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Politique
Interview de Ahmed. Attoumani (S.G. de l’UMP)

Extrait du journal-T.V de RFO Mayotte du 05/11/2003 à 19h30

Interview de Ahmed. Attoumani (Secrétaire Général de l’UMP) par D. Soidiki.

RFO visionne un reportage sur l’audition par les gendarmes du maire de Bandrélé Moussa Madi. Nous pouvons aussi y voir un extrait du reportage de R. Ponet sur les incendies du village de Hamouro.

D. Soidiki : Alors, vous venez de l’entendre, le maire assume ses responsabilités dans cette affaire, qu’est-ce que vous en pensez ?

Ahmed.Attoumani : D’abord je ne ferai pas de commentaire sur ce qui se passe parce que quand il y a une affaire entre les mains de la justice, on n’intervient pas.
Maintenant qu’est-ce que j’en pense ? Moi, ce que je voudrais qu’on comprenne c’est surtout : ce maire, avait demandé à ces gens de partir, il leur a donné des maisons sans payer aucun sous, à condition qu’ils partent, qu’ils laissent ces maisons libres. Ces gens là n’ont pas tenu leur engagement.

D.S. : Y’avait certains quand même qui sont partis, certaines personnes qui étaient déjà parties, qui n’occupaient plus ces maisons-là. Et puis, ces maisons-là, le maire dit qu’ils étaient occupés par des ….

A. A. : Tout à fait, donc c’est ça ce qui a provoqué l’exaspération du conseil municipal de Bandrélé parce que les conditions qui étaient émises au début n’ont pas été respectées.
Maintenant ce que j’en pense parce que vous me posez la question, je pense qu’il faut comprendre aussi ce conseil municipal. Il faudra aussi comprendre les Mahorais parce que le fond de cette affaire c’est que, à Mayotte, les gens acceptent bien d’accueillir les étrangers mais à une condition : que ces étrangers là leur laissent vivre en toute sécurité pour eux-mêmes, pour leurs biens, pour leurs biens privés, publics et collectifs, or c’est pas le cas. Les Mahorais aujourd’hui n’osent plus sortir de chez eux le soir. Les Mahorais se plaignent partout d’être cambriolés tous les jours. Les Mahorais, heu …comment dire, sont menacés dans leur vie quotidienne, donc ça ne peut plus continuer. Les Mahorais maintenant si ils heu… comment dire ? manifestent cette heu…  exaspération c’est normal. Donc aujourd’hui, je ne commenterais pas la décision de la justice, mais je voudrais que les gens comprennent que, à RFO, que partout on n’exagère pas les faits, hein! qu’on dise la réalité !

D.S. : A vous entendre on croirait que la décision du maire, en fait, traduit un avis général qui serait celui de ses administrés.

A. A. :Tout à fait, mais pas seulement de ses administrés seulement, mais de tous, de tous les Mahorais d’une manière générale maintenant parce que, partout où je passe, si je suis là aujourd’hui aussi, c’est qu’il y a aussi une demande. Les Mahorais maintenant demandent à ce que ce maire soit compris, soit soutenu dans ce qu’il a fait, non pas parce qu’il a brûlé, mais qu’il réclame aussi que les gens viennent dans sa commune en toute légalité, qu’ils ne viennent pas d’une manière clandestine.

D.S. : Alors aujourd’hui l’affaire est dans les mains de la justice, vous, qu’est ce que vous attendez justement de cette justice ? Qu’elle comprenne la décision du maire ?

A.A. : Mois je dis, hein … d’une manière très claire, heu … quand quelqu’un vient chez vous sans autorisation il n’a aucun droit. C’est pas des étrangers heu … ordinaires. Tous ceux qui viennent ici d’une manière légale sont respectés. Qu’on ne me dise pas que le maire a été expulser quelqu’un qui est en situation régulière. C’est des gens qui n’ont pas à être là parce que ils menacent la sécurité des citoyens de sa commune.

D.S. : Merci M. Ahmed Attoumani.