini par tuer, à sang froid, quatre personnes innocentes de Hantsidzi, étrangères, même au match. C’est ainsi, que nous pouvons résumer, l’horreur d’Août 1996.

Mais par soucis d’objectivité, nous rappelons que Hantsidzi dément la version rapportée ci-dessus. Car, ce dernier affirme, sans aucune preuve tangible, que le match n’était qu’un prétexte, mais d’après ce village de Hantsidzi, le village de Chezani aurait organisé un complot pour assassiner et ses intellectuels et cadres et ses villageois.

De telles accusations graves, compréhensibles peut être devant l’horreur et l’émotion du choc du moment, avaient conduit, malheureusement, et l’Etat comorien de l’époque et la notabilité comorienne, notamment celle de la Grande-Comores, et le comorien en général, a accepté ces allégations et délires du village de Hantsidzi.

Par conséquent, la notabilité comorienne et le gouvernement comorien décidèrent de bannir le village « coupable » de Chezani, par un embargo traditionnel et administratif durant des mois. Et d’ailleurs jusqu’à nos jours, ce village qui fut le chef lieu (sorte de capitale locale) de cette région de Mboinkou lui fut retiré.

Certes, devant de tels crimes horribles, on était plus que confondu, déconcerté et abasourdi, indigné, mais en même temps, étonné et choqué de voir la réaction du pays, d’accepter d’entériner de telles fausses accusations, sans objectivité et surtout ne pas mesurer leurs portées, à l’avenir.

C’est pourquoi, nous autres, avions décider de nous adresser au Chef d’Etat comorien de l’époque, à savoir, le défunt M.MOHAMED TAKI, à prendre ses responsabilités, en la matière, sans parti pris. Nous avions demandé, comme n’importe quel citoyen honnête, devrait le faire, que la justice soit faite, sans que le village de Chezani soit accusé d’ASSASSIN ou d’avoir préparé un COMPLOT. Car s’il est vrai que les criminels sont originaires du village de Chezani, imputer ce dernier d’avoir prémédité ces actes, sans aucune preuve, est un crime sans précédent.

Malheureusement, le président de l’époque ne nous a pas écouté, et le comble c’est qu’après le jugement, des coupables réels ou supposés, dont l’un d’eux surnommé, Robin fut exécuté, ces coupables sont libérés, sans que les condamnations soient purgées, par corruption encore une fois de la justice comorienne. Autre élément très important, à rappeler, est que le village de Chezani souhaita prendre à témoin, Dieu le très haut ainsi que sa Parole à savoir le Coran, afin de s’innocenter des mensonges portées sur lui, ce que et l’Etat comorien et la notabilité comorienne leur fut catégoriquement, refusé et interdit. Etrange, pour un pays qui se considère croyant avec ses citoyens à 100% et qui refuse de faire appel à la foi, en cas de nécessité. Car, il est sage d’expliquer que la démarche ne consista pas à nier les faits des jeunes criminels de Chezani, vous l’avez bien compris, mais de nier les accusations selon lesquelles un « COMPLOT » aurait été organisé et exécuté. Ce qui n’a pas empêché d’organiser ce témoignage, ici à Marseille, malgré l’intolérance et le refus même de la notabilité comorienne de Marseille.

Oui, on peut affirmer, sans doute, que l’être humain, par orgueil et inconscience préfère la plupart du temps vivre dans le mensonge, le sensationnel, la rumeur, l’hypocrisie, la simplification honteuse, ce qui n’échappe, malheureusement pas au porteur de foi d’aujourd’hui.

Pourtant, son Seigneur, le très haut, l’a mis en garde et ne cesse de lui rappeler avec insistance, dans le dernier testament (Coran) de ne pas fléchir devant la justice et que « l’humanité est en perdition sauf ceux qui croient, font de bonnes œuvres, s’encouragent mutuellement à la vérité et à la persévérance » a-t-Il conclu, à Lui Gloire et Bonté.

Entre temps des tractations de réconciliations tentées ici ou là n’ont pas abouti, entre ces deux village voisins, car pour celui qui a vu enterrer ses martyrs (Hantsidzi), il n’était pas question de se réconcilier avec l’autre village « coupable » (Chezani), avant que quatre personnes ne soient pas mises à mort.

C’est pourquoi, au cours d’une commémoration en l’honneur des martyrs de 1996, en Août 2000, donc quatre ans après l’irréparable crime de 1996, le village de Hantsidzi, réitéra avec fermeté leurs allégations du « COMPLOT » et conclut que seul le sang coulé de quatre personnes de Chezani pouvait fléchir leur position et enfin entamer une réconciliation.

Puisque « MAN QATLA QUTILA », c’est à dire « Celui qui a tué doit être tué », un des orateur théoricien de l’ « Islam », réaffirma avec force et conviction. Mais ce qui n’a pas été expliqué, lors de ce mémoire, envers les victimes martyrs, si cela signifie que chacun de nous doit se prétendre, juge et exécutant à la fois, du moment qu’on accuse un tiers de meurtre ou forfait quelconque, n’en parlons plus s’il s’agit d’un village entier, sans que des preuves concrètes puissent être établies et vérifiées. Là, nous sommes en présence d’un visage de l’ « Islam » qui encourage, l’anarchie et l’obscurantisme, donc la disparition de l’Etat tout simplement.

Moins d’une année après cette commémoration et tribunal à la fois, le 28 Avril 2001, un crime inouï est accompli par un groupe de personnes originaires de Hantsidzi, quatre personnes, innocentes, de chezani cette fois-ci sont égorgées, comme des moutons, après deux embuscades tendues. Inutile de rappeler l’horreur et l’ampleur, on a, tout simplement,compris qu’une soi-disant « vengeance, règlement de compte ou revanche » vient d’être accompli. C’est un crime Prémédité, minutieusement préparé, et exécuté par le village de Hantsidzi, par ladite logique absurde de se substituer à la justice de leur pays.

Confondus, indignés par de telles attitudes et horreurs, nous nous sommes déjà exprimés, dès le mois de Mai 2001, en adressant une lettre ouverte au village de Chezani, ainsi que ses cadres, dont nous sommes originaires, suivi d’un deuxième dossier à l’intention du citoyen comorien et franco-comorien, de la presse et d’un troisième à l’Etat comorien et pour ceux et celles qui sont intéressés auront l’occasion de lire ce dossier complet(1996-2001), réactualisé sur le site « Habari » (http://fr.groups.yahoo.com/group/habari/ messages n°20913 ou 20914 du 21 Avril 2002. Et surtout sur Mwezinet sur ses pages Politique, sous la rubrique Opinion : Dossier Complet de MANSOIBOU Mohamed : www.comores-online.com pour le moment.

Ayant, un frère parmi les martyrs, cela ne nous a pas empêché, de réagir d’une façon digne et conforme à notre foi islamique et citoyenne.

Demain, dimanche 28 Avril 2002, fera une année entière que cette barbarie incroyable est commise, sans que nous puissions savoir, à l’heure actuelle, où en est l’état de l’enquête ni savoir quand est-ce qu’un jugement probable aura lieu, mais l’enquête suit son cours nous dit-on.

Cependant, nous réaffirmons que seule la justice comorienne est habilitée à juger et l’Etat comorien doit veiller pour que la lumière puisse être faite sur cette tragédie de la honte et indigne d’un pays respectueux de la dignité humaine. La tradition comorienne doit s’écarter des conflits et laisser la place à la justice, sinon que ses supporters se spécialisent en la matière pour qu’ils puissent être nommés juges et rendre des jugements justes ou corrompus.

C’est pourquoi nous nous désolidarisons de la réconciliation, hypocrite de pacotille et de bouche cousue réalisée, dans une opacité incroyable et par intimidation honteuse, par la notabilité de la grande comore, sans que le village de Hantsidzi se soit manifesté clairement et officiellement, si oui ou non, il est derrière ces crimes abominables.

Se manifester signifie qu’il prend, en tant que village, à témoin la parole sacrée de Dieu (le Coran), et par Son Nom, « en appelant à la malédiction divine » s’il était au courrant de cette horreur du 28 Avril 2001. Sinon qu’il avoue sa faute d’avoir organisé des meurtres ou assassinats, par prétention absurde de « vengeance ».

Sans cela, nous autres, parents de victimes, dénonçons de telles mascarades de réconciliation : Encore une fois la notabilité comorienne préfère l’hypocrisie et le mensonge, au lieu de tirer les conséquences du drame de 1996 et réparer leurs erreurs de l’époque. Nous espérons que l’Etat comorien ne leur emboîtera pas le pas, en tombant dans la mesquinerie honteuse, la caricature et la simplification.

Ainsi, nous n’acceptons pas cette pseudo réconciliation faite, il y a trois mois à peine dans la contrainte entre les deux village Hanstidzi et Chezani. C’est juste permettre à ces deux villages de participer aux traditions illogiques comoriennes; puisque, le village de Chezani, par ses villageois, laisse entendre cette position hypocrite.

C’est pourquoi, il est du devoir de tout citoyen honnête d’appeler à une vraie réconciliation de cœur, de pardon, d’amour, de respect et de vérité. Ce qui nécessite une position claire du village de Hantsidzi, comme nous l’avons expliqué ci-dessus. Ce qui permettra à la justice comorienne de travailler comme il se doit. Sinon, notre foi nous interpelle d’être ferme, car les demi-vérités sont encore pires qu’autres choses.

Si le citoyen comorien et franco-comorien et la notabilité de la Grande-Comore ne veulent pas assumer leur responsabilité, ni réparer leurs erreurs de 1996, nous familles des victimes leur rendrons responsables, devant Dieu, le Très Haut, de toutes conséquences ou débordements qui continueront à être engendré par ce conflit. De notre côté, tout en restant confiants, sereins et derrière la justice comorienne, même si sa corruption est plus que notoire, nous appelons à tout citoyen, plus particulièrement de Chezani, de laisser toute haine et rancœur envers qui conque. Que ce citoyen sache qu’on ne peut pas vivre dans l’anarchie, seul la justice du pays doit travailler et lui rendre responsables de ses verdicts. Ce qui ne nous empêchera pas de faire appel, à ses jugements, s’ils s’avèrent infondés et injustes. Cette position est proche de notre foi islamique et humaine que nous prétendons confesser, avec fanfaron, sans outre mesure et conscience. C’est aussi un appel à tout un chacun, lors de tout litige quelconque avec autrui : C’est inadmissible et inacceptable que le citoyen ose s’autoproclamer juge et exécutant de sanctions.

C’est aussi un vibre appel, au citoyen de Chezani et de tout citoyen comorien et franco-comorien, de rejeter cette pseudo-réconciliation afin qu’une vraie réconciliation juste et respectueuse de la vérité soit privilégiée et négociée.

C’est appel va également à l’Etat comorien, donc à sa justice de faire en sorte que l’équité soit la mesure. Que chacun sache qu’il aura à rendre compte devant l’Omniscient; cela ne sert à rien de se rabaisser, en étant injuste et partial.

Enfin, nous invoquons Allah (Dieu) de pardonner les victimes martyrs de 1996 et ceux de 2001, qu’Il leur accorde le paradis le plus haut(firdawse) Âmîne. Qu’ils reposent en paix. Puisqu’ils sont abattus sans qu’ils ne soient reprochés d’un forfait quelconque. Nos invocations consistent à demander à Dieu, le très haut, de nous aider à rester dans son sentier droit dans lequel la foi vivante et agissante, la justice, le pardon méritant et demandé honnêtement, le respect mutuel, la solidarité envers la dignité humaine quelque soit l’origine, la mise en œuvre du bel agir selon les moyens à bord, sont inséparables. Nous Lui invoquons de nous assister sur ces actions afin que nous puissions mériter Son Agrément. Que ces tragédies obscurantistes, de haine, de traîtrise, de bassesse disparaissent à jamais au sein du peuple comorien, et au sein de tout peuple, qui aspire à la mansuétude, au progrès, à la fraternité véritable et à la solidarité, sans exploitation des plus faibles, mais aussi à une vraie foi, consciente et citoyenne, sans contrainte, de note Seigneur.

Enfin, en attendant vos réactions et contributions envers « ce Devoir de Mémoire et de Vérité », nous demandons à Allah de bénir le dernier des envoyés (le Prophète Muhammad), sa famille, ses compagnons de lutte, ainsi que toute personne qui s’efforce de suivre sa guidance, par le bien, jusqu’au jour ultime. Jour pour lequel les richesses entassées injustement, les enfants et les parures de ce bas-monde n’auront d’aucune utilité sauf pour celui qui se présentera devant son Seigneur avec un cœur sain purifié des bêtises humaines et absurdes sous toutes ses formes.

Ainsi, nous vous souhaitons les salâmes et barakats d’Allah et en Lui, nous mettons notre confiance.

M.Mohamed


AU NOM D’ALLAH CELUI QUI FAIT MISERICORDE LE TRES MISERICORDIEUX

Enfants MANSOIBOU                        Marseille, le 22 juillet 2001
Marseille France
Siège
15, Rue Néoule Villecroze
Les Oliviers Bât.E6          
13013 Marseille

[ Nous rappelons que cette lettre a été adressée à l’Etat ;  on a juste
corrigé quelques fautes d’orthographe et par témoignage, nous vous l’adressons. Un résumé à l’intention du public sera le bien venu.]

                     A
      
                  MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

                         ISLAMIQUE DES COMORES

                         MONSIEUR ASSOUMANI  AZALI 

Objet : Réaction face à l’horreur
P.J
     :
3 documents

Monsieur Le Président de la République,

Suite à la barbarie, incroyable, commise dans la région de M’boinkou, le 28 avril 2001, suite à laquelle notre propre frère compte parmi les martyrs, nous estimons nécessaire de vous soumettre, en tant que premier citoyen du pays, chef d’état et garant des institutions, ainsi que votre gouvernement, le triple document ci-joint : travail sérieux, rigoureux, courageux, objectif et impartial de notre petit frère ; pour l’étudier sérieusement et sereinement et le cas échéant, tirer les leçons qui s’imposent.
          Nous rappelons, cependant, qu’il n’y a aucune haine envers personne, ni chercher à l’attiser, nous exigeons, seulement que la justice comorienne fasse bien son travail dans la transparence la plus totalement équitable, sans parti pris donc, sur cette affaire très gravissime.

          Et nous sommes, par ailleurs, indignés d’apprendre, déjà, une conclusion de la justice, qu’il faudra revoir et corriger, qui prétend réduire cette horreur à une simple affaire entre individus, comme en 1996.Une telle conclusion, déjà rendue publique par le substitut du procureur est, non seulement grave, inacceptable, irresponsable et dénie tout respect à la mémoire des victimes, mais ne va pas non plus aider, en aucun moment, à la réconciliation véritable entre ces deux villages Hantsidzi et Chezani ; puisque, nous constatons, malheureusement là, une volonté d’étouffer la vérité soit par inconscience réductionniste ou par intérêt égoïstement nationaliste. Alors que, tout le monde, sans aucun mystère, est conscient et même, bien au courant, que ces crimes abominables sont l’œuvre du village de Hantdidzi par prétention absurde de « vengeance », suite à la sauvagerie, spontanée mais non préméditée, commise envers des martyrs innocents en  août 1996.

          S’il est vrai, qu’il soit possible de trouver quelques personnes, rares certainement, de Hantsidzi, qui ne soient pas impliquées, de près ou de loin, sur cette horreur, minutieusement préparée depuis longtemps, comme vous l’avez signalé vous-même, Monsieur le Président ; ce n’est pas une raison de vouloir camoufler la vérité, dans l’espoir d’obtenir des résultats satisfaisants, en matière d’entente et de réconciliation notamment. De tels objectifs ne seront, jamais, atteints, si les demi-vérités, plus dangereuses qu’autre chose, sont l’apanage de la justice et de la société.

          C’est pourquoi, nous vous demandons avec la bénédiction de l’équipe gouvernementale, de veiller au bon fonctionnement de la justice, ainsi que sa transparence, afin qu’aucune manipulation ne puisse pas s’introduire encore, et faire avorter la vérité.

          Car, s’il est vrai, aussi, que notre foi islamique est celle de la tolérance, de l’amour du prochain, de la magnanimité ; elle est aussi celle du respect de la justice, de la vérité, de la probité intellectuelle, de l’objectivité, de l’équité sans complaisance et de la rigueur ; elle est, par contre l’ennemie de la lâcheté, de la rumeur, de la simplification honteuse et de la caricature. Comme, elle aime, également la réconciliation, l’entente, le pardon ; ce qui suppose, au préalable un jugement équitable à travers lequel, sera reconnu et les coupables, ainsi que leurs complices actifs et passifs, et la gravité effective du crime plus essentiellement ; nous exigeons, naturellement, que toute la lumière soit faite sur cette honteuse tragédie, du 28 avril 2001 ; et qu’aucune piste ne soit négligée.

           
Au cas où le village de Hantsidzi n’opterait pas pour la coopération de la justice, pour pouvoir mieux établir la vérité, et qu’il soit difficile de mettre sur pied les preuves concrètes de leur complicité (en tant que village), complicité contestée par personne sauf étrangement, en apparence peut être, par la justice comorienne ; nous proposons d’avance et en dernier recours, qu’il (en tant que village représenté par les soit disant responsables notables) puisse recourir à la parole d’ALLAH, soubhanahou wa ta’alah, par un jurement solennel en Son Nom, qu’il était étranger, de loin ou de près, à ce complot abject et nauséabond du 28 avril 2001.
          Sinon qu’il reconnaisse leur complicité, ainsi que la gravité de l’horreur ; ce qui devra traduire les coupables actifs avec les cerveaux de cette opération odieuse sans précédant, à assumer leurs actes ignobles et permettre au village de Hantsidzi de se faire pardonner pour leur participation passivement grave et bien entendu ouvrir les portes d’une vraie réconciliation entre les deux villages voisins.
           
Nous jugeons utile de rappeler, comme l’a très bien fait notre frère dans son dossier ci-joint, que cette horreur, du 28 avril 2001, n’a pu avoir cette organisation incroyable avec son exécution déconcertante, sans remord de leurs auteurs, que parce que le drame d’août 1996 et l’état de l’époque et la notabilité comorienne, plus particulièrement celle de Ngazidja, et le peuple comorien, sauf exception d’une très fine, peureuse minorité, de citoyens, se sont comportés d’une façon irresponsable par inconscience ou par intérêt égoïste et partisan en acceptant de porter la responsabilité au village de Chezani, par manipulation consciente du village de Hantsidzi, à propos de ces atrocités odieuses de 1996.

            En vous souhaitant le salut et la paix d’ALLAH, soubhanahouwata’alah, ainsi qu’une lecture et méditation sincère des trois messages ci-joints ;
           
Veuillez  agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de nos sentiments, respectueusement, distingués.

                                              Les enfants MANSOIBOU
                                             
Représentés par leur petit frère


AU NOM D’ALLAH  CELUI QUI FAIT MISERICORDE
           
LE TRES MISERICORDIEUX 

 

MANSOIBOU Mohamed                       Marseille, le 15 juillet 2001
15,Rue Néoule
Villecroze Les Oliviers Bât E6
13013 MARSEILLE

 

                   LETTRE  INTRODUCTRICE A L’INTENTION :
                   -
       De la presse comorienne et franco-comorienne
                   -
       Du citoyen comorien et franco-comorien

Monsieur, Madame

Oh ! ALLAH, je témoigne qu’il n’y a pas d’autre divinité, qui mérite d’être adorée, aimée et chérie hormis Toi, Seigneur sans associé et j’atteste que MOUHAMMED est ton dernier RASSOUL(prophète et messager), envoyé à l’humanité entière. Oh ! ALLAH, béni le RASSOUL MOUHAMMED, sa famille, ses compagnons ainsi que toute personne qui s’efforce, sincèrement, à suivre sa guidance orientée par Ta Volonté, jusqu’au jour ultime. Jour pour lequel ni richesses, ni enfants, ni pouvoir éphémères et injustes n’auront d’aucune utilité sauf pour celui qui se présentera avec un cœur sain, purifié de toutes les bassesses de ce bas-monde. C’est à dire, qu’après son credo, naturel, en Toi, ALLAH, Soubhanahou wa ta’alah, met en œuvre, toujours, le bel agir, même modestement, selon les moyens de bord qu’il dispose,  déploie, constamment, ses efforts à rechercher la vérité, la justice et à les défendre, de fois au prix de mettre sa vie en péril; et enfin n’aménage, jamais son énergie pour rester patient, sans fléchir, face aux épreuves qu’il aura à endurer envers les tyrans et ses suppôts de ce monde.

L’objet de ce préambule est essentiellement de vous demander, fortement, à lire, avec attention et méditation sincère, les deux documents ci-joints :
-
       Ma lettre ouverte(adressée aux cadres et habitants de Chezani M’boinkou)
-
       Mon témoignage de 1996(lettre qui a été adressée à l’ancien chef d’état, défunt, des Comores)

Et recevoir votre jugement objectif et impartial, si ce n’est pas trop demander, sera d’une grande utilité pour le débat démocratique aux Comores, me semble-t-il, gage de l’avenir d’un pays digne de ce nom.

Naturellement, si vous êtes la presse, comorienne ou franco-comorienne, je vous serais très reconnaissant de bien vouloir en publier un résumé exhaustif de ces deux messages, dans un premier temps.

Par la suite et dans un second temps, je serais très honoré de vous voir, en complément de votre journal (écrit), permettre leur publication entière, avec ma contribution, modeste soit-elle. Si c’est affirmatif, ayez l’amabilité de me contacter afin d’étudier ou de me préciser, les modalités d’une telle participation. Ainsi, un grand nombre de nos concitoyens, comoriens et franco-comoriens, pourra avoir accès, largement, à ce dossier, qui se veut objectif et impartial. Ce qui engendrera, nécessairement, réflexions et critiques, je l’espère, dans l’amour et la fraternité, pour le bien de tous.

Cependant, qu’il me soit permis de signaler que le vrai ennemi des Comores, d’ailleurs de tout pays, qu’on doit combattre de toute urgence, peut avant tout se résumer à l’ignorance, à l’inconscience, au nationalisme radical et sectaire, à la mauvaise foi, à l’égoïsme, à l’hypocrisie, etc.; ce qui produit, effectivement et malheureusement, l’injustice, la corruption sous toutes ses formes, la violence aveugle et toute forme de  mesquinerie inadmissible. C’est pourquoi, j’affirme qu’une révolution endogène, au sens noble du terme, doit être opérée, c’est à dire un vrai sursaut de conscience, de tout un chacun, est à inciter et à ressusciter aux Comores, pour que chaque citoyen comorien et comorienne puisse se sentir responsable de la destinée de son pays. Ainsi, il ou elle, pourra assumer sa fonction de pasteur, à son niveau, comme il se doit.

Je pense, sérieusement, que le temps est venu où toute personne, bien consciencieuse et intentionnée, doit comprendre que le changement ne sera, jamais, au rendez-vous que si on s’intéresse à la base, pour la former, la reformer et l’informer objectivement, afin qu’elle puisse prendre conscience à son tour, que c’est par sa position responsable et son action effective, que les autorités pourront se reformer pour mieux diriger le pays, sainement. Mieux encore, que c’est par son choix démocratique que le pays se donnera les autorités que les citoyens et citoyennes voudront bien élire dans la transparence. Or, il n’y a pas de choix, démocratiquement responsable, sans instruction, ni conscience, ni maturité de la masse; sauf à verser dans une mascarade de pseudo-démocratie où seule la loi du plus fort, que ce soit en argent ou en pseudo-notoriété ou autre, aura, toujours, raison et où toute dignité humaine n’a pas droit de cité.
          D’aucuns, rétorqueront que c’est la raison pour laquelle, on doit mettre la pression sur les autorités, pour que l’état de droit puisse être effectif, auquel cas et l’éducation et les réformes nécessaires pourront être mis en œuvre. Ainsi  la masse en profitera, suffisamment, pour développer son esprit critique et assurer sa fonction de citoyen(ne) digne de ce nom. Ce qui est, honnêtement, l’idéal, mais on n’oublie très vite qu’une telle pression doit être responsable et mûre pour que, justement la masse ne puisse pas être manipulée, par les esprits malveillants aux buts, égoïstement non avoués, et par suite s’écarter de l’objectif, noble
, qui est l’établissement de l’état de droit au pays. Vous conviendrez, avec moi, que c’est exactement ce qui s’est passé lors de la sécession de l’île d’Anjouan: manipulation de la masse, sous prétexte de revendications légitimes des droits, par une minorité de pseudo-responsables immatures et profitant, évidemment, d’une triple crise politique, économique et sociale ou plus exactement à l’état de non droit, pour lancer leur sale besogne. Au bout des courses, on s’est détourné, complètement, de l’objectif premier, qui est la revendication légitime de la mise en œuvre d’une politique justement salutaire pour tous les citoyens des îles Comores, à une visée obscurantiste et vous connaissez la suite de la chanson, sans ignorer l’impasse dans lequel le pays est plongé.

Doit- on désormais:

-        S’attaquer prioritairement, au rétablissement de l’état de droit, donc à mettre le rouleau compresseur en marche, pour exiger à l’Etat amputé de changer sa politique inique?

-        Ou s’attaquer, d’abord, au problème du séparatisme avéré, pour sauver l’intégrité nationale des trois îles au moins ?

-        Ou plutôt, s’attaquer, aux deux, casse têtes simultanément, eu égard, la fragilité de l’état et de ses citoyens, qui avaient, même ont jusqu’alors, du mal à discerner ces deux problèmes diamétralement opposés ? 

C’est une trilogie de questions que les ténors du pays auraient pu se poser et tenter d’apporter des réponses. Ce qui est toujours d’actualité, puisqu’une réconciliation qui a du mal à se concrétiser est à l’étude. Observons, tout de même, que cette élite, politique surtout ou même apolitique, n’avait pas su expliquer clairement au peuple comorien, qu’il est possible de s’opposer, farouchement, à un état injuste sans pour autant, mettre en cause l’intégrité nationale de son pays. Autrement dit, une fois qu’il s’était avéré, en 1997-1998, que le mouvement militant anjouanais avait changé ses objectifs idéaux, pour verser dans le séparatisme rétrograde, la politique de l’autruche et les petits calculs politiciens n’étaient pas permis. Seul le problème national aurait pu être au premier plan des préoccupations des élites pour mieux conscientiser le peuple d’un tel danger, tout en restant critique envers la politique de l’Etat, considérée arbitraire et injuste. Ce qui doit être la règle pour une élite bien éclairée et honnête:  pas question de cautionner un état inique, encore moins d’accepter un morcellement du pays.

Malheureusement, cette démarche, simple mais scientifique ou islamique, a été écartée, au profit d’autres faux calculs et le résultat est amère: pas d’état de droit doublé d’un séparatisme prononcé et morcelé. Puisque sur l’île d’Anjouan, il y a au moins deux courants contradictoires pour le séparatisme et certainement un troisième pour l’intégrité nationale, ce dernier muselé sans aucun doute en l’absence d’un climat démocratique sur l’île. Ce qui constitue une contradiction, gravissime, puisque le mouvement prétendait lutter contre la dictature du pouvoir central, sans pouvoir incarner cet esprit démocratique, une fois qu’il s’était rendu maître incontesté de l’île. Profitant, incontestablement, de l’ignorance et de l’inconscience de la population anjouanaise, confrontée aux multiples difficultés économiques et sociales, comme les autres citoyens des deux îles sœurs, lié effectivement à une mauvaise gestion de l’Etat central injuste et dictatorial, l’élite de ce mouvement anjouanais avait fini donc par poser un faux problème, pour un combat injuste digne d’une époque révolu, sans que la population se rende compte et mesure la gravité d’un tel détournement de la vraie lutte à mener.

Puisque jusqu’à preuve du contraire, les Comores est un archipel constitué de quatre îles (Maoré, Ndzouani, M’moili et Ngazidja) , même si l’état français, par injustice honteuse et irresponsabilité, qu’il payera inexorablement un jour, continue à dénier ce droit inébranlable au peuple comorien, brandissant, à la fois son droit de veto aux instances internationales et un soi-disant droit absolu, conférant aux seuls résidants de l’île de Maoré (Mayotte) (une partie de la population comorienne) à se prononcer sur son statut, sans que les autres citoyens de ce jeune pays, fragilement rongé par une corruption incroyable, aient le droit à la moindre parole. On doit donner un coup de chapeaux à ces autorités françaises, qui prétendent représenter un pays, qui ose, tous les jours si ce n’est pas toutes les secondes, donner de leçon, en matière de droits de l’homme, de liberté, de fraternité, d’égalité, de justice, d’humanisme bref de démocratie, à l’humanité entière. Bien que, je sois un citoyen français sans complexe, par choix volontaire, car son triple credo, de liberté, de fraternité et d’égalité, me convient très bien et en tant que citoyen responsable, je n’ai pas à cautionner les injustices de telles autorités, qui prétendent me représenter.

Au contraire, j’ai à dénoncer objectivement et à condamner toute décision et action injustes d’où qu’elles viennent, raison pour laquelle je ne peux pas être indifférent aux problèmes de l’humanité d’une façon générale et de mes deux pays en particulier(la France et les Comores).

Parce que, au lieu que la France, à travers ses autorités, en tant qu’ancienne colonisatrice des îles Comores, étudie sérieusement et sereinement avec ce jeune Etat comorien des modalités réalistes, sans frustrer ni brusquer la population maoraise, pour l’intégration effective de l’île dans son giron légitimement national, et ainsi espérer réparer son passé colonial en vers ce pays, par exemple, a choisi d’humilier ce pays sans défense, dans l’indifférence totale de la scène internationale, des intellectuels français et même comoriens, en utilisant une triple pseudo-démocratie:votes maorais, celui du sénat et du parlement français. Comme si ces trois pouvoirs ont une légitimité objective et entière sur cette terre comorienne, sans même consulter au préalable l’autre pouvoir légitime et majoritaire des Comores. Il paraît même, sans que je puisse justifier ce point précis, que lors de la sécession de l’île d’Anjouan, les autorités françaises ont contribué à l’enlisement de la situation pour mieux déstabiliser l’Etat comorien, une façon, certes étrangement honteuse d’opérer, mais efficace pour montrer à l’humanité, que ce pays, les Comores, même après plus de vingt ans d’indépendance, a été incapable de gérer ses trois îles, n’en parlons plus du quatrième. Cela est très indigne d’un pays qui se veut  démocratique dans sa cité mais se comportant injuste et dictatorial en dehors de ses frontières. Car s’il est vrai que les autorités comoriennes se sont montrées irresponsables et immatures durant plusieurs années, il est du devoir de l’état français d’accompagner, par une coopération responsable et respectueuse, dans la  maturation et la démocratisation de ce pays, notamment en faisant pression, sur les dites autorités des îles, pour que l’état de droit puisse se rétablir et qu’une politique à visage humaine soit appliquée. En outre, veiller à rectifier les erreurs commises, en 1975, lors de l’indépendance de ce pays, profitant de son impérialisme colonial, la France avait fait profil bas, en prétextant valider un vote partiel de chaque îles et non global du pays. C’est une faute grave, qui reste à réparer, même si les autorités françaises font la sourde oreille, en jouant avec le temps et l’inconscience des comoriens et de la scène internationale. Pourtant comme l’a, très bien, dit l’auteur africain Sembène OUSMAN, « La vérité est le soleil et la panse de la main ne peut, pas l’empêcher », un jour ou l’autre, la vérité éclatera et chacun doit se tenir prêt à assumer, pleinement, les conséquences de ses œuvres.

Par contre, une question reste entière sur la question de l’île comorienne de Maoré, restée sur le giron de l’Etat français: Doit-on continuer, en dépit de la réalité comorienne d’aujourd’hui, à la réclamer d’une façon binaire(c’est à dire intégration immédiate et inconditionnelle pour les indépendantistes; devenir un département français, comme semble le confirmer l’Etat français, pour les autres), comme aux années 75-90? Ou une troisième voie, dite alternative, peut être emprunter et encourager, pour l’intérêt  de ce jeune Etat comorien et de sa population?

Pour être, pragmatique et réaliste, je suis persuadé qu’on n’a pas d’autre choix, actuellement, que cette dernière voie alternative, ou bien entendu, il n’est pas question de mettre en cause le statut comorien de l’île maoraise, à moins que tous les comoriens décident autrement. Car si en tant qu’être humain, j’ai le choix et le droit d’opter n’importe quelle nationalité d’un pays qui l’accepte, mais en aucun cas, de m’octroyer un droit absolu, de parler au nom de ce pays. J’ai juste le droit, comme chaque citoyen, d’apporter ma voix et ma contribution, c’est à dire le droit de pouvoir proposer des vues qui seront acceptées ou rejetées, librement, par la majorité des concitoyens. Encore, faut-il que ce peuple soit conscient, pour le faire.

C’est pourquoi, je pense, que la vraie question n’est pas tant l’intégration de l’île maoraise au sein des îles sœurs des Comores, ce qui n’est contesté par personne, sauf par l’injustice flagrante de l’Etat français appuyée par les soi-disant ténors maorais avec la bénédiction, certes inconsciente d’une majorité de résidants de l’île; mais, elle doit se porter, surtout, sur l’étude des modalités réalistes d’une telle intégration après vingt-six ans d’indépendance où on a tout vu sauf la construction du pays. Cela est possible, si on est objectif et sincère, on a vu de tels exemples dans le passé. Le dernier en date est l’île de HongKong, à mon sens des options similaires peuvent être proposées et discutées. Et à terme l’île maoraise pourra rejoindre, dans la dignité et la douceur, les trois îles sœurs comoriennes, même si on passera par des phases intermédiaires dans lesquelles on doit rassurer la population maoraise qu’il n’aura ni esprit mesquin ni revanchard, seuls l’amour, la fraternité et la justice seront des réalités effectives.

Vous conviendrez, que cela exige beaucoup de travail et de sacrifice de la part de l’autorité comorienne et de sa population ainsi que des engagements fermes à prendre avec, certes, la coopération de l’Etat français, non seulement, à cause de liens historiques, mais aussi pour des raisons pragmatiques et réalistes du moment. Le fait qu’il ait l’autorité sur l’île maoraise, si ce n’est sur les quatre, est suffisant, pour l’objectivité d’une telle coopération, sans oublier que la citoyenneté, volontaire, franco-comorienne de beaucoup de personnes, originaires des trois îles, constitue une troisième raison légitime. Et je crois que ces citoyens franco-comoriens doivent constituer une passerelle(pont) efficace pour pouvoir pacifier le peuple comorien, mais aussi être des artisans de poids pour l’avenir de l’île maoraise au sein des îles Comores. Au moins, de tels citoyens ont le devoir de rappeler et dénoncer, par fidélité de la devise de leur pays, toute injustice commise par les autorités qui sont censées les représenter.

Certes, on est loin d’une telle conception et conscience citoyenne, mais cela ne doit pas nous empêcher de la développer, peut être un jour elle trouvera des êtres sensés pour la reformer et l’appliquer, comme il se doit.

Je conclurai sur ce point, en affirmant que la France d’aujourd’hui, n’a pas non plus, malheureusement adopter la bonne méthode et attitude, en ce qui concerne ce dossier comorien de l’île mahoraise et peut être du nouveau séparatisme anjouanais, et à ce titre, elle mérite toutes nos dénonciations les plus indignement exprimées. Ces mêmes condamnations vont également aux autres citoyens français, notamment les intellectuels, qui restent indifférents face à cette injustice permanente commise envers un pays faible(dernière en date est le double vote sénat-parlement français qui ose denier le droit inaliénable, du peuple comorien, de disposer de leur pays entier), pourtant comme je l’ai expliqué, il existe une solution de rechange, pour sortir de cette impasse, sans humiliation de quiconque, pourvu qu’une volonté sérieuse et honnête se manifeste. A commencer, évidemment, par l’autorité française à reconnaître qu’elle a eu tort de faire croire, que seule la population résidante de l’île mahoraise a un droit incontesté de décider, exclusivement, du sort de l’île mahoraise, en dépit de tout droit international, qui reconnaît l’intégrité des Comores en quatre îles indivisibles. Et oser lui donner, aujourd’hui pour une décennie d’expérimentation, paraît-il, le statut de département français; pour enfin le lui accorder  définitivement, après cette période d’essai.

Qu’il me soit permis d’observer ici, que nous sommes en face d’une autorité française qui se comporte, comme à l’époque coloniale où juste sa puissance, militaire, économique et autre, avait droit de cité, mais on faisait fi ! des droits de l’homme et du reste, à la différence que d’autres méthodes modernes et sournoises, pour mieux camoufler l’horreur, sont à l’œuvre. Je ne peux qu’être indigné d’être représenté par une telle autorité d’un pays, pourtant démocratique et juste dans son sein, même si cela est discutable dans la mesure où à l’intérieur même de la France des injustices persistent, peut être liées à d’autres mentalités qu’on espère abolir un jour, puisque citoyen de ce pays, j’ai ma contribution à apporter, ce que je fais, à mon niveau et selon mes moyens et continuerai à agir dans ce sens. Mais en tant que croyant, je dois rester optimiste car l’histoire nous apprend, mais aussi une formidable promesse du Créateur, que l’injustice peut, certes durer, mais jamais rester éternelle. Ce qui devrait-nous à mener à plus de réflexions pour mieux déceler nos erreurs et les rectifier par conséquent.

Néanmoins, la conscience, comme je l’ai déjà évoqué, reste la première des priorités dans un pays, ce qui nécessite, un minimum d’instruction, au bénéfice de ses citoyens. Et je ne crois pas, qu’aux Comores cette formation, minimale, fasse défaut, puisque le pays dispose, et dispense difficilement certes, d’une double instruction dite, religieuse et profane(je n’aime pas employer ces deux termes, aux connotations chargées), même s’il est difficile, de mesurer l’impacte d’une telle double éducation, au sein de la masse comorienne; étant donné, l’imposante force d’une troisième pseudo-éducation, dite de la notabilité traditionnelle, sans jouer, seulement  aux troubles fêtes, elle constitue une handicape réelle pour l’établissement d’une société égalitaire et juste.

C’est pourquoi, j’affirme, également, qu’il est, aussi urgent de se libérer de la mainmise de cette notabilité, aux décisions arbitraire et injustes et sans mandat légitime, dont l’influence réelle, sur le terrain, n’est plus à démontrer.

Seuls, par conséquent, une conscience solide, un dialogue sérieux et serein, une application consensuelle et consciente de la triple éducation au prix d’une recherche minutieuse et assidue, signalée ci-dessus, et enfin un vrai débat démocratique dans lequel personne ne doit être mise à l’écart, seront à même de venir à bout de la triple cause, deux internes et le troisième externe, du mal comorien.

Après ce long tour d’horizon, qui n’est pas dénué de sens, je l’espère, à propos de la situation générale des Comores; permettez-moi de vous résumer certains points essentiels de ma lettre ouverte, qui est en fait l’objet de cette intervention.

Après l’horreur du 28 avril 2001, au village de Daradjani M’boinkou, qui a vu le village de Chezani M’boinkou enterrer ses quatre martyrs, parmi lesquels figure mon propre grand frère, de sang et de foi, j’ai choisi, comme d’habitude, une méthode rigoureuse et scientifiquement islamique pour réagir; qui a fini, naturellement,  par donner, succinctement,  les positions suivantes :

-        Une confiance totale à ALLAH, soubhanahou wa ta’alah, le Juge par excellence, est à observer;

-        Que la justice de l’Etat comorien, reconnue, est seule responsable de condamner ou  d’innocenter; en cas d’injustice caractérisée de sa part, on aura juste le droit de la dénoncer et de faire des recours judiciaires, d’une façon citoyenne car personne d’autre que l’Etat n’a à rendre des jugements, sauf à vouloir entraîner son pays dans   l’anarchie et l’obscurantisme;

-        Que toute la lumière, sur ces crimes abominables, soit faite, sans complaisance, ni favoritisme, ni caricature ni simplification, au moins par respect des martyrs ;

-        Que l’ingérence de la notabilité comorienne et ses décisions injustes soient désavouées ? et qu’il est temps que cette pseudo-source de pouvoir s’écarte des affaires judiciaires et     d’autres, sinon que ses supporters se forment en la matière; ainsi ils auront, au     moins, le mérite d’être qualifiés sur les domaines auxquels ils souhaitent exercer un pouvoir, d’une façon corrompue ou responsable ;

-        Que j’accuse le peuple comorien en général, la notabilité comorienne(surtout celle de Ngazidja), et l’état comorien de 1996 en particulier, de complicité passive, mais  grave ou simple selon les responsabilités, pour la barbarie incroyable perpétrée ce 28 avril 2001. Pour au moins le fait d’accepter, volontairement par intérêt égoïstement  partisan et nationaliste pour les uns, et inconsciemment ou par peur de l’Etat de l’époque pour les autres, de légitimer l’idée selon laquelle les atrocités ignobles, non préméditées, d’août 1996 avaient été préparées et exécutées par l’ensemble du village de Chezani. Ce qui lui a valu, d’ailleurs l’étiquette, inacceptable d’«ASSASSIN ». Et conforta, dans une manipulation volontaire, « le village de Hantsidzi », du moins une bonne parie de sa population, à rester dans une logique absurde et digne d’une époque barbare très lointainement révolue; et indignement, sans aucun remord d’aucune sorte, mettre au point l’infamie commise le 28 avril 2001.

Le reste, je vous laisse le soin de le découvrir, à l’intérieur de mes deux messages ci-joints avec les explications suffisantes de mes affirmations.

Cependant, je me trouve dans l’obligation, de dénoncer fermement, l’inconscience qui ne se rend pas compte qu’elle a déjà du sang dans les mains et qui continue d’en rajouter : en effet, non satisfait de sa complicité d’aujourd’hui, le citoyen comorien ou franco-comorien s’emballe, encore et toujours, dans les mensonges les plus indignes, pour se donner « bonne conscience» peut être et tenter de justifier l’injustifiable, en osant expliquer à qui veut l’entendre, que c’est le village de Chezani qui avait corrompu la justice, pour libérer les personnes reconnues coupables de sauvageries aveugles en 1996 et même, ce citoyen ajoute, qu’il(ce village) aurait organisé la fuite à l’extérieur, de certains de ces coupables, en payant leurs billets. De tels mensonges sont très graves et condamnables, ce n’est pas dans l’hypocrisie, la rumeur, la mesquinerie et l’absence totale de toute lucidité impartiale, qu’on pourra reconstruire un pays maladivement corrompu, dans tous les plans, comme les Comores.

S’il est vrai qu’on doit regretter, et même dénoncer, les démarches, irresponsables, des familles de ces personnes reconnues coupables de meurtres en 1996, pour avoir osé corrompre l’Etat, il n’en reste pas moins qu’on doit se garder toute raison, d’attribuer gratuitement, cette responsabilité au village de Chezani. Au clair, seules les autorités, chargées de faire respecter les peines d’emprisonnements, incombent, largement et de loin une telle responsabilité.

Encore une nouvelle manipulation, qui devrait déconcerter tout esprit lucide et honnête, pour mieux embrouiller les esprits, ainsi on pourra verser dans l’imaginaire et enfin finir par conclure, sans aucune analyse approfondie et objective des faits, ce qui est déjà fait d’ailleurs, que c’est normal: on attendait «un règlement de compte » pour les départager, c’est le cas. On n’a donc pas à se faire de soucis. Tant qu’on raisonne et on agit dans ce sens, on peut difficilement entrevoir l’avenir de ce pays en crise d’identité et de projet idéal de vie pour ses citoyens(nes).

Enfin, je me permets de formuler mes vœux sincères de voir le citoyen comorien et franco-comorien se ressaisir et tenter de se réapproprier l’élément essentiel qu’ALLAH, soubhanahou wa ta’alah, lui ait doté, qui est la saine raison, afin qu’il puisse assumer sa fonction de gérant responsable sur ce bas-monde. Une telle charge ne sera mieux assurée, que si ce citoyen veuille bien reconnaître l’insuffisance de son intelligence, pour pouvoir mener à bien sa mission, et accepte, volontairement, de se munir des deux livres que le Créateur, soubhanahou wa ta’alah, a bien voulu lui révéler, à savoir :

-        Le livre naturel ou explicite(l’univers) dans le quel tout être humain est invité à déployer ses efforts, par sa raison, pour pouvoir déduire les lois de ce cosmos qui lui seront favorables, ainsi que ses semblables ;

-        Le dernier testament, d’ALLAH, soubhanahou wa ta’alah, sur terre, c’est à dire le coran, interprété par son Rassoul, paix et salut d’ALLAH sur lui; à travers lequel le Législateur, par excellence, aurait défini deux choses très importantes :

·    Le culte, formé par les cinq piliers de l’Islam, pour lequel, la règle de base est l’interdiction, sauf permission explicite ou implicite du Législateur, même au niveau des dérogations, rien n’a été laissé au hasard à ce sujet ;

·    Les affaires sociales, le reste de la vie humaine, pour lesquels la règle de base est la permission, sauf interdiction explicite du Législateur. Ici par contre, point de détail n’a été fait, seules des grandes orientations nous sont données pour, à la fois, servir d’étalon à la raison humaine au fur et à mesure que la société évolue avec ses changements et ses contradictions et ainsi pouvoir nous éviter de sombrer en cas d’application exagérée de notre intellect. 

Sachons, succinctement que, sans application cohérente et intelligente  de ses deux sources, la société sera toujours handicapée quelque part.

Qu’on le veuille ou non, nous ne sommes pas le produit du hasard, et la logique veut qu’on se serve de la notice du fabriquant pour mieux se servir de son invention ; étant la création d’ALLAH, soubhanahou wa ta’alah, nous sommes dans l’obligation de jeter un coup d’œil dans sa double Notice. Certes, on peut regretter le manque de dialogue effectif et sérieux entre les deux détenteurs de la notice, c’est à dire ceux qui tiennent la raison humaine, la seule faculté de pouvoir diriger ce bas-monde sans aucune orientation du Créateur, de ceux qui affirment, sans prudence, que tout a été défini une fois pour toutes et on a juste à appliquer, les yeux fermés, des recettes miracles et on atterrira « aux meilleurs des mondes». Mais, on ne doit jamais, rester indifférent et accepter que d’autres tirent de telles conclusions, sans que chacun de nous ne puisse pas mener une recherche assidue et indépendante pour arriver à définir les choses et si possible à infirmer ou confirmer leurs thèses ou même à trouver des points d’équilibres entre ces deux tendances d’extrêmes.

Quant à nous, nous nous plaçons dans cette voie alternative dans laquelle ALLAH, soubhanahou wa ta’alah, demande à tout croyant ferme de se situer, qui est le juste milieux où ni laxisme ni extrémisme n’ont pas de place. Ce qui nous a permis de définir, brièvement mais pertinemment l’Islam, dans le paragraphe précédent, où la symbiose entre foi et raison n’est pas à prouver. Ces deux éléments, indispensables, pour une vie harmonieuse, sont complémentaires. L’un c’est la boussole, l’autre la lumière.

En effet, pendent que la foi fixe le culte et  définit les grandes lignes de la vie et ses objectifs, donc donne la direction; la raison, de façon complémentaire, vulgarise la connaissance, expérimente des théories, découvre les lois naturelles, donc permet de faciliter la vie de l’homme dans tous les plans, en répandant sa lumière. C’est encore la raison qui va tenter de comprendre la foi et ses objectifs et pouvoir les mettre en pratique ou les rejeter; ainsi l’homme par sa raison, aura à rendre compte de sa foi et de ses œuvres, puisqu’il a, bien en sa disposition la mesure et les instruments, nécessaires, qu’ils lui permettent d’assumer, sans contrainte, sa fonction de responsable dans la société. Qu’il soit conscient que sa raison n’est pas la mesure de toute chose, raison pour laquelle, la révélation lui est nécessaire ainsi que le commentaire du Rassoul. Cela, bien entendu n’est pas un déshonneur, pour l’être humain, car au moins, il doit reconnaître, que des choses, comme la mort, les anges, l’au-delà, le paradis, et je dirais même la notion véritable, du  bien et du mal, lui dépasse complètement, sans aucune orientation de son Créateur.

Qu’il réfléchisse donc avant que ce soit trop tard ! Qu’il sache, également, que les raisons d’état, que certains tyrans de ce monde se servent, pour assouvir leurs passions égoïstes et commettre les injustices les plus honteuses, n’ont pas de sens pour le citoyen croyant, qu’il a, par fidélité à la justice, à démasquer et condamner.

Dans l’espoir de recevoir une réponse de votre part, je vous souhaite une méditation sincère et je prie ALLAH, soubhanahou wa ta’alah, de vous accorder la paix et le salut et en Lui nous devons placer notre confiance.


Marseille, le 20 juillet 2001

 AU NOM D’ALLAH, CELUI QUI FAIT MISERICORDE LE TRES MISERICORDIEUX

MANSOIBOU Mohamed            Marseille, le 19 mai 2001
15, Rue Néoule
Villecroze les Oliviers Bât E6
13013 MARSEILLE

 

              LETTRE OUVERTE
                AUX CADRES ET HABITANTS DE CHEZANI M’BOINKOU

 « Certes nous sommes à Allah (Dieu) et c’est à lui que nous retournons. Oh ! Allah, récompense-nous notre malheur et donne nous en échange un bien meilleur.»

Voilà les principales paroles à tenir et à encourager aux siens en cas de tristesse, deuil, malheur ou calamités qui atteint le croyant MOUSLIM

 

Cependant, dans toute épreuve, il y a des leçons à tirer pour les doués d’intelligence, de sagesse, et les épris d’objectivité, de justice et d’honnêteté.

C’est pourquoi, nous avons d’abord à mettre notre confiance à notre créateur avant toute démarche, car la confiance à l’être humain, l’être le plus versatile et disputeur de toute la création, ne saurait mériter une telle confiance. Surtout s’il n’essaie pas de s’élever au-dessus de cette passion primaire tel : le chauvinisme, le nationalisme aveugle, l’ignorance, la mauvaise foi, l’amour des biens matériels et j’en passe.

Et d’autre part qui ne tente pas de méditer à la sourate suivante où Allah le très haut dit, je cite

« Par le temps, l’homme ou (l’humanité) est en perdition sauf ceux qui croient et font les bonnes œuvres, s’encouragent mutuellement à rechercher la vérité (justice) et s’enjoignent mutuellement à l’endurance  (la patience)» (Coran)

En effet, rares sont ceux qui méditent ces paroles divines afin de pouvoir tirer les leçons qui s’imposent, à savoir :

-         S’efforcer de croire au Créateur de toute chose, c’est-à-dire Allah, et naturellement s’efforcer d’accomplir les œuvres salutaires, car il n’y a pas de croyance sans actions.

-         Continuer patiemment à rechercher la vérité, et à la défendre d’où qu’elle vienne, même de notre propre ennemi. On entend par vérité : la justice, donc l’impartialité, l’objectivité, l’honnêteté et la sincérité.

-         Et bien entendu, s’efforcer de rester constamment patient, endurant et persévérant. Certainement, il n’y a pas de patience dans la passivité, mais au contraire dans l’action en faveur de la dignité humaine. Parce que chercher à être objectif et juste comme le demande notre Créateur, provoquera nécessairement la persécution des lâches qui ne cherchent que l’amour du pouvoir et de l’argent, la folie de grandeur et la passion de l’âme sans esprit critique ni impartial ni équitable.

Cependant, si je me suis permis de vous faire ce bref rappelle, c’est que l’essentiel du drame qui vient de frapper notre pays aujourd’hui et d’une certaine façon, l’avait frappé en 1996 et plus particulièrement en 1997 (sécession de l’île d’Anjouan) et que d’une façon isolée frappe les quatre coins de notre pays les Comores,  réside malheureusement sur l’antithèse de la sourate mentionnée ci-dessus (même si les Comoriens d’une façon générale à travers leurs lèvres prétendent accomplir l’une des quatre conditions de ladite sourate : foi.)

Après cette introduction assez longue, à mon nom personnel et au nom de tout esprit écœuré par la barbarie qui vient de frapper notre pays, et plus particulièrement le village de Chezani, le 28 avril 2001 nous vous transmettons toutes nos condoléances et nous prions Allah, soubhanahou wa ta’alah, que ces martyrs puissent bénéficier le paradis, comme ALLAH, soubhanahou wa ta’alah, l’a  promis, Amine.

Par ailleurs, le second volet de ma lettre, c’est essentiellement de vous rappeler le contenu de la sourate « Le temps » ou « Le siècle » ou « l’instant » énoncée ci-dessus, tout en vous encourageant à ne pas faiblir face à plusieurs ennemi à savoir :

-         L’ignorance, car celle-ci est très redoutable, puisque très répandue au sein de notre pays, sans doute à Chezani, qui engendre un deuxième.

-         L’inconscience

-         La mauvaise foi et l’amour des biens matériels et des pouvoirs.

-         Le nationalisme aveugle, qui veut qu’on  soutienne une personne pourvue qu’elle soit de sa famille, de son clan, de sa région ou de son pays, même si elle est dans l’erreur, en lui donnant toujours raison. Certainement, ce point engendre et continue à faire des ravages aux Comores.

Souvenez-vous que le drame d’août 1996, non seulement a pris racine sur ces dits éléments (qu’il faut considérer comme la peste), plus étonnant encore est la prise de positions des citoyens, qu’il soit intellectuel ou simple citoyen a été nourrie, malheureusement, par cette conception du nationalisme ajouté à l’ignorance, à l’inconscience et à la mauvaise fois.

En effet, rares à l’époque (1996), ceux qui ont concédé ou même tenté à la prudence pour pouvoir affirmer sereinement que cette épreuve avait frappé le pays, donc la justice devrait suivre son cours et sanctionner les coupables tout simplement; mais du Président de la République, premier citoyen du pays, au simple citoyen comorien, avait vite conclu (et même considèrent encore) que le village de Chezani était coupable, mais surtout, et c’est le point le plus accablant, confirma  gratuitement  l’idée selon laquelle un tel coup odieux  était organisé et perpétré par ce dit village. Sans aucun discernement de la part des intellectuels du pays n’en parlons plus la masse ignorante. Ce qui compta, à l’époque, ce fut les faits odieux et barbares perpétrés par des « enfants » d’un village qui s’appelle Chezani. Quelle maturité ? Quelle analyse ? Où est l’objectivité, l’honnêteté ?  Le soucis d’impartialité ?

Que voulez-vous qu’un tel peuple puisse avoir une prospérité ? Où sont les sacrifices des gens sincères et justes ?

Ce qui compte pour le citoyen comorien, c’est son petit clan de famille ou de village, en fait son intérêt personnel !

Mais les vrais valeurs telles que l’amour du prochain et de  la justice, l’objectivité dans l’opinion, la solidarité dans la dignité humaine, la pitié pour les faibles, la foi ferme envers notre Seigneur sont quasi nulles.

Cela ne signifie pas l’impossibilité d’observer ici ou là, quelques esprits lucides, limpides et équitables. Mais force est de constater et d’en convenir qu’une telle quantité est très insignifiante par rapport à la masse comorienne qu’on peut à juste raison considérer comme une masse morte vivante. Même si on peut en dénombrer des intellectuels et diplômés parmi elle, qui n’osent pas se sacrifier pour les causes les plus justes et dignes de ces noms.

            Cela doit-il nous décourager ? Ou nous conditionner à raisonner dans le même sens que cette masse amorphe ? Ou réagir de façon identique à cette masse ? Non loin de là !

          Personnellement à l’époque, j’avais adressé une lettre au Président de la République, et vous y trouverez une copie de témoignage, pour lui rappeler des règles simples, surtout que ce dernier se prétendait juste et fervent croyant. Malheureusement le Président défunt, qu’Allah le pardonne, préféra à la fois la précipitation et la passion de l’âme, au lieu de faire une analyse plus approfondie afin de pouvoir tirer les meilleures leçons à l’avenir, et surtout chercher une vraie réconciliation où la paix, la fraternité, l’équité, l’entraide seraient les éléments moteurs.

Comme vous le verrez dans ma lettre de 1996, j’avais bien dénoncé le qualificatif d’ASSASSIN qui fut collé au village de Chezani, puisque ce dernier n’avait ni organisé cette inqualifiable barbarie, encore moins avoir participé dans son ensemble.

Cela ne veut pas dire qu’il fallait pas, à l’époque, dénoncer une partie du village de Chezani, qui aurait pris connaissance, sur-le-champ, de cette folie non préméditée, de n’avoir pas porté assistance à personne en danger ; bien entendu ceci doit être analysé par rapport aux circonstances de ces graves incidents et de l’ignorance des gens d’une part, et d’autre part au climat de haine et d’animosité, éternel,  entretenu entre ces deux villages Hantsidzi et Chezani. Donc nécessairement au cas où quelqu’un de Chezani ou même de Hantsidzi aurait appris une telle tragédie n’aurait pas eu, malheureusement sur le coup, un sursaut de conscience pour se rendre à l’évidence que c’est inacceptable, n’en parlons plus l’idée d’aller, quitte à perdre sa vie, empêcher de tels crimes. Donc, c’est à ce niveau qu’on peut considérer légitimement, je pense, qu’une partie des habitants de Chezani était coupable indirectement et de façon passive (donc pas active). Car, quand même on doit reconnaître que lors de la folie meurtrière de 1996, une partie des villageois a dû prendre échos que des jeunes « barbares » sont sortis en train de commettre des actes inqualifiables ou du moins entrain de se battre.

Je profite, cependant à l’intérieur de ces lignes pour signaler et préciser que je ne suis pas en train d’accuser le village de Chezani, d’avoir organisé un coup en 1996, ni encore moins d’avoir participé dans son ensemble à une quelconque barbarie; mais j’avance des vérités qui sortent des circonstances, d’une façon objective même si je n’étais pas sur place, mais les éléments à ma possession avec des témoins du match que j’ai du rencontrer, sans oublier que j’ai un degré de connaissance minime soit-il, du climat de haine entretenu volontairement ou pas entre ces deux villages, je ne pense pas m’avoir trompé sur ces analyses. Ce qui m’importe, c’est d’être impartial et fidèle à notre créateur ALLAH, soubhanahou wa ta’alah, et je vous encourage à l’être et ceci quelles que soient les épreuves que nous aurons à endurer face aux gens. J’espère que cette partie de ma lettre sera bien disséquée pour ne pas faire sortir ce que je n’ai pas écrit.

Et je résume sur ce point précis de 1996 de la façon suivante à savoir: Chezani n’avait  ni organisé, ni participé à une quelconque folie meurtrière, cependant une partie de sa population peut être considérée comme complice passive sans toutefois que le village puisse être étiqueté d’ASSASSIN par le pays. Et c’était inadmissible et je l’avais fais savoir. En outre, cette complicité passive était due essentiellement aux circonstances, à l’ignorance, à l’inconscience et donc au manque de foi véritable, et surtout par la haine de longue date entretenue comme je l’ai précisé ci-dessus par les deux villages.

Je ne suis pas non plus en train d’impliquer les responsables du village, ni le village dans son ensemble. Loin de moi cette analyse, mais j’assume pleinement mes écrits et Allah, soubhanahou wa ta’alah, est témoin.

Cela signifie t-il qu’une soi-disant « revanche » ou « règlement de compte » devrait être préparé et exécuté de la façon la plus ignoble ? C’est là où tout être épris de foi, de justice ou simplement d’humanité devrait être déconcerté et confondu !

Car, que signifie un « règlement de compte ? » Encore une fois cette barbarie a trouvé des échos à cause du nationalisme d’appartenance, puisque pour eux c’était le village de Hantsidzi qui fut frappé par le village de Chezani au lieu que ça soit des Comoriens, certes originaires du premier village sauvagement martyrisés par d’autres comoriens originaires du deuxième village et seuls les meurtriers devraient être jugés et condamnés, point à la ligne.

Mais voyez-vous que l’ignorance ajoutée aux autres vocables évoqués ci-dessus ne mène qu’à la tragédie, aux drames ou à toute autre barbarie innommable.

Et le comble des combles est certainement le fait que des comoriens et même de soi-disant représentants de ville ou village essaient d’expliquer ou de comprendre ces actes odieux, du 28 avril 2001, par ces dits procédés évoqués en haut. Ce qui montre, si besoin en est que notre pays les Comores est presque devenu un gouffre total où l’urgence est de première importance, sinon ce sera le chaos total. Donc un sursaut de conscience de tout un chacun est à susciter ou à ressusciter d’une façon criante dans notre pays. A commencer par se sentir responsable de la destinée du pays. C’est pourquoi après une mûre réflexion, j’ai pris la décision de vous écrire afin de vous dissuader, si ce n’est déjà fait, auquel cas ce sera de vous encourager, de changer de méthodologie, car la grandeur ne se mesure que par les qualités de foi, de sincérité, d’amour pour la justice, d’impartialité et cela demande du courage et je vous assure que le résultat n’est pas du matériel dans un premier temps mais la tranquillité de l’âme d avoir accompli son devoir comme il se doit et Allah, soubhanahou wa ta’alah, le très haut, certes jugera équitablement et le paradis pourra être notre bon refuge. Sinon, ignominie ici-bas, sans compter un dur châtiment dans l’au-delà.

Je souhaite donc que vous puissiez continuer à faire plier le camp traditionnel de notre village et pourquoi pas de notre pays sur le fait que ça soit nos traditions illogiques et injustes qui s’immiscent sur ce drame et vouloir être une source de justice. Il faut dire non et dix mille fois non. Car, nous avons vu en 1996, on l’a toujours vécu d’ailleurs, que ces traditions sont très injustes pour plusieurs raisons dont le fait que le coupable et la famille du coupable doivent payer même si cette famille est innocente ! C’est illogique ! Et que de fois, il suffit de donner de l’argent pour se réintégrer sans qu’aucune sanction juste ne soit appliquée. Sans oublier que ces traditions ne tentent même pas de faire une analyse approfondie d’un problème. Seulement, ce qui compte pour elles, ce sont les amitiés entre les clans, etc.

Cela ne veut pas dire que vous ne pouvez pas porter plainte contre le village de Hantsidzi dans son ensemble, si vous avez des éléments tangibles qui prouveraient que l’ensemble de ce village a pris part  activement dans cette barbarie immonde ou du moins qu’il était au courant de ces atrocités, vous avez ce droit. Mais moi, jusqu’à preuve du contraire, le village dans son ensemble est innocent, mais ce sont des groupes du village de Hantsidzi, qui ont  bien organisé, depuis de longues dates, cette sauvagerie sans nom. Cela ne signifie pas que les soi-disant responsables de ce village ne sont pas impliqués. Car  pour moi, une seule personne qui est de ce village qui n’a pas eu connaissance de ce coup ignoble me suffit pour affirmer que le village dans son ensemble n’a pas pris part. C’est dans ce sens d’objectivité qu’il faut me comprendre lorsque je parle d’innocence dans son ensemble jusqu’à preuve du contraire. Par conséquent, l’enquête doit suivre son cours d’une façon impartiale et sans équivoque.

Et s’il ressort que l’ensemble du village aurait participé à cette horreur, cela appartient à l’Etat comorien et à lui seul à prendre les sanctions qui s’imposent. D’abord, je pense pour les cerveaux et les criminels doivent être jugés par la justice comorienne, ensuite l’Etat à mon sens doit déterminer d’une façon objective et équitable, c’est-à-dire sans parti pris, le degré de participation de chaque villageois.

Sans oublier d’écarter les autres procédures traditionnelles qui ne sont pas équitables. Mais aussi vous avez la charge de convaincre les citoyens de Chezani, d’écarter tout esprit de chauvinisme qui consiste à vouloir se faire justice soit même ! Nous avons un pays et une justice, même s’il ne faut pas se faire trop d’illusions. Mais cela ne doit pas nous désarmer et surtout faire en sorte qu’au niveau du village, l’esprit mesquin et revanchard disparaisse.

Je suis persuadé que cela constitue une tâche oh ! combien délicate et pénible à mener à bien. Mais mes chers frères, nous n’avons pas d’autres solutions en échange.

Et ne faisons pas comme ceux qui ont oublié Allah, soubhanahou wa ta’alah, car ils s’oublient eux-mêmes.

En effet, reconnaissons-le, qu’entretenir une haine injustement et avoir cet esprit revanchard sans fondement pour un drame jugé et sanctionné, depuis plus de quatre ans, même si l’Etat n’a pas bien appliqué les sanctions à cause de corruption et oser aller mâcher des êtres innocents comme si on mâchait des moutons, coupables à leurs yeux sur le simple fait qu’ils appartiennent à un village soi-disant « ennemi », prouve s’il en est besoin, que de telles personnes ou village ont oublié ALLAH, soubhanahou wa ta’alah. Et de telles personnes ne croient pas à l’ultime rencontre avec le créateur de l’univers. Et par-là, elles ont troqué leurs vies éternelles à une vie éphémère et périssable.

Sincèrement, qu’est-ce qu’ils ont gagné en martyrisant des innocents de la façon la plus odieuse et abjecte qu’elle soit ?

Certainement une malédiction ici-bas et un châtiment douloureux les attend le jour des comptes.

A moins que ses assassins se rendent compte de la gravité de leurs crimes et veulent bien faire la lumière sur cette barbarie immonde. 

Par ailleurs, s’il se confirme que des prêches dans les mosquées du genre « celui qui a tué doit être tué » ou « MAN KATALA KOUTILA », dans ce village « coupable » de Hantsidzi, quelques semaines avant que l’impensable crime puisse être commis, prouve bien que le rigorisme littéral qui veut, paradoxalement, s’appuyer sur l’islam dans l’ignorance la plus absolue de la signification véritable de ces beaux versets,  qui échappe même à l’intelligentsia occidentale, mène naturellement notre pays dans une direction sans boussole.

C’est pourquoi, quitte à me répéter plusieurs fois, j’affirme qu’il faut mériter la fonction de gérant, responsable sur la terre, qualificatif qui nous distingue des animaux et du reste des créatures d’Allah, soubhanahou wa ta’alah. Cet honneur ne nous sera décerné par ALLAH, soubhanahou wa ta’alah,  que si et seulement si, nous appliquons la sourate « le siècle » « ceux qui croient, font les bonnes œuvres, s’encouragent mutuellement à rechercher la vérité (justice, équité, impartialité, etc.), et s’enjoignent mutuellement la persévérance (patience, endurance, constance…) »

Donc mes chers frères, il nous faut une vraie révolution : d’abord, initiée dans notre village et tenter ensuite de la généraliser dans notre pays. Car d’une certaine façon, on peut dire que la balle est dans notre camp. Ces épreuves ne doivent pas entamer notre détermination face à la recherche

de la justice sans complaisance. Il est très urgent, cependant de faire taire les autres considérations traditionnelles où l’équité est absente, seuls l’orgueil, l’étroitesse et l’injustice font loi.

Osons dire non pour mieux s’élever au-dessus de nos passions. Et surtout tenter de battre en brèche toutes les méthodes qui consistent à montrer l’apparence des choses, donc à leur superficialité sans approfondissement ni apporter des solutions justes.

Par exemple, faire des invocations en dépassant des richesses sous prétexte de bénédictions, en invitant le pays entier est insensé et n’apportera rien du tout. Alors qu’au village même il y a des personnes qui n’ont même pas le strict minimum pour survivre, encore moins d’assurer l’éducation des leurs.

Attention aux spectacles dont beaucoup de villages et villageois pratiquent pour tirer profit de notoriété ou autre. Au contraire, profitons de ces épreuves de haute envergure pour commencer à bâtir une société juste fondée sur l’amour du prochain, la foi, la dignité humaine et la justice. Travail difficile et énorme, mais envisageable et réalisable si ladite sourate (le temps) est bien méditée.

Enfin, je terminerai ce document en vous brossant quelques pistes parmi d’autres, pour espérer s’appuyer afin que notre société de demain puisse se bâtir.

D’abord, c’est de votre droit de demander que justice soit faite en accordant d’autres méthodes ou voies que celles de la justice comorienne, et ceci quelles que soient ses imperfections.

Donc, que toute autre source soit entièrement écartée, telle que le bannissement d’un village au nom de la notabilité comorienne est injuste, doit être dénoncé et déclaré non avenu.

Proposer aussi que toute personne de ce village de Hantsidzi qui n’est pas impliqué directement en tant qu’instigateur ou préparateur de ce coup ignoble, ni coupable direct, puisse avoir recours au coran et à ALLAH, soubhanahou wa ta’alah,  pour s’innocenter (par un serment solennel  au nom d’Allah et de sa parole qui est le coran qu’elle n’a  ni aidé d’une façon ou d’une autre à ces crimes.) En cas de refus de cette dernière, cela prouvera au moins qu’elle en savait quelque chose. Auquel cas, la justice devra faire son travail d’une façon équitable.

Car il est très important d’établir sans équivoque le degré de participation de ce village de Hantsidzi afin qu’il puisse, au cas où il serait établi qu’il est coupable dans son ensemble, reconnaître cette barbarie sans précédent et par la suite se repentir sincèrement et pouvoir demander pardon honnêtement.

De même, je vous encourage d’étudier la possibilité de déposer une plainte contre le comorien en général et la notabilité comorienne (surtout celle de la grande Comores), en particulier, pour avoir accusé faussement le village de Chezani en 1996 et par là, permettre au village de Hantsidzi d’entretenir ce climat de haine et sous prétexte de « vengeance » venir, aujourd’hui, commettre cette ignoble barbarie. Tout en se donnant « bonne conscience».

En effet, si ce village de Hantsidzi a été mis en garde et surtout s’il lui avait été bien signifié que le village de Chezani était innocent dans son ensemble de la tragédie de 1996, ce village n’oserait pas aller jusqu’à là.

Donc, le but d’une telle plainte, c’est de ramener et la notabilité comorienne et le comorien en général à reconnaître les graves erreurs et fautes qu’ils ont commises par insouciance, indifférence, nationalisme aveugle, corruption, et inconscience. Ils doivent donc chercher à se repentir et à se faire pardonner. Mais pas comme il paraît à continuer à rester dans leur torpeur en commettant encore une fois des erreurs de jugement sans esprit critique du passé. Et même concevoir qu’ils soient coupables du crime d’aujourd’hui par leur hypocrisie de silence et de jugement pour le Comorien en général et d’action (bannissement) pour la notabilité, leur est inconcevable. Toute fois on doit faire notre témoignage de croyant.

Cela n’enlèvera en rien à la culpabilité du village de Hantsidzi, ainsi que de ses criminels.

Mais cela prouvera au moins à l’avenir, qu’on ne doit pas juger sans fondement, car le mensonge est pire que le meurtre, comme le dit très bien le coran ! C’est une matière à réfléchir …

Car mes frères, pour qu’on puisse parler d’une vraie réconciliation (parce qu’il la faut un jour, et je suis partant, mais pas à n’importe quel prix. Car on ne peut pas rester dans une situation de barbarie et surtout de haine mutuelle qui consiste à s’exclure réciproquement).

Il faut que la justice fasse son travail honnêtement et impartialement. En tout cas que la lumière sur cette affaire soit faite. Et vous aurez à être attentif sur ce point. Car ce qui est important sur cette affaire, c’est l’établissement de la vérité sans peur ni crainte.

Et apparemment, on tente de vouloir l’étouffer. Ce qui salira la mémoire des martyrs.

Ce qui est inadmissible et à dénoncer de la manière la plus ferme et équitable qu’elle soit.

Et surtout faire en sorte que les « soi-disant » responsables du village de Chezani ne puissent pas avoir recours à la notabilité comorienne ou autre, car sinon on ne sortira jamais de la crise ; ce qui n’est pas conforme à tout esprit d’équité et surtout de la foi islamique.

J’en conviens, que cela sera très dur à réaliser vu les mentalités aveugles qui rongent notre société, mais je suis persuadé qu’il est temps qu’on soit courageux pour affronter les vrais problèmes mes chers frères et sœurs ( car il faut associer nos sœurs, elles représentent plus que la moitié du peuple. Il n’y a pas de raison de les considérer comme des citoyens de seconde zone : Encore un autre grand chantier, de révolution, qu’il faudra s’occuper, sereinement mais sûrement. Sans pour autant être aliéné par l’occidentalisation de la pensée en l’imitant d’une façon aveugle comme il semble, malheureusement se faire, déjà, d’une façon honteuse et sans esprit critique ni inspiration de nos sources authentiques. Un sujet très délicat qui demande beaucoup d’énergie et de réflexion, sans complaisance, que j’ai voulu juste effleurer et rendre compte, ici, à l’occasion ). Au cas où vous n’arriveriez pas, comme il se confirme, à isoler ce drame de la notabilité comorienne, je vous conseille vivement et sincèrement à dénoncer ces méthodes car les demi-vérités sont dangereuses pour l’établissement de la vérité et de l’entente.

Dans la même pensée, je  vous encourage à analyser objectivement le discours répandu de l’homme de la rue. En effet s’il s’avère que l’idée de « règlement de compte » ou de  « mach-nul » domine les esprits comoriens, vous devrez non seulement dénoncer une telle dérive, mais surtout démontrer, à travers des interventions radiophoniques, journalistiques et autres, que l’idée même de penser ainsi est très grave et ne mène qu’à l’anarchie totale dans le pays, sans évoquer le fait très important  de son incompatibilité avec la foi musulmane que ce peuple prétend confesser en grande pompe. Comme je l’ai déjà souligné ci-dessus, le Comorien est coupable d’une certaine façon du drame du 28 avril 2001. C’est donc à vous selon vos moyens de le démontrer, du moins de témoigner ce qui doit être le minimum requis de la part d’un croyant musulman. Et n’oublions pas que ALLAH, soubhanahou wa ta’alah, est très clair « Il ne change pas l’état d’un peuple tant que ce peuple ne change pas l’intérieur de leur état(cœur ou âme).» C’est pourquoi il est temps que chacun de nous fasse une autocritique pour qu’on puisse se purifier et se débarrasser de toutes les mesquineries! Parce qu’à Chezani même, à ma connaissance, le martyr Ibrahim MANSOIBOU a été rendu responsable de la folie meurtrière de 1996, pour avoir organisé le tournoi de foot. Ce qui est inadmissible et je profite de cette occasion d’épreuve pour dénoncer une telle attitude, que ça plaise ou pas !

Tant qu’on ne procède pas à une prise ( ou examen ) de conscience, le changement restera un objectif utopique à atteindre. A vous aussi de confirmer mes propos ou de les infirmer objectivement et honnêtement.  

Après ces quelques critiques internes mais objectives et impartiales, je pense que cette partie de mon document n’est pas négligeable, si vous arrivez à convaincre les habitants de Chezani que seule l’option de la justice comorienne, même imparfaite doit être adoptée et suivie, sans bien évidemment oublier notre confiance totale en ALLAH, soubhanahou wa ta’alah, le Juste par excellence

Donc rester derrière la justice corrompue du pays (Les Comores) est conforme à notre foi islamique et à la dignité humaine. Tout en étant critique à son encontre si on juge un caractère infondé et injuste d’un de ses juments. Car quoi qu’il arrive aucun citoyen d’un pays n’a le droit de vouloir rendre justice s’il n’est pas juge désigné dans ce  pays pour cette fin. Cela étant nous avons à être clair là-tu, par fidélité à ALLAH, soubhanahou wa ta’alah l’Omniscient, c’est à dire que tout esprit revanchard, loin de la foi islamique doit être écarté. Et il est clair qu’une éducation allant dans ce sens doit être privilégiée de toute urgence au village de Chezani dans un premier temps.

Car, il y a même des comoriens qui sont convaincus de la culpabilité de Chezani, en 1996, non pas d’avoir organisé cette folie, encore moins de participer dans son ensemble, mais d’après eux d’avoir enfanté des enfants non éduqués jusqu’à devenir barbares au point de perdre tout amour et toute foi et aller commettre l’irréparable. Certes, ce sont des jugements simplistes et injustes mais voyez-vous dans quel état on se trouve: une personne est coupable non pas pour avoir commis un forfait quelconque mais juste pour son  lien familial ou villageois ou régional avec le coupable, c’est très gravissime.

Cependant, je pense, certainement, qu’il est possible d’établir une société mûre à partir de grandes difficultés à condition qu’on n’ait pas peur des épreuves à endurer. Ce qui doit compter pour nous c’est plutôt la recherche de solutions justes tout en étant réaliste sur la démarche à suivre. En effet  le pays dont je suis originaire (Comores) se trouve dans un état catastrophique dans tous les plans: spirituel, moral, éducationnel, économique, politique, financière et j’en passe.

Et je vous assure que je ne pensais pas réagir à la situation comorienne de cette façon et je prends ALLAH, soubhanahou wa ta’alah, à témoins, mais honnêtement l’urgence le nécessite.

Car de fois, on ne peut pas se permettre d’attendre les consensus artificiels et superficiels qui amadouent les uns et découragent les autres. Il faut au contraire savoir affirmer des grandes vérités même si l’opinion n’est pas encore prête à les assumer ou simplement à les reconnaître à cause des traditions illogiques et injustes qui pèsent sur elle.

             Paradoxalement, les Comores disposent de trois sources inépuisables à savoir le livre d’ALLAH, soubhanahou wa ta’alah, (le coran) et la Sounna de Son prophète, c’est à dire l’Islam et la troisième source étant la sagesse mondiale ou universelle plus particulièrement celle héritée de l’occident impérial.

En effet cet héritage considérable devrait leur permettre de déceler d’une part ce qui est bon et juste sur leurs traditions et par conséquent le conserver et d’autre part détecter ce qui est purement chimérique, incompatible avec la dignité humaine et surtout arbitraire et injuste de ces mêmes traditions comoriennes ce qui aurait du  être  reformé ou rejeté.

Mais, comme ceux qui ne savent rien s’arrogent le droit à la parole et à la décision sous prétexte de notabilité ; ou plus grave encore d’autres possédant les compétences requises mais laissant la passion dominer à la fois la raison, la foi, la loyauté, la fidélité et l’impartialité, ne vous étonnez donc pas de voir les conséquences que cela implique.

Enfin, je souhaite, au passage vous rappeler(tout en vous mettant en garde contre un tel positionnement ) une parole prophétique authentique dont le sens en français est : « il n’est pas des notre celui qui meurt par esprit tribal (ou de clan) ». C’est à dire le dernier des envoyés et des prophètes, le RASSOULOUL ALLAH Mouhammad, que la paix et les  bénédictions d’ALLAH soient sur lui, veut nous expliquer que mourir par esprit tribal ou nationaliste tout simplement sans que la cause soit sérieuse et juste n’est pas un croyant musulman.C’est pourquoi, il est très urgent d’engager notre peuple vers une maturité leur permettant d’éliminer cette peste qui ravage notre pays qui est l’esprit tribal qui consiste à soutenir les siens d’une façon inconditionnelle et aveugle. Et pourtant le dernier RASSOULOUL ALLAH Mouhammad, que la paix et les bénédictions d’ALLAH soient sur lui, nous apprend qu’il faut soutenir son frère (donc par-là son clan) dans toutes les circonstances. Voyez-vous une contradiction ?   En apparence oui, mais en réalité c’est absolument non, sinon le message islamique serait arbitraire et absurde. En effet le RASSOULOUL ALLAH, que la paix et les  bénédictions d’ALLAH soient sur lui, a bien reformé cette parole, jahilienne, par soutenir son frère dans tous les cas revient à l’encourager à obtenir son droit s’il est juste, et par contre l’empêcher de commettre l’injustice quitte à le dénoncer s’il le faut. C’est cela soutenir son frère ou son clan en islam, il n’ay a pas de compromission avec la justice quelle que soit la personne qui est en face de nous, on doit se ranger derrière ce qui est juste, honnête et droit.

En agissant ainsi on méritera, peut être le Firdaousse, c’est à dire le paradis le plus haut ou du moins le paradis tout simplement, sans compter l’apaisement du cœur dans ce bas monde pour avoir accompli son devoir en être responsable et croyant à ALLAH, soubhanahou wa ta’alah.

Encore une fois, je vous confirme que les répétitions que vous repérerez dans ce document, sont dans ma logique d’approfondir mon sujet et surtout ne le lis pas à la sauvette même si je ne prétends pas avoir le dernier mot, encore moins la prétention de vouloir traiter ce sujet d’une façon exhaustive.

Par contre je réclame son caractère objectif et impartial. Cela étant, mon souhait est de vous voir initier la vraie révolution dont le pays a besoin en la débutant dans le village de Cheazani dont moi-même je suis originaire. C’est pourquoi, je vous conseille de revenir sur ladite sourate (le Temps ou Wal’asri) pour que vous puissiez la méditer; bien entendu beaucoup de passages coraniques méritent toute notre attention et nos réflexions. Et après étude sincère de la situation comorienne, vous me concéderez que le pays est loin et que des choses sérieuses doivent être mises au point et exécutées. Même si des résultats tangibles ne s’obtiendront, peut être, qu’au prix de laisser nos vies ici-bas et rejoindre la vie éternelle en espérant avoir l’agrément et la satisfaction d’ALLAH, soubhanahou wa ta’ala. Parce que, pour moi la promesse d’ALLAH est véridique. C’est pourquoi, je me sens obliger de vous détailler le fond de ma pensée et mon positionnement sans craindre les reproches ou critiques de qui que ce soit. Sauf au cas où des erreurs de ma part, sont avérées à l’intérieur de ce

document auquel cas, elles seront les bien venues et me permettront d’approfondir mon sujet et de reconnaître de telles fautes à l’avenir. Bien que je ne pense pas avoir commis des erreurs de jugement dans ce document, je suis ouvert à tout remarque ou complément car après tout je ne suis qu’un être limité et faillible malgré toute mon énergie de vouloir rester équitable, impartial et objectif dans mon propos. Et j’espère vous lire très prochainement.

C’est à cet endroit de mon propos que j’ai choisi pour vous demander de bien vouloir transmettre toutes mes condoléances aux autres familles des martyrs tout en les assurant que ces martyrs sont en paix incha’allah et qu’ils auront la récompense du paradis. Et que leur patience leur permettra de les côtoyer au paradis, car comme vous le savez la promesse d’ALLAH est immanquable. Et je pense qu’il est de votre devoir de trouver les propos et les manières d’aborder ces familles pour que leurs confiances soient mises sur ALLAH, LE digne de confiance, tout en laissant la justice du pays faire son travail. Quoi que d’avance on connaisse les résultats à cause de la corruption généralisée qui détruit ce pays !

            Cela ne nous empêchera pas de continuer le combat par écrit et par dénonciation sans recourir ni à une quelconque violence, encore moins à une quelconque « revanche  ou vengeance » digne d’une époque sauvage et inhumaine. Oui, personne digne d’une humanité, surtout se reconnaissant, de la foi musulmane ne peut prétendre se substituer à la justice de son pays sinon à vouloir l’entraîner dans une sorte d’escalade anarchique et barbare. Seuls les animaux ou pire encore que ces derniers sont dignes de telles approches et réactions.

Considérant la dignité humaine, l’amour de la justice (plus particulièrement divine), le soucis de sortir, au moins en l’initiant, le pays de la crise générale dans laquelle il est plongé, doivent nous pousser à conjuguer tous nos efforts pour que ni le laxisme, ni le rigorisme littéral ni le nationalisme obtus ne puissent avoir raison des autres approches islamiques, humanitaires et scientifiques.

Certes l’occasion se présente dans des conditions difficiles et très particulières, comme d’habitude, mais pouvant apporter des résultats tangibles. Le temps est venu pour que chacun puisse se sentir responsable, à son niveau et selon ses moyens, pour assumer sa fonction de pasteur comme nous l’a défini le RASSOULOUL ALLAH, que la paix et les  bénédictions d’ALLAH soient sur lui. On doit cesser d’accuser toujours l’autre, par démission, alors qu’on ne fait rien et ça doit commencer par chercher à avoir une probité, disons, intellectuelle, pour ne pas dire  islamique (car pour moi cela est identique). Naturellement les caricatures et les simplifications doivent disparaître et laisser la place à la recherche scientifique, intellectuelle et islamique d’une façon assidue. Ce n’est que dans ce sens qu’il sera possible de promouvoir le changement tant attendu.

Du coup ne vous étonnez pas de la résistance pure et dure qui vous sera opposée, à la fois, par les conservateurs et les ignorants de tous les bords. En restant ferme, uni et calme sans insultes ni manque de respect envers personne, vous chercherez l’aide d’ALLAH, soubhanahou wa ta’alah, ainsi votre argumentation sera efficace incha’allah. Et si l’histoire est  parfois ingrate, rappelez-vous tout simplement qu’ALLAH, soubhanahou wa ta’alah, ne l’est jamais. Comme le drame comorien est grave et général, je suis persuadé qu’il ne faut pas hésiter de vous concerter avec d’autres personnalités afin de pouvoir attaquer, efficacement, les racines du mal comorien, puisque, je le répète pour la millième fois que le pays court à sa perte, à moins que des honnêtes et sincères hommes consciencieux épris de foi, de fraternité et d’équité se mobilisent pour assumer pleinement leu mission qui est la gérance de l’homme

sur la terre. Car  force est de constater que l’ignorance, doublée du nationalisme rétrograde et radical engendre effectivement presque tous les maux de la société comorienne tels que la mauvaise foi, le barbarisme, l’inconscience, la débauche et toutes les autres formes d’injustices.

Oui c’est un vrai combat qui nécessite réflexion, concertation, beaucoup de foi ferme, soucis d’équité et d’objectivité, puisque à terme, on doit avoir raison de l’ignorance interne et externe, toucher les mentalités de cette population qui ne concède jamais à se mettre en cause, pour mieux évoluer. Sincèrement mes frères et sœurs, ce combat exige des personnes qui possèdent des dos solides, pour mieux porter des charges lourdes, aux dos desquels les critiques arbitraires n’ont pas d’importance à leurs yeux, seuls comptent  des objectifs assez nobles à atteindre.

Qu’il me soit permis de faire une analyse synthétique, bien qu’approfondie, de la situation du pays sur cette affaire. En effet, comme je l’ai déjà évoqué, on peut bien considérer que le pays, d’une façon générale, est complice de la tragédie du 28 avril 2001, qui a vu quatre martyrs partir de la façon la plus horrible. Car, la situation odieuse de 1996 n’a pas été analysée de manière objective et juste. Plus grave encore, est l’étiquette d’ASSASSIN qui fut collée au village de Chezani. Qualificatif qui n’a pas été dénoncé ni être considéré incompatible avec la croyance du pays qui est l’islam. Encore moins de songer, à ma connaissance, à une quelconque réhabilitation envers un peuple (ou village) injustement jugé et sanctionné. Aucune volonté sérieuse de réconciliation n’a jamais été développée encore moins d’être appliquée; si ce n’est qu’une mise en scène de pseudo-réconciliation à travers laquelle la soi-disant notabilité comorienne n’avait même pas réussi à asseoir les soi-disant responsables de ces deux villages sur la même table à savoir Hantsidzi et Chezani. Sans négliger, qu’il s’avère que ce village de Chezani a été extorqué d’une façon excessive par la prétendue notabilité au cours de cette pseudo-réconciliation. N’en parlons plus tenter de bien faire comprendre au village de Hantsidzi que ces crimes insensés n’ont jamais été préparés par quiconque; à part la folie qui s’était manifestée après les incidents du match. Raison pour laquelle, le village de Hantsidzi prétendrait aujourd’hui, justifier l’inqualifiable crime, qu’il faut dénoncer de façon ferme, et ceci devrait naturellement l’être pour tout comorien croyant et sincère. Ce qui n’est pas le cas, car il est préparé par d’autres logiques condamnables par lesquelles seule une éducation sérieuse peut les combattre et les contenir. C’est pourquoi, généraliser le problème, ce qui est vrai nous aidera à mieux chercher les vraies solutions. D’autant que le vrai problème du pays est lié au manque d’une foi ferme. On se contente seulement, et malheureusement, de gymnastique cinq fois par jour, pour ce qui la font, se priver de nourriture un mois par an et d’une façon ostentatoire effectuer un voyage à La Mekke et pour quelques-uns uns donner quelques pièces, par an en signe de charité (zakat).

Mes chers frères et sœurs signaler l’absence de foi chez un peuple qui est persuadé de l’avoir à cent pour cent, si ce n’est plus, n’est pas une chose aisée et facile à faire.

N’ayant pas le choix, n’hésitons donc pas à exprimer les choses telles qu’elles sont.

Cela ne veut nullement signifier qu’il faudra apprendre le citoyen comorien les articles de la foi islamique essentiellement, mais surtout lui rappeler, sans cesse, qu’il est de son devoir, non seulement de les approfondire, mais à forte raison de les appliquer. Pour qu’il soit compatible et en harmonie avec son credo qu’il prétend porter dans son cœur !

J’espère que vous méditerez le contenu de ce document afin de pouvoir en tenir compte, d’une façon ou d’une autre, dans vos études et démarches, tout en le confrontant avec vos vues et plus particulièrement aux points sur lesquels j’ai insisté et répété.

Ainsi, une vue, objective, d’ensemble est indispensable pour une action ou du moins un témoignage, efficace que je résumerai  ainsi:

-        Veiller à ce que la lumière puisse être faite, sans l’ombre d’un doute, sur cette affaire même si, et la notabilité et l’Etat veulent bien l’étouffer par la simplification et la caricature ;

-        Insister sur la nécessité d’écarter, à jamais, la notabilité comorienne de tout conflit vu son jugement injuste et arbitraire; d’autant plus qu’elle n’est ni formée, ni chercher à l’être pour une telle mission auquel cas on dénoncerait simplement sa corruption et lui rendrait responsable de ses soi-disant sanctions et décisions illogiques;

-        Qu’une transparence apparaisse au pays que le village de Chezani est derrière la justice de son pays, quel que soit son verdict (qu’on peut approuver ou dénoncer), non pas que Chezani a peur du village de Hantsidzi ou se sent coupable de la barbarie de 1996, mais parce que cela est conforme au message de l’Islam et à la dignité humaine. Que cela soit clair et net !

-        Rappeler, clairement, la complicité passive des citoyens comoriens, pour la sauvagerie aveugle du 28 avril 2001, pour avoir soutenu par omission ou intérêt l’idée selon laquelle le village de Chezani avait préparé l’inqualifiable de 1996, alors qu’ils savaient très bien que cela était un montage mensonger du village de Hantsididzi, pour raison de rivalité égoïste, que ce dernier(Hantsidzi) profita d’une telle occasion pour surcharger et accabler le village de Chezani. C’était, franchement une honte que personne n’a voulu voir ou même tenter de comprendre ou se rendre compte. C’est effectivement cette hypocrisie de silence et d’indifférence qu’on doit dénoncer, accuser et condamner. Car c’est cela, en particulier, qui a donné une carte blanche au village de Hantsidzi, en toute impunité de préparer et exécuter l’immonde crime du 28 avril 2001.

-        Etudier, sereinement et honnêtement, la possibilité d’une réconciliation à condition que le village de Hantsidzi coopère avec la justice pour qu’il puisse, d’abord reconnaître la gravité de cette  barbarie du 28 avril 2001; ensuite avouer sa faute, dans le cas où il reconnaîtrait son implication (de près ou de loin) sinon qu’il démontre, dans la transparence la plus totale, son innocence. Et on n’a pas à tenir compte de la pression de la notabilité ignorante et injuste ou d’une quelconque force interne ou externe. Par contre, comme je l’ai déjà expliqué, on n’a aucun droit de se réserver une quelconque possibilité de « revanche » par prétention de rendre la justice. Ce n’est pas de notre ressort: que la justice du pays fasse son devoir et assume ses responsabilités devant le peuple et devant ALLAH, soubhanahou wa ta’alah. A nous, cependant, d’éduquer les citoyens selon nos moyens et d’élever le niveau de maturité.

-        Pour être complet, reconnaître, objectivement qu’une partie de la population de Chezani, peut être accusée de n’avoir pas assister en personne en danger en 1996. (Entre dans cette complicité passive toute personne qui avait pris connaissance du drame, sur-le-champ, et qui était indifférent, sans essayer de faire quelque chose pour empêcher une telle barbarie d’une façon ou d’une autre, par exemple avertir les autorités ou aller dissuader ces jeunes « barbares » etc.). Je suis conscient du bruit et de l’incompréhension que cela suscitera  pour cette prise de position, pourtant vraie, mais je suis, en même temps, persuadé, que le changement dans notre pays ne viendra jamais si la peur au ventre nous empêche d’être impartial, objectif et courageux. Pour la nième fois, je le répète, que cela ne signifie aucunement que Chezani  avait préparé ces crimes odieux de 1996; accusation fortuite et gratuite lancée par le village de Hantsidzi, acceptée et entérinée par tout le peuple comorien d’une façon irresponsable pour les uns et par intérêt égoïste et nationaliste pour les autres; ni s’être consulté dans son ensemble pour commettre ces horreurs;

-        Enfin, demander officiellement que le village de Chezani soit réhabilité de l’étiquette d’ASSASSIN qui lui fut collée, injustement, depuis août 1996. Normalement un peuple responsable doit s’excuser; puisque par son injustice, de jugement, cela a conduit à l’épouvantail du 28 avril 2001. Et apparemment il est loin de prendre conscience de sa complicité passive. C’est à nous de lui rappeler son devoir, du moins par témoignage, et à terme tenter de le convaincre du bien fondée de cette culpabilité.

Avant de faire des invocations qui clôtureront ce document, je voudrai rappeler qu’après avoir rédigé ce document et avant de le mettre sur machine, j’ai eu connaissance, par vidéo et par mon grand-frère M. Moissuili MANSOIBOU, de la venue du Chef de l’Etat le 29 (ou 30) avril 2001, pour la présentation des condoléances, dont je salue le discours de notre frère consul  M. Cheha M’MADI  DAOUD ainsi que celui du Chef d’Etat M. Azali ASSOUMANI et je me retrouve en parti sur leurs discours. Mais aussi la manifestation du neuvième jour, le 06 mai 2001, en mémoire des martyrs du 28 avril 2001. Avant de réagir sur un petit point au niveau de cette manifestation, permettez-moi de rendre hommage à la ligne adoptée et conduite dès le départ par M. Cheha M’MADDI DAOUD,M. Mohamed SAÏD(Docteur Nizard) et M. Soilihi HADABI (Premier). Et  je suis convaincu que  les autres cadres et habitants de Chezani  rejoindront, si ce n’est déjà fait, cette voie exemplaire où seule une méthode islamique ou intellectuelle ou si vous voulez  scientifique (pour moi ces trois termes sont synonymes, en tous cas on ne peut pas les opposer aussi facilement qu’on le croit) est à emprunter pour la recherche de solutions justes. Et que les épreuves ne doivent pas nous rendre amnésique au point de perdre le beau cadeau, qu’ALLAH, soubhanahou wa ta’alah, nous a gratifié qui est la faculté de  penser et de raisonner (intelligence), le seul élément qui nous différencie du reste de la création. Et si on ne l’applique pas comme il se doit, nous serons pires que les animaux, nous assure ALLAH, soubhanahou wa ta’alah.

Bien que je ne sois pas un fanatique des biographies, qu’il me soit permis quand même de noter que celle du frère martyr le regretté M. Mohamed MANSOIBOU ( connu sous le prénom d’IBRAHIM), présentée par notre frère M. Machouhouli ‘ABDOU SWAMAD, est très incomplète qu’il faudra rectifier, au cas où elle aurait été diffusée dans les masses médias. En effet, relevons tout d’abord une inexactitude sur sa prétendue capacité de parler la langue arabe: C’est faux, alors qu’il était capable, comme la plupart des citoyens comoriens, de lire le coran en arabe sans aucune difficulté mais aussi de l’écrire, il n’était pas capable de parler cette langue. On n’a pas à lui attribuer des compétences ou connaissances fictives; comme on ne doit jamais le faire sur qui conque ! On doit rester objectif et honnête sur les comptes des gens qu’ils soient présents ou absents. Quant à la langue anglaise, je ne sais pas s’il la parlait correctement ou pas. Par contre d’autres éléments essentiels et clefs de sa vie sont inexistants sur cette biographie diffusée: Père de sept enfants, devenus aujourd’hui orphelins de père, et laissant une femme veuve, en deuil, ne doit pas être négligé. Plus important encore à souligner est son courage exceptionnel: Après avoir effectué son service national au collège de Vanamboini dans l’Itsandra Hamanvou (1982-1983), après un premier échec au BAC, il était devenu instituteur, dans le primaire dès 1983, fonction qu’il occupa assidûment  jusqu’en 1989, en parallèle, il accumula des échecs au BAC, sans se décourager jusqu’à son obtention en 1989, soit sept ans pour se payer le passeport du secondaire. Pour moi, cette période de sa vie (1983 -1989) est capital et dépasse de loin l’autre volet de son existence (le fait qu’il était député, contrôleur, puis inspecteur de Douane). Quel homme courageux fut-il ? Sans prétention, je n’hésite pas à affirmer qu’une telle vie surpasse en qualité celles des plus titrés de notre pays. A condition qu’on prenne le recule nécessaire pour y méditer. Sans oublier de souligner son amour exemplaire en vers sa défunte mère, qu’il la suivra presque une année après son décès. Alors qu’il s’apprêtait à avoir une pesée, consistante, pour elle, il tomba sous les coups lâches de ses bourreaux. Qu’ALLAH, soubhanahou wa ta’alah, les agrées, tous les deux, Amine       

Quant à moi, je ne peux achever cet hommage sans reconnaître, qu’il m’a permis avec l’aide d’ALLAH, soubhanahou wa ta’alah de bénéficier de l’élément essentiel de la vie qui est l’instruction et qui me permet aujourd’hui de développer un esprit critique et par conséquent défendre sa mémoire en homme civilisé (ou simplement musulman ) et non pas en lâche ni sauvage comme cela paraît se faire par d’autres (les bourreaux d’aujourd’hui). Qu’il repose en paix ainsi que les autres martyrs, Amine.

En effet c’est lui, qui m’a envoyé à l’école pour la première fois de ma vie, après quelques cours particuliers, devant la petite boutique de notre oncle à Moroni qu’il avait la charge de le seconder (remplacer) à son absence alors qu’il fut au collège, du style « Papa et Remi, Maman et Fatou; et comment compter en français.» Le tout en une bonne semaine, presque à la fin du premier trimestre  de l’année scolaire 1977-1978 et prit la décision de m’envoyer à Chezani en m’inscrivant en classe de CP2. ALLAH, soubhanahou wa ta’alah, seul sait combien, je dois être reconnaissant en vers lui. Et combien ma dette est grande envers sa petite famille, plus particulièrement envers ses enfants. Sans prétention, aucune, de ma part de pouvoir honorer une telle dette.

Cependant, bien qu’il paraisse un conservateur de la tradition comorienne, sans être un fervent fanatique, il faut le rappeler, il était conscient de la nécessité de sa reforme, disons-le d’une façon pragmatique et réaliste. Pour preuve, vous le savez pertinemment, qu’il est presque inconcevable qu’un petit frère puisse faire le grand mariage avant celui de son grand frère. Et pourtant, en 1999, lorsque son petit frère décida de le faire, non seulement, il n’opposa aucune objection, mais rassura toute personne(famille et amis) qui tenta de démontrer la prétendue déshonneur de la démarche de son petit frère, en expliquant avec un beau sourire, sans rancœur, que ce n’était rien et que si ALLAH, soubhanahou wa ta’alah, le veut bien, il le fera à son tour. Pour ma part cela est un coup de pouce du destin, bien qu’il pense réaliser un tel grand mariage, ALLAH,  soubhanahou wa ta’alah, a bien voulu lui éviter une telle contradiction. Car ce grand mariage n’a pas de sens, surtout si l’intéressé avait déjà eu des épouses et des enfants en charges. C’est une purification de la part d’ALLAH, soubhanahou wa ta’alah, pour ce frère martyr, incha allah.

Enfin, quoi que je sois son quatrième petit frère, ça ne lui avait jamais empêché de garder une bonne estime envers ma personne, non pas que j’aie un quelconque mérite, loin de là ; mais parce qu’il était convaincu  par mes soucis et courage d’essayer de rester fidèle à mes principes, surtout depuis que je suis parti à l’extérieur ; rares en effet les frères(ou sœurs) comoriens qui manifestent une telle attitude et élévation d’esprit.

En somme, permettez-moi de lui rendre un hommage sincère et honnête et de prier, ALLAH, soubhanahou wa ta’alah, d’effacer toutes ses pêchés et en tant que chahide qu’il lui soit accordé le firdawousse, c’est à dire le paradis le plus haut, où il pourra côtoyer les prophètes, les autres chouhddaa (martyrs) de toutes les époques, ainsi que les awliyaa allah (les saints ou amis de l’Omniscient) Amine.

Invoquons ALLAH, soubhanahou wa ta’alah, que ces épreuves ne nous empêchent pas  d’emprunter la voie de la rectitude, tracée par ALLAH, soubhanahou wa ta’alah, pour trouver les solutions appropriées.

Que les pressions, malhonnêtes et injustes, exercées par la notabilité comorienne ou par certaines personnes de l’Etat, animées par des intérêts matériels et injustes, ne puissent pas entamer notre  détermination lucide d’aller au bout de notre mission, qui est au moins de demander que toute la lumière soit faite sur l’horreur du 28 avril 2001. Une telle lumière ne doit laisser aucun doute, et pour cela on doit, dès maintenant dénoncer les conclusions du substitut du procureur, qui veut, d’une façon simpliste et caricaturale, que la prétendue « règlement de compte ou match nul »,comme les comoriens se plaisent à le dire, inconsciemment, est juste « une affaire entre individus ». C’est une mascarade, il est urgent de revenir sur de telles conclusions, au moins par soucis de ne pas salir la mémoire des martyrs. Qu’on lui rappelle que ce n’est pas en cachant la vérité qu’il pourra espérer, voir aboutir un jour, une réconciliation au rabais. Non pas, par le mensonge et la pression honteuse. Que personne n’ose se substituer à l’Etat, incha allah, quelque soit son verdict, qu’on peut approuver ou dénoncer d’une façon citoyenne (ou islamique).

Invoquons ALLAH, soubhanahou wa ta’alah, avec insistance que des crimes odieux et insensés ne puissent pas se perpétrer dans notre pays les Comores et dans tout pays épris de foi, de justice et de fraternité ou simplement épris d’humanisme. Que le chauvinisme, le nationalisme béat, le tribalisme, l’esprit revanchard ou disons toutes les bassesses, qu’on puisse imaginer, quittent à jamais le comorien, qui se prétend croyant musulman, sans se rendre compte de la signification exacte d’être un porteur d’une telle foi. Que la tolérance, l’amour du prochain dans le sens le plus large, la solidarité, l’entraide véritable dans la justice puissent être des réalités dans notre pays. Qu’une politique équitable, dans tous les plans, puisse  être mise en œuvre pour que le citoyen comorien en profite, sans aucune exploitation. Notamment, au niveau éducationnel, économique, sanitaire et culturel.

J’invoque, enfin ALLAH soubhanahou wa ta’alah, pour que chacun de nous et tout comorien fasse des efforts considérables pour étudier ou réviser  assidûment AL QOURA’AN (coran), AL SOUNNA du RASSOULOUL ALLAH, que la paix et les  bénédictions d’ALLAH soient sur lui  et toute Sagesse universelle bénéfique avec méditation sincère.

Parce que, les deux premières sources contiennent, au moins, les bases nécessaires pour la fondation d’une société exemplaire. A nous, donc de se former et se réformer puisque le vrai croyant, comme l’a très bien dit le RASSOULOUL ALLAH, doit apprendre du berceau au tombeau. Malheureusement, beaucoup de croyants de nos jours acceptent facilement l’ignorance, dans l’indifférence la plus totale. C’est pourquoi, il est très urgent de combattre cette tendance du croyant comorien. Et quant à la sagesse universelle, la parole authentique, suivante, du RASSULOUL ALLAH doit nous suffire: « La sagesse est la propriété perdue du croyant, il la récupère la où il la retrouve. »

Qu’ALLAH, soubhanahou wa ta’alah, exauce nos invocations, Amine.

Par ailleurs, je rappelle que par témoignage j’adresserai cette lettre ouverte aux médias et à d’autres personnes et personnalités car effectivement on n’a rien à cacher et l’expérience de 1996 m’a assez mûri. Et quand on est lucide, on doit aussi être courageux et aller au bout de son engagement.

Dans l’attente de vous lire prochainement, il ne me reste qu’à vous souhaiter les SALÂM et RAHAMA(t) d’ALLAH et Ses BARAKA(t). Et je ne recherche que l’agrément d’ALLAH, soubhanahou wa ta’alah, et en Lui je mets ma confiance


                                           Marseille, le 02 juillet 2001

MANSOIBOU Mohamed                Marseille le 23 Septembre 1996
Villecroze les oliviers
Bt E6 –15 rue Néoule

[ On a juste corrigé les fautes d’orthographes sur cette lettre de témoignage de 1996. Et noter que ce qui compta pour nous, à l’époque et même aujourd’hui, c’est plutôt le contenu du message que le style de langue de VOLTAIRE qui m’aide, par contre à passer mon message]

 A
         
Monsieur MOHAMED TAKI
ABDOUL KARIM
        
 Président de la République Islamique des COMORES

Nos réf : R.C.A.I.P.I  1/96
Objet
 :
embargo imposé à un peuple innocent

"...إِنَّالِلَّهِ وَإِنَّاإِلَْْْيْهِ رَاجِعُوْنَ."

                                                                                     ]156/2[

« …Certes, Nous sommes à Allah et c’est à Lui que Nous retournons »

                                                                  Coran  1/156

Monsieur le Président,

Nous avons l’honneur de nous adresser auprès de votre bienveillance afin que nous puissions vous faire-part de notre opinion, que nous partageons avec bons nombre de nos compatriotes, conformément à l’Islam s’il plait à Allah, à propos des incidents tragiques qui sont survenus ces derniers temps dans notre pays, les Comores, et particulièrement ceux de CHEZANI M’BOIKOU, dont un embargo qui lui est imposé par vous-même, après que quelques notables de la grande Comores ont banni ce village, au nom du peuple comorien ; ce qui est inadmissible pour toute âme épris de droit et surtout qui se veut de la foi islamique ; qui stipule : qu’un innocent ne peut pas payer à la place du responsable d’un forfait et ceci quel que soit le lien d’amitié ou de fraternité qui le lie avec le coupable !

Tout d’abord, Monsieur le Président de la République, permettez-nous d’exprimer toute notre consternation, indignation, et profond chagrin et tristesse face à ces actes barbares très odieux dont l’âme plein d’amour, de liberté, de fraternité pour les quelles les racines se basent sur l’Islam, ne trouvent franchement les mots appropriés pour exprimer ces crimes insensés. Et nous profitons de cette occasion, en tant que musulmans convaincus et engagés, pour vous présenter, Monsieur le Président de la République, toutes nos condoléances et nous vous prions de bien vouloir les transmettre au peuple comorien en général et aux familles des victimes en particulier.

         En outre, notre sincérité envers l’Islam et notre fidélité envers Allah, le Sage et tout Puissant, nous conduisent naturellement à condamner avec fermeté ces actes odieux et barbares, et nous demandons comme nos compatriotes, que justice soit faite ; et que seuls les coupables doivent payer conformément à l’Islam.
        
Par ailleurs, Monsieur le Président de la République, en tant que musulmans, nous vous demandons de revoir votre discours et position afin de rectifier les erreurs commises et nous pensons peut être que cela a été du aux chagrins, à la tristesse et à l’ampleur des événements. Car, en Islam un innocent ne peut pas payer à la place du coupable ou que le coupable et l’innocent payent à la foi ; encore moins tout un peuple d’un village.
        
De plus, on ne peut pas accepter que quelques personnes s’expriment délibérément au nom du peuple entier sans sa consultation préalable, comme le stipule l’Islam.

         Donc, Monsieur le Président de la République, l’idée d’imposer un embargo administratif ou autre de l’Etat au village de CHEZANI pour la seule raison que les meurtriers sont de ce village est inadmissible et non avenu, et cela est contraire aux enseignements de l’Islam. Et nous espérons que vous pèserez les lourdes responsabilités que vous encourez à l’égard d’Allah le Majestueux, vous en tant que musulman et père de la nation comorienne.

         Nous rappelons conformément à l’Islam qu’on ne peut pas appliquer ou utiliser des méthodes ou sanctions anti-islamiques dans l’espoir de rétablir la justice, la paix et la sécurité. Et l’Islam nous apprend que même l’ennemi doit être traiter avec beaucoup de justice, d’équité et que la haine envers un peuple ne doit pas nous emmener à commettre des injustices.
        
C’est pourquoi, Allah, qu’Il soit glorifié et honoré, a établi la balance, la mesure sur toute chose afin qu’on puisse juger avec certitude et équité, mais aussi rectitude envers Lui.
        
Même la famille d’un coupable de meurtre ou d’un quelconque forfait ne peut pas être mise en épreuve, sauf dans des cas très exceptionnel où sera bien établi et prouvé que cette famille aurait, sciemment cachée le coupable ; n’en parlons plus encore une fois tout un peuple innocent.
        
Il est donc temps que vous puissiez revoir votre position et décision, Monsieur le président de la République, père de la nation comorienne, afin qu’un peuple innocent ne meure pas d’angoisse, de faim, etc.

Car, vous serez le premier responsable en tant que chef d’Etat.

C’est vrai, on peut comprendre votre souci de mettre l’insécurité, la barbarie et la mauvaise foi qui sévissent notre pays, mais attention : pas en utilisant encore une fois, nous le rappelons, des méthodes anti-islamiques.
        
Et n’oubliez pas qu’on a tant attendu votre élection, pour la majorité des comoriens, pour le souci de rétablir la foi véritable de l’Islam dans notre pays, en analysant votre prise de position et discours de 1990 à votre élection de 1996. et n’oubliez jamais cela et ne pas rendre en vain ces espoirs.
        
De même, rappelez-vous que devant Allah, qu’il soit magnifié et honoré, vous devrez être sous sa soumission et sous sa loi, c’est-à-dire, vous ne pouvez pas être ni à côté, ni au-dessus de sa voie et trouver des alibis.
        
Chez Allah, à Lui gloire et bonté, il n’y a ni alibi, ni intervention, et sachez qu’au moment où nous parlons, les conséquences de l’embargo imposé à CHEZANI, par vous, commencent à payer et ce sont des innocents, il faut bien le rappeler et cela, on ne peut pas l’admettre ni l’accepter.

         Si vraiment votre souci c’est l’Islam et ses enseignements, appliquer des méthodes islamiques sans alibi ni rancune et vous verrez les fruits escomptés. Car, Allah, à Lui gloire et bonté, ne manque jamais à ses promesses.
        
En effet, n’oubliez pas aussi, Monsieur le Président de la République, que si des actes odieux se perpètrent par des comoriens, c’est parce que le Comorien du sens commun n’est pas encore préparé à être un vrai musulman à part entier et ignore ce que cela veut dire. On l’a paradoxalement préparé à être un pur nationaliste, égoïste et chauvin, ce qui est inadmissible en Islam.

Et oublier cet aspect de ce  Comorien vous conduirez toujours à chercher des solutions inadéquates aux problèmes, donc non avenues.

         Par conséquent, le problème de l’éducation en général et les enseignements islamiques en particulier doit être abordé et privilégié partout, à la radio, dans les places publiques, les écoles coraniques et occidentales comme vous pensez le faire, nous l’espérons.
        
Mais aussi, on ne peut pas oublier que vous êtes un homme, donc vous n’êtes pas infaillible.
C’est pour quoi, vu le dépôt dont vous êtes en charges d’une part, et nous en tant que citoyens musulmans du pays d’autre part, et vu la mission dont Allah nous, a chargé, nous devons objectivement rectifier dès que possible, à commencer par vous rappeler afin que vous puissiez déceler les erreurs et les corriger.
Et il est clair, selon le Coran,  qu’un innocent ne peut pas payer à la place ou avec le coupable, sinon il y a injustice.
Donc, un innocent ne peut pas souffrir quel que soit le lien familial, villageois, amical ou autre qui le relie avec un coupable.
        
Cela bien sûr est conforme au vrai visage de l’Islam. Mais, si par malheur, vous utilisez des méthodes impériales et anti-islamiques, c’est autre chose : il faut donc, vous attendre aux conséquences dans cette vie d’ici-bas et dans l’au-delà ( la plus importante). Allah, qu’il soit magnifié et honoré, n’a-t-il pas dit :

"...أَ فَتُؤْ مِنُوْنَ بِبَعْضِ الْكِتَابِ وَتَكْفُرُوْنَ بِبَعْضِ فَمَاجَزَاءُ مَنْ يَفْعَلُ ذَالِكَ مِنْكُمْ إِلاَّ خِزْيٌ فِى الْحَيَاةِ الدُّ نْيَا وَ يَوْمَ الْقِيَامَةِ يُرَدُّوْنَ إِلَى أَشَدِّالْعَذَابِ وَمَا الَّلهُ بِغَافِلٍ عَمَّاتَعْمَلُوْنَ."

                   ]85/2[

« …Croirez-vous seulement à une certaine partie de l’Ecriture (Coran) et serez-vous incrédules à tout le reste ? Mais quelle autre rétribution sera réservée à ceux d’entre vous qui l’auront fait, sinon l’ignominie en ce monde et le pire des châtiments dans l’au-delà. Car, il n’y a point acte humain qui échappe aux regards d’Allah »
Coran 2/85

         Au passage, nous vous rappelons que les incidents de CHEZANI sont une épreuve de haute envergure pour le peuple comorien en général, et vous en particulier, si nous savons méditer, et nous estimons qu’il y a là une opportunité pour que vous pussiez montrer votre attachement à la justice, rien qu’à l’équité, et surtout en emprutant le chemin de l’Islam !

         Mais en n’en jugeant votre réaction, on ne peut que constater malheureusement les deux contradictions suivantes :

-     D’une part, votre attachement aux valeurs de l’Islam donc le talion de l’Islam doit être appliqué, car d’après vous, et nous aussi, la parole d’Allah le tout Puissant et Omnipotent, est la plus haute et on ne peut pas la transgresser. Ce qui est vrai pour le croyant sincère.

-     D’autre part, malheureusement, votre attachement à des valeurs traditionnelles, comoriennes, arbitraires et injustes qui voudraient sanctionner à la fois le coupable et l’innocent. Dont, vous commencerez par les appliquer à CHEZANI, en ajoutant d’autres mesures de l’Etat, c’est-à-dire, le message est clair : tout un peuple innocent meurt de faim, d’angoisse et tout genre de souffrances.

Pour ce faire, nous vous demandons de montrer un seul visage :

-     Islamique où l’équité sera mise en œuvre,

-     Ou traditionnel où le coupable et l’innocent sont pareils ; ce qui compte pour ce dernier, c’est l’appartenance familiale, villageoise ou régionale.

De notre part, nous nous attachons aux valeurs de l’Islam, dont quelques versets peuvent nous être de secours ici, pour souligner le caractère islamique de la justice, mais aussi aux procédures, sans taches ni doutes, pour rétablir les preuves en cas de transgression quelconque.

"يَآأَيُّهَااَّلذِ يْنَ آمَنُوْا كُوْنُوآ قَوَّامِيْنَ بِا لْقِسْطِ شُهَدَآءَ لِلَّهِ وَلَوْ عَلَىآ أَنفُسِكَمْ أَوِ الْوَا لِدَيَنِ وَالأَْقْرَبِيْنَ إِنْ يَكُنْ غَنِيًّا أَوْ فَقِيْرًا فَآلَّلهُ أَوْلَى بِهِمَا فَلَآتَـتَّبِعُوْا الْهَوَاىآ أَنْ تَعْدِ لُوْا وَإِنْ تَلْوُاْ أَوْ تُعْرَِضِواْ فَإِ نَّ الَّلهَ كَانَ بِمَا تَعْمَلُوْن 

   ]135/4[    خَبِيْرًا."

« Croyants ! Soyez d’une intégrité absolue, quand vous témoignez devant Allah,

dussiez-vous témoigner contre vous-mêmes, vos parents ou vos proches vis-à-vis d’un riche ou d’un pauvre, car Allah est plus près que vous, de l’un de l’autre. Que vos sentiments cèdent le pas à l’équité ! Si vous faites entorse à la vérité ou refuser de témoigner, sachez qu’Allah tient constamment à l’œil toutes vos actions »
Coran   souratoun-Nissa  4/135

"يَآأَيُّهَاالَّذِيْنَ آمَنُوْا كُوْنُوْا قَوَّامِيْنَ لِلَّهِ 

شُهَدآءَ بِا لْقِسْطِ وَلاَ يَجْرِمَنَّكُمْ شَنَئَانُ قَوْمٍ عَلَى أَلاَّ تَعْدِلواْ آعْدِلُواْ هُوَأَقْرَبُ لِلتَّقْوَى وَاتَّقُواْ اللَّهَ

إِنَّ اللَّهَ خَبِيْرٌا بِمَاتعْمَلُوْنَ." ]8/5[

« Croyants ! Soyez toujours stricts à remplir vos obligations envers Allah, à témoigner selon l’équité ! Que votre aversion marquée pour un peuple ne vous incite pas à être injuste ! Montrez-vous justes, vous en serez d’autant plus pieux ! Craignez Allah ! Allah connaît si bien ce que vous faites »
Coran souratou-Maidat 5/8

يَآأَيُّهَاالَّذِيْنَ آمَنُوْا إِنْ جَاءَكُمْ فَاسِقٌ

بِنَباءٍ فَتَبَيَنُوْا أَنْ تُصِبُوْا قَوْمًا بِجَهَالةٍ فَتُصْبِحُواْ عَلَى مَا فَعَلْتمْ نَادِمِيْنَ."

         « Croyant ! Si un homme de mauvaise réputation vous apporte une nouvelle, qu’on prenne soin d’abord d’en vérifier la teneur : vous risqueriez autrement, de causer du tort à des innocents, par inadvertance         ; ce dont vous auriez ensuite à vous repentir ! »

"وَإِنْ طَآ ئِفَتَانِ مِنَ الْمُئْمِنِيْنَ اقْتَتَلُواْ

فَأَصْلِحُواْ بَيْنَهُمَا فَاءِنْ بَغَتْ إِحْدَاهُمَاعَلَى آلأُخْرَى فَقَاتِلُواْ اللَّتِى تَبْغِى حَتَّى تَفِيْئَ إِلَىآ أَمْرِ اللَّهِ فَاءِنْ فَآءَتْ فَأَصْلِحُواْ بَيْنَهُمَا بِلْعَدْلِ وَأَقْْسِطُواْ إِنَّ اللَّهَ يُحِبُّ الْمُقْسِطِيْنَ."

         « Si deux groupes de croyants entrent en luttent armée, employez-vous à les réconcilier ! En cas d’agression injustifiée de l’un de deux groupes envers l’autre, tournez alors vos armes contre l’agresseur, jusqu’à ce qu’il revienne à la loi d’Allah. Une fois qu’il s’y soumet, vous rétablirez la concorde entre eux en toute justice. Vous veillerez à être impartiaux : Allah aime ceux qui sont impartiaux »

"إِنَّمَا المُئْمِنُوُنَ إِخْوَةٌ فَأًَصلِحُوُاْ بَيْنَ أَخَوَيْكُمْ وَاتَّقُواْ اللَّهَ لَعَلَّكُمْتُرْحَمُوْنَ."

         « Les croyants sont frères. Rétablissez la paix entre vos frères ! Craignez Allah afin qu’Il vous fasse miséricorde »

"يَآأَيُّهَاالَّذِيْنَ آمَنُوْا لاَ يَسْخَرْ قَوْمٌ مِنْ

قَوْمٍ عَسَىآ أَنْ يَكُوْنُوْ خَيْراً مِنْهُمْ وَلاَ نِسَاءٌ مِّن نِّسَاءٍ عَسَىآ َأأأااا

أ أَنْ يَكُنَّ خَيْراً مِنْهُنَّ وَلاَ تَلْمِزُواْ أَنْفُسَكُمْ وَلاَ تَنَابَزواْ بِالأَ لْقَابِ بِئْسَ الإِسْمُ الْفُسُوْقُ بَعْدَ الإِيْمَانِ وَمَنْ لَّمْ يَتُبْ

فَأُولآَئِكَ هُمُ الظَّالِمُوْنَ."

         « Croyants ! ne vous criblez pas de railleries mutuelles. Ceux qui sont rayés valent parfois mieux que leurs persifleurs. Que les femmes non plus ne s’invectivent pas entre elles ? Celles que l’on dénigre valent peut-être mieux que leurs railleuses. Point ne vous calomniez, point ne vous donnez de sobriquets injurieux : de telles perversions s’allient mal avec la foi que vous professez. Ceux qui ne s’en repentiront pas seront des injustes avérés »

"يَآأَيُّهَاالَّذِيْنَ آمَنُوْا اجْتَنِبُواْ كَثِيْراً مِّنَ اظَّّنِّّ إِنَّ بَعْضَ اظَّّنِّّ إِثْمٌ وَلاَ تَجَسَّسُواْ وَلاَ يَغْتَب بَّعْضُكُمْ بَعْضًا أَيُحِبُّ أَحَدُكُمْ أَنْ يَأْكُلَ لَحْمَ أَخِيْهِ مَيْتًا فَكَرِهْتُمُوهُ وَآتَّقُواْ اللَّهَ إِنَّ اللَّهَ تَوَّابٌ رَّّحِيْمٌ."

]6,9,10,11,12/49[

         « Croyants ! Evitez de vous laisser trop aller aux soupçons ! Il est des soupçons qui sont de vrais pêchés. Ne vous épiez pas ! Ne médisez pas les uns des autres ! L’un de vous voudrait-il jamais se repaître de la chair de son frère mort ? Non, vous en auriez horreur. Ainsi en ait-il de qui médit de son prochain. Craignez Allah ! Allah est pourtant si absolutoire, si plein de compassion »
Coran Sourate 49/6 ,9,10,11,12

En ce qui concerne les coupables de ces incidents tragiques, on ne peut que constater, malheureusement le vide juridique qu’il y a dans le pays, en matière de juridiction islamique ; mais quelle que soit leur sanction exceptionnelle ( pour les seuls coupables et seulement eux, pas plus ni moins, sinon il y aura injustice) peut être on comprendra votre souci de mettre un terme à ces sauvageries aveugles qui sillonnent notre pays : il est clair que nous jugerons de plus près.
        
Par contre, sanctionner des innocents en vous appuyant sur des décisions arbitraires et injustes de quelques notables de notre communauté comorienne, qui n’ont pas le sens de l’équité coranique musulmane, c’est enfreindre et saper malheureusement le droit islamique juste à cause de son origine, et par-là aussi vous donnerez libre-cours aux négateurs et détracteurs, comoriens ou pas, de l’Islam, pour critiquer d’une part l’Islam et ses valeurs sûres, véridiques et équitables, en s’appuyant sur vos décisions et déclarations qui sont à l’encontre de l’éthique islamique. Et d’autre part, pouvoir induire en erreur la majorité de notre peuple qui n’est pas encore bien préparé à reconnaître ces valeurs équitables de l’islam afin de mieux les défendre. Ce qui sera dommage et inadmissible.
        
Mais rassurez-vous, Monsieur le Président de la république, que si par malheur, vous refusez de rétablir cette équité musulmane, en commençant par ces graves incidents, la cause de l’Islam ne tombera pas à cause des critiques de ses détracteurs qui en profiteront de cette propice occasion en s’appuyant, paradoxalement, aux exemples de gens qui prétendent illustrer cette équité islamique alors que seules les passions de l’âme ont seuls agi.
Car, notre saint Prophète Muhammad, paix et bénédiction sur lui, nous dit, il y a quatorze siècles de cela que : « Il ne cessera jamais d’y avoir des gens parmi mon peuple pour défendre la vérité ; nul de ceux qui s’opposeront à eux ne pourront pas nuire à leur âme. Et il en sera ainsi jusqu’au jour du jugement »

Ce qui s’est confirmé au cours de l’Histoire Islamique et se confirme de nos jours.

         C’est pour quoi, encore une fois, nous disons qu’il est temps que vous puissiez revoir et corriger votre décision qui veut qu’un peuple innocent, donc aujourd’hui celui de CHEZANI, souffre ( peut être jusqu’à la mort) pour la seule raison que les meurtriers sont issus de ce peuple : c’est inadmissible et nous désavouons avec la plus grande fermeté cette partie de votre décision et discours et nous nous attachons simplement à la législation islamique parfaite à cause de son origine(issu d’Allah) où ni sectarisme, ni égoïsme, ni partialité n’ont pas de place ; mais seule l’équité, rien que l’équité qui compte pour elle.
     Cependant, nous soutenons avec la même énergie l’autre volet de votre décision et discours qui montre qu’il est temps qu’on mette fin aux actes odieux qui sévissent notre pays et que la foi sincère, la sécurité et la paix se manifestent au sein de notre communauté et dans toutes les sphères du pays, en utilisant évidemment, des méthodes

islamiques, en débutant par l’éducation islamique et ses enseignements et tout enseignement qui est en parfaite harmonie à l’éthique musulmane.

         En définitive, nous demandons que l’embargo ou toute autre mesure imposée à CHEZANI M’BOIKOU soit purement et simplement levé et que justice soit faite d’une part ; d’autre part, que ce village soit réhabilité de l’étiquette d’ASSASSIN qui lui est colée après les événements derniers. Car cela est contraire à l’esprit islamique, en n’en jugeant aux versets sus-mentionnés, mais aussi rétablir la concorde et l’amitié entre les deux peuples frères de HANTSIDZI M’BOIKOU et CHEZANI M’BOIKOU, comme il faut rétablir l’unité et la fraternité du peuple comorien en général.

         Cela, évidemment n’empêche pas au frère musulman comorien d’exposer ses vues et conceptions selon l’éthique islamique.

Car la diversité dans l’unité et la fraternité est toujours bien conçue en Islam, dès que le respect mutuel est honnête et que seule la satisfaction en Allah est la plus recherchée. C’est pour quoi, l’Islam nous apprend que nos affaires font l’objet de consultation. Et ce n’est pas pour rien si une sourate du coran prend le titre : LA CONSULTATION.

         Au passage encore une fois, si vous espérez, monsieur le Président de la République, être artisan de l’unification sincère de la OUMMA islamique en particulier, en apportant votre concours et l’édification de la civilisation humaine en général, comme le demande Allah, le Sage et Tout Puissant, débuter donc par inciter et ressusciter l’amour et la concorde entre le peuple comorien en restant neutre dans les affaires judiciaires, en emprutant le chemin coranique tout en veillant que l’équité soit la mesure.

         Par ailleurs, nous vous rappelons que ceux qui prétendent vous aimer, comme celui qui prétend aimer son frère croyant en général, ce sont ceux qui osent et oseront objectivement et sincèrement vous montrer le droit chemin lorsque la passion ne cède pas à l’équité et qui vous soulignent le caractère injuste d’une position ou décision et cela d’une manière honnête et sincère envers Allah et son messager. Et c’est justement, à travers ce chemin que votre salut et le nôtre seront assurés.

C’est d’ailleurs ce qu’illustre la célèbre sourate du coran suivant :

"وَالْعَصْرِـ1ـ إِنَّ اْلإِ نْسَانَ لَفِى خُسْرٍ2ـ إِلاَّ الَّذِيْنَ ءَامَنُواْ وَعَمِلُواْ الصَّآحَاتِ وَتَوَاصَوْ بِالْحَقِّ وَتَوَاصَو ْبِالصَّـــــــــــــــــــــــــــــــــــــــبْرِـ3-

 « J’en jure par le siècle ! En vérité, l’humanité court à sa perte, hormis ceux croient, font le bien, prêchent entre eux la vérité et s’incitent à la constance(patience) »
Coran 103/1,2,3

Enfin, nous espérons avec l’aide d’Allah, qu’Il soit glorifié et honoré, que vous puissiez lire et relire cette lettre et méditer sur son contenu et qu’Allah, qu’Il soit glorifié

et magnifié vous, aide à être dans le droit chemin, afin de rétablir Sa justice et espérer mériter le nom de gérant ou lieutenant d’Allah sur terre. Et que vous, en tant que premier responsable du dépôt de notre pays, puissiez espérer être bien récompensé le jour de la Rétribution véritable, jour pour lequel ni richesse, ni enfants, ni pouvoirs ne seront d’utilité sauf la mise en pratique sincère et honnête du contenu des versets 2 et 3 de la Sourate 113 sus-citée à savoir : « Ceux qui croient, font le bien, s’enjoignent mutuellement à la vérité et à la patience » Et il est évident, que l’équité n’est pas des moindres parmi les bonnes œuvres.

Dans l’espoir d’une décision et réponse équitable et positive,
Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de nos sentiments les plus équitables et dévoués

                                  Réédité, à Marseille le 03 août 2001
                  
               Pour témoignage
        
                         MANSOIBOU Mohamed