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Politique |
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Un point d'Idriss
Mohamed sur Mayotte
mise à jour le 03/04/2005 |
Ce Message est issu de notre
forum de discussion HABARI
http://fr.groups.yahoo.com/group/habari/
Il s'insère dans un fil de discussion (ce qui explique certaines références à
des messages antérieurs)
Il nous a paru intéressant de l'insérer dans le site
Bonjour à tous,
Je voudrais saluer chaleureusement les maorais qui participent à Habari et
espérer qu'ils continueront à contribuer aux échanges.
Personnellement je pars des considérations de base suivantes :
1- que ça nous plaise ou non, la vie est meilleure à Maore que dans les autres
îles. La preuve par le peuple nous est fournie par la vague des départs vers
Maore malgré les risques que chacun connaît. Cela signifie-t-il que cette île
soit plus développée que ses soeurs ? il faudrait identifier les critères
d'appréciation avant de se prononcer. A mon sens la dépendance de Maore s'est
beaucoup accrue, je crois avoir lu quelque part que les importations ne sont
couverts qu'à 5%. Maore semble suivre le même chemin que la Réunion :
l'assistanat typique des DOM français et son taux de chômage, mère de biens de
maux sociaux. Mais c'est une autre chose, pour le peuple ce qui importe avant
tout ce sont les conditions matérielles d'existence. En général ce sont des
gens repus qui soutiennent qu'il vaut mieux mourir de faim dans la liberté,
mais ceux qui risquent de mourir de faim sont prêts à bien des compromis. Si
bon nombre de membres du FD sont partis vers d'autres horizons plus cléments,
la misère que l'on subit dans le pays y est pour beaucoup.
Je voudrais rassurer les maorais : nous qui militons pour l'unité du pays,
nous ne voulons pas, mais absolument pas que vous tombiez dans la situation
catastrophique que nous vivons. L'unité du pays est un objectif mais aussi une
condition de base au développement de nos quatre îles. Bon nombre d'analystes
avertis considèrent que la séparation de Maore est à l'origine de
l'instabilité qui prévaut dans le reste du pays et qui entrave tout processus
de développement. En 1975, les Comores avaient un niveau de développement
équivalent sinon meilleur que celui de Maurice et des Seychelles. Dans
l'explication du fossé qui s'est creusé entre nous et ces pays, le séparatisme
occupe une bonne place. Le but n'est donc pas l'unité pour l'unité (encore que
...) mais l'unité pour développer le pays, vivre mieux sur tous les plans,
conquérir une place dans le concert des peuples, être fier de nos origines,
etc.
2- Maore est comorienne. Les 30 ans de vie séparée n'ont pas changé la langue,
les coutumes, la religion, etc. La nation comorienne est une réalité
historique tangible forgée par des centaines d'année, elle résistera à
l'épreuve du séparatisme. A cet égard l'expérience des autres peuples divisés
est riche d'enseignements. Qui aurait pensé que les 2 Allemagnes se
retrouveraient, que les deux Corées engageraient un processus de
rapprochement, etc.
Un cadre maorais en vacances l'été dernier à Ngazidja me disait que sa
comoriannité n'est pas discutable et que la question du retour de Maore était
une question économique et politique. Il convient d'ailleurs de noter que
nombre de maorais sont indignés par le traitement de leurs frères des autres
îles, mesure l'extrémité qui amène un jeune maorais dont les arrières grands
parents sont originaires de Mwali, Ndzuwani ou Ngazidja à considérer le
qualificatif comorien comme un insulte, etc. Le caractère sélectif de
l'enseignement, l'accaparement de l'administration par des français de France
et paradoxalement l'expatriation des quelques cadres fonctionnaires maorais
affectés hors de leur île, l'imposition à Maore des normes françaises, etc.
tout cela suscite des mécontents et provoque des remises en cause de la
situation actuelle. Et puis comment oublier ceux qui depuis toujours se sont
opposés à la séparation, qui dénoncent la politique d'assistanat générateur de
mirage, etc. Le recouvrement de l'unité du pays est inscrit dans l'Histoire,
cela prendra le temps que ça prendra mais ça viendra. En tout cas c'est une
conviction forte chez moi.
Maintenant il faut travailler pour cela. En commençant par sensibiliser les
français et je m'étonne qu'aucun habarinaute n'ait répondu positivement à ma
"bouteille jetée à la mer".
Meilleures salutations à tous et toutes
Idriss
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