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Politique
Ou va le pays mise à jour 07/11/2006

CONVENTION POUR LE RENOUVEAU DES COMORES ( CRC )


DECLARATION : OU VA LE PAYS ?
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Depuis l'élection, puis l'investiture du nouveau Président de l'Union des Comores, Monsieur Abdallah Mohamed SAMBI, la Convention pour le Renouveau des Comores (CRC) a gardé le silence. Cette attitude est fondée :

- D'une part, par le nécessaire temps de réflexion suite à l'échec du candidat qu'elle a soutenu, surtout dans le contexte d'un processus électoral dont elle se félicite, par ailleurs, de son succès dans la mesure où ce dernier consacre la conduite à son terme de la mission première dévolue au mandat du Président sortant, le Président AZALI ASSOUMANI ;

- D'autre part, par sa quête d'éthique de responsabilité, laquelle lui recommande un temps d'observation propre à lui permettre de mieux cerner le nouvel environnement politique né de cet événement, d'en saisir le contour ainsi que des différentes composantes du puzzle « AHA ».

Elle se voit aujourd'hui dans l'obligation de rompre son silence, alertée en cela par l'allure que prennent les événements.

Rappelons que, comme cadre politique, nous demeurons encore dans un pays portant encore les stigmates du séparatisme et dont l'aspect
saillant reste la rupture de son unité institutionnelle, économique et juridique. La mission première de l'actuelle « Tournante » sur Anjouan est donc à nos yeux de consolider la réconciliation nationale et l'Etat de Droit, par le retour effectif et non plus symbolique de l'Ile Autonome d'Anjouan dans l'Union des Comores, afin de libérer l'élan de solidarité aussi bien nationale qu'internationale en faveur du développement du pays.

Force est cependant de constater que l'enjeu ne semble pas être perçu de la sorte par le nouveau pouvoir. Comment peut –il en être autrement, alors qu'on assiste à :

- une chasse aux sorcières envers les principaux responsables de l'ancien régime (affaire de la liste concoctée par le Cabinet Présidentiel)

- Un phénomène consistant à « déshabiller Pierre pour habiller Paul » (il est à observer à ce niveau que la plus part des nominations aux hautes responsabilités de l'Etat se font sans tenir compte du relatif sursis auquel Anjouan doit continuer de faire l'objet pour les raisons que tout le monde connaît ).

- Une velléité de faire fi de certaines dispositions législatives de base dont la « Loi des Finances ».

Qu'il nous soit permis de nous étaler un peu plus sur la question de la chasse aux sorcières diligentée contre les principaux responsables de l'ancien pouvoir de l'Union pour dire que :


1) La moralisation des mœurs publiques figurent parmi les préoccupations du Président sortant et les exemples sont là pour le témoigner, même s'il est vrai, des priorités liées à la conjoncture l'ont empêché de connaître toute la vigueur souhaitée. Aussi souscrivons-nous à l'annonce faite par le Président SAMBI, en la matière.

2) La démarche initiée par le Président SAMBI est cependant condamnable en ce sens qu'elle est :

- Nourrie par le mépris et l'arbitraire.

Comment peut –on accepter qu'on revienne à des pratiques arbitraires d'antan consistant à priver un citoyen d'un droit constitutionnel comme celui de la libre circulation sur la base d'un simple préjugé, voire même d'une délation et ce, sans aucune disposition de la Justice ni même notification à l'endroit du concerné ? Est-on entrain d'inaugurer une justice basée sur la « Fatwa » ?

- étriquée, sectaire voire même partisane et conduit à réduire le droit de regard de l'Etat à la seule composante « Union », prêtant ainsi le flanc aux critiques de ceux qui ne voient là que des marques d'une prétendue revanche Anjouannaise.

Au total, il ressort que le nouveau pouvoir de l'Union serait mal inspiré de persévérer dans la voie de l'arbitraire et du règlement de comptes. Car en vérité, ni nous, Anjouanais, victimes d'une gouvernance chaotique durant la sécession et d'une gestion cahotante ensuite ; ni nous, Grands Comoriens et Mohéliens, chevaliers de l'unité et de la solidarité nationales, n'avons rien à y gagner. Il n'y aura qu'un grand perdant : les Comores.

Détrompons-nous. Ali Baba et les 40 voleurs n'est qu'un conte. A la place de la formule magique « Césame, ouvre-toi », l'on doit exhorter les Comoriennes et les Comoriens à s'unir et à se réconcilier davantage ; exhorter les responsables à tous les échelons à être plus exigeants vis-à-vis du l'Unité et de la Solidarité Nationales, vis-à- vis du respect de la chose publique, vis-à-vis de la paix civile et de la consolidation de l'Etat de droit- Au lieu de chasse aux sorcières sous des prétextes fallacieux, au lieu d'un populisme sans pudeur et partisan, c'est plutôt une espèce de dynamique de « Vérité et Réconciliation » qui devrait être impulsée et ce, sans complaisance aucune. Il s'agit en effet de rassurer tout le monde à l'intérieur comme à l'extérieur, par notre attachement à l'unité nationale, à la démocratie, à l'Etat de Droit ; bref, par notre attachement à la paix civile et à la stabilité afin de rassembler tous les concours nécessaires, propres à promouvoir la dynamique de lutte contre la pauvreté et pour le développement du pays.

La Convention pour le Renouveau des Comores (CRC) entend, dans son rôle d'opposition aux côtés de ses partenaires de «l'Alliance », apporter son concours à cette dynamique nationale à condition bien entendu que les règles propres à tout Etat démocratique soient respectées. Aussi demande-t-elle au pouvoir du Président SAMBI de se ressaisir. Elle lui demande en particulier de poursuivre son entreprise de moralisation des mœurs publiques, au niveau de l'ensemble de l'Etat, en recourant au service d'audits indépendants, garantis par des auditeurs de moralité irréprochable et de compétence avérée.


Fait à Moroni le 21 juin 2006

Le Secrétariat Général