|
Nouveau "Mur de Berlin" dans l'Océan Indien ? Bien que moins médiatisée par rapport au coup de filet de la Police des frontières réunionnaises à l'endroit des trafiquants de drogues, la disparition en mer d'une quarantaine d'émigrants comoriens récemment survenue au sud-ouest de l'Océan Indien continue à frapper l'imagination d'une certaine opinion. L'on se rappelle qu'au début de la semaine dernière, 43 émigrants clandestins d'origine comorienne ont pris une barque depuis Anjouan à destination de l'île de Mayotte, ancienne composante des Comores mais devenue par la suite Territoire français d'Outre-Mer français. L'embarcation a été happée par la mer et le naufrage a entraîné la disparition de 43 passagers à bord du "Kwassa-Kwassa", la dénomination de ce type de barque. L'on sait que chaque année, ce genre de tragédie se produit souvent sans que le problème soit traité de façon sérieuse du moins dans le cadre de la COI (Commission de l'Océan Indien). Selon le responsable de l'ONG français "Initiative et Développement" basée à Anjouan, la même condition d'embarquement a causé plus de 200 accidents ne serait-ce qu'entre l'année 2000 et 2002. L'enquête confirme que cette émigration à haut risque a pour objet entre la visite familiale et le traitement sanitaire en passant par la raison économique. Toujours est-il qu'il est plus facile d'obtenir de l'ambassade de France à Moroni un visa d'entrée à l'Hexagone que vers l'île de Mayotte. A Ambatomena Antananarivo, les Malgaches désirant séjourner en France et à l'Ile de La Réunion en savent quelque chose. Face à ce problème purement géopolitique qui avait séparé ces deux îles sours nouées d'un lien de sang très étroit, on s'interroge si l'Océan Indien est en train de revivre les années sombres des deux frères allemands séparés par le "Mur de Berlin" à l'époque de la guerre froide. Cette fois-ci, la lourde procédure d'obtention de visa constituerait un "néo-mur de Berlin" qui s'érige dans cette partie de l'Océan Indien provoquant chaque année des pertes inquiétantes en vie humaine si on se réfère au nombre total des victimes. Certes, la question touche le domaine le plus sensible affectant la souveraineté d'un pays à l'autre mais quid du principe de la réciprocité car la COI ne cesse d'inciter ses pays membres pour une fluidité dans circulation de biens et de personnes et ce, pour un meilleur avenir économique de la région. Bref, cette noble vision devrait commencer par l'allègement des procédures d'obtention de visa. |