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Politique
Le Rôle de la diaspora

Quel rôle pour la Diaspora dans la politique nationale ?
Par Ali Mmadi - mai 2003
Publié dans notre forum de discussion HABARI

Nul n’ignore aujourd’hui l’importance de la communauté comorienne à l’étranger, notamment en France. Environ 400 mille comoriens vivent à l’étranger, si on croit aux statistiques.

Mais, on s’aperçoit que cette communauté est totalement exclue ou marginalisée de la politique comorienne, et pourtant, elle participe énormément dans les activités économiques et sociales. On peut dire, d’ailleurs, qu’elle constitue le levier principal de l’économie des Comores.

A titre d’exemple, les Comoriens de France qui constituent des groupes très soudés et solidaires, encrés dans leurs traditions et attachés à un Islam tolérant ; ils essayent de pallier les déficiences de l’Etat -qui a quasiment disparu depuis quelques années- par l’envoi de revenus et de matériels aux proches restés dans l’archipel ; Ils assurent également la construction des villes et des villages.

Depuis une dizaine d’années en fait, on estime que les transferts de fonds et de matériels qui s’opèrent entre la France et les Comores, dépassent chaque année les 20 milliards de francs comoriens. C’est-à-dire, plus du double du budget de l’Etat comorien.

Ces hommes et ces femmes expatriés méritent d’être mieux considérés et reconnus pour leurs forts attachement et patriotisme à l’égard des Comores. Ainsi il serait indispensable qu’ils soient consultés pour les grandes décisions politiques dont ils subissent les conséquences en premier chef ; qu’ils soient représentés dans certaines institutions étatiques ; et qu’ils puissent enfin obtenir le droit de vote, notamment pour les élections de dimension nationale.

Une telle implication pourrait être une source d’impulsion imminente et d’un impacte très positif. Car tout d’abord, elle inciterait les pouvoirs publics à revoir leur politique vis-à-vis des Comoriens de l’étranger et, à rechercher des solutions pour les problèmes qui, jusque-là restent difficilement supportables : carence d’avions, difficultés consulaires, manque de représentativité etc...

Sur ce dernier point, on peut prendre l’exemple d’une ville comme Marseille qu’on surnomme parfois la « capitale » des Comores, en raison de sa forte communauté comorienne( 60 à 70 000 Comoriens), il serait d’une importance capitale d’y asseoir un consulat pour éviter les déplacements réguliers vers Paris en raison de simples actes d’état civil.

Ensuite, on peut imaginer combien ces gestes constitueraient un très fort rempart, pour rétablir une confiance qui, aujourd’hui paraît totalement annihilée. Ça serait aussi pour notre pays, un pas considérable vers la démocratie.

Il ne faut toujours pas attendre les bésoins électoraux ou que les chosent se gâtent pour faire appel à la diaspora. C’est d’ailleurs dans ce sens que certaines personnes se sont argumentées, lorsque pendant sa tournée en France le mois dernier, le ministre de l’éducation de Ngazidja MOHAMED ISMAILA a voulu convaincre les Comoriens de France, à former une délégation pour participer à la prochaine conférence de Paris, sur les accords relatifs au partage de compétences entre les îles autonomes et l’Union des Comores.

Ali Mmadi,