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Politique |
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Article de Jeune
Afrique sur Mayotte
mise à jour 30/12/2005 |
FRANCE (TOM) - 30 août 2005-
par SAMY GHORBAL
Article de Jeune Afrique
Le contentieux entre Paris et Moroni sur la quatrième île de l'archipel des
Comores va être soldé.
Longtemps « prises en otage » par l'affaire de Mayotte, la quatrième île de
l'archipel de l'océan Indien, restée française à l'issue du très controversé
référendum d'autodétermination de 1975, les relations franco-comoriennes
connaissent une embellie significative depuis la visite à Paris du président
Azali Assoumani, en janvier 2005, et la réunion, trois mois plus tard,
toujours à Paris, de la Ve commission mixte franco-comorienne, qui a permis la
relance de la coopération bilatérale. L'un des derniers contentieux, purement
diplomatique, vient d'être soldé, le 22 juillet, à Antananarivo, par le chef
de l'État comorien, qui participait, avec son homologue français Jacques
Chirac, au Sommet de la Commission de l'océan Indien (COI), créée en 1984 et
regroupant la France (île de la Réunion), Maurice, Madagascar, les Seychelles
et les Comores. Azali s'est en effet engagé à faire ratifier par son pays
avant la fin de l'année l'accord d'adhésion de la France à la COI, datant de
1986, mais que les Comores avaient bloqué. Un refus qui privait celle-ci
d'existence légale auprès des grandes organisations internationales comme
l'ONU.
Ce geste, salué et apprécié par Paris, traduit la nouvelle approche
pragmatique des autorités de l'archipel, qui entendent aborder et régler les
problèmes en suspens « dans un esprit positif ». Il faut dire aussi que le
rapport de force ne plaide pas vraiment en leur faveur et que les Comores,
confrontées à une crise budgétaire préoccupante, ont, plus que jamais, besoin
de l'appui de la France et de la communauté internationale. Seule petite ombre
au tableau : les fracassantes déclarations de François Baroin, le nouveau
ministre français de l'Outre-Mer, lors de son passage à la Réunion et à
Mayotte, dans les jours qui ont précédé le sommet de la COI.
Manifestement « non tenu » par le langage diplomatique, et visiblement
influencé et (mal) briefé par ses interlocuteurs des milieux extrémistes
mahorais, un lobby qui continue à disposer de relais très puissants au
ministère des DOM-TOM, Baroin a dénoncé « le laxisme » des autorités
comoriennes en matière de lutte contre l'immigration clandestine, et les
ambiguïtés qu'elles continueraient à entretenir sur Mayotte.
L'île est effectivement mentionnée comme partie intégrante de l'archipel dans
la Constitution fédérale de décembre 2001, avalisée par la communauté
internationale, et notamment par la France. Mais cette clause, purement
symbolique, n'emporte aucune conséquence pratique. Et les Comoriens n'ont
jamais sérieusement envisagé que la présidence tournante de l'Union revienne à
un Mahorais. Ils ont déjà bien assez de mal à se mettre d'accord pour savoir
qui, d'un Anjouanais ou d'un Mohélien, succédera au Grand-Comorien Azali à
l'expiration de son mandat, en avril 2006...
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