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Politique

COMMUNIQUE DU MEETING DU 21 AVRIL 2002

SUR L'UTILISATION DE MAYOTTE PAR LA FRANCE COMME BASE DE DESTABILISATION DES COMORES

 En cette période d'échéances électorales, les Français d'origines comoriennes (près de 200.000 en France), interpellent la classe politique française, en prenant à témoin la communauté internationale, pour qu'enfin intervienne un règlement du contentieux franco-comorien, sur l'occupation illégale par la France de l'île comorienne de MAYOTTE.

La gestion chaotique et la crédulité des dirigeants incompétents qui se maintiennent au pouvoir par la corruption, le népotisme, la violence physique et institutionnelle n'oblitèrent en rien les manœuvres incessantes de déstabilisation des COMORES par les autorités françaises. Il faut que cela se sache : pendant près de 3 décennies, le peuple français dépositaire des idéaux humanistes, des valeurs démocratiques et des principes des droits de l'homme, témoin du double jeu mené sans relâche en son nom, par les autorités françaises, ne pourra plus dire, "on ne savait pas". En effet, tout en prétendant vouloir le bien des COMORES et des Comoriens, l'ancienne puissance administrante (LA FRANCE), s'applique à monnayer, par des accords de coopérations mirobolants, l'occupation illégale de l'île comorienne de MAYOTTE, devenue depuis le 6 juillet 1975, la base arrière de toutes les entreprises de sape et de déstabilisation perpétrées dans les 3 îles non-occupées (GRANDE COMORE, MOHELI et ANJOUAN). Il est fort regrettable, que la puissance française, avec tous les moyens (financiers, politiques et militaire) à sa disposition ne trouve rien de mieux à faire, qu'à creuser toujours davantage le fossé familial, culturel, social, économique et politique entre les insulaires de l'archipel des COMORES, tout en attisant la haine et la discorde entre Comoriens.

Pour les autorités et la classe politique françaises, rien ne doit venir entraver la mainmise de l'Etat français sur MAYOTTE :

D'où l'usage par la France de ses nombreux appuis influents et persuasifs, pour le maintien des 3 îles "non-occupées", dans un état de sous-développement, en plaçant au sommet de l'Etat, par barbouzes et mercenaires interposés, des suppôts locaux mendiants rompus au discours misérabiliste et prédisposés à tout accepter, pour peu que ça vienne du premier bailleur de fonds.

D'où l'empressement des autorités françaises à signer en mai 1978, au lendemain de l'installation au pouvoir d'Ahmed Abdallah, par le mercenaire français Bob Denard, à signer des accords de défense avec le nouveau pouvoir, après l'exécution extrajudiciaire du Président Ali Soilih. Ainsi les forces d'occupation françaises, déjà présentes à MAYOTTE sont désormais en terrain conquis d'un bout à l'autre de l'archipel des COMORES. L'ordre règne partout ! La FRANCE a dorénavant les coudées franches pour violer impunément toutes les résolutions de l'ONU, condamnant son occupation de l'île comorienne de MAYOTTE. "Depuis 3 ou 4 ans maintenant, la situation semble évoluer", croit pouvoir dire Christian Paul, à l'occasion d'un de ses nombreux périples à MAYOTTE, que d'aucuns qualifient de "pêche aux voix". Et en référence au laxisme des instances internationales, faisant écho à celui des derniers gouvernements successifs, il ajoute : "je ne pense pas qu'il y ait eu des réactions après la consultation" (du 2 février 2000 sur le statut de collectivité départementale, ndlr)

D'où les efforts déployés par les autorités françaises, en prévision de la Conférence d'Antananarivo (du 19 au 23 avril 1999), sur le séparatisme aux COMORES, pour soustraire du débat, le contentieux franco-comorien relatif à MAYOTTE. Et partant, consacrer solennellement par la même occasion, la partition des COMORES en, d'un côté, REPUBLIQUE FEDERALE ISLAMIQUE DES COMORES, et de l'autre, l'île française de MAYOTTE prospère et apaisée. C'est là un stratagème évité au moment de l'élaboration de la nouvelle constitution de l'UNION DES COMORES, consacrée cette fois par l'Accord de FOMBONI du 17 février 2001 qui reconnaît pour de bon, "l'intangibilité des frontières des COMORES, telles qu'internationalement reconnues", au grand dam de l'Ambassadeur de la FRANCE aux COMORES qui s'est cru obligé de ne pas le parapher en faisant fi du mandat de l'UNION EUROPEENNE en sa possession

D'où les facilités accordées par la FRANCE, à un AZALY crédule, soudain en odeur de sainteté, pour se rendre à MAYOTTE, non pas pour réaffirmer l'appartenance de cette île à l'ensemble comorien, mais pour consacrer l'ancrage définitif de la COLLECTIVITE DEPARTEMENTALE dans la France, par l'ex-chef d'Etat, ex-chef d'état major, candidat promu Président à nouveau.

Le pays des droits de l'homme, ne peut en même temps exiger l'application des résolutions de l'ONU en IRAK, en ex-YOUGOSLAVIE, au KOSOVO etc…et les violer quand il est mis en cause.

Les Comoriens de nationalités françaises, plus nombreux et plus engagés que ne le sont ceux de MAYOTTE, après plusieurs tentatives infructueuses de concertation avec les autorités successives et la quasi-totalité de la classe politique française, ne manqueront pas de le faire savoir le moment venu.

Aussi, les signataires de ce document attendent-ils de la FRANCE, ancienne puissance colonisatrice, et en principe partie prenante dans la dynamique de sortie de crise séparatiste anjouanaise, mais surtout moraise (en sa qualité de membre influent de l'ORGANISATION INTERNATIONALE DE LA FRANCOPHONIE, de l'UNION EUROPEENNE, de l'ONU et de la COI ; dans son rôle de principal bailleur de fonds de l'archipel des COMORES ; et surtout paradoxalement, de puissance occupante de l'île comorienne de MAYOTTE),

l'ouverture prochaine de vraies négociations entre la FRANCE et les COMORES, en vue de mettre fin au calvaire vécu pendant près de 3 décennies, par une population comorienne très éprouvée, l'abrogation immédiate du tristement célèbre "Visa Balladur" faisant des Comoriens de la GRANDE COMORE, de MOHELI et d'ANJOUAN "des clandestins" (si toutefois ils ne figurent pas dans la longue liste des noyés avec comme linceul le bras de mer censé les rapprocher de leurs familles, de leurs amis, de leurs parents etc…résidant dans l'île devenu pour eux inaccessible), réprimables, emprisonnables, expulsables, taillables et corvéables à merci. Le tout avivé par une campagne soutenue de désinformation et de falsification de l'histoire des COMORES, tout en se gardant bien, d'user de sa puissance et de son influence pour promouvoir un quelconque rapprochement entre Comoriens de la GRANDE COMORE, de MOHELI, d'ANJOUAN et de MAYOTTE,

des actes susceptibles de mettre un terme aux multiples manœuvres de déstabilisation par mercenaires, barbouzes et suppôts locaux interposés,

une renégociation des accords de coopération, qui, s'agissant des COMORES auront comme finalité, la lutte tout azimut contre le sous-développement.

Paris le 21 avril 2002

SIGNATAIRES :
FD - France
DIASCOM
FRATERNITE COMORIENNE
GRITAC
GAC
DJAWABU
SOS DEMOCRATIE COMORES