|
|
|
Politique |
|
Vers une rencontre entre l’Union des Comores, la France
et Mayotte |
Vers une rencontre entre l’Union des Comores, la France et Mayotte
Article de
PANAPRESS paru le
6 août 2004
Pour la première fois depuis l’indépendance des Comores
en 1975 et l’éclatement du différend territorial concernant l’île de Mayotte,
les autorités comoriennes ont accepté de renouer le dialogue avec Paris et les
élus mahorais.
Si le dialogue est
rétabli entre les autorités de l’Union des Comores, de la France et les élus
de Mayotte, il pourrait déboucher sur une possible coopération avec la
quatrième île de l’archipel comorien devenue française depuis le référendum
d’autodétermination en 1976, contesté par l’ONU, a t-on appris de source
officielle. Le cabinet du président du Conseil général de Mayotte, Said Omar
Oili, nouvellement élu à la tête de l’exécutif mahorais, attend d’un moment à
l’autre la date d’une rencontre tripartite historique avec les Comores et la
France, a indiqué le directeur de cabinet, Said Issoufa, joint au téléphone
depuis Saint-Denis de La Réunion.
C’est à l’initiative du ministre français délégué à la Coopération, au
Développement et à la Francophonie, Xavier Darcos, que se déroulera cette
rencontre tripartite, une première dans l’Histoire de l’archipel des Comores
après plus de vingt ans de contentieux territorial avec la France.
Accord de principe
Cette rencontre est le fruit de plusieurs
volontés, mahoraises dans un premier temps avec la première visite en mai
dernier du nouveau président du Conseil général de Mayotte à Paris. Said Omar
Oili avait alors manifesté son intérêt face au renforcement de la coopération
décentralisée de la collectivité mahoraise avec les États qui l’entourent et
naturellement avec les Comores avec qui, elle est confrontée à une
incontrôlable immigration clandestine en raison des liens historiques,
culturels et familiaux liant les îles de l’archipel entres elles.
"Il en est ressorti, suite à cette visite, que Paris n’était
pas hostile à une coopération entre Mayotte et ses voisins mais compte tenu
des réticences historiques de part et d’autre, il semblait important pour
Paris que les deux parties s’asseoient autour d’une table et instaurent un
véritable dialogue", a déclaré le directeur de cabinet du président du
Conseil général de Mayotte.
Le ministre français, Xavier Darcos, en visite officielle aux Comores
récemment, a obtenu du gouvernement des Comores l’accord de principe pour
l’organisation de cette rencontre qui devrait se tenir à Paris à la mi-août,
a-t-on appris de même source. "Les Comores et Mayotte ne
peuvent s’ignorer encore plus longtemps, cela a trop duré. Nous attendons
cette visite avec beaucoup d’impatience", a déclaré le directeur de
cabinet du Conseil général de Mayotte qui voit en cette future coopération un
moyen de maîtriser l’immigration clandestine, source de drame pour les
réfugiés comoriens sur le territoire mahorais. Une situation qui s’empire en
raison du gel de la délivrance de visas pour Mayotte par l’ambassade de France
à Moroni à tout ressortissant comorien.
L’enjeu démographique
L’immigration régulière et clandestine à Mayotte
représente ainsi entre 35.000 et 50.000 personnes, sur une population estimée
à 149.000 habitants selon les derniers recensements. Elle est aussi la source
régulière de drames avec la mort en mer, des clandestins qui essayent de
rejoindre Mayotte dans des barques de fortune. Alors que l’île connaît une
démographie explosive (+5,8%) qui la conduira à 250.000 habitants en 2010 et à
350/400.000 habitants en 2020, le contrôle de l’immigration est un enjeu vital
pour le devenir de l’île.
Cette rencontre intervient à un moment où Mayotte, comme les Comores, voit de
plus en plus comme une nécessité vitale pour leur développement, la levée du
"rideau de fer" que l’Histoire et les relations diplomatiques entre la France
et les Comores ont installé entre ces îles.
Les relations entre les Comores et Mayotte ont été interrompues depuis qu’en
1974 par référendum, trois des îles de l’archipel (Grande Comores, Mohéli et
Anjouan) ont opté pour l’indépendance, alors que Mayotte a préféré rester
française. Le 8 février 1976, un nouveau scrutin à Mayotte est allé dans le
même sens.
Les Comores ont toujours rejeté la souveraineté française sur cette île et ont
obtenu gain de cause au sein des instances internationales comme l’ONU et
l’Organisation de l’unité africaine (OUA) qui ont condamné la France pour
non-respect de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de la République
des Comores.
Christophe Rocheland (Panapress)
|