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Politique

Incendie au quartier VoloVolo

Près de vingt familles sinistrées

 

"Il suffirait de détruire ces maisons en feuille de cocotier qui ternissent l'image de la capitale". Tiens ! et pourquoi ne pas y chasser tous les pauvres pendant qu'on y est ....

Il est une heure du matin des cris fusent de partout criant au feu! au feu ! je me réveille en sursaut comme en pareille circonstance ( c'est la deuxième fois en une année), et constate que le feu s'est déclaré à deux pas de ma cabane.

J'ouvre grand une porte , la cours intérieure et même les toilette pour héberger les quelques meubles et effets personnels que mes voisins ont pu sauver de l'incendie. Nous appelons par pur réflexe de mon téléphone la gendarmerie.

Laissés à eux-mêmes

La permanence me communique le numéro de Kandani que j'appelle sans tarder. Mon correspondant me promet qu'il informera de toute urgence son supérieur hiérarchique.. Nous appelons le gouverneur de l'île. Un proche de la famille qui se rend sur les lieux. Tout le monde reste impuissant devant l'ampleur du désastre. On nous confie que les deux voitures dont dispose le pays sont en permanence à l'aéroport de Hahaya et qu'il ne faudra compter qu'avec nos mains. Un peu comme si on nous réduisait , seulement, à contempler le spectacle sinistre de ces quelques vingt habitations qui partent en fumée.

Les habitant du quartier sont contraints de détruire avec leurs mains leurs cabanes non encore atteintes par les flamme pour empêcher le feu de se propager. Les commentaire vont bon train.

Certains , de mes connaissances, s'approche de moi pour me signifier : "pour qu'il n'y ai jamais plus ça , il; suffirait de détruire ces maisons, en feuille de cocotiers qui ternissent l'image de la capital " ignorant sans doute que dans une telle éventualité la mienne ferait parti du lot.

Le message est clair pour vivre en paix il ne faut surtout pas qu'il y ait des pauvres.

D'autre actualité oblige, font le parallèle entre les moyens déployés par l'armée pour détruire les maisons construites dans les places domaniales et l'absence de ces même autorités devant ce drame qui touche plus d'une vingtaine de famille.

Le jeune Ali qui a obtenu son bac , pleure son diplôme qui a pris feu et se demande avec angoisse et se demande si cela etait un signe de Dieu pour me faire comprendre que je ne dois pas aller au delà de ma situation. Machouhouli surnommée Boss, un homme connu dans le quartier a "tout perdu en une nit. Il faudra tout recommencer"

Dieu merci !

La détresse se lit dans les yeux. Il faut se dire que les biens et les économies de la plupart des familles de mon quartier tiendraient dans une seule valise ou un panier. Cette vielle dame de soixante-dix ans s'assoit à même le seul le sol entourée de ses petits enfants, qu'il tient fermement d'une main de peur sans doute de les perdre dans ce brouhaha et ces va et viens indescriptible. Elle tremble des pied à la Tête . Elle n'a pu rien sauver . Pour la soulager, on lui rappelle que en bon croyant elle doit " remercier Dieu d'être vivante" Le fatalisme comorien prend souvent le dessus. Le feu a duré trois heures, des arbres fruitiers ont constitué un barrage et les couloirs aménagés par les habitants à la va vite a épargné le reste du quartier. A quatre heures du matin, des familles fouillent vainement sous les brasiers pour voir si quelques objets précieux ou plus résistants que d'autre ont pu persisté à la catastrophe.

Feu de pauvre feu de riche

Dans le noir seul le reflet du feu illuminé ces visages en deuil, le silence de la nuit s'était à nouveau abattu . Le lendemain on se retrouve sur la place encore fumante pour récupérer, ici quelque tôles, des chevrons à moitié brûlés, ou quelques clous récupérer qui serviront à élever d'autres habitation.

Demain recommencera une autre vie, et on laissera sûrement mon quartier brûler parce qu'il ne faut déranger sous aucun prétexte, ceux qui dorme dans les maisons feutrées de l'administration. " le feu des pauvres des pauvres n'a pas la même signification que le feu des nantie" résume un commerçant qui enseigne également dans une école coranique sans doute. Malheureusement on l'apparent toujours un peu tard et souvent a nos dépens

Ahmed Ali Amir -nov 99- La Gazette