Mesdames, Messieurs,
De la pseudo-indépendance à la balkanisation de notre pays,
Les Comores, en passant par sa corruption généralisée, du simple citoyen aux
dirigeants du pays, presque personne ne semble être épargnée par cette
gangrène incurable, le manque de courage effectif, d’honnêteté, d’impartialité
et d’objectivité, assimilé par certains comme endémique ou inhérent à notre
culture, continue donc de rythmer, incontestablement, la vie de la « cité »
comorienne. Cité à reconquérir d’ailleurs, puisque disloquée par
l’opportunisme comorien et par la mainmise impérialiste, sous la
responsabilité et la « bienveillance », il est vrai de l’autorité Française,
notre « bienfaiteur ». Le tout, habillé de vertu et vécu, bien sûr, au sein du
socle intouchable, paraît-il, de la « fantastique » culture féodale « ‘ANDA
NAMILA », alliée inconditionnelle, de l’oppression nationale et étrangère, au
cœur duquel se dégage deux grandes caractéristiques, des plus significatives,
des plus fâcheuses et donc des plus regrettables, qu’il est désormais
d’appeler « marque déposée négative » de la société Comorienne, à savoir :
1. L’arbitraire, dans l’étroitesse, comme mesure de jugement, de l’échelle
individuelle à la pseudo-autorité officielle, en passant, inlassablement, par
le pouvoir féodal des notables.
2. La célébration, pharaonique, ostentatoire, généralement hypocrite, des
mariages, arrangés et quasi-forcés, ce qui dénie totalement toute initiative
volontaire dans le choix réciproque des futurs époux et par conséquent aucune
responsabilité de leur part dans cette mis en scène n’est à leur actif, pour
vu que :
D’une part, l’honneur de
la famille soit assuré et un grade, supplémentairement virtuel, soit gagné
dans l’hiérarchie de la société ;
D’autre part, les sommes
colossales, qui pourraient servir, à bon escient, à financer plus de projets
de développement dans un pays pauvre tel que le nôtre, soient dilapidées, en
l’espace d’un clin d’œil, ce qui pérennise la pauvreté économique et
culturelle . Au prix fort, bien entendu, de sacrifier, particulièrement le
bonheur de l’épouse, si ce n’est entièrement du couple et de sa famille,
finalement par voie de conséquence de la société comorienne entière. Quel
gâchis !!!
C’est à l’évidence, au plus profond de cette cacophonie confuse, d’arbitraire,
de mis en scène d’incompréhension, d’hypocrisie, de lâcheté et de mépris de
tout idéal salutaire, qu’il est possible de détecter les raisons de l’impunité
de la nouvelle barbarie, d’une cruauté vertigineuse, réapparue dans la société
comorienne. Une telle infamie, d’un autre âge, qu’on croyait révolu, continue
non seulement d’aggraver cette crise déjà aigue, mais en même temps décourage,
complique voire détruit, toute approche, objectivement, apaisée permettant
d’apporter plus de lumière, en vu de trouver les solutions qui s’imposent face
à cette triste et inédite crise de notre société comorienne.
Ainsi, face à un tel désastre de grande trahison, il est
devenu urgent qu’un sursaut de conscience puisse s’opérer de l’intérieur même
de la base et tenter d’apporter, au moins par témoignage, de nouvelles
perspectives permettant de venir à bout de cette grande épreuve de haute
envergure que traverse notre société. Rester spectateur, sans essayer
d’initier quelque chose sur le terrain, aujourd’hui, devant un tel tableau
aussi sombre, ne nous est pas permis.
C’est pourquoi, après un modeste travail, courageux, objectif et impartial,
sur un cas précis de barbarie, dont nous sommes il est vrai victime et que
vous êtes prier chers amis et compatriotes de tout horizon, de prendre
connaissance pour mieux vérifier par vous-mêmes cette assertion du trio, en
étudiant attentivement le dossier ci-joint, nous vous convoquons, (après étude
de ce travail) à un débat publique qui aura lieu courant septembre 2003 à
Marseille, dans un premier temps (Nous espérons le faire dans d’autres grandes
villes, Paris Lyon, Nice etc.) et aux Comores, bien entendu dans un futur
proche.
Bien que notre étude qui se voulait particulière, car touchant un cas précis
et concret d’une tragédie a surtout l’avantage, vous le remarquerez sûrement,
d’aborder la question comorienne d’une façon générale. D’où l’intérêt du débat
pour trouver les vraies solutions de notre pays. On ne peut exiger
naturellement, que l’audace, l’honnêteté, l’impartialité, l’objectivité et
l’écoute dans le dialogue, la volonté ferme de sortir notre pays dans cette
torpeur qui a trop duré. Ce qui doit constituer un gage minimum, selon nous,
pour pouvoir mener à bien les réformes tant attendus dans notre pays, allant
de l’indépendance authentique et digne de ce nom au respect des droits
élémentaires des concitoyens.
Ce qui ne sera pas facile, nous devons l’admettre, sans un engagement assidu
et ferme de notre part. Mais nous disposons tout de même des assises qui
doivent nous aider pour y réussir. D’où cette nécessité de multiplier les
débats citoyens dans laquelle la base motrice doit être les citoyens
ordinaires, dans leur majorité.
Enfin, pour ce qui est du débat déjà prévu en septembre prochain, nous vous
prions de bien vouloir contacter les personnes suivantes pour avoir plus
d’information ou donner votre avis sur le document, en attendant le débat
proprement dit dont la date exacte sera diffusée ultérieurement, Insha-Allah.
MANSOIBOU Mohamed (Tél. : 04 91 06 50 42)
YOUSSOUF Moussa (Tél. : 06 98 11 04 62)
MANSOIBOU Moissuili (Tél. : 06 61 33 45 21)
MANSOIBOU Ali (Tél. : 06 63 27 50 78)
Dans l’intérêt de tous, tout en vous remerciant d’avance, nous
vous prions de prendre en considération le document ci-joint.
Croyez, Mesdames, Messieurs, l’assurance de nos salutations
distinguées.
MANSOIBOU Mohamed
Marseille, le 28 juin 2003