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Politique

ANJOUAN, SEMAINE SANGLANTE

Les tragiques combats de fin d'année nous plongent dans l'horreur des affrontements fratricides. C'est en plus, pour les fervents de l'indépendance, ceux qui ont oeuvré dans ce sens avec le sentiment de faire le bon choix quand à l'avenir de leur île, la destruction d'un an et demi de travail. c'est aussi toute l'histoire des Comores qui nous saute à la face. Une histoire faite de guerres claniques "perturbées" par l'ingérence Européenne.

Le soulèvement populaire de 1997 a, sans doute, été d'abord motivé par des discours démagogues sur fond de misère humaine, aucun des leaders ne pouvant honnêtement envisager un rattachement à l'ancienne puissance coloniale. C'est pourtant cet argument qui a fait mouche parmi une population ayant sous les yeux, à bout de kwassa-kwassa, le mirage Mahorais.

Une fois l'indépendance acquise, les nouvelles autorités se sont mise au travail. Travail qui porte ses fruits notamment en septembre 98 avec la tenu des examens du baccalauréat et entre le 7 et le 10 novembre avec l'excellente initiative de la FOMA98 (première Foire multisectorielle d'Anjouan).

Cependant les dissensions rongent le mouvement. Les divergences politiques sont douteuses mais deux camps s'affrontent, celui du président Abdallah Ibrahim et celui du premier ministre Chamasse Saïd Omar dont l'étiquette "rattachiste" que lui collent les média ne semble être là que pour justifier son opposition. Alors que tout est à construire, les deux hommes s'affrontent en juillet 98 à propos de la célébration du 14 juillet. A la suite de l'altercade, le président dissous le gouvernement Chamasse et nomme un nouveau cabinet le 10 juillet.

Le 11 juillet une quarantaine d'hommes armés emmenés par Ahmed M. Azi, tentent d'occuper la résidence présidentielle mais sont repoussés par les "embargos" de Mutsamudu.

Le 21 juillet 98 nouveau remaniement ministériel tandis que la situation sanitaire se dégrade et mobilise les organisations humanitaires.

Quelques étincelles début octobre sur Habari quand au rôle des ONG et notamment de la très controversée "Humanis". Mais l'heure est à l'optimisme, après le bac c'est la FOMA qui se prépare.

23 octobre, on attendait beaucoup de la conférence d'Addis Abeba quand aux pourparlers entre le gouvernement fédéral et le gouvernement auto proclamé, mais les parties en présence ne semblent s'accorder que pour entonner en coeur le refrain "la gadoue, la gadoue...".

7 au 10 novembre, la première édition de la FOMA est un succès. La centaine de touristes venue de Mayotte pour l'occasion peut en motiver d'autres à l'avenir, et déjà les propriétaires des liaisons maritimes Anjouan/Mayotte envisagent l'achat de vedettes rapides pour favoriser la venue de nouveaux touristes sur l'île. Pourtant le 27 novembre le président Abdallah Ibrahim est pris pour cible dans la région de Bambao, alors qu'il se rendait à Domoni pour participer aux cérémonies de commémoration de la mort d'Ahmed Abdallah.

Le 5 novembre nouvelle agression au domicile du Fundi-président : rafales de mitrailleuses et tirs de roquettes. C'est le début de violents affrontements, entre les milices de Mutsamudu pro-fundi et celles de Mirontsy appuyées par celles de Domoni soutenant Chamasse. Cette compartimentation géographique des belligérants prouve que l'on est loin de toute considération idéologique. Chamasse se réfugie à Mayotte, tandis que des milliers de non combattants errent sur les routes. L'hôpital lui même essuie des tirs de roquette.

13 décembre, arrivée de J.L. Machuron, responsable de l'ONG Humanis. Des négociations sont entamées avec la médiation des notables de Ouani. Tandis que Michel Roccard affirme que la France "n'a pas le droit de faire la loi aux Comores", la signature d'un accord de cesser le feu survient le 15 décembre, quoi que des règlements de compte se poursuivent dans les quartiers.

Le 8 janvier le président Abdallah Ibrahim annonce officiellement céder la place à un "Directoire politico-administratif" de onze membres librement désignés par les cinq préfectures de l'île, mais des opposants emmenés par Saïndou Cheikh ont décidé de créer un pouvoir parallèle à Patsy et Chamasse affirme qu'il est prêt à reprendre les hostilités le Ramadan terminé...

Il n'est pas question de prendre parti pour l'un ou l'autre camps que celui des victimes de l'imbécillité, et moins encore de juger le bien fondé du mouvement indépendantiste. Sur Mwezinet on voudrai ne pouvoir parler que des initiatives intelligentes qui accompagnerons l'Archipel sur la voie du renouveau économique, à ce titre on déplore simplement l'arrièrisme féodal qui a conduit aux évènements de décembre.