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Politique
Les Comores sont "polluées" 03/12/2004

Ce document est issu d'une contribution de Ben, publiée dans notre forum HABARI le 03/12/2004

Bonjour,
Azaly est-il allergique de son pays ou quoi ? À moins que je me trompe, en l'espace de 6 semaines, il a voyagé 5 fois à l'extérieur de nos frontières. Vous-vous demandez alors où va l'argent des Comoriens? Mais que voulez-vous? Le pays est tellement pollué que notre raïs doit fréquemment aller se ressourcer ailleurs. Quels sont donc ces irritants qui polluent le pays d'Azaly?

1- Pollution politique : Combien de partis trouve-t-on aux Comores? Une vingtaine environ. Pour combien de population? Combien de ministres, de conseillers? J'ai appris que les Comores possèdent la plus grosse concentration de dignitaires par habitant. Combien d'État et de présidents, avons-nous sur une superficie grand comme un mouchoir? Combien de constitutions et de système politique avons-nous eus depuis notre indépendance? Combien de coup d'État? Combien de présidents assassinés ou déchus par la force? Assez c'est assez! Nous voulons un pays stable!

2- Pollution martiale : Les forces de défenses des Comores, tous corps confondus, sont estimées à plus de 1000 personnes reparties entre la gendarmerie nationale, police nationale, la police des îles, l'armée nationale de défense, la garde rapprochée des présidents, les services secrets etc. Avons-nous besoin de tant de monde et pourquoi faire? Pour surveiller Moroni, une ville grande comme un campus. Il n'est pas surprenant de voir que tout ce beau monde, n'ayant rien à faire, s'est recyclé dans les mikarakara et refuse le partage des compétences afin de ne pas réintégrer leurs casernes.

 3- Pollution visuelle : D'ici quelques années, il n'y aura pas de bidon ville à Moroni parce que, Moroni sera un bidon ville. Avez-vous remarqué l'état des nos routes, l'absence de signalisations et les embouteillages ? Que dire des ces ordures qui ne sont ni ramassées ni traitées? Et, toutes ces carcasses des voitures laissées à l'abandon aux quatre coins de la ville? Comment ne pas s'alarmer face à ces garages qui déversent les huiles usées directement dans les champs? Et, toutes ces villas qui poussent de manière anarchique sans aucun système d'évacuation des eaux usées? Enfin, comment fermer les yeux lorsque, des bicoques, des tentes et des conteneurs envahissent la ville en guise de boutiques jusqu'aux portes des bâtiments administratifs. Moroni ne peut plus devenir à la fois, notre capital administrative, politique, économique, universitaire et culturelle. C'est trop gros pour une seule ville qui a atteint ses limites de ses capacités. Il urge de la désengorger ou sinon d'établir un plan d'urbanisation des nouveaux quartiers.

4- Pollution atmosphérique : Comores, îles aux parfums? Les grands parfumiers qui venaient chercher des huiles essentielles, dans nos îles, seront comblés en apprenant qu'une essence rare aux odeurs exquises vient d'être découvert. Son nom : Volo-volo, shindo chamboini. Nos cocotiers sont atteints de champignon et se meurent tranquillement. Il est plus facile de se procurer une boîte de fanta, produit à Dubaï, que de boire un coco venant de son arrière-cour. L'air est le principal vecteur de ces champignons. Quels sont leurs effets, à long terme, sur la population qui respire continuellement cet air pollué? Personne ne le sait! Allah Akbar!

5- Pollution auditive : Actuellement chaque quartier à son microphone et le Coran est lu de manière ininterrompue à partir de 4 heures du matin. Bon sommeil! Que dire des cellulaires?. Je ne sais pas si réellement ces gens-là se communiquent ou si c'est de la frime mais, ce que je sais, ça placote partout. Et, ça sonne partout. En pleine prière, dans une tombe, pendant qu'on place le corps, dans les taxis etc. Pire encore, ce sont des jeunes, la plupart, chômeurs ou des élèves qui se promènent avec ces bidules qui coûtent le salaire d'un cadre sup. Qui leur fourni l'argent pour se payer ce luxe? Je vous laisse deviner. Une fille dans la quarantaine qui est toujours célibataire m'a raconté une histoire assez pathétique. Elle m'a dit ceci : Ben, les hommes de mon âge ne nous draguent plus parce qu'ils sortent avec nos enfants. Entendez par-là gars et filles.  L'homosexualité et la pédophilie font désormais partie de notre culture moderne. En plus de ces chaînes de télé qui ne font l'objet d'aucune censure. Il y a un impératif moral à donner aux Comores ses vraies valeurs. Où sont les parents?

6- Pollution scolaire : Vous dites écoles privées. Allez voir où est éduquée la relève? Et, qui les forment? Dans quelles conditions sont octroyés les diplômes? Un ami qui possède une école privée m'a raconté ceci. Ben, un élève s'inscrit chez nous, paye son premier mois de scolarité et par la suite rien du tout pendantsix mois. Une fois renvoyé, il va dans un autre établissement, au milieu de l'année scolaire et, comme il va payer un mois, on le prend dès fois dans une classe sup. Donc, il termine une année scolaire en ayant payé seulement deux mois de scolarité. Aujourd'hui, nous sommes obligés de demander une caution avant de les accepter. Et, l'école publique dans tous ça. Comme ce sont les mêmes enseignants qui dispensent les cours dans le public et dans le privé, je vous laisse deviner la suite. L'éducation est le seul domaine qui ne manque pas de main-d'œuvre et où l'on peut facilement se faire de l'argent. Où sont nos inspecteurs pédagogiques? Monsieur les politiciens, ouvrez vos yeux! Le pays péris.

7- Pollution sanitaire : Izo cliniques privées. Existe-il une loi qui régit la création de ces institutions privées ? Nada! Les locaux répondent-ils à un règlement quel conque? Nada! Le personnel paramédical possède-t-il la formation exigée pour travailler dans ces milieux payants? Nada! Mais, pourquoi la population doit aller se faire soigner en Tanzanie (nouvelle destination à la mode) alors que nous n'avons jamais eu autant de cliniques et de médecins spécialistes? Existe-ils des inspecteurs sanitaires pour évaluer ce qui se passe dans ces cliniques? D'ailleurs quel inspecteur oserait mettre le pied dans ces lieux où exercent ces dieux en blouse blanche. Je rêve d'un jour où un médecin pourrait-être traduit devant la justice car, les histoires d'horreur que j'ai entendues me donnent encore des frissons.

8- Pollution toxique : la drogue, l'alcool et le tabac font des ravages chez nos jeunes. L'Afrique de l'Est fourni l'herbe, Madagascar l'Ambilobé, un alcool aux concentrations douteuses et qui rend fou et la Chine la cigarette au nom très enveloppant ; gombessa. Ces poisons ne coûtent quasiment rien alors que les médicaments sont hors-prix. Y-a-t-il une surveillance de la qualité de ces produits très toxiques? Où nos jeunes trouvent-ils l'argent pour faire la fête? Pourquoi ne développons-nous pas des vraies relations commerciales ou culturelles avec ces pays dites amis, pour avoir accès à des produits de premières nécessités, au lieu de laisser chacun se débrouiller comme il le peut pour nous empoisonner?

9- Pollution traditionnelle : Auparavent, seul l'aîné de la famille était dédié au grand-mariage. À l'heure actuelle, c'est tout le monde qui veut être notable. Le Comorien d'aujourd'hui, peut-importe son savoir, son dévouement et ses sacrifices pour sa communauté, ne peut se sentir membre à part entière de la société s'il n'a pas fait le anda. Les « je viens » ont une grosse part de responsabilités sur ce point. J'ai vu un jeune dans la trentaine, qui a mis toutes ses économies dans le anda, sans parler des dettes qu'il s'est mis sur le dos alors que ses trois enfants dorment dans le même lit, en France.

Qui sont donc ces pollueurs? Tout le monde puisque, dans ce système de laisser-aller, chacun trouve son compte. Comment dépolluer ce beau pays de rêve? Je ne sais pas. En attendant, vous comprendrez pourquoi Azaly n'aime pas rester trop longtemps dans son pays pollué alors qu'il peut se payer tous les palaces qui existent sur cette planète et cela aux frais des contribuables. Ey tsi daba. Ye malaba ndasi.

Ben
Québec