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Politique
Devoir de mémoire :  IBRAHIM ALI   10 ANS DEJA ! mise à jour 05/06/2005

Devoir de mémoire :  IBRAHIM ALI   10 ANS DEJA !

Dans 2 mois, le 21 février marquera le 10è anniversaire de l’assassinat, à Marseille, de notre jeune frère franco-comorien, Ibrahim Ali, par des colleurs d’affiches du FN.

Pour mémoire, cette date du 21 février correspond à d’autres faits tragiques, à l’instar de l’exécution de Manouchian et ses camarades des Francs Tireurs Partisans Main d’œuvre Immigrée (FTP-MOI, version immigrée de la résistance anti-nazi en France) avec ce qui est restée dans l’histoire communément connue sous le nom de « l’affiche rouge. C’est aussi à cette même date que Malcom X est tombée sous des balles criminelles, dans son combat contre le racisme et autres formes d’oppression.

Il fut un temps où pratiquement toutes les organisations étudiantes en France, celles d’Afrique et des dom-tom en particulier, célébraient cette journée au nom de la lutte anti-impérialiste.

Aujourd’hui, commémorer cette journée serait une forme singulière pour notre communauté de ne pas laisser Ibrahim Ali tomber dans l’oubli, tout en rejoignant ainsi un combat à portée universelle.

Je suppose que d’autres, individuellement ou collectivement, à titre personnel ou organisationnel, y ont pensé. J’ose espérer que malgré la confusion qui règne dans les esprits, notamment avec tout ce qui se passe au pays des racines et ses inévitables conséquences en termes de démobilisation ou de divisions, une manifestation se prépare d’une manière ou d’une autre pour assumer notre devoir de mémoire. Mais, étant loin des activités communautaires de la migration, je me permets d’envoyer ce message pour m’associer aux initiatives en cours ou stimuler les idées là où d’autres brûlantes préoccupations n’ont pas permis de prendre la distance nécessaire qui permettrait de programmer convenablement la commémoration de ce drame qui nous a tous marqués et qui a fait émerger la communauté comorienne de France, sous les feux de l’actualité.

Je suggère donc simplement que ce jour-là, toutes les structures communautaires puissent s’exprimer chacune à sa manière, pour honorer la mémoire d’Ibrahim et espérer que ce soit une journée de grande cohésion nationale.

A titre d’exemple :

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         Pourquoi chaque jeune ne demanderait pas à sa mère, sa sœur, sa compagne de faire un gâteau à envoyer à la mosquée du quartier pour demander aux parents une prière spéciale, entre « magharib na leensha »  pour la mémoire d’Ibrahim ? Je suis persuadé que ça rassemblerait beaucoup de monde, dans la même communion des esprits, sans que ça suppose ni beaucoup d’organisation, ni beaucoup de moyens.

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         Pourquoi une association ne prendrait-elle pas l’initiative d’un colloque sur le simple thème : Ibrahim Ali, 10 ans après ?

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         Pourquoi une autre association (d’étudiants notamment) ne publierait pas un tract destiné à faire un rappel dans sa fac ?

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         Pourquoi Komedit ou Encres-du-Sud (ou ensemble) n’organiseraient-ils pas un concours de nouvelles ou de poésie (ou les deux) pour annoncer les prix à cette occasion et assurer ensuite la publication des textes ?

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         Pourquoi tous les sites Internet dédiés aux Comores ne feraient pas de ce jour-là une « journée Ibrahim Ali » avec des textes, des images, des forums-discussions sur le thème du racisme et de la discrimination ?

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         Pourquoi Multimédiakom, en multiplex  avec toutes les radio libres de l’archipel (qui le souhaiteraient) et les émissions de la communauté en France ne proclameraient-elles pas ce 21 février : « journée de la diaspora comorienne » et programmer des émissions à cet effet, avec pourquoi pas un concert à Moroni et Marseille dont les recettes seraient remises à la fondation comorienne des droits de l’homme pour commander à nos artistes un « album Ibrahim Ali »

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         Pourquoi les tv locales aux Comores ne se procurerait pas films et documentaires sur Ibrahim Ali, sur le procès de ses assassins ou sur le racisme en général, et faire de ce jour-là une journée de l’audiovisuel anti-raciste ?

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         Pourquoi ceux et celles qui le peuvent ne feraient-ils pas des papiers pour la presse comorienne, quelle que soit son orientation ou sa forme ?

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         Pourquoi ne penserait-on pas dès maintenant à associer la presse française, réunionnaise ou autre, et les organisations qui nous soutiendraient éventuellement (fidh, mrap, sos-racisme…) à cette démarche, notamment dans l’organisation du dépôt d’une couronne de fleurs devant la plaque commémorative (aux Aygalades –Marseille) ou à St-Pierre ?

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         Pourquoi nos équipes sportives ne commenceraient-elles pas leur match ou entraînement par une minute de silence, ce jour-là ?

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         Pourquoi n’y aurait-il pas des contacts avec des écoles, des théâtres ou des bibliothèques pour des lectures publiques de textes sur Ibrahim Ali ou contre le racisme

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         ETC…

Ces diverses idées, je les énumère ainsi, sans croire épuiser les formes possibles de commémoration, que chacun(e) est en droit et devoir d’en prendre l’initiative ou d’en suggérer l’organisation à sa structure ou simplement à son entourage. En adoptant une démarche de type Spike Lee dans « Malcom X » ou son autre film « Do the right thing » ou plus simplement encore comme le slogan de la fameuse marque « just do it ». Agir, si possible de concert, pour changer un peu, juste cette journée-là, des palabres à l’infini et des querelles stériles.

En somme, si le principe vous convient, même si vous en êtes critiques, faites circuler ce texte avec critiques, remarques et suggestions.

Avec mes plus vifs sentiments patriotiques, démocratiques et anti-racistes

Mohamed SOILIH