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Politique |
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Mayotte dans l’œil de François Baroin mise à jour
06/01/2006 |
Immigration
Mayotte dans l’œil
de François Baroin Article paur sur le site de RFI
www.rfi.fr
le 21/09/2005
par
Soeuf Elbadawi
La volonté du ministre français de remettre en cause le droit du sol dans «
certaines collectivités d’Outre-Mer » relance le débat sur l’immigration
clandestine à Mayotte.
Dans un entretien accordé samedi 17
décembre 2005 au Figaro Magazine, François Baroin, ministre français de
l’Outre-mer, parle de « mesures radicales » nécessaires pour lutter
contre l’immigration illégale dans les îles françaises. Pour y parvenir, il se
déclare prêt à remettre en cause le« droit du sol », principe qui permet à
toute personne née sur le territoire français de bénéficier de la nationalité
française, dans ces territoires où « le chantier le plus important »
paraît désormais être « l’immigration » à ses yeux.
La Guyane, la Guadeloupe, la Martinique sont dans son collimateur. Mais la
palme revient à Mayotte. « A Mayotte, explique-t-il, j’étudie la
possibilité de limiter à un délai d’un an après la naissance de l’enfant la
période pendant laquelle un Français peut reconnaître un enfant naturel dont
la mère est étrangère. On peut également envisager de modifier ou de suspendre
temporairement certaines règles relatives à l’acquisition de la nationalité
française à Mayotte. Par exemple, poser la règle de régularité du séjour des
parents comme condition pour l’accès ultérieur des enfants à la nationalité
française ».
Mayotte, île de l’Archipel des Comores, restée française au lendemain des
indépendances. Mayotte que les habitants de l’Union des Comores continuent à
revendiquer depuis 1975 comme faisant partie d’un ensemble historiquement
constitué. Mayotte qui se déclare aujourd’hui envahie par des hordes de
migrants, en provenance justement de « ses » îles soeurs. Instauré depuis
1995, le « visa Balladur » oblige les Comoriens de nationalité à se pourvoir
désormais d’un sauf-conduit spécial pour entrer sur le sol mahorais. Une loi
qui a fini d’ériger un mur entre les habitants de ces îles de l’Océan Indien.
Des battues pour traquer les clandestins
Mayotte, ces dernières années, est devenu un pôle d’attraction pour
les citoyens de la partie indépendante, en prise quotidiennement avec une
crise économique et politique. Depuis 1997, on note de plus en plus
d’embarcations de fortune, les fameuses kwasa kaswa, qui partent de
nuit de l’île d’Anjouan, avec des passagers en quête d’un « mieux-être » chez
leurs « cousins » mahorais. Ces derniers crient à l’invasion. Des battues sont
organisées pour traquer ces clandestins, soupçonnés de vouloir profiter du
système de soins gratuits institué sur l’île. Les Mahorais prétendent ainsi
que la plupart des « clandestines » accouchant dans leurs hôpitaux cherchent à
faire bénéficier leurs enfants de la nationalité française. Les déclarations
du ministre Baroin semblent aller dans le même sens.
Vrai ou faux… la traversée « clandestine » entre Anjouan et Mayotte n’est
souvent qu’une longue suite de morts par noyade. Plus de 1 000 morts depuis
1995. Dans une mise en scène du Centre Dramatique de l’Océan Indien à la
Réunion l’an dernier, un rescapé de l’enfer des kwasa, s’exclamait en
ces termes : « Notre vie n'est, pour les représentants du gouvernement
français, rien dont on puisse parler sérieusement […]Nos sœurs, nos frères,
nos enfants sont morts en mer, noyés et dévorés par les requins depuis
l'instauration du « visa » qui a fait de nous des hors-la-loi dans notre
propre archipel. Le « visa » est quelque chose qui a été inventé loin de chez
nous, spécialement pour nous. Il nous faut du temps pour comprendre ce que
c'est: c'est quelque chose que vous devez avoir pour être là où vous êtes,
parce que vous êtes ce que vous êtes, mais que vous ne pouvez justement pas
avoir parce que vous êtes ce que vous êtes ».
Soeuf Elbadawi
Article publié le 21/09/2005
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