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Politique

Peut être qu’avec Azali ce sera le début du commencement de la construction d’un pays , d’une nation ?

par HACHIM S. BACAR

 

Le Colonel Azali a pris le pouvoir comme Ali Soilihi en 1975, Ahmed Abdallah en 1978, Said Mohamed Djohar en 1989, Mohamed Taki en 1995. Depuis 1975 les Comores ont sont en rupture constitutionnelle et toutes les tentatives de le remettre sur les rails de la civilisation moderne ont échoué. Des textes constitutionnels taillés à la mesure de ses auteurs donc inapplicables ou tout simplement violés par tempérament de celui qui est au commande de l’Etat, des lois votées mais jetées à la poubelle… Alors mes très chers compatriotes, le problème n’est pas le coup d’Etat, d’autant plus que ceux qui étaient au pouvoir l’avaient eux aussi usurpé après la mort subit du Président Taki.

Que fait Azali ? juste ce que les autres n’ont pas pu ou n’ont pas voulu faire : appliquer les textes votés par les politiques. Azali le fait très intelligemment : il a pris le pouvoir et a déclaré qu’il a opté pour l’accord d’Antananarivo "  dans son esprit " . Cet Accord en effet, a trois volets : les principes fondamentaux d’un nouvel ensemble comorien qui garantira l’unité des Comores et respectera son intégrité, la transition, la bonne gouvernance.

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la junte au pouvoir

Pour le premier, le Colonel Azali a définit un calendrier jusqu’à avril 2000. Une des conditions fondamentales du respect de ce calendrier est la participation de la partie Anjouanaise au processus pendant lequel interviendrait la signature par la partie Anjouanaise de l’Accord d’Antananarivo ; pour y parvenir , Azali a réussi a créer avant tout la confiance entre comoriens de différentes îles et les négociations initiées le 1er juillet 1999 se poursuivent, il est vrai tantôt elles se réchauffent , tantôt elles se bloquent parce qu’à Moroni, la classe politique est toujours à la traîne et garde des stéréotypes dépassés. A l’heure qu’il est, la partie Anjouanaise a affirmé qu’elle a abandonné le rattachement et l’indépendance et a opté pour l’unité et l’intégrité territoriale du pays , on se dirige tout droit vers la mise en place d’une commission rédaction de textes constitutionnels de l’Unité et des îles.

Pour le second , les organisations internationales, régionales et beaucoup de pays ont légitimé le régime (OUA Union européenne, Francophonie, Yemen…) La transition est engagée et suit son cours dans l’esprit de l’Accord d’Antananarivo et donc conforme aux principes des organisations qui soutiennent ledit Accord dont le retour à la normalité constitutionnelle : organisation d’élections libres et démocratique qui mettront en place des autorités choisies par les comoriens.

C’est sur le troisième volet que Azali et son Comité d’Etat ont mis les bouchons doubles et l’on comprend parfaitement pourquoi les politiques lui en veulent et en sont très acharnés : il s’agit de la bonne gouvernance.

En effet, le Colonel Azali a entamé une série de réformes qui ont bouleversé les mœurs politiques du pays. Ces réformes se résument ainsi application des textes existants.

Les négociations avec les institutions monétaires internationales ( Banque Mondiale, FMI) n’ont jamais abouti. Les gouvernements successifs comoriens n’ont pas pu réaliser les objectifs qu’ils se sont fixés avec ces Institutions. A chaque fois que la B.M et la FMI arrivent aux Comores pour une mission d’évaluation, le constat est la même : non-respect des engagements pris . Pour ne citer qu’un exemple parmi tant d’autre , les Comores et les institutions internationales monétaires ont convenu d’arrêter à 6500. Le nombre des agents de l’Etat ( fonctionnaires) depuis 1994 ; la B.M et le FMI ont déboursé des sommes énormes permettant aux agents qui choisiraient un " départ volontaire " de la fonction publique, de se débrouiller par la suite. Ces agents après avoir consenti et bénéficié de ces mesures d’accompagnement se retrouvent quelques années après réintégrés à la fonction publique ; c’est le travail de nos politiques peu soucieux du développement de leur pays au bénéficie d’un clientélisme malsain.

Beaucoup d’agent de l’Etat bénéficie d’un double statut : l’on retrouve des agents émargeant à la FOP mais qui travaillent dans une société d’Etat depuis plusieurs années . Ces agents continuent à figurer dans les fichiers informatique de la FOP.

A la caisse de traite, c’est le désordre total combiné avec des injustices fâcheuses : au moment où la caisse de retraite n’arrive pas à payer les pensionnaires qui comptabilisent plus de 20 mois d’arriérés, des dignitaires politiques non- fonctionnaires de surplus bénéficient de prêts. D’autres citoyens, comme les veuves des anciens Présidents de la République, bénéficient de pensions alors que ni elles ni les anciens Présidents n’ont jamais cotisé.

L’ONICOR, société qui a le monopole de commande du riz , a des créances de plus de huit cent millions de nos francs. Des Hautes personnalités politiques, responsables des parties politiques, des amis politiques ( des clients quoi) doivent, chacun , des sommes colossales à l’ONOCOR.

Les fonctions politiques sont des moyens " légaux "  d’avoir des avantages faramineux. Le Chef de l’Etat Comorien était payé environ 12 millions de nos francs sans compter ses fonds spéciaux de 50 millions. Le Premier ministre environ 2 millions et les ministres un peu moins de 1 million sans prendre en compte leurs fonds spéciaux. Les Directeurs généraux également étaient " dans le miel " comme dit l’homme de la rue.

Face à une irresponsabilité pareille qui a conduit notre pays perdre sa crédibilité d’abord à l’extérieur, ensuite à l’intérieur et qui a créé une situation de méfiance entre les îles et entres la population et l’autorité de l’Etat.

L’accord d’Antananarivo justement le constat amer de la gestion des Comores sa période d’indépendance et propose des nouvelles institutions politiques renforcées par des nouveaux mécanismes de fonctionnement à travers lesquels les îles s’autogéreront. Pour y arriver, l’Accord prévoie un gouvernement de transition d’un an dont méthode de gestion sera la bonne gouvernance.

Le Colonel Azali et son équipe s’y attellent non sans heurts .Et de toute façon, nos politiques ont failli de par leur obligation de répondre aux déférentes sollicitations de leurs électeurs . A l’ heure qu’il est , le Colonel Azali contrairement à touts ses prédécesseurs a payé les salaires de mars , avril et juin dont les deux premiers mois sont des arriérés du gouvernement passé . Tous les autres gouvernements n’ont pas payé des arriérés . Le colonel Azali a fait un partie : appliquer les textes législatifs et réglementaires existants . Ainsi notre pays désormais n’a pas un salaire de chef de l’Etat qui s’élevait a 12 millions . Les salaires des ministres sont rabaissés de 25% et les fonds spéciaux divisés par deux . Comme le prévoie la loi, les Présidents et les membres des Conseils d’administration ne touchent plus de salaires .La Caisse de retraite s’est…de certaines charges colossales et illégales. Les sociétés d’Etat ont commencé à s’acquitter de leurs impôts et pour le faire , elles ont opté pour l’assainissement du personnel qui était de trop et une maîtrise de leurs dépenses. De juin à décembre de cette année, les effectifs de la FOP passent de 6…. Moins de 5500 seuil fixé par la B.M et le FMI . Ces Institution monétaires recommandaient les gouvernements comoriens de faire en sorte que de janvier 1999 à décembre 1999, seulement 70% des recettes soient affectés au paiement de salaires et non 90% comme il a toujours été le cas. Grâce aux mesures volontaristes du Colonel Azali , déjà au mois de septembre 99 la masse salariale représente seulement 67% et d’ici décembre elle représentera 61% des recettes de l’Etat ; rappelons que la B.M et le FMI attendaient 50% dans deux ans c’est à dire en 2001

Les mesures prises au niveau des douanes ont fait doubler les recettes douanières . Aujourd’hui en un mois, la douane a réalisé des recettes qui représentent six mois de recettes dans les gouvernements précédents.

Avec toutes ces économies , les arriérés de salaires des mois de mars et avril ont été payés , les petites pensions (500fc) ont été majorités (13000fc au lieu de 500fc). Le gouvernement a sorti un plan de trésorerie de septembre à décembre qui permettra de payer tous les arriérés de salaires de l’année en cours y compris ceux de AIDA-FIDA ( dont les projets sont suspendus parce que le gouvernement n’a pas honoré ses engagements (630 millions de nos francs.)

Le Colonel Azali et son gouvernement ont démontré que la liberté d’expression corollaire de la démocratie peut être mise en valeur aux Comores : la radio nationale (Radio Comores est devenu une espace de liberté de toutes les tendances politiques). Personne n’est inquiété pour ses opinions même les séparatistes de la Grande Comores, pourvu que les textes législatifs soient respectés.

Les lecteurs de Habari doivent savoir que les Comores ont changé de génération et de mentalités et que ce qu’il faut c’est accompagner cela comme l’ont fait les français après la révolution qui n’avait rien de légal ou après le coup d’Etat de Degaule. Abandonner les stéréotypes pour ne pas tomber dans le piège de politiques qui n’ont rien à proposer si ce n’est "  un Premier ministre Consensuel " pour dilapider les derniers de l’Etat . Ces nouveaux jeunes ont besoin de notre soutien si réellement nous voulons sauver notre pays.

J’espère que ceux qui veulent réellement s’informer de ce qui se passe aux Comores fassent très attention de ce qu’écrivent ceux qui sont déjà oubliés par les Comores qui ont compris le sens du changement du 30 avril.

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HACHIM S. BACAR